pour toi mon amie stéphanie

Pour toi mon amie Stéphanie

J’ai longtemps jonglé avec l’idée de publier ou non cette lettre pour toi.

Deux choix s’offraient à moi :

  • Me lancer et partager cet écrit intime au grand jour
  • Simplement écrire la lettre et la ranger dans un tiroir

Après réflexion, la première option me semblait la plus juste pour te dire et faire savoir au plus grand nombre de gens possible que, depuis ton départ, tu n’as pas quitté mon cœur. Malgré le rythme effréné du quotidien, de petites choses viennent raviver ton souvenir et ton beau sourire apparaît aussitôt dans mon esprit.

Il y a un peu plus de 3 ans que tu nous as quittés. Une onde de choc nous a tous traversés. En fait, je devrais dire une bombe nucléaire est tombée sur tout ton entourage cette journée. Impossible d’imaginer et de mettre des mots sur le raz de marée que ton amoureux, ta fille et les membres de ta famille ont dû traverser.

Ce qui devait, à l’origine, être un événement réjouissant s’est transformé en réel cauchemar. Ton accouchement a mal tourné, très mal tourné et tu nous as quittés. Quelques jours plus tard, c’était au tour de votre bébé d’aller te rejoindre en haut des nuages.

Quoi faire quand l’incompréhensible frappe?

On se sent tellement petit, tellement impuissant face à un tel drame et on cherche des réponses. Il paraît que ça arrive, même maintenant avec les avancées de la médecine. Une chance sur 10 000 et il fallait que ça tombe sur toi! Donner naissance comporte des risques en effet, mais de là à perdre la vie?

Avec les mois qui passent et ensuite les années, les multiples questions ont laissé place aux souvenirs, une chanson, un oiseau, un tricot! Ton souvenir est d’autant plus présent, ces derniers temps, avec mes 6 mois de grossesse.

Jamais je n’aurais pensé me lancer à nouveau dans cette aventure après ce qui t’est arrivé, mais le temps fait son œuvre et le désir l’emporte bien souvent sur la raison.

J’ai peur, Stéphanie. Pas toujours évidemment, mais ça vient par vagues depuis les premières semaines de grossesse. Je tente de me raisonner en me disant que j’ai déjà deux enfants et que tout a bien été pour les mettre au monde. Des fois, ça fonctionne et d’autres fois, pleurer est la seule issue. Le problème, c’est que je m’autorise très rarement ces moments d’émotion. Je tente plutôt de me changer les idées en refoulant mes angoisses et en espérant qu’elles se taisent.

Je crois qu’écrire ce texte agira comme un baume. Une petite voix intérieure qui me dit que de mettre des mots sur ce que je vis et surtout de me donner le droit de dire que j’ai peur sera libérateur. Tu es prête pour entendre mes peurs en rafale?

J’ai peur de mourir, peur de ne pas être là pour mes enfants et mon chum, peur de perdre le contrôle, peur de manquer les beaux moments, peur de me sentir dépassée par les événements, peur de ne pas faire les bons choix et, surtout, que ça tourne mal.

J’aurai beau tenter de me raisonner, rien ne saura remplacer les bienfaits d’exprimer mes peurs, de les nommer et surtout de les accepter, sans me juger!

Depuis ton départ, j’ai banni une phrase de mon vocabulaire. Une phrase qui peut sembler banale mais qui peut devenir lourde de sens quand les choses tournent mal. Depuis ton départ, je n’ai plus jamais osé dire à quelqu’un que tout ira bien et de ne pas s’inquiéter!

Qui suis-je pour savoir que tout ira bien? La vérité, c’est que je n’en ai vraiment aucune idée! Je ne peux qu’espérer que tout ira bien et tenter de lâcher prise en sachant très bien que mes belles paroles n’influenceront en rien la finalité des événements. Si tu savais comment j’ai regretté de t’avoir dit cette phrase…

Ce texte est libérateur, ma belle Stéphanie. Il me permet de mettre sur papier ce qui occupait mes pensées depuis un trop long moment. Voilà, c’est dit! Mon sac est déballé et ça fait du bien!

Je veux également te dire que tu as été une personne marquante dans ma vie. Ta générosité plus grande que nature et ta joie de vivre sont pour moi des héritages précieux.

Ce texte m’aura permis de me sentir plus près de toi et surtout, où que tu sois, de te dire que je pense à toi et que tu occuperas toujours une place de choix dans mon cœur.

Je t’aime

Fanny xxx

Fanny Poisson alix marcoux

6 Comments

  • Suzanne Lambert

    Chère Fanny, très beau texte, et je comprends donc ce que ça implique de perdre une amie, j’ai connue et je n’ai jamais oubliée, mais comme il faut continuer à avancer puisque nous , nous sommes en vie, il faut foncer et se dire que OUI tout ira bien, bonne chance et bisous

  • Emilie

    Fanny, j’ai toujours sue que tu écrivais bien, mais cette lettre le prouve encore plus! Tu m’as fait pleuré et fait réalisé combien c’est vrai qu’on ne sait pasce qu’il va arrivé. Je suis désolé de lire que tu as toutes ses peurs, mais d’un autre côté je pense que la peur permet d’apprécier ce qu’on vie et ce qu’on a. J’espère de tout mon coeur que tout va bien aller. On se voit bientôt xxx

  • Yves Lauzière

    Chère Fanny! Combien ton texte est touchant! La VIE est si fragile… ! Je pense à toi, à ta grossesse, à tes enfants, ton amoureux… et ne peut qu’espérer et souhaiter que la VIE soit bonne pour toi et ceux et celles que tu aimes, qui t’aiment…
    Yves, dit monsieur Lauzière
    XXXX…

  • Celine

    Chère Fanny je te lis et j’ai les larmes aux yeux. Quelle épreuve pour cette famille et pour toi son amie..ton texte est super beau.
    Je ne vais pas souvent sur Facebook mais tu es encore dans mes pensées ma belle Fanny et ta mère encore après toutes ses années je lui parle……..Je te souhaite une belle grossesse xxoo

  • Jean Bergeron Sioui

    Cher Fanny, je suis le papa de Stéphannie,Jean Bergeron Sioui. Merci pour ce texte qui parle d,une facon si sensible de Stef et Théo, tu vois je n,ai pas cette facilité pour écrire combien ils me manquent tous les deux. Chaque jour que je passe au lac, son endroit favori et aussi la ou elle repose, je lui parle de tout et de rien étrangement je sens sa présence ce qui me permet de mettre un pied devant l,autre pour continuer.
    Continue toi aussi meme si parfoit la peur t,habite, ne regrette pas de lui avoir dit que tout irait bien, personne ne peut savoir quand le destin frappera. Sois heureuse et tout ira bien…

  • Marie-Noëlle Richard

    Très belle lettres!
    Malgré les années qu’on ne sait pas vue, on partage le fait d’avoir un bébé à 40 ans… Remplis de rebondissements et d’inconnus. Prend les un à la fois !
    Bonne continuité et toujours un plaisir de te lire!
    Marie-Noëlle xx

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