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Surconsommation, quand tu nous tiens

L’argent fait le bonheur… vous l’avez sûrement entendue celle-là au fil du temps. Mais qu’en est-il vraiment? Est-on nécessairement plus heureux parce que notre compte de banque est bourré à craquer? Ah! Sûrement pas, il ne sera jamais assez rempli, on en voudra toujours plus, mais pour faire quoi dites-moi?

Une maison, deux voitures, un chien, la déco Ikea, le dernier modèle d’iPhone, en voulez-vous des bébelles, en voilà! Mais est-ce que ça indique que l’on est plus heureux avec tous ces biens? Et si vous n’aviez qu’un petit appartement, un bazou pour deux, des meubles bon marché et un des premiers modèles de téléphone intelligent, seriez-vous plus malheureux?

Certains me répondront que non, mais c’est un mensonge que beaucoup de gens se font. Ils sont TELLEMENT dépendants de leurs biens et de leur condition de vie qu’ils trouveront toujours le moyen de se plaindre si ce n’est pas à leur goût. Et Dieu sait que la société est « picky » de nos jours et à l’affût des nouvelles tendances. Bonjour le confort douillet! On ne peut leur en vouloir, on est submergé par un monde d’information et de surconsommation et c’est supposé d’être normal. Pourquoi l’est-ce? Parce que de plus en plus, les générations ne connaissent que ça. Les vraies valeurs elles? Seulement si elles sont énumérées dans un article de blogue bien connu ou sur une page Facebook qui attire l’attention de la masse que l’on compose. Je dramatise, mais il y a un fond de vérité là-dedans.

J’ai récemment fait un voyage au Pérou. Une magnifique aventure qui a duré deux semaines. J’y ai vu un tas de jolies choses et une culture qui est loin de la nôtre. Bien sûr, dans les métropoles, les standards se rapprochent un peu de notre réalité, mais reste que la différence existe. Dans les plus petites villes qu’il m’a été donné de voir, j’ai observé une plus grande différence avec nos mœurs et coutumes.

Dans une petite ville du nom d’Ollantaytambo, j’ai croisé beaucoup de femmes au look traditionnel, les vêtements bien colorés et les chapeaux hauts de forme. Quelques-unes marchaient dans la rue, d’autres avaient un kiosque dans une aire de marché offrant des produits locaux, tels que des fruits et légumes frais du jour et d’autres femmes essayaient de nous vendre leurs produits artisanaux. À quelques reprises, j’ai eu la visite de petites filles qui me proposaient, pour deux soles, de chanter une chanson en quechua. À ce que l’on m’a dit, plusieurs de ces gens vivent généralement dans les montagnes, sans trop d’argent et les jeunes ne reçoivent aucune éducation.

Est-ce que ça veut dire que ces gens sont malheureux? J’ose croire que non. Peut-être n’ont-ils pas nos moyens, ni l’accès à tout ce qui nous est offert, mais ils ne semblent pas s’en soucier vraiment. Peut-être aussi que leur ignorance leur permet de s’en tenir mieux. Oui, le confort que l’on a dans les sociétés plus développées est bien, mais reste qu’il y a toujours deux côtés à la médaille. Est-ce que j’ai vu des Péruviens sous le stress ou arborant un air dépressif? Non. Petite parenthèse hors contexte d’ailleurs, je n’en ai vu qu’un seul fumer la cigarette!

À mon retour au Canada, j’avais plein de belles histoires et de drôles de mésaventures à raconter. Je parle de ma superbe expérience de voyage, un ami me parle de la dernière motoneige qu’il prévoit acheter cet automne pour remplacer celle d’il y a deux ans. Encore un exemple de soif de consommation de biens. Croyez-moi, la machine que cette personne avait n’était pas une poubelle. Je me demande même si le gars en question a fini de payer le véhicule dont il veut se débarrasser…

Je connais une autre personne qui jette ses biens, qu’ils soient peu ou pas utilisés (sans rancune, je sais qu’elle va se reconnaître, mais je l’apprécie énormément tsé!). Du genre que c’est neuf, mais que ça ne fait pas donc, à la poubelle! J’essaie de la convaincre qu’on peut donner à des organismes de bienfaisance, que ça va servir à quelqu’un de plus pauvre. J’ai cette conscience parce que je suis déjà passée par là. J’ai vécu une enfance pauvre et combien de fois ma mère nous a amenés chez Renaissance! Je m’en souviens… et le plus ironique là-dedans, c’est que j’ai connu le confort en début vingtaine et vécu dans le stéréotype de surconsommation avec aisance au point d’oublier mes vraies valeurs. Ouais… et lorsque je suis retombée, ç’a fait PAF! Mon Dieu que ma vie était devenue pénible sans une cent!

Pas eu le choix, j’ai adapté ma vie en conséquence. Ça n’a pas été une période évidente, mais je persiste à croire qu’elle était nécessaire au bon cheminement de ma vie. Ç’a duré un an et demi. J’ai dit bye bye aux cartes de crédit, ma vie de pacha, mes sorties dans les restaurants et mes virées de magasinage à 500$. J’ai sauté dans le vide. Une faillite, c’est dur sur l’orgueil, mais ça t’apprend à mettre tes culottes en maudit! Je ne savais pas comment gérer mon argent et je vivais au-dessus de mes moyens, même après ma séparation. Et un jour, je me suis rendue à l’évidence que ça ne pouvait plus durer. À partir de là, j’ai bûché fort et j’ai appris à éviter l’abus. Ce ne fut pas tâche facile, mais je considère être sur la bonne voie.

Les gens vivent à crédit de façon ridicule. Ça va en empirant. Afin d’épater la galerie, ils vont s’offrir ceci ou cela pour avoir le gazon plus vert que celui du voisin. Mais ça sert à quoi dans le fond? Pendant qu’ils s’occupent à s’enrichir de biens, ils oublient de vivre leur vie et de profiter du moment présent. De s’enrichir de souvenirs. Ils regardent simplement leur vie passer, aussi vide de mémoire soit-elle. Ben oui, ils veulent se mettre de l’argent de côté pour voyager à leur retraite, mais ils ne comprennent pas que c’est aujourd’hui, tandis qu’ils ont les capacités et la santé, qu’il faut le faire. Oh well… tant pis pour eux!

 

“We buy things we don’t need, with money we don’t have, to impress people we don’t like”

– Citation du film Fight Club

Texte par Kamala Houle

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