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La peur de vieillir

Si je recule à quand j’étais adolescente, je n’étais pas comme les autres adolescents de mon âge. Eux qui ont soif de liberté, d’avoir 18 ans, de faire ce qu’ils veulent sans avoir de compte à rendre, avoir le permis de conduire, sa voiture. Moi, toutes ses choses me faisaient tellement peur. J’étais bien chez nous, dans mon cocon avec ma famille, bien entourée, toujours plein de visite. Nous étions vraiment tissés serrés.

Quand j’ai dû choisir ce que je voulais faire de ma vie, j’ai vraiment eu peur de ne pas faire le bon choix. Je ne pensais pas que si ça ne fonctionnait pas, si je n’étais heureuse, que je pourrais changer d’emploi. Je n’arrivais pas à décider. Je me disais qu’à 18 ans, je devrais quitter ma famille, ce qui me faisait vraiment trop de peine et j’avais trop peur de vivre seule. Comment je ferais? Je ne voulais pas vieillir, je ne voulais pas de ses responsabilités d’adulte. Je ne me sentais pas à la hauteur, d’autant plus que j’ai pris une année sabbatique après mon secondaire 5. Et je stressais tellement, seule dans ma chambre, sans amie, sans but, à tourner cette seule pensée dans ma tête : « je ne veux pas vieillir ». Résultat : je suis tombée malade deux jours avant mes 18 ans, deux mois à l’hôpital à chercher ce qui se passait avec moi. Après une biopsie et deux mois de douleur insupportable, j’ai compris que ce qui m’arrivait était la pire chose que tu veux traverser à 18 ans. Le cancer. Et oui, cette chose affreuse m’arrivait à moi, mais pourquoi? Pourquoi? J’ai vite compris que la pensée est créatrice. C’était moi, oui moi, qui avais peur de tout et de rien, mais qui ne voulais surtout pas vieillir. Voulais-je mourir… bien sûr que non! Je veux vivre, rencontrer l’amour, me marier, avoir des enfants, une maison, devenir une grand-mère! Oui, je veux vieillir! Oui, je suis capable de passer au travers de tout ce qui me fait peur. J’ai donc relevé mes manches, suivi les traitements, revu mon objectif et je me suis guérie avec beaucoup de support de ma famille et de ma chum qui m’a fait rire en masse.

La vie est un cadeau dont il faut chérir chaque instant, chaque moment, profiter du moment présent et non toujours penser à ce qui va arriver demain et la semaine prochaine. Quand j’étais petite, l’année scolaire me semblait interminable. J’avais tellement hâte à l’été de congé qui malheureusement passait comme l’éclair. Quand ma mère me disait « profite de ton temps à l’école, tu es bien et tu ne le sais pas », oh mon dieu que je détestais ça! Et je me fâchais toujours. L’école à mes yeux, c’était poche et les profs étaient plates, etc… Mais aujourd’hui, c’est devenu mon discours pour mes enfants, hihihi!

Quand mes enfants étaient petits, elle me disait : « profites-en, cela passe beaucoup trop vite. » Quand l’enfant marche à quatre pattes, on veut qu’il se lève pour marcher debout, on a hâte qu’il soit propre, plus de couche et ce qu’on réalise c’est que oups!!! Mon fils est en secondaire 5 et ma fille commence le secondaire 1! Il me semble que je retournerais au moment où je les berçais pour les endormir. Celui où ils venaient me voir pour les consoler, leur chanter des chansons pour rire.

La semaine dernière, une personne que j’aimais beaucoup nous a quittés vraiment trop tôt et le lendemain matin, un petit garçon est né. C’est ainsi le cycle de la vie. Une personne meurt et une autre vient au monde. C’est une roue qui tourne : on naît, on vieillit et on ne peut rien y faire, sinon de profiter de la chance de vivre chaque instant de notre vie.

Aujourd’hui, je n’ai plus peur de vieillir, car même si je vais avoir bientôt 39 ans, je me sens encore comme si j’avais 18 ans. Je connais beaucoup de gens qui sont partis trop tôt qui auraient voulu vieillir, partager plus de moments avec ceux qu’ils aimaient. Alors toi qui es en santé, profite de chaque moment! Que ce soit le matin où tu bois ton café ou le beau coucher de soleil à regarder, assister à la naissance d’un bébé ou le départ d’une personne aimée. C’est ça la vie et je vais la vivre pour tous ceux qui n’ont plus cette chance.

Et vous, avez-vous peur de vieillir?

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