À la vitesse du son

À la vitesse du son

« Pour quand as-tu besoin de ce rapport?                                                                 – Hier… »

Voilà, en seulement neuf petits mots, j’ai été en mesure de résumer le train de vie d’une bonne majorité d’entre nous. Aujourd’hui, on ne vit plus pour le moment présent. On vit pour ce qui s’en vient, ce qui se passera et ce qu’on anticipe. Quand je prends le temps de me grounder bien comme il faut, les deux pieds bien à plat au sol et que je regarde tout ce qui se passe autour de moi, c’est comme si la terre tournait tellement rapidement qu’on tombait en suspension. Juste assez pour se sentir élevé grâce à la force G. Parfois je me dis : « mais bordel, qu’avons-nous manqué pour en être rendus là…? » Ouais. Je me pose parfois cette question.

Le matin, on court pour se préparer, pour déposer les enfants à l’école ou à la garderie. Puis, on court pour ne pas arriver en retard au travail parce que tout le monde décide de partir plus tôt de la maison pour éviter le trafic en pleine heure de pointe. Alors l’heure de pointe commence plus tôt. Après, on court pour reprendre le retard accumulé sur ce qu’on doit faire parce que le patron demande du rendement. Ensuite, on mange en 20 minutes à son bureau parce qu’aller à la cafétéria et prendre les 30 ou 45 minutes de lunch, c’est beaucoup trop long parce qu’on n’arrive pas à joindre les deux bouts.

À la fin de la journée, on court dans le stationnement pour en sortir le plus rapidement possible afin d’éviter le trafic. Encore là, on n’est pas plus avancé parce que tout le monde fait la même chose! Alors on coupe des gens sur la route, on klaxonne parce que ça n’avance pas assez vite. On fait des arrêts à l’américaine, on brûle des feux de circulation jaunes/oranges/rouges parce que sinon, on risque d’être en retard à la garderie et de surcroît,  payer des frais supplémentaires.

Une fois à la maison, c’est l’heure de préparer le souper, de donner les bains et de coucher les enfants. Après, on rage parce que la session de notre ordi est trop longue à ouvrir ou parce que la sécheuse prend trop de temps avant de terminer son cycle. Après… Je ne sais pas pour vous, mais moi je me suis étourdi juste en vous racontant tout ça. Pourtant, ce que je viens d’écrire est loin d’être de la fiction.

On veut toujours plus. Un téléphone intelligent plus rapide, une voiture plus performante, un réseau ultra puissant. Acheter en ligne pour économiser du temps, recevoir le colis par la poste plus rapidement, se faire répondre sur le champ, être servi maintenant. Et on se demande pourquoi le temps passe si vite.

C’est normal, à force de vouloir vivre plus vite que la vitesse du son, on ne prend plus le temps de contempler ce qui se passe ici, maintenant, sous nos yeux. À la vitesse d’un lever ou d’un coucher de soleil…

Fred signature
Sophia réviseure signature

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