Folie intime·Jennifer Martin

J’ai envie d’être contemplative

J’ai toujours rêvassé. Un peu, beaucoup et parfois longtemps.

À l’école, j’ai perdu un temps fou à regarder autour de moi, à gribouiller dans mon agenda en laissant mon esprit s’égarer un peu partout, à regarder à la dérobé mon kik ou une fille que je trouvais jolie et dont j’admirais secrètement la façon de coiffer ses cheveux.

À la maison, où je pouvais m’évader en écoutant la musique des Backstreet Boys tout en admirant mon poster du film Légende d’automne avec Brad Pitt dessus. Quand je regardais ce qui se passait dans la cour des voisins par la fenêtre de ma chambre du 2e étage.

Pendant ma job étudiante, quand j’observais les clients faire leur choix de café ou de pâtisserie en essayant de deviner leur choix. Ou bien pendant la sieste des cocos à la garderie où je travaille, quand je regarde leur bouche à peine entrouverte et leur petite poitrine se soulever sous le rythme régulier de leur souffle.

Pis aujourd’hui, je rêvasse encore.

Folie Urbaine etre contemplative

Quand je regarde mon chum ou mon fils à leur insu, que je contemple l’enfant que notre amour a conçu et que j’imagine de quoi sa vie sera faite. Ou quand je regarde mon homme concentré sur la marche à suivre pour exécuter parfaitement une nouvelle recette divinement bonne.

Quand je cherche mes idées de textes pour Folie Urbaine. Quand j’observe mes amies et leurs petites manies. Quand je regarde le ciel et que j’admire les couchers de soleil. Quand je tombe dans la lune et que je décide d’observer tous les petits détails du décor qui m’entoure.

Mais depuis que sont entrés dans ma vie les réseaux sociaux, et particulièrement depuis que je suis blogueuse, je scroll plus mon fil d’actualité Facebook ou Instagram que je passe de temps à me perdre dans le fil de mes pensées. Ma vie est un éternel combat entre ce que je pourrais avoir manqué sur le net et prendre le temps de respirer l’air pur de la campagne ou admirer les attraits lumineux de la ville. Quand je m’émerveille devant un arc-en-ciel ou un lac paisible, je me dis presque automatiquement que ça ferait une belle photo pour Instagram et je cherche systématiquement mon cellulaire pour immortaliser le moment plutôt que de le vivre pleinement. Même si je sais que c’est plus important de contempler ce que la vie a à m’offrir que de récolter des likes.

 

Donc je me suis lancé le défi d’essayer d’être plus contemplative. De continuer de prendre des photos, parce que j’adore exercer mon œil à trouver les meilleurs angles et à capturer la lumière ou le moment parfait. Mais une fois que ce sera fait, ranger mon téléphone et consacrer deux fois plus de temps à juste profiter, respirer, regarder.

Pis me permettre de rêvasser.

 

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