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21 pouces de bonheur

Après 8 longues semaines, à stresser, à penser au pire, à caresser mon ventre, j’ai entendu ton petit cœur. Le bruit d’un grand cheval fort au galop. Dès ce moment, j’ai su que tu t’étais accroché à moi et que nous allions continuer ton évolution, ensemble. L’angoisse était désormais un mot du passé. Déjà si petit mais si rassurant.

À cinq mois, ton père et moi étions tout excités à l’idée d’apprendre quel sexe se cachait là-dedans. Quand on a su que tu étais un petit garçon en santé, nous étions les parents les plus chanceux et reconnaissants du monde. Fille ou garçon n’avait aucune importance, mais enfin nous étions fixés pour te trouver un prénom. Je pouvais également commencer à acheter du bleu et des camions.

Nous ne voulions pas que ton nom soit commun, nous avons décidé de t’appeler Lohann. Cela sonnait doux et fort à la fois dans nos oreilles. Nous savions que tu serais un petit gars très spécial. Nous progressions toi et moi et les mois avançaient peu à peu. Je t’ai imaginé, je t’ai fait écouter de la musique, j’ai  pris des marches en te parlant, ton chien se couchait la tête sur mon ventre le soir et sursautait lorsque tu bougeais. Déjà, sans s’être vus, nous étions complices et partagions beaucoup de bonheurs ensemble, juste toi et moi.

Je t’ai tant attendu mon petit homme, un soir très tard tu m’as fait ressentir que c’était le grand jour, celui où enfin j’allais être maman. Un coup arrivés à l’hôpital on a encore marché, en compagnie de ton père, qui de son air blagueur essayait à tout prix de me faire rire lors de mes contractions. Mes émotions étaient partagées entre la souffrance physique et l’excitation énorme de ta venue.

Après la péridurale, le grand moment de notre rencontre, après neuf longs mois, était enfin arrivé. Des heures interminables à t’attendre, les efforts afin que tu puisses enfin voir la lumière et connaître enfin mon visage, moi celle qui te parlais depuis tout ce temps.

C’est alors que 21 pouces de pur bonheur ont fini par se pointer le bout du nez. Tu étais si beau, si calme, si parfait. Le peau-à-peau me permettait déjà de ressentir l’immense bonheur de te sentir contre moi, mon rôle de mère prenait tout son sens à ce moment précis. Ta petite tête blottie dans mon cou, tes petits pleurs qui me réclamaient déjà, tes petites mains glissantes sur ma poitrine gorgée de lait prête à te nourrir. Tes yeux qui me fixaient comme si j’étais la plus belle merveille du monde. Mon cœur battait la chamade rien que de t’avoir contre moi. Tu es un souhait devenu réalité, mon plus bel accomplissement. Tu es la réussite d’une formule amoureuse soudée.

J’ai compté tes doigts, tes orteils, j’ai observé ta petite tache de naissance, tes longs cils, tes cheveux foncés, je respirais ta peau qui sentait la pureté et l’innocence. Je te regardais comme on observe un tableau d’art. J’étais la créatrice de ce pur chef-d’œuvre. Plus on observe une toile, plus on y découvre les couleurs, les points forts et nos propres opinons artistiques. C’est un peu comme cela que je me suis sentie face à toi.

Cette journée-là, où ton regard a croisé le mien, j’ai su ce que voulais dire l’amour inconditionnel. J’ai réalisé ce que ton père et moi avions créé : le meilleur de nous deux. Nous formons un trio parfait, tu embellis notre vie, tu es un magnifique être humain, c’est une chance immense que de pouvoir entendre le mot maman sortir de ta bouche.

Je t’aime mon garçon.

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