Dominique Babin·Folie intime

J’aime pas la routine

Une chose dans la vie que je déteste, c’est de décevoir les autres. Je sais que c’est quelque chose de probablement commun, mais dans mon cas, ça dépasse une limite raisonnable. Par exemple, je serais prête à endurer quelque chose que je ne veux pu faire, pu avoir dans ma vie beaucoup plus longtemps, pour ne pas avoir à dealer avec le processus de décevoir les gens que ça implique. Je suis de même pour le travail, mes amitiés et mes relations de couple. Le sentiment d’avoir échoué me vient facilement.

Ironiquement, il faut qu’on mélange cette façon d’être avec mon besoin insatiable de toujours me réinventer pour ne pas m’emmerder. C’est pas mal un mix très nocif pour ma part, puisqu’avoir de nouvelles idées et se désintéresser rapidement ne riment pas avec persévérance. Je suis donc souvent confrontée à vouloir abandonner des projets, aller dans d’autres directions et ne plus éprouver de plaisir plutôt rapidement. Bref, j’aime pas la routine.

Alors mettons que t’entends un gros rire gras de la vie quand tu sais que ce qui t’aiderait à t’organiser quotidiennement, ça serait de te créer une routine. Tsé du genre que je me couche à la même heure tous les jours, je me lève à tous les jours pareil. J’écris exactement 1h, j’fais ma p’tite marche rapide 30 minutes (j’fais pas de marche rapide, mais j’imagine que j’devrais), je travaille sur ci, travaille sur ça, un bloc de ménage tous les jours…  Et ce n’est pas que je n’essaie pas, des fois, j’réussi à me planifier une journée. Mais justement, c’est exactement ce temps-là que la résolution dure; une journée.

Je déteste avoir un travail où j’fais toujours la même chose. J’ai décidé d’étudier en travail social parce que j’voulais être avec des gens qui allaient me donner du thrill chaque jour, j’étais prête à me battre avec des gens en crise qui me menacent au couteau, à être en contact avec des toxicomanes en sevrage, à rencontrer des gens qui ont des histoires rocambolesques à me raconter. Au final, tout fini par se ressembler et on réalise que c’pas la crise si souvent. Bref, la routine s’installe pareille.

Je déteste aussi la routine de couple; se voir à la même heure, se coucher devant la même émission de télé jusqu’à ce qu’on ait fini la série. Baiser à la même heure, de la même façon, tout le temps. Voir la même face te sourire le matin, voir la même face arrêter de te regarder parce que t’as la même face que tu avais la veille. J’ai toujours eu de la difficulté avec le moment où la passion du début quitte, tout en me disant qu’il est normal qu’un moment donné, t’ailles envie que les babines arrêtent de te chauffer pour retomber dans une vie moins de passion enflammée. C’est normal, mais moi j’aime pas ça. J’vivrais d’eau fraiche et de mains-baladeuses-lâche-moi-jamais pendant ben plus longtemps que ça.

J’aime pas la routine et pourtant, dans la vie, c’est comme un incontournable. Pas nécessairement mais mettons, si tu veux pouvoir avoir une job stable, un chum stable, une vie stable, oui. Et j’aimerais ça des fois être moins étourdissante pour moi-même, me faire un p’tit horaire, ne rien oublier de faire parce que mon cerveau est pas partout en même temps, avoir mes pensées dans des p’tits classeurs, le chum dans le fond à droite, mes idées créatives dans le compartiment à gauche, etc.

J’aimerais ça être plus organisée et me satisfaire plus facilement des choses de la vie, mais en même temps, j’en veux pas de ta routine. J’en veux pas parce qu’elle ne me satisfera pas. Et au lieu de m’accommoder et de me plier aux exigences de la routine, pourquoi ma routine à moi, ça pourrait pas être de ne pas en avoir?

 

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