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Mes premiers regrets de maman

En cette semaine de la fête des Mères, je pourrais faire un énième texte sur les joies d’être une maman ou un autre article pétage de coche sur la charge mentale que s’imposent les mères, mais je pense qu’il y en a assez qui se gâtent à en écrire. Non, j’ai eu envie de parler d’autres choses parce que, oui, la maternité vient avec ses joies, ses questionnements, ses réussites, ses doutes et ses contradictions, mais aussi ses erreurs et ses regrets. Pis je trouve ça pertinent de les partager aussi.

J’aurais voulu planifier sa venue dans ma vie…

Deux, trois pilules oubliées, des planètes parfaitement alignées, des astres favorables à la fertilité.

C’est pas mal de même qu’on pourrait raconter l’histoire si on voulait rendre ça cute. Mais je te garantis qu’on est loin des scénarios Pinterest où j’annonce ma grossesse avec un setup digne de Hollywood qui implique une photo d’échographie et un bouquet de ballons. Nos airs choqués étaient loin d’être arrangés avec le gars des vues. J’aimerais ça dire que je l’ai désiré comme il le mérite, mais ce n’est pas le cas. Heureusement, c’est juste une petite parenthèse à son histoire. Le livre de sa vie est par la suite rempli d’amour.

Jen parle de ses regrets de maman

Je n’ai pris aucune photo de ma grossesse…

Je te le jure… même pas un cliché d’une petite ébauche de ventre rebondi.

Pas d’album qui s’échelonne sur 9 mois. Ma mère en a une quelque part qu’elle a prise quelques minutes seulement avant mon accouchement alors que je suis branchée de partout, que je n’ai pas dormi de la nuit et que le bleu de la jaquette d’hôpital est loin de me faire un teint de pêche. Mais je considère que ça ne compte pas et que c’est une très mince consolation. Pour ma défense, je dois dire que je n’avais pas de téléphone intelligent, encore #Throwback2006, et que j’avais encore moins un appareil photo numérique parce que je n’avais ni ordinateur ni Internet (comment je faisais pour survivre ?). Faque chaque fois que je vois une photo d’annonce de grossesse ou de bedaine, je grince toujours un peu les dents. Même après presque 12 ans.

Jen parle de ses regrets de maman

J’ai envisagé l’avortement…

Je sais, c’est dur à lire, mais c’est encore plus dur à vivre.

J’aurais voulu ne pas avoir à considérer cette possibilité. Mais quand t’es un bébé couple d’à peine un an, encore indécis dans ses projets et même ses sentiments, apprendre qu’un bébé est en route te force à prendre connaissance de toutes les options. Te reviennent alors en mémoire les cours de F.P.S. (formation personnelle et sociale pour ceux qui ont connu ça… #Throwback1999) où on te parlait pendant un chapitre complet des choix qui s’offraient à toi en cas de grossesse. Je ne l’ai pas considéré longtemps, mais juste le fait que ça m’ait effleuré l’esprit me remplit d’un sentiment de culpabilité impossible à oublier même après toutes ces années et le bonheur que mon fils m’a apporté par la suite. Heureuse que mes questionnements aient rapidement fait place à la certitude que sa place était dans notre vie et nulle part ailleurs.

Je regrette de ne pas en avoir assez profité…

Je ne suis sûrement pas la seule.

Chaque parent s’est dit à un moment ou un autre : « Le temps est passé trop vite, me semble que je n’en ai pas profité ! » J’ai beau avoir apprécié chaque étape, je suis nostalgique de l’odeur de sa peau de bébé, surtout quand il sortait du bain pis que j’y mettais de la crème dans chaque petit pli de cuisse pis que je le trouvais trop mignon en pyjama à pattes. Tranquillement, ces souvenirs s’estompent, malheureusement. Pourquoi je ne me suis pas arrêtée pour apprécier le moment au lieu de chialer contre mon manque de sommeil ? Je regarde des photos, mais ce n’est pas pareil. J’aimerais dont ça qu’on me ramène mon bébé le temps d’une journée. Juste pour m’imprégner les narines de son parfum pis faire mes adieux ben comme il faut à sa petite enfance.

Je regrette d’avoir douté de moi, de nous…

Même si j’ai toujours pensé que je ferais une bonne mère, je me suis sentie la pire des nouvelles mamans quand j’ai décidé d’arrêter d’allaiter après 3 semaines. Je m’en suis voulu de faire fi des pédiatres et pratiquer le cododo pendant 4 ans juste parce que je voulais dormir un peu. Je m’en veux encore de ne pas être arrivée à temps pour l’empêcher de débouler un escalier en colimaçon quand il avait à peine 18 mois. Je regrette d’avoir pensé que notre couple n’en serait peut-être plus un s’il n’était pas entré dans notre vie. Au contraire, il est le meilleur ciment pour colmater les failles de notre union. J’ai maintenant la conviction qu’on est les meilleurs parents possible, que je suis la maman que je veux être. Loin d’être parfaite, avec mes qualités et mes défauts, mais surtout de plus en plus en paix avec mes fiertés et mes regrets.

Pis ça, ça m’aide à me pardonner.

Jusqu’aux prochains regrets…

     

 

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