Folie intime·Karine Caron-Benoit

Pas de métro pour moi ! 

Je n’aime pas les transports en commun. Oui, c’est un transport très utile et bon pour l’environnement, mais ce n’est pas fait pour moi. Depuis quelques semaines, je n’ai pas de voitures et je dois me rendre au travail en métro. Mon anxiété a augmenté intensément. J’ai besoin de ma bulle dans la vie sinon j’étouffe, je suffoque et je ne me sens pas bien. C’est la crise de panique. Je ne dénigre aucunement le service. J’explique simplement que la proximité d’humains que je ne connais pas me rend complètement impuissante. Être coincée entre plein de gens, sentir les corps sur le mien, le souffle des autres sur moi, les odeurs toutes mélangées, ne plus pouvoir bouger ni respirer, c’est l’enfer !

Quand je suis assise, ce n’est pas mieux. T’as les fesses d’inconnus au niveau du visage. Rien de très rassurant quand tu as déjà mal au cœur puisque tu as le mal des transports. Quand le wagon est vide, j’arrive à bien me sentir, lire mon livre et oublier que je suis sous terre, sans contrôle de rien, mais tu ne sais jamais si tu vas tomber sur un métro plein, à moitié plein ou complètement vide ! En plus de tout ça, si tu ne tombes pas sur un wagon Azur, tu es coincé dans une boîte où il n’y a pas d’air, où tu as chaud et dégoulines de sueur. Pas super confortable.

Je sais que j’habite Montréal et que l’option idéale pour me déplacer et me rendre au boulot serait le métro, mais je suis tellement mieux dans ma voiture. J’ai le contrôle, ma bulle est respectée, je peux jouir de ma solitude que j’aime tant et je peux chanter à tue-tête pour me calmer les nerfs dans le trafic. Si j’ai chaud, je mets la climatisation, si j’ai froid, j’augmente le chauffage. Je peux déjeuner dans ma voiture, mon dos est heureux de ne rien transporter sur son épaule, le siège passager s’en occupe. Je préfère de loin être coincée 45 minutes dans le trafic, avec le contrôle de moi-même et des options qui me font sentir bien, que d’être coincée dans un wagon de métro 45 minutes les fesses collées sur ceux d’un monsieur dont je ne vois même pas le visage.

Il y a le bus, oui, mais pour moi, c’est le mal de cœur assuré. J’ai toujours eu le mal des transports, même quand je suis passager dans une voiture. Je trouve les transports en commun vraiment utiles et malgré tous les points négatifs que l’on peut en dire, c’est l’option parfaite pour se promener à Montréal ou se rendre à Laval ou à Longueuil. C’est aussi super génial de ne pas avoir à chercher de stationnement, qui est un calvaire évidemment. Toutefois, c’est mon choix, c’est-à-dire celui de respecter mes limites.

Donc, pas de métro pour moi ! Ou bien, quelques fois seulement.

 marieve duchaine reviseure

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