Nanette, un show important par Hannah Gadsby

L’autre jour, Dominique (oui cette Dom-là) m’a parlé d’une nouveauté sur Netflix. Hannah Gadsby – Nanette. Comme à mon habitude, quand on me suggère de quoi à regarder, je l’ajoute donc à ma liste. Par contre, quelques jours plus tard, mon ami Kévin en parle aussi dans sa story Instagram et je vois passer quelques statuts Facebook. Après avoir enfin écouté son show, je peux vous dire que je n’ai vraiment pas vu assez de publications à ce sujet! Vraiment pas. Elle mérite beaucoup plus que ce qu’on voit. J’suis pas mal sûre que beaucoup d’entre vous a aucune idée c’est qui. Et c’est triste. Car ce n’est pas un traditionnel stand up comedy show. Non, oh non. C’est un coup de poing en plein coeur, c’est un café corsé à ton réveil, c’est une claque sur la joue qui te laisse une marque de main bien étampée.

Hannah Gadsby, avec son bel accent australien et son style impeccable, m’a laissée une première bonne impression en moins d’une minute. Son sourire qui en dit long ; ce genre de sourire forcé, mais triste, mais réaliste. Ces rires jaunes et bien placés. On comprend plus le spectacle avance. On comprend et apprend beaucoup de choses. Sur soi, sur la société, sur elle, sur l’art. J’ai complètement adoré ses transitions, ses métaphores, ses comparaisons et la boucle finale qui est, ma foi, remplie d’émotions!

J’ai décidé de vous laisser quelques citations de son spectacle, dont j’ai fait la traduction libre (ne me jugez pas, c’est la première fois que je faisais ça et je ne me suis pas relue, je voulais que ça soit direct comme je le lisais). Des citations fortes de sens. Mais rien à comparé à l’impact que son show a.

 

 

“The thing I [her mom] regret is that I raised you as if you were straight. I didn’t know any different. I am so sorry. I knew… well before you did… that your life was going to be so hard. I knew that, and I wanted it more than anything in the world not to be the case. And I know I made it worse, because I wanted you to change because I knew the world wouldn’t.”

“La chose que je [sa mère] regrette est que je t’ai élevée comme si tu était hétérosexuelle. Je ne savais pas comment faire autrement. Je suis tellement désolée. Je savais… bien avant toi… que ta vie serait tellement difficile. Je savais ça et je voulais, plus que tout au monde, que ça ne soit pas le cas. Et je sais que j’ai rendu tout plus difficile, parce que je voulais que tu changes, vu que je savais que le monde ne le ferait pas.”

When you soak a child in shame, they cannot develop the neurological pathways that carry thought… you know, carry thoughts of self-worth. They can’t do that. Self-hatred is only ever a seed planted from outside in. But when you do that to a child, it becomes a weed so thick, and it grows so fast, the child doesn’t know any different. It becomes… as natural as gravity.

Quand tu recouvres un enfant de honte, il ne peut pas développer le parcours neurologique qui transmet la pensée… tu sais, ces pensées d’estime de soi. Il ne peut pas faire ça. Le fait de se détester soi-même est une graine plantée de l’extérieur. Mais quand tu fais ça à un enfant, la racine devient si épaisse, et elle pousse si vite, qu’il ne connait pas autre chose. Ça devient… aussi naturel qu’est la gravité.

I believe women are just as corruptible by power as men, because you know what fellas, you don’t have a monopoly on the human condition, you arrogant fucks. But the story is as you have told it. Power belongs to you. And if you can’t handle criticism, take a joke, or deal with your own tension without violence, you have to wonder if you are up to the task of being in charge.

Je crois que les femmes peuvent être autant corrompues par le pouvoir que les hommes, parce que, vous savez quoi chers hommes, vous n’avez pas le monopole sur la condition humaine, espèces de crétins. Mais l’histoire reste comme vous l’avez racontée. Le pouvoir vous appartient. Et si vous ne pouvez pas gérer la critique, prendre une blague, ou vivre avec votre propre tension sans faire usage de violence, vous devriez vous demander si vous êtes faits pour être en charge.

I don’t tell you this so you think of me as a victim. I am not a victim. I tell you this because my story has value. My story has value. I tell you this ‘cause I want you to know, I need you to know, what I know. To be rendered powerless does not destroy your humanity. Your resilience is your humanity. The only people who lose their humanity are those who believe they have the right to render another human being powerless. They are the weak. To yield and not break, that is incredible strength.

Je ne suis pas en train de vous dire ça pour que vous me voyiez comme une victime. Je ne suis pas une victime. Je vous raconte ça, car mon histoire a de l’importance. Mon histoire est importante. Je vous dis ça, parce que je veux que vous sachiez, j’ai besoin que vous sachiez, ce que je sais. D’être impuissant ne détruit pas votre humanité. Votre résilience est votre humanité. Les seuls gens qui perdent leur humanité sont ceux qui croient avoir le droit de rendre un autre humain impuissant. Ce sont eux les personnes faibles. Céder et ne pas abandonner, c’est faire preuve d’une force incroyable.

I believe we could paint a better world if we learned how to see it from all perspectives, as many perspectives as we possibly could. Because diversity is strength. Difference is a teacher. Fear different, you learn nothing.

Je crois que nous pourrions nous peindre un monde meilleur si on apprennait à la voir de différentes perspectives, autant de perspectives que possible. Parce que la diversité est une force. La différence est une leçon. Si tu as peur de la différence, tu n’apprendras rien.

 

 

Crédit photo de couverture : Netflix

 

 

Photo de signature pour Ariane Martineau.

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *