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La pornographie et son influence

À ceux qui aiment regarder de la pornographie en douce…

Avertissement : Ce texte contient des propos sexuels.

Je me souviens qu’à mes 11 ans, je ne savais pas ce que c’était une fellation et encore moins, comment en faire une. Je n’ai jamais eu honte de ça. Quand j’y pense, je me permets de mieux comprendre ces jeunes qui consomment de la pornographie. Quand le.la partenaire fait un cunnilingus et/ou une fellation, on peut voir tous les angles et ce, sans tabou. Disons qu’on comprend bien ce que les acteurs sont en train de faire. En plus, c’est facile d’accéder à de la cyberpornographie et c’est gratuit. Tu n’as même pas besoin de le chercher, elle peut s’afficher sur ton écran sans l’avoir demandé. Je trouve que c’est l’un des services les plus rapides en ligne.

-Les premières consommations chez les jeunes se situent vers l’âge moyen de 12 ans chez les garçons et de 13 ans chez les filles.

– En 2010, lors d’un sondage sur la consommation de la cyberpornographie chez les jeunes, le quart des jeunes aurait affirmé avoir vu de la pornographie sans le vouloir. (Extrait de l’étude de Jones et al, 2012)

Le sexe et ces histoires coquines, on en apprend partout et par tout le monde. Même dans une conversation qu’on écoute en douce. Mais est-ce que la cyberpornographie a aussi une influence sur notre sexualité? Est-ce qu’on est conscients.es de son effet sur nous? Son influence est-elle positive ou négative?

Quand on visionne de la pornographie, on reçoit tellement de discours qui peuvent être trompeurs. Par exemple, les acteurs peuvent envoyer comme message direct ou indirect que plus la taille du pénis est grosse, plus il y a du plaisir. Que les seins doivent être parfaitement arrondis et fermes. Que les abdos doivent être parfaitement découpés comme ceux des athlètes.

C’est correct d’aimer regarder de la pornographie, parce que cela peut être amusant. D’ailleurs, 75.5% des consommateurs de la cyberpornographie ont confirmé qu’ils regardaient de la pornographie pour seulement de l’amusement. (Étude sur le profil des consommateurs de la cyberpornographie tirée du Journal of Sexual Medecine, Vaillancourt-Morel et al, 2017)

On doit continuer à être sensible au fait que ce sont des acteurs doués dans leurs rôles. Dans la vraie vie, ce n’est pas tout le monde qui a des critères très élevés par rapport à l’aspect physique de son partenaire. Certains partenaires sexuels vont préférer valoriser les positions sexuelles les plus satisfaisantes pour les deux.

Toutefois, ce n’est pas toujours ce que l’on peut voir dans la cyberpornographie. Les ébats sexuels se font souvent par la jouissance d’un seul partenaire. C’est correct si un partenaire a envie de satisfaire l’autre. C’est son choix. Mais c’est différent quand un partenaire pense juste à sa propre jouissance sans se soucier de l’autre. Il ne faut pas oublier combien ça peut être amusant lorsque deux partenaires se satisfont mutuellement.

Dans un film porno et que tu vois quelqu’un faire une fellation, ça envoie souvent comme message que c’est bien si la personne suce jusqu’à en avoir presque le goût d’en vomir. Ça fait peur à l’idée qu’une personne peut penser que c’est comme ça qu’on le fait pour vrai. On a chacun nos plaisirs et nos limites sexuelles. Ce n’est pas toutes les femmes qui aiment recevoir un cunnilingus et/ou faire une pratique orale. Tout comme les hommes, ils n’aiment pas tous recevoir une fellation et/ou faire une pratique orale. Et c’est correct.

Dans les extraits de porno, ce serait bien d’entendre ce type de conversation : « Aimes-tu avoir du sexe avec une femme qui prend ou pas des médicaments contraceptifs? Es-tu à l’aise avec ou sans le condom? Aimes-tu faire ça plus doucement, lentement ou rapide et fort? » Le genre de conversation qui permet de connaître les goûts de l’autre personne, d’être en confort et d’éviter les malaises et malentendus. Que tu sois une personne avec un.e. seul.e partenaire sexuel.le ou que tu sois une personne avec différents.es partenaires sexuels.les, la communication est importante. Parce que plus la communication est claire, plus on va vers le respect mutuel, des sourires partagés, du plaisir et des attentes réalistes.

II existe de la pornographie féministe et de la pornographie pour les femmes (les hommes sont aussi la bienvenue). Ces types de pornographies mettent en valeur le respect mutuel, les silences intenses et le plaisir partagé entre deux acteurs. Que tu sois une femme ou un homme, tu pourrais peut-être trouver tes plaisirs dans ces types de pornographies et/ou faire un changement dans tes plaisirs intimes.

Maintenant, je vous pose la question, êtes-vous conscients.es de l’effet que la cyberpornographie a sur vous?

 

Signé L’escarpin rouge
Ce texte est un billet exprimant l’opinion personnelle de l’auteur.e.

 

 

 

 

 

 

-Extrait de l’étude de Jones et al, 2012- Tiré du livre, psychologie de l’adolescence, 96.p, Richard Cloutier, Sylvie Drapeau,4e édition, 2015

– Vaillancourt-Morel et al (2017), Étude des profils consommateurs de la cyberpornographie tirée du Journal of Sexual Medecine, http://www.jsm.jsexmed.org/article/S1743-6095(16)30842-6/abstract?cc=y=,consultée en ligne le 28 janvier 2017

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