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Ce que j’ai appris après deux ans comme blogueuse

D’aussi loin que mes souvenirs se fraient un chemin à ma tête et mon cœur, j’ai toujours aimé écrire. J’excellais en français et j’obtenais toujours de bons résultats en composition écrite tant au primaire qu’au secondaire. J’ai longtemps voulu être journaliste et je m’en veux encore de ne pas avoir suivi mon premier choix de carrière.

J’ai laissé ce rêve de côté pendant plusieurs années, plus précisément jusqu’à l’arrivée des réseaux sociaux. Très active sur Facebook depuis 2006, j’ai commencé à lire et suivre des blogues il y a 3 ou 4 ans seulement. J’en suivais quelques-uns, dont Ton Petit Look, Le Cahier, Narcity Montréal Nerds et surtout Urbania. Je me souviens encore de l’annonce de recrutement que le premier blogue pour lequel j’ai écrit a publié en juillet 2015. J’ai ressenti comme une force irrésistible qui m’a poussée à sortir mon papier et mes crayons et à pondre une ébauche de texte sur la maternité avec une touche humoristique. J’ai écrit ce texte en quelques heures à peine, installée à l’ordinateur de la bibliothèque de mon quartier, juste parce que je voulais garder cette initiative secrète jusqu’à la réception d’une réponse positive ou négative. Un petit excès d’orgueil peut-être ? J’ai appuyé sur la touche Envoyer et j’ai lancé ça dans l’Univers. Quelle surprise lorsque j’ai reçu une réponse positive à peine 2 heures plus tard ! C’était le début d’une nouvelle aventure, et je ne savais pas encore que ce serait carrément le début d’une nouvelle vie.

Une blogueuse, pour la plupart des gens, c’est encore un terme méconnu ou qui ne leur dit pas grand-chose. Qu’est-ce que ça fait dans la vie, une blogueuse, à part avoir le nez collé sur un écran 24 heures par jour, 7 jours sur 7 ? Pour la plupart, ce n’est pas un vrai travail et l’on peut encore moins se définir professionnellement par ce titre. J’avoue qu’au début, je pensais peut-être de la même manière, mais c’était tout simplement parce que j’ignorais moi aussi tout ce que le métier de blogueuse englobait.

Si tu penses que bloguer, c’est juste écrire n’importe quoi sur n’importe quel sujet et profiter d’une tribune facilement accessible pour partager tes écrits, je peux te garantir que tu te trompes. Ok, ce n’est pas parce que tu as un blogue personnel que tout ce que l’on y retrouve est forcément pertinent, mais je crois sincèrement qu’il y a un public pour tous les sujets et que toute personne qui a envie de partager ses écrits peut le faire.

Quand j’ai commencé à écrire comme simple blogueuse, j’étais en apprentissage. Je n’avais pas la prétention de me définir d’une autre manière que la suivante : Maman blogueuse qui a envie de partager ses états d’âme et ses coups de cœur sur les internets. J’écrivais un texte par semaine, parfois deux lorsque j’assistais à des événements, et j’observais. Je regardais le travail des autres blogueuses, des deux fondatrices, mais aussi d’autres blogueuses renommées que je découvrais au fur et à mesure que je faisais ma place dans cette industrie qui était en plein essor à ce moment. J’ai commencé à obtenir du succès dans mes écrits, j’ai réalisé que j’avais un certain talent pour pondre des textes qui font sourire, qui font pleurer et qui font réfléchir. Bien modestement, je commençais à croire que je pouvais aller plus loin, à placer mon ambition un peu plus haut. C’est après avoir pesé le pour et le contre, mes forces et mes faiblesses que j’ai décidé de fonder Folie Urbaine avec mes 3 amies.

Mais…

En deux ans, j’ai réalisé que c’est beaucoup plus de travail qu’on pense de bloguer. J’ai appris que ce n’est pas parce que tu as bûché sur un article pendant des heures que celui-ci obtiendra inévitablement du succès. Tout comme j’ai parfois écrit des textes à la dernière minute envoyés sans en être complètement satisfaite et qui ont obtenu un succès auquel je ne m’attendais pas.

C’est très instable, le métier de blogueuse, il faut toujours être à l’affût des tendances, se tenir au courant de l’actualité, offrir du contenu de qualité, être présente de façon constante sur les réseaux sociaux, être consciente de son image, être fidèle à ses valeurs tout en n’ayant pas peur de se démarquer. Il faut travailler d’arrache-pied pour se faire connaître auprès des compagnies et leur prouver qu’ils font une bonne affaire en collaborant avec toi.

Au début de ma carrière de blogueuse, ce sont toutes des choses que j’ignorais. Je ne savais pas que parfois, je devrais faire plus de 45 minutes de voiture pour espérer arriver à un événement qui se déroule de 17 h à 19 h, en plein centre-ville, alors que je termine à 16 h et que je pars de la banlieue. Mais j’ignorais aussi qu’une fois sur place, il est possible que l’événement soit plate ou en dessous des attentes que l’invitation semblait promettre au départ.

Qu’il soit possible que tout ce qui ressort de cet événement soit une belle photo Instagram pour prouver ma présence et montrer que j’étais sur place ce soir-là, sans plus de détails sur ce qui s’est passé, parce que finalement, ce n’était pas digne de mention. J’ignorais que parfois, dans ces événements, je ressentirais la pression d’élargir mon réseau de contacts, de faire des stories pour montrer sur Instagram où je suis et ce que j’y fais, que je ressentirais aussi le stress de prendre des photos dignes d’un article et que pendant que je fais tout ça, je ne profite pas du moment présent et je ne fais que survoler tout ce que la soirée a à m’offrir.

Par contre, j’ignorais aussi qu’il est parfois possible d’avoir un gros coup de cœur pour des entreprises et que celles-ci soient heureuses que mon modeste blogue parle d’eux en termes positifs. Je ne savais pas non plus qu’il était possible que je me couche à minuit pour écrire cet article élogieux afin de le mettre rapidement en ligne et ainsi vouloir prouver mon efficacité.

Je ne savais pas à quel point le volet mode est important en tant que blogueuse. Moi qui pensais aimer la mode et la photographie, c’est une tout autre facette de ces deux domaines que j’ai appris et que je perfectionne encore aujourd’hui. Un simple selfie peut te faire gagner ou perdre des abonnés, un look peut susciter des commentaires et influencer certaines personnes qui voudraient l’adopter aussi. Une blogueuse très réputée peut faire en sorte qu’un article en magasin soit en rupture de stock tellement la photo a une grande portée auprès des consommateurs qui suivent celle-ci. Je me surprends maintenant à porter une attention particulière à mes looks en tout temps. Je cherche les meilleurs murs de pierres ou de briques pour faire des photos lifestyle, je porte un œil plus aiguisé sur mon environnement. Je suis constamment à l’affût du beau, de l’original et du détail qui fera toute la différence.

Je ne savais pas que je deviendrais aussi obsédée par ce qui m’entoure. Totalement accro à qui ferait un bon sujet d’article ou une bonne photo. Je ne savais pas que je pourrais passer des heures à chercher des idées de sujets, à lire d’autres blogues pour m’inspirer, et à toujours vouloir placer la barre plus haute pour atteindre les sommets que je me suis fixée.

Alors quand je lis ou j’entends qu’être blogueuse c’est facile ou tout simplement insignifiant, j’ai envie de leur répondre que c’est un travail comme un autre et que pour en comprendre la complexité, il faut d’abord s’informer avant de juger.

Cela dit, j’en apprends encore chaque jour sur ce beau métier que j’ai choisi, en complément de celui qui me permet de gagner ma vie et qui me comble de bonheur chaque jour par sa diversité, sa complexité et son originalité.

          

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