Les chroniques d'une hyperactive : la routine

Les chroniques d’une hyperactive au repos forcé : la routine s’installe toujours malgré tout

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Quand je pense que depuis maintenant deux mois, mon quotidien s’est trouvé chamboulé et complètement désorganisé par ma fracture, je n’en reviens pas de constater tout ce qui s’est passé pendant cette période.

J’ai peut-être eu l’impression que les jours étaient interminables, mais je suis forcée de constater qu’une insidieuse routine s’est aussi installée malgré tout.

La fameuse routine…

Parfois si réconfortante, mais aussi capable de nous faire douter de nos choix, de notre quotidien et de notre avenir. C’est une arme à double tranchant redoutable, qui fait peur par sa rapidité à s’installer sans même qu’on s’en rende compte. Dire qu’il nous arrive de la créer nous-même en pensant que c’est ce dont nous avons besoin.

Mais Paulo Coelho avait bien raison : « Si vous croyez que l’aventure est dangereuse, essayez la routine. Elle est mortelle. »

Les chroniques d'une hyperactive : la routine

C’est donc après quelques semaines à la maison que j’ai réalisé que j’en avais aussi instauré une malgré moi, une routine dans mon nouveau quotidien d’hyperactive au repos forcé.

Je me lève tous les matins avec mon fils et mon conjoint qui partent respectivement pour l’école et le travail. Si, pendant quelques jours, j’en ai profité pour retourner au lit après leur départ afin de rattraper les heures de sommeil perdues à cause de la douleur, maintenant j’en profite pour simplement flâner au lit en regardant le soleil se lever.

Loin de moi l’idée de me plaindre de ne pas être à la course chaque matin. Je dois avouer que c’est vraiment un petit bonheur que j’ai appris à apprécier que de m’enrouler dans les couvertures pour regarder la télé ou mon téléphone de longues minutes et me réveiller en douceur.

Toute cette saga de cheville brisée n’aura pas eu que des mauvais côtés.

Je prends un déjeuner léger, moi qui en prends plutôt des copieux lorsque je travaille et que je dois faire le plein d’énergie pour la journée. Depuis deux mois, je me contente d’un smoothie et de fruits accompagnés de granolas. Je prépare le tout en écoutant de la musique, chose que je ne fais jamais habituellement alors qu’en fait j’adore en écouter depuis toujours.

J’ai reconnecté avec mes artistes préférés en plus d’en découvrir d’autres, c’est bien aussi je trouve.

Par la suite, je me plonge dans l’écriture ou dans Netflix pour regarder Gossip Girl, que je découvre 10 ans plus tard que tout le monde. Je profite de deux ou trois épisodes pour faire mes exercices de physiothérapie. Je me fais un dîner léger et je remarque que la journée s’écoule de plus en plus vite lorsque mon fils revient à la maison vers 15h.

Je me lance dans la préparation du souper avec un peu plus d’enthousiasme que lorsque je travaille. Je n’aime pas nécessairement plus cuisiner, mais de ne pas me sentir bousculée par le temps aide beaucoup à y trouver un certain intérêt. Je n’arrive pas comme un cheveu sur la soupe à la maison à 16h45 pour retrouver la vaisselle du matin dans le lavabo et une maison dans le même état que je l’ai quitté. Je n’arrive pas à bout de souffle d’avoir travaillé toute la journée et le cerveau trop en compote pour avoir des idées de soupers équilibrés qui se font en moins de 15 minutes. J’ai le temps de penser à dégeler quelque chose en me levant le matin et de surfer sur le Net pour trouver des recettes. Je trouve même parfois la motivation de tenter quelque chose de nouveau, ce que je réserve plutôt aux repas de fin de semaine habituellement.

Je me couche le soir, sensiblement à la même heure que lorsque je travaille. Mon sommeil est revenu au beau fixe, la douleur ne venant plus troubler mes rêves. Je dors 8 heures consécutives, le cerveau beaucoup moins dérangé par le hamster qui s’agite dans mon esprit et qui normalement m’empêche de dormir paisiblement.

En me lisant tu dois trouver qu’il y a finalement pas mal de points positifs à être en convalescence à la maison. Oui mais…

Ça devient routinier quand même. Et redondant.

C’est quand même approximativement la même chose jour après jour. Sauf peut-être les fins de semaine, mais même encore, mon fils et mon chum eux la fin de semaine veulent se reposer. Alors que moi j’aimerais bien profiter de leur présence à la maison pour sortir et faire des trucs avec leur aide.

C’est ce que ça fait la routine. On se crée des repaires dans le temps, pour avoir une impression de contrôle.

Parce que c’est tellement facile de se glisser les pieds dans des pantoufles et de s’arranger pour qu’elles deviennent vites confortables.

Et de ne plus avoir envie de les quitter.

À suivre…

Photo de signature pour Jennifer Martin.
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