Dominique Babin·Folie intime

Je vis seule

J’ai un problème ; j’suis bien seule.

Pas seule genre ermite ou genre seule célibataire (quoi que j’ai aucun problème avec ce dernier) mais bien, seule, chez nous. Il y a deux ans maintenant, je me suis séparée, ce qui m’a forcée à partir rapidement de mon chez-moi afin de me trouver un autre chez-moi. Il n’était tout simplement pas question pour moi de retourner vivre chez ma mère. Je l’ai trouvé en peu de temps, un beau petit 4 et demi que j’ai passé deux semaines à peindre avant d’y emménager, à l’aide de mes ami.es.

D’ailleurs, merci.

Les premiers mois ont été un peu rough mais vraiment pas si pire. Dealer avec la solitude et la séparation, maîtriser. Apprendre à installer ou désinstaller les rideaux, stores, etc.; l’enfer. Au début, chaque goutte de sang sur mon plancher obtenu par une blessure de montage de meuble ou de vissage ou name it, était un rappel que j’étais seule, faible et que je n’avais personne pour m’aider. Parce que j’te jure que tu réussiras à faire toute tout seul, mais que ça ne sera pas plus simple que de le faire à deux. Pis c’est dans cette apprentissage-là, d’apprendre à rusher toute seule, suer toute seule et te débrouiller toute seule, que je suis devenue plus forte.

J’ai appris aussi à me dégêner avec moi-même, d’arrêter d’avoir honte de faire les choses que je fais, même quand j’suis toute seule et qu’il n’y a personne pour me juger. J’ai appris à prendre soin de moi, toute seule, dans un paquet de sphères de ma vie. Quand y’a personne pour te faire à manger, te dire quoi faire et te réchauffer la nuit ; t’apprends des trucs. Pis ça, oui c’est épeurant, oui des fois c’est décourageant mais au final hey, t’apprends à te connaître pis à prendre soin de toi.

T’apprends à être bien seule.

Et ça à marché, parce que j’suis bien. Des fois même, trop bien. Trop bien parce que j’me ramasse à pu vraiment vouloir habiter avec quelqu’un, genre jamais. Parce que l’expérience que j’ai de la colocation, c’est une relation sans chicane jusqu’au jour où j’ai déménagé avec cette personne. 11 mois d’amour paisible, suivis d’une année à se lancer des objets par la tête et à se crier après. Même si au fond, j’ai aussi appris de ça. J’ai appris à mieux gérer ma tristesse pis mes émotions trop fortes d’amour-qui-se-brise-parfois.

Mais la différence c’est que je n’avais pas vraiment peur quand j’ai déménagé à deux, parce que j’avais quelqu’un sur qui compter jusqu’au jour où j’ai réalisé que j’ai quelqu’un sur qui compter aussi quand je suis seule; moi-même.

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