Dépression : redécouvrir qui on est

Introduction : Cette série est mon histoire, chaque texte est personnel. En parler est important et j’ai décidé de le faire. Chaque semaine, un texte sortira en rapport avec une thématique. Pour lire la série en entier, rendez-vous ICI.

 

Une dépression, ça nous change. On devient différent.e en restant tout de même la même personne. Après avoir eu mon diagnostic reliant dépression, anxiété et trouble de personnalité limite, j’étais perdue. Vraiment perdue. Je ne savais plus qui j’étais. Chaque chose de ma vie, soit ma personnalité, mes passions, mes relations, mes choix de vie, mon emploi; je remettais tout en doute en me demandant si c’était vraiment moi ou si c’était les répercussions de la maladie. C’est comme si je me retrouvais devant une page blanche et que je devais redessiner qui j’étais en tant que personne. J’avais peur. Chaque jour, je me demandais si j’allais finir par m’en sortir et voir finalement le bout du tunnel. L’histoire, c’est que je me suis écroulée en mai 2017, mais le mal était dans mon corps depuis tellement plus longtemps que ça. J’ai tardé à chercher de l’aide. J’avais essayé d’en chercher avant, mais c’était tellement dur que je finissais souvent par abandonner et me dire que tout ça finirait par passer.

Quand j’ai été hospitalisée, j’étais dans le néant. La douleur était devenue tellement insupportable que j’avais tenté de la faire disparaître. De me faire disparaître. Je n’ai jamais voulu mourir, mais c’était la seule solution dans ma tête. Entre les mains des médecins, j’ai enfin vécu la libération des démons qui tentaient de me tuer. La thérapie, ainsi que la médication sont somme toute les deux choses qui m’ont sauvée la vie. J’ai enfin arrêté de me sentir honteuse d’avoir vécu une agression sexuelle et le début d’une nouvelle vie m’a ouvert grand ses bras. Par contre, la dépression ne disparaît jamais totalement. Elle reste toujours dans un petit coin, quelque part, à me fragiliser un peu, de temps à autre. Je garde encore cette impression que je pourrais craquer facilement, mais aujourd’hui, j’ai les outils qu’il faut pour me battre chaque fois que j’aurai une tempête à traverser.

Malgré toute l’aide que j’ai reçue, je cherche encore aujourd’hui qui je suis. Je me bats toujours contre mes peurs. Beaucoup de changements en début d’année m’ont permis de commencer à me reconstruire petit à petit pour découvrir la personne que je suis un peu plus chaque jour. Je suis célibataire, j’habite seule et j’ai un nouveau travail. Ce sont toutes des choses qui m’aident à me recentrer sur moi-même et à trouver un équilibre. Oui, je ne suis plus en arrêt de travail et je suis fonctionnelle, mais je demeure fragile et j’ai des moins bonnes passes, comme tout le monde. Je connais maintenant les outils qui m’aident à avancer chaque jour, profiter de la vie, faire des projets et me surpasser. Avant, j’avais du mal à être fière de moi, mais dorénavant c’est une petite victoire chaque fois que c’est le cas.

Je me redécouvre tranquillement et, en bout de ligne, c’est un périple qui m’a permis de faire la paix avec mon passé, de vivre amplement mon présent et d’être ravie pour l’avenir.

signature Karine Audrey photo de signature

N’oubliez pas que si vous avez besoin d’en parler, il existe des ressources :

Centre de prévention du suicide 1-866-277-3553

Centres de crises : Santé Montréal

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