La pression et l’épuisement quand on est aux études

En ce temps de retour à l’école, souvent, des choix s’imposent concernant notre emploi du temps. Le job d’été se terminant pour plusieurs, on retourne à une routine si connue : école, école et école! À cela s’ajoute pour plusieurs étudiants, un emploi on the side, question de payer quelques trucs, si ce n’est pas un appartement et des comptes pour plusieurs. En ce qui me concerne, je devais faire des choix : je ne pouvais pas garder plusieurs emplois, comme j’avais fait durant l’été. J’ai dû reconsidérer mon horaire : université, un stage de plusieurs jours par semaine et deux jobs en plus, c’était peut-être un peu intense. Je viens de passer un été assez rempli cumulant environ 50h par semaine. Est-ce que je voulais autant rusher durant l’année qui s’en venait?

J’ai de la difficulté à dire non, et je le réalisais. J’ai écrit une lettre de démission pour un emploi, pour finalement discuter avec mon employeur d’arrangements possibles. J’ai voulu garder mon deuxième emploi. J’ai pensé à retourner faire du bénévolat là où je m’impliquais avant. Je voulais davantage me concentrer sur l’écriture aussi. Bref, plein de projets et encore plus de confusion et de difficulté de refuser pour moi. Ce n’est pas que je veux dire non; je suis sincèrement intéressée et motivée par tout cela. Mais la réalité, c’est que je manquerais de temps et qu’il fallait que je détermine mes priorités. Choisir ma santé au lieu de l’argent et de meilleures opportunités professionnelles. Me choisir.

 

Et dans tout ça, cet article se veut un peu un cri, une plainte à l’univers concernant cette pression que vivent les étudiants. Cette pression qui en tire tant dans l’épuisement. Parce que je crois qu’on n’est pas à l’abri de tout cela, même si on n’est pas encore officiellement entré dans le monde des adultes. Je crois qu’il est crucial de réaliser cette pression et d’en parler.

Et souvent, j’ai cette impression que, parce que je suis encore aux études, parce que je suis encore jeune, ma fatigue n’est pas prise au sérieux. Comme si je n’avais pas ce droit à la fatigue pour des raisons que je ne comprends pas. J’ai cette impression qu’il est normal, et même encouragé, d’avoir, en plus des cours, d’autres engagements. D’avoir évidemment un emploi et, dans le domaine dans lequel je suis, d’autres projets et implications bénévoles. Bien qu’avoir plusieurs projets variés peut être enrichissant et stimulant, je crois qu’il faut parfois s’arrêter pour poser nos limites.

Poser nos limites, les imposer parfois, c’est aussi se sentir coupable. Coupable de quitter un emploi pour se choisir, coupable de cracher sur de l’argent. Puis je me suis demandé d’où venait cette culpabilité ? Malheureusement selon moi, nous sommes dans une société où l’argent et la possession sont tant valorisés, où avoir est mieux qu’être bien souvent. Nous sommes encouragés, en tant qu’étudiant, à étudier à temps plein, à se trouver des stages, à avoir un emploi étudiant, en plus de garder une vie sociale assez active. Faut évidemment garder un équilibre dans tout ça! Le discours ambiant, et celui de nos proches souvent, est empreint de cette culture du travail, où les valeurs d’autonomie, de succès et de performance sont si présentes. Elles sont parfois suffocantes. Tout ça se traduit par des discours du genre : t’es encore jeune, tu peux le faire! Pourquoi t’es fatiguée, t’as juste fait ça aujourd’hui, voyons!? Et tout ça, ben ça en amène plusieurs à accepter tout plein de projets, à remplir leur horaire.

Je crois qu’il est plus que temps de réaliser qu’être aux études, peu importe le domaine, c’est exigeant. Être aux études post-secondaires, avoir entre 18 et 24 peut-être, c’est être dans un entre-deux où il est attendu de nous qu’on ait des responsabilités d’adulte, mais où on se développe encore. Se développer, évoluer, grandir, apprendre. Mais aussi, assurer. C’est un équilibre à trouver et, personnellement, je trouve que cette quête peut être plutôt difficile, surtout si on y ajoute toute la pression imposée par notre entourage.

C’est aussi important de reconnaître qu’être aux études, assister aux cours, faire ses lectures et les mille et un projets que cela comporte, c’est demandant aussi. Ce n’est pas plus ou moins valable qu’avoir un emploi. Il faudrait réellement arrêter de comparer les deux, de même qu’arrêter de se comparer entre étudiants. J’entends si fréquemment les étudiants discuter de leur horaire si chargé en se comparant. Je suis la première coupable, mais je veux sincèrement briser cette mauvaise habitude et sortir de ce tourbillon de culpabilité. Pourquoi ne pas s’encourager plutôt? Oui, à persévérer, mais aussi, et surtout, à s’écouter. S’encourager à prendre une pause si nécessaire. S’encourager et se valoriser entre nous. Parce que nos efforts et nos succès sont valides, tout autant que notre fatigue.

 

 

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