Parler de soi

Les autres l’auront toujours pire

On l’entend souvent ça : ” Pense aux enfants en Afrique qui mangent pas. “, cette phrase conçue pour inciter les enfants d’ici à finir leur assiette, à ne pas gaspiller. Tout le monde devrait apprécier ce qu’il a à sa disposition, aux privilèges de sa vie, aux ressources disponibles. Mais ça m’a souvent fait penser au fait que, si je n’ai plus faim, ça donne quoi de me forcer? Je ne parle pas de jeter son assiette, mais de la mettre de côté le temps de retrouver l’appétit.

Connaissez-vous l’écriture automatique? Eh bien, c’est ce que je suis en train de faire en ce moment. L’époque de LiveJournal me manque parfois. Ces années pendant lesquelles j’écrivais mes pensées sur Internet, sans même savoir qui et si quelqu’un les lisait. Ce moment d’enfance où mes journaux intimes s’accumulaient et étaient gonflés par l’encre. Maintenant, on écrit pour les autres et moins pour soi. Je dis pas que tout le monde fait ça, mais on s’entend que c’est quand même rendu une denrée rare.

Pour revenir à mon sujet principal. Je sais que les autres l’ont pire que moi, je sais que je suis privilégiée sur plusieurs points. Reste que le mal des autres n’effacera jamais le tien. Tu peux te raisonner en te disant que Hey ça pourrait être pire! mais c’est pas toujours possible. On n’a pas constamment la force de raisonner logiquement quand on ne va pas bien.

Si quelqu’un va mal, on ne va pas commencer en lui disant “Ah, mais tu sais, Érica s’est cassé le bras l’autre jour, toi non. ” Premièrement, ça n’aide en rien. Deuxièmement, ça diminue tes problèmes, mais pas dans le bon sens. Bien sûr que je peux me dire que, ouf, une chance que j’ai un toit, de la nourriture et des ami.es, reste que le mal est là quand même. Je vais souvent passer par-dessus mes bobos en me disant que ça pourrait être pire, que je suis chanceuse d’avoir la vie que j’ai, mais ça fait en sorte que j’accumule et que ça finit par déborder. C’est pas sain. Faut en parler.

Et quand on a le goût de parler de soi, de trucs plus négatifs, je trouve important de vérifier que son interlocuteur ou interlocutrice a la force de t’entendre. Si cette personne ne va pas bien, c’est sûr que ça n’apportera rien de bon pour toi ou elle.

Alors j’attends. Parce que mes maux sont moins importants que ceux de mes ami.es.

1 commentaire sur “Les autres l’auront toujours pire”

  1. J’aime beaucoup te lire. C’est important de penser à soi dans la vie et souvent je me rend compte que pas grand monde peux vraiment comprendre se que l’on vie ou se qu’on l’on est vraiment. C’est pour ça que j’écris, ça me libère et je jette le tout dans l’univers, principalement sur Instagram sous forme de petites pensées. Merci pour tes beaux écrits tu sembles être une personne extraordinaire et j’espère que tu es entourée de personnes aussi merveilleuses et ouvertes que toi, prête à t’écouter, t’écouter pour vrai.

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