terreur nocturne

Terreur nocturne

Un réveil inattendu.
Ta poitrine au repos.
Mon cœur qui manque un battement.
Angoisse.
Je cherche ta respiration. La panique dans mes yeux.
1 seconde, 2 secondes, 3 secondes, je ne suis pas le compte.
Je cherche ton souffle chaud.
Angoisse.
Je te touche; tu bouges. Enfin!
La voilà repartie. Cette respiration tant attendue. Cette douce musique à mes oreilles.

Il faut savoir que mon bébé garçon dort dans sa bassinette, collée sur mon lit. Il me réveille toujours plusieurs fois la nuit, parce qu’il bouge ou parce qu’il pleure. J’ai le sommeil léger d’une maman de jeunes enfants. Le 25 février dernier, je me suis réveillée d’un coup, avant lui, ce qui n’arrive jamais. Comme à mes habitudes de mère freak, je regarde s’il respire.

Je. Ne. Trouve. Pas. Sa. Respiration.

Finalement, en le touchant, il s’étouffe avec sa salive et je le mets au sein comme à l’habitude. Et tout va bien, en apparence. Mais à partir de cette nuit-là, tout change. Cette horreur nocturne hante mes nuits. La peur de me réveiller et de le trouver inconscient m’angoisse. Je dors collée sur lui, son souffle chaud qui réchauffe mon visage et mon cœur.

Le lendemain de l’événement, j’appelle 811 qui me conseille d’aller voir au sans rendez-vous de sa clinique pour nous rassurer que tout est beau. Le médecin de garde n’est pas inquiet plus qu’il faut. Plusieurs enfants font des apnées du sommeil. Pour me rassurer, moi la mère qui dort d’un œil et d’une oreille, il fait une demande à Ste-Justine en pneumologie. Quelques semaines plus tard, après une première rencontre avec la pneumologue de mon garçon, elle décide de nous faire faire une oxymétrie nocturne à la maison afin de mesurer sa saturation lorsqu’il dort.

Quelques jours plus tard, une place se libère à la clinique du sommeil de Ste-Justine, mon bébé garçon est appelé à passer un polysommnographe à l’hôpital. En arrivant là-bas, j’apprends que son oxymétrie n’était pas très belle. Mon angoisse augmente. Je l’avoue, j’ai aussi pleuré, fidèle à mes habitudes.

Le test passé, nous retournons à la maison en pensant que le pire est derrière nous. Erreur. Deux jours plus tard, la pneumologue m’appelle pour me dire que mon petit garçon d’amour doit être hospitalisé pour passer différents tests parce que son polysomnographe a révélé qu’il fait des apnées centrales. Ce type d’apnée est neurologique. Ce qui veut dire que parfois son cerveau n’envoie pas le message de respirer. Ce qui veut dire qu’il y a peut-être une anomalie cérébrale. Ce qui veut dire que c’est vraiment angoissant.

Résultat : Crise de panique. Je vois noir. J’imagine le pire.

Après plusieurs jours à l’hôpital, les nombreux examens se sont révélés normaux. Les médecins penchent pour une immaturité du cerveau qui devrait, je le souhaite de tout mon cœur, se résorber avec le temps. Comme il désature toujours dans son sommeil et qu’il n’a pas un sommeil récupérateur depuis 7 mois, mon petit homme doit maintenant dormir avec de l’oxygène! C’est accaparant, bruyant et imposant, mais ô combien nécessaire!

Le pire est maintenant derrière nous, pour de vrai. Le meilleur reste à venir! Et à toi, mon beau petit garçon, j’ai envie de te dire que toute cette saga m’a permis de comprendre pourquoi ton sommeil était si fragile. De mieux comprendre d’où venait ton hypersensibilité. De mieux comprendre pourquoi tout semblait plus difficile pour nous. De mieux te comprendre toi. Cette fameuse nuit-là m’a permis d’enfin :

Faire la paix avec ma fatigue.
Faire la paix avec tes pleurs.
Faire la paix avec qui tu es.
De simplement t’accueillir, t’accepter en entier, tel que tu es.
De m’accorder avec toi.
De t’aimer. Encore et toujours plus.

Catherine Héroux alix marcoux

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