Folie bien-être·Folie critique·Folie intime·Karine Caron-Benoit·Tous les articles

13 Reasons Why – saison 2 : vouloir traverser l’écran

Aucun spoiler de la saison 2 dans ce texte.

J’ai écouté la deuxième saison de 13 Reasons Why dès sa sortie; c’est-à-dire vendredi, le 18 mai dernier, et je l’ai terminée samedi, le 19 mai en soirée. J’avoue qu’en écrivant ses mots, je suis encore remplie d’émotions. Dans les médias, l’opinion sur la première saison était divisée en deux. Premièrement, les gens qui dénonçaient la série disant qu’elle prônait le suicide, sans donner réellement de solutions. De l’autre côté, plusieurs ont trouvé que cette série était essentielle, même importante. J’étais entre les deux. Pourquoi? Simplement, parce que je crois qu’il en fallait plus. Je n’étais pas contre la série, au contraire, mais je trouvais qu’il manquait d’espoir. Quand la deuxième saison a été annoncée, plusieurs se demandaient ce qu’il y avait de plus à raconter. Hannah est morte, que dire de plus? Mais je savais qu’il fallait plus, moi-même j’en voulais plus. J’étais peut-être naïve, mais je voulais comprendre le pourquoi de certaines choses. Savoir comment les autres personnages allaient vivre leurs souffrances, leurs secrets, en fait, tout. On dirait que j’avais besoin qu’il y ait une suite pour certaines personnes, comme le viol de Jessica, la tentative de suicide d’Alex; il devait avoir plus d’explications.

La deuxième saison, c’est le procès, les parents d’Hannah Baker contre le lycée, qui selon eux, n’ont pas su gérer la situation. On voit la vie après les cassettes, mais aussi après le suicide d’Hannah, la tentative de suicide d’Alex, le viol d’Hannah ET Jessica, les remords, la reconstruction et les questions qui restent sans réponses. On voit aussi énormément de souffrance, avec beaucoup de différences, oui, mais avec chacunes leurs raisons. J’ai été ébranlée, je ne peux vous cacher que je me suis reconnue à quelques reprises dans la série, même que je me suis demandée si j’étais assez forte pour l’écouter seule. La réponse? Personne ne l’est je crois. Le sujet nous empêche d’être insensible, on est fragile. On a tous et toutes flanché.es à un moment dans notre vie, eu l’impression qu’il vallait mieux abandonner. Pour moi, ce sont ces souvenirs qui ont refait surface. La saison 2 a brassé beaucoup de choses chez moi.

On aborde énormément de choses dans la saison 2, plus que dans la saison 1. Je crois que c’était la suite logique, laisser partir Hannah, mais sans l’oublier et travailler tous ensemble pour reconstruire l’avenir, tenter de réparer ce qui a été brisé, mais surtout : dénoncer ce qui devait l’être. C’était un peu impossible de dire au revoir à Hannah sans régler ce qui devait l’être. Un combat qui rassemble, qui montre qu’ensemble, il est possible de changer les choses. J’ai vu beaucoup d’espoir dans la saison 2, ce n’est pas d’essayer de comprendre pourquoi Hannah a posé son geste, mais bien ce qui peut être fait pour que ça ne se reproduise pas chez quelqu’un d’autre, que des mesures soient mises en place. Juste cette série, c’est un moyen de parler du suicide, mais également de parler des autres fléaux, tels que les agressions sexuelles, les drogues, les armes à feux, les maladies mentales, le suicide, la sexualisation en général, l’encadrement parental ou d’un établissement scolaire, la justice et plus encore. Le tout réuni dans une série télévisée qui sera vue des milliers de fois. Est-ce le bon moyen d’aborder ces sujets? J’en ai aucune idée, mais est-ce qu’il y en a une meilleure qu’une autre? En parler ou ne pas en parler? On est rendu.es à se questionner sur tout, on veut aider, sensibiliser, faisons-le comme on le peut et cette série en est un bon exemple.

J’ai été bouleversée, surtout le dernier épisode. J’étais assise dans mon divan, les genoux relevés, les larmes qui ne cessaient de couler sur mes joues, mes mains une dans l’autre, qui espérait que ce que je croyais qui se passerait ne se passe pas. J’avais vraiment l’impression d’assister à la réalité, tellement l’émotion que je ressentais était puissante. J’avais envie de traverser l’écran, prendre chacun des personnages dans mes bras et leur dire que ça va aller. Oui, ça va aller. On peut vivre les pires souffrances, ça va aller. Pas tous les jours, mais quand il y a du beau, ça fait quelque chose sur quoi s’accrocher, espérer, vivre, sourire et finir par se dire que le laid n’est pas la seule chose qui existe.

J’ai un peu de mal à trouver les mots justes. J’ai quand même visionné les 13 épisodes en une seule journée, sans arrêt.13 Reasons Why est, pour moi, une série intelligente qui fait parler. Beaucoup. Les gens ne sont pas d’accord sur les répercussions de cette émission, c’est donc pourquoi j’ai parlé en mon nom, avec mon expérience. Cette série m’a ébranlée, m’a appris, m’a montré du vrai, m’a fait réfléchir.

Pour visionner la série, direction Netflix.

Pour de l’aide :

Crédit photo couverture : Page Facebook de la série

 

N’oubliez pas que si vous avez besoin d’en parler, il existe des ressources :

Centre de prévention du suicide 1-866-277-3553

Centres de crises : Santé Montréal

karine signature ariane reviseure

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *