Mon ange, Léa

Mon ange, Léa

Encore aujourd’hui, je revoyais nos silhouettes sous cette tombe grisâtre où y était inscrit ton nom, Léa. Celle que j’aimais était accroupie dans mes bras, je sentais son corps qui était froid, la mort tournait autour d’elle. La mort voulait m’enlever ma chérie, mon amour, ma vie et mon ange. J’aurais voulu lui donner toute la force que je possédais, mais la maladie prenait les devants. À cette époque, il était si rare que nous pouvions y survivre. Seulement, la chaleur de mon corps pouvait l’adoucir et la reposer pour les quelques heures qui lui restait à vivre. Sous mon nez, je sentais son doux parfum qui m’avait charmé lors de notre première soirée ensemble. Une odeur de fruit doux qui sentait le printemps. Cependant aujourd’hui, c’était notre dernière soirée à toutes les deux. Je ressentais le besoin de me promettre de prendre une partie d’elle, pour qu’elle puisse toujours rester à mes côtés. Son odeur serait là pour apaiser ma souffrance lors de mes moments de faiblesse. Je sentais son cœur battre doucement. D’heure en heure il ralentissait, mais il suivait le rythme de la lumière du jour et celle de la nuit. Son cœur était devenu un sablier, il se désactivait peu à peu. Son corps était si léger et si fragile qu’il était prêt à s’envoler vers l’inconnu. Cette femme, mon amour m’avait promise d’être toujours auprès de moi par le biais de l’amour éternel et par celui de la pensée et moi je lui promettais d’espionner les ombres qui la surveilleraient. Ses mains étaient le signal de son départ, elles me les guidaient pour me transmette son énergie qui lui restait à l’intérieur d’elle. Je me rappelle de ses mains, elles étaient si chaudes et si douces, je peux me souvenir de ses soirées sous le clair de lune où nous marchions main dans la main. Elles étaient une dans l’autre, nous sentions une harmonie entre nos doigts, ils étaient liés pour l’éternité.  Ma douce était recouverte d’une robe blanche en satin, celle de notre première nuit ensemble. Je me rappelle de cette nuit, ce fut le plus beau moment de ma vie…cette nuit. Elle fut un symbole d’éternité et de fidélité pour le restant de nos jours. Les première fois sont toujours significatives. Cependant, je ne voyais pas le jour de sa mort comme une joie. Elle ne parlait pas, juste nos regards transmettaient nos paroles. Nous avions déjà tout dit et nous ne voulions pas détruire le seul moment qui nous restait. Ce qui nous avait guidé lors du passé, c’était le coup foudre. Ni les paroles, ni la courtoisie. Seulement un énorme frisson que nous ne ressentons qu’une fois dans une vie et c’était celui-là. Ses yeux étaient fermés. Tout autour d’elle, il y avait un monde sur lequel elle avait vécu et existé. Mais dans la solitude de son regard, elle y plongeait le début d’un néant sans espoir et sans vie. Elle voulait être enterrée à l’endroit où elle aurait mis fin à son dernier souffle de son existence. Le jour disparaissait et il laissait place à la nuit. La lune nous éclairait et nous pouvions voir les étoiles qui dansaient dans le ciel. Cette immensité emporterait mon ange dans un monde que je ne connaissais pas. Je sentais sa main se déposer sur le sol et son regard franchir le mien. Il y avait en elle des étincelles, de la tristesse et de la peur, elle sentait que c’était la fin. Alors elle se laissa s’éteindre. Je pus la serrer contre moi jusqu’à son dernier respire. Ma chérie ferma les yeux et son cœur s’arrêta. C’est à ce moment que j’ai su qu’elle avait disparu dans la nuit. Je respirais toute son odeur pour rester près d’elle pour le restant de mes jours. Je pleurais sa mort. 

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