Folie intime·Jennifer Martin

Eau salée, palmiers et bretzel

Depuis que je suis jeune, j’ai eu la chance de visiter différents endroits des States.

Au Lake George la première fois, avec mes grands yeux d’enfant de 8 ans, bien impressionnée de voir qu’en traversant un poste de contrôle, on se retrouve dans un autre pays.

À Old Orchard, terre d’accueil des Québécois, où nous avons été accueillis par les plus grandes pluies diluviennes qui ont rendu impossible l’installation de la tente et nous ont forcé à nous rabattre sur le seul motel affichant le néon VACANCY et dont le tapis sentait l’humidité au point où j’ai l’odeur tatouée dans le nez depuis des décennies. Première fois que je voyais la mer, dont je suis tombée éperdument amoureuse à la première gorgée d’eau glaciale et salée. Cette mer qui occupe mes pensées quotidiennement depuis cette journée. Pour vrai. Y a pas une journée qui passe où j’y pense pas.

À Fort Lauderdale, toute seule comme une grande de 16 ans peut l’être, pour vivre mon baptême de l’air et rejoindre mes grands-parents qui ont eu la meilleure idée ever : passer une partie de l’hiver en Floride (le seul hiver à mon grand regret). La première fois que je voyais des palmiers. Ces grands arbres majestueux que j’avais vus juste dans les épisodes de Beverly Hills 90210. Y en avait partout, je capotais. Je voulais rapporter des branches chez moi, et j’ai même pensé ouvrir un magasin de palmiers au Québec. Depuis, j’ai de toute évidence une dépendance pour tout ce qui est à l’effigie des palmiers. Bon, ok, à l’effigie d’ananas, de cactus et de popsicles aussi, mais c’est pas ça le point. C’est aussi lors de ce voyage que j’ai visité Walt Disney. Pis le château de Cendrillon. Mais 2 jours seulement, pis c’est vraiment pas assez. Alors j’ai presque le goût de dire que je n’y suis jamais allé tellement mes souvenirs sont restreints et surtout lointains. Pis traitez-moi de naïve ou de superficielle, mais je ne m’étais jamais fait autant regardé ou cruisé que pendant ces deux semaines dans le Sunshine State. J’y suis revenue l’ego boosté à la puissance 1000 malgré un bronzage en popsicle et les cheveux trop pâlis par le Sunin.

J’ai déserté les States tout au long de ma vingtaine ou presque, sauf pour atterrir dans une ville perdue de la côte Est (le nom m’échappe) pour aller voir mon frère jouer une partie de hockey dans une ligue quelconque des États-Unis. Un Subway et une défaite plus tard, nous étions déjà de retour à la maison. Pas de quoi s’énerver le poil des jambes.

Par la suite, j’ai décidé que j’allais voir New York avant d’avoir 30 ans. Pis comme personne ne voulait m’accompagner, j’ai convaincu mon grand-père que lui aussi devrait voir la Grosse Pomme au moins une fois dans sa vie. On est donc débarqué à New York, après un voyage de groupe en autocar, où nous sommes tous les deux tombés sous le charme de la ville qui ne dort jamais. Tout y est passé, le Top of the rock, Central park, la croisière jusqu’à la statue de la Liberté, Time Square, Fifth Avenue, l’hôtel Plaza (comme dans le film Home Alone 2), Wall Street, Macy’s, et même le quartier chinois où je me suis acheté ma première sacoche Versace (une fausse qui s’est brisée à peine deux semaines après mon retour, de quoi faire honte à Donatella). On marchait toute la journée (mon grand-père, ancien facteur, a à peine ralenti le pas la dernière journée), je prenais plein de photos (à mon grand regret, Instagram n’existait pas encore), je me gavais de bretzels et je me suis jurée d’y revenir un jour.

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Et je suis revenue. L’année suivante, avec mon amie Myriam, pour y faire notre shopping de Noël. Pour voir notre première comédie musicale sur Broadway, la pièce American Idiot de Green Day, et surtout pour se laisser imprégner par la magie des fêtes, la démesure des décorations qui tapissent la ville, l’odeur des bretzels (encore) et l’immensité du sapin du Rockefeller Center. Nous avons fait plus de magasinage en 3 jours qu’en 2 ans et nous sommes revenues les genoux et les épaules endoloris par les nombreux pas et les multiples sacs à transporter. Un de mes plus beaux voyages à vie.

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Pourquoi je te raconte mes voyages aux États-Unis en cette journée de l’indépendance américaine ? Alors que le pays est sous la gouverne d’un homme totalement inadéquat pour représenter sa force et sa beauté ? Simplement parce que c’est ainsi que j’ai envie de parler des États-Unis. De façon légère et nostalgique. J’ai envie de me rappeler l’odeur de la crème solaire dont ma mère m’enduisait les épaules avant de traverser le boardwalk, des klaxons des taxis jaunes qui filent dans la nuit, et du macaroni que ma grand-mère me cuisinait et qu’on dégustait dans son « Florida room » comme elle l’appelait, après une journée à la plage. Parce que je rêve d’aller en Californie un jour, d’aller voir un match des Red Sox au Fenway Park de Boston, d’aller miser sur le noir à Vegas, d’aller manger une tarte à la lime à Key West, d’aller me perdre dans mes pensées en contemplant le Golden Gate de San Francisco ou redécouvrir Walt Disney avec mon fils et des yeux plus matures de maman.

Alors comme c’est ton anniversaire, j’ai eu envie de te rendre hommage. Et comme on n’a pas le droit de parler en mal de quelqu’un le jour de sa fête, j’espère que vous comprendrez que je n’ai pas envie de me rappeler que les États-Unis vivent des jours sombres et ne sont pas appréciés de tous. Moi, j’ai envie de lui montrer que c’est possible d’être une bonne voisine et de se traiter avec respect.

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