Chroniques d'une hyperactive au repos forcé

Les chroniques d’une hyperactive au repos forcé : trouver le positif

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Bon, je crois que je me suis assez lamentée sur mon sort dans les dernières chroniques. Une chute, deux fractures, une opération, de la douleur, un délire de morphine, de l’apitoiement, de la déception, du découragement, de la fatigue, de l’impuissance, une impression de ne plus servir à rien.

Un moment donné, faut passer à autre chose.

Je suis en vie. Je n’ai pas une maladie grave et je serai sur pied dans un avenir rapproché et pourrai reprendre ma vie comme avant, avec un minimum de séquelle, je l’espère et surtout un mauvais souvenir à classer afin de passer à autre chose.

J’ai repris des forces, la douleur s’estompe et n’apparaît plus qu’à l’occasion lorsque je dors la nuit, des nuits trop courtes, mais ça, ce n’est rien à comparer aux premières semaines.

Ma peau cicatrise lentement, laissant de petits morceaux d’épiderme se détacher tel un serpent. Lorsque les plaies seront complètement refermées, je compte bien badigeonner de vitamine E les deux longues cicatrices qu’elles ont laissées sur chaque côté de ma cheville, afin de tenter de les estomper, elles qui auront gravé mon corps à jamais.

Mon chum et moi, on s’est retrouvé.

On ne s’était pas perdu, on avançait dans la même direction l’un à côté de l’autre, mais on était sur le cruise control. On connaissait le chemin, mais on regardait chacun droit devant sans dévier de l’horizon pour échanger ne serait-ce qu’un petit clin d’œil pour s’encourager.

Même quand il a décidé de prendre 3 semaines de vacances pour jouer les infirmiers et m’aider dans ma nouvelle réalité quotidienne, j’avais peur qu’on soit chacun de notre côté. Qu’il soit là pour m’aider à prendre ma douche ou préparer à manger, mais qu’on ne trouve pas les mots ou notre complicité d’autrefois pour passer au travers des journées dans le même espace.

La vie m’a confirmé que j’avais choisi le bon. No mather what.

Mais au-delà de mon corps qui se répare tout doucement, mon esprit prend aussi conscience de plusieurs choses.

Les gens qui sont là pour nous ne sont pas toujours ceux sur lesquels on aurait misé et ça, ça remet les choses en perspective à bien des niveaux.

Quand je suis tombée, j’ai reçu des centaines de messages dans les jours qui ont suivi : le lendemain, après mon opération, quelques jours après aussi.

Des mots touchants, venant pour la plupart de personnes qui gravitent dans mon quotidien de manière régulière. Des paroles réconfortantes et surtout très appréciées lorsque j’étais rendue au plus profond de ma solitude.

Des appels, de la visite, des textos. Des petites attentions qui mettaient un baume sur mon cœur et qui me donnaient l’impression d’occuper une petite place dans leurs pensées.

Des messages de personnes que j’ai à peine côtoyées, mais avec qui l’amitié et les mots vont au-delà de la présence physique. Merci, Sylvie L., c’est important pour moi de te le dire ici, parce que je sais que tu me lis. Tes messages hebdomadaires me font du bien. Toujours. Même si j’ai l’impression que je ne les mérite pas. Merci aussi Chantal, tes mots sont toujours un baume sur mon coeur.

Mais j’ai reçu aussi des petits coups au cœur, de légers pincements vifs et brefs mais qui saisissent.

Venant de personnes que je n’aurais pas soupçonnées.

T’sais les personnes à qui tu t’es toujours dévoué et qui occupent une place importante dans ton quotidien et ton cœur.

Tu réalises que ces pincements sont bien réels et te font prendre conscience que ceux sur qui tu pensais pouvoir compter ne sont finalement pas disposés à le faire, et ce, pour plusieurs raisons. Des bonnes, mais surtout de moins bonnes raisons.

Mais qu’est-ce que je peux y faire ?

Me laisser abattre ?

Penser que je ne compte pas vraiment pour ces personnes finalement ? Faire le choix de devenir égoïste et me concentrer sur moi avant de vouloir leur faire plaisir, vouloir les gâter, vouloir être présente, vouloir être à leur écoute ?

Non.

Parce que ce n’est pas dans ma nature.

J’ai beau recevoir des petits électrochocs directs dans le cœur, je ne veux pas couper le courant.

J’aime trop donner, trop aimer, trop laisser ma petite touche personnelle dans la vie des gens qui comptent pour moi.

Mais je peux être plus sélective, mieux choisir les cibles à qui j’ai envie d’envoyer du love et du beau.

Parce que malgré la douleur, la noirceur, les coups durs, y’a du positif dans tout.

Faut juste le trouver.

À suivre…

Photo de signature pour Jennifer Martin.

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