Ma fille et Fanny, quand la réalité rejoint la fiction

Bien que la série fugueuse ait pris fin après 10 épisodes qui nous ont tenus en haleine, le sujet est loin de tomber dans l’oubli. Les réseaux de prostitutions, l’univers des proxénètes et le triste sort réservé aux jeunes filles sont encore très présents dans les médias. Bien que les gens soient plus sensibilisés au phénomène, il est faux de croire que ça n’arrive qu’aux autres. Nous sommes très sensibles au sujet et c’est vraiment important pour nous de montrer à quel point c’est important d’abattre les tabous qui persistent au sujet des filles qui tombent entre les mains de ces manipulateurs qui volent une partie importante de leur vie.

Il y a quelques jours, nous avons reçu ce témoignage d’une mère qui vit la même chose que les parents de Fanny et elle nous a offert de partager avec nous ce qu’elle vit depuis que sa fille aînée est tombée sous l’emprise d’un homme identique à celui dépeint dans la série.

 

L’histoire de Fanny, c’est aussi celle de ma fille, ma fille à moi…

La jeune femme que je voyais dans mon écran chaque lundi soir en train de se faire manipuler, agresser, violenter physiquement et psychologiquement.

Ma fille, la chair de ma chair, l’a aussi vécu.

Ça m’a pris du temps à me rendre compte de tout ça… Je pensais qu’elle traversait une autre mauvaise passe, qu’elle défiait les règles comme elle l’a déjà fait par le passé, mais maintenant rendu à 19 ans, que pouvais-je faire ? Je pensais que ça ne faisait que recommencer et que ça allait passer.

Jusqu’au jour où j’ai vu une vidéo sur les réseaux sociaux d’elle au centre-ville de Toronto. Que j’ai trouvé un billet de train identifié à son nom qui prouvait qu’elle était bien sur place !

Au même moment dans nos télévisions, un personnage dans la série District 31 allait aussi à Toronto pour y faire son travail d’escorte. 1 +1, ça fait 2.

Je me suis dit : « Non… pas la mienne… pas ma fille à moi ! »

Lors du temps des Fêtes, elle n’était pas parmi nous puisqu’elle effectuait un séjour de 3 semaines dans la ville Reine. Je ne faisais que m’interroger avec l’angoisse au ventre : Est-ce que plein d’hommes sont en train d’utiliser son corps pour assouvir leurs plaisirs ? Comment a-t-elle pu en arriver là ? Ces hommes-là, avec ma fille à moi.

Après cette période vint des menaces de mort d’un gang de rue, par la suite une arrestation pour voie de fait, séquestration et menace sur un jeune homme. Ma fille, mon bébé, arrêté et mis en prison pour des gestes posés sous menace de 2 jeunes hommes ainsi que de son proxénète.

J’ai ensuite eu droit à une avalanche de confidences qui furent extrêmement douloureuses à entendre, mais qui me confirmait que ma fille, ma fille à moi est, elle aussi, une Fanny. Je nageais en plein cauchemar, je ne m’étais rendu compte de rien. Je n’avais que quelques doutes et des soupçons, mais je n’arrivais pas à comprendre comment ça avait pu nous arriver à nous. Nous étions la petite famille typique avec la maison, les enfants, le chien. C’était inconcevable.  

Ça me fait si mal en tant que maman d’entendre tout ça de la bouche de ma fille, mais c’est surtout un million de fois plus terribles pour elle d’avoir vécu toutes ces atrocités !

Savez-vous le pire dans tout ça ?

Ma fille, ma fille à moi, elle aime son Damien.

Exactement comme Fanny.

 

Il y a des milliers de cas comme Fanny, de jeunes filles qui souffrent sous l’emprise d’un homme qui les exploite en leur faisant croire qu’elles vivent une belle histoire d’amour. Si celles qui sont mineures peuvent être prises en charge par les centres jeunesse et la DPJ, celles qui ont atteint la majorité peinent à trouver les ressources qui leur permettraient de s’en sortir ou se laissent difficilement convaincre d’y avoir recours. Nous sommes de tout cœur avec les jeunes femmes qui tentent de s’en sortir et nous souhaitons du courage aux familles aux prises avec cette situation.

À la suite de ce témoignage, nous désirons mettre en lumière les organismes qui peuvent prêter main-forte aux filles qui cherchent de l’aide et espérer les aider à y avoir recours.

Concertation des luttes contre l’exploitation sexuelle   

« Mise sur pied en 2005, elle regroupe 50 groupes membres, plus de 150 membres individuels et de nombreux et nombreuses sympathisants.es qui croient qu’un monde sans prostitution est possible. Le travail de la CLES se décline en trois principaux volets soient les services aux femmes, la sensibilisation et la formation de même que l’action politique. »

Comité d’action contre la traite humaine interne et internationale.

« Notre mission est de travailler en solidarité à tisser une société égalitaire en éradiquant la traite humaine. »

Les survivantes

« Le projet Les Survivantes consiste à offrir des séances d’information aux différents professionnels œuvrant auprès des victimes d’exploitation sexuelle. Il vise également à sensibiliser ces dernières et à les informer sur les diverses ressources susceptibles de les aider à sortir de ce milieu. »

Le centre d’aide aux victimes d’actes criminels

« Les centres d’aide aux victimes d’actes criminels, les CAVAC, sont là pour vous aider à en surmonter les conséquences psychiques, psychologiques et sociales. N’hésitez pas à les contacter, leurs services professionnels sont gratuits et confidentiels. »

       

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