Veronique Desrochers

Poussière d’ange

Noël c’est beau, c’est festif et familial. Mais en 2013, ça l’était un peu moins. Tout a commencé en septembre, les couleurs extraordinaires du paysage automnal, la senteur des feuilles mouillées au sol et le soleil qui réchauffe : le décor était parfait. Un soir, lors de mes soins du visage, j’ouvris l’armoire et y aperçus une lettre! Chéri me demandait d’arrêter la pilule contraceptive. J’étais sans mot et surtout, folle de joie. L’offre était acceptée, évidemment.

Seule à la maison, un mois plus tard 28 jours plus précisément, j’étais seule dans la salle de bain et j’attendais la réponse du petit bâton blanc et mauve. Assise par terre à regarder les deux minutes s’écouler, je retournai le petit bâton et me mis à pleurer. Ce moment, où les deux petites lignes sont bel et bien là! J’étais déjà en amour, je préparais tous les scénarios possibles, pour mon conjoint, ma belle-famille et ma famille. Nous avons annoncé la grande nouvelle à tous et étions sur un nuage. Mais un bon matin de mi-novembre, ça n’allait pas! Les jours qui suivirent n’étaient plus roses, jusqu’à ce que la douleur ne soit complètement plus endurable.

Un soir, je suis allé voir ce qui clochait, nous sommes rentrés trois, tu n’étais qu’un grain de riz, mais tu étais quand même présent. Après une échographie où personne n’arrivait à te voir, je suis ressortie perdue et complètement dévastée. De retour à la maison, avec une douleur immense, mais cette fois-ci sentimentale, j’apprivoisai l’idée que tu n’étais plus parmi nous. Soudainement, une lueur d’espoir était apparue, mon taux de béta-hcg continuait de grimper avec les examens sanguins, mais un bon matin la balloune s’est brisée. Le médecin, droit devant moi, m’annonce que je dois être opérée d’urgence car je fais une grossesse ectopique. C’était une urgence et ma santé était en jeux!

Je me souviens avoir fermé les yeux dans la grande salle froide d’opération et d’avoir senti une larme couler sur ma joue. Je savais que tu me quittais pour de bon. Je me suis longuement demandé pourquoi tu avais cessé ton passage à cet endroit, j’étais triste et tellement déçue. Tu n’étais qu’une poussière d’ange, mais moi j’employais le mot maman pour la première fois. Je t’ai longtemps imaginé, mais j’ai fini par avancer, sans t’oublier pour autant. Quelques mois plus tard, j’ai vu réapparaître ce même petit signe positif sur le test. Pas le même, je suis trop superstitieuse! J’étais contente, mais très inquiète. Et puis j’ai donné la vie un 4 avril 2014, une journée que je ne peux oublier. Mais j’ai aussi une petite pensée pour toi, bébé poussière, quand le 13 décembre arrive.

J’ai une pensée pour toutes mes  amies, collègues, couples qui ont traversé le deuil périnatal, un parcours difficile qui est parfois différent, mais pas moins déchirant.

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