Folie critique·Jennifer Martin

Costco et moi

On va se le dire, aller chez Costco c’est vraiment une expérience anthropologique intéressante.

Je n’ai pas de carte de membre.

Je refuse encore de pénétrer cette jungle et de faire partie de la bande.

J’y accompagne ma mère ou ma belle-mère une fois ou deux par année maximum pour acheter quelques articles très précis qui valent réellement la peine. Ou pour me procurer l’un des 2-3 modèles de chaussure à prix réduit pour mon fils qui use ses souliers aussi vite qu’un paquet de menthe après une virée chez Amir.

Je ne veux pas payer une adhésion pour entrer dans un magasin qui fera autant de tort à mon portefeuille qu’un dégât d’eau en période de chômage. Parce qu’on s’entend qu’il est plutôt rare de sortir de là avec une facture en bas de 100 $ à moins d’être extrêmement discipliné. Pis que c’est bennnnn trop facile de se créer des besoins une fois sur place et de flancher.

Le Costco et moi, ça ne marche juste pas. On n’est pas fait pour s’entendre.

En partant, juste trouver un stationnement constitue un défi. Il faut spotter LA personne qui vient de franchir les portes avec son panier rempli à ras bord et souhaiter ne pas avoir à jouer du parechoc avec un regard de meurtrier en série pour espérer arriver à se garer à moins de 1 km de la porte. Pendant le temps des Fêtes ou les longues fins de semaine ? Je n’y pense même pas. Tu dois être fort mentalement et d’une patience à toute épreuve. Moi, je ne m’y risque même pas, j’ai mieux à faire de mes journées de congé.

Je ne peux franchir les portes sans la sacro-sainte carte de membre. Aucune chance de m’y faufiler, les gens à l’entrée ont des radars dans les yeux. C’en est presque effrayant… Moi, je suis déjà un peu agacée par mon expérience de stationnement et le choix de mon panier qui s’est aussi déroulé de façon chaotique, je n’aime pas trop le fait de me faire déshabiller du regard avant de me faire déposséder de plusieurs dollars. Genre, sois aimable, je m’en viens dépenser de l’argent chez toi. Règle de base pour ceux qui travaillent avec le public, je ne devrais même pas avoir à m’expliquer sur ce point.

Ce qui me fascine d’abord chez Costco, c’est la disposition weird des allées. Ce n’est comme pas clair quand on entre. Les sections ne sont jamais bien indiquées, il y a du stock partout et aucune indication. T’sais, au moins chez Ikea, t’as des flèches par terre et un étage au complet pour t’inspirer. Chez Coscto, je suis toujours déçue parce que mon regard n’est attiré par rien quand j’entre sauf par la quantité de gens qui se bousculent un peu partout et semblent chercher où aller, eux aussi. Mais la plus grande fascination réside dans le fait que rien n’est disposé pour me donner envie d’acheter, mais que je sors toujours de là avec quelque chose. Est-ce une conspiration ?

Moi, je ne cuisine pas et j’ai une minuscule maison avec à peu près pas de rangement, c’est donc certain que je ne suis pas la candidate idéale pour stocker 4 pots géants de ketchup, 85 rouleaux de papier de toilette pis 38 boîtes de Kleenex. Ça ne rentre juste pas, à moins que je me serve des boîtes de Kleenex pour faire une table d’appoint. Faque je suis toujours un peu sous le choc quand je regarde les gens et leur panier plein à craquer. Je me demande comment ils font pour placer toutes leurs affaires, ou bien je me demande s’il y a une catastrophe qui s’annonce et que je ne suis juste pas au courant qu’une pénurie de beurre de peanuts est prévue dans 5 jours. Mais ouais, je travaille toujours très fort pour faire de la place pour la grosse boîte de croissants que j’achète. Je l’avoue, 12 croissants pour 6 $, ça revient quand même juste à 0,50 $ chacun, donc oui, ça vaut la peine de chialer tous les matins sur le fait que la boîte encombre mon comptoir. Mais c’est pas mal juste l’exception.

Autre fait observé chez Costco lors de mes passages ? Il y a plus d’employés qui font des dégustations que de gens pour t’aider à te diriger dans les allées. C’est ben beau manger toutes sortes d’affaires, mais même la petite bouchée n’arrivera pas à calmer mon énervement si ça fait 10 minutes que je tourne en rond pour trouver quelque chose. Les plus gourmands me trouveront peut-être de mauvaise foi mais ça ne me dérange pas.

Les clients qui se poussent, les paniers qui s’entrechoquent, j’ai mal à la tête au bout de 15 minutes lorsque je vais chez Costco. Moi qui supporte habituellement bien les foules, je perds ma patience et mon sang froid lors de chacune de mes visites.

Oui, j’y achète des billets de cinéma à meilleurs prix, mais ça, c’est aussi la preuve que les cinémas chargent beaucoup trop cher. Si le Costco peut se permettre de les vendre à prix réduit en incluant le popcorn, il y a sûrement une twist que je ne connais pas. J’y achète aussi des livres beaucoup moins chers qu’en librairie. Qui paie le prix de cet écart ? L’auteur ? La maison d’édition ? Le Costco ? Éduquez-moi sur le sujet quelqu’un…

À la fin d’une de mes visites (heureusement peu nombreuses), les files interminables à la caisse et le défilé de gens qui tentent de se frayer un chemin vers la sortie facture à la main m’achèvent à tout coup.

Non, je ne suis pas faite pour le Costco.

Pis je l’assume à 100 %

*Ce texte se veut une opinion personnelle et un billet d’humeur. Paix et amour à tous les employés et les fidèles clients du Costco. *

Un petit bonus…Allez visionner ce numéro de l’humoriste Dominic Paquet, qui illustre très bien ce que je ressens.

Crédit photo de couverture

 

       

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