parlons consentement

Parlons consentement!

Quand tu as un sac de bonbons, que tu demandes à quelqu’un s’il en veut et qu’il te dit non, est-ce que tu insistes ? Est-ce que tu lui rentres de force tes bonbons dans la bouche ? Je ne crois pas. Alors pourquoi un « non » n’est pas aussi clair quand l’on parle de sexe ? Voici la définition du mot « non » dans le dictionnaire Larousse :

  • Indique une réponse négative ;
  • Devant une phrase négative, sert à marquer fortement la négation ;

Je ne comprends donc pas la vague d’arguments qui sort de la bouche d’un agresseur quand ce mot de 3 lettres est, il me semble bien, très clair ! Il n’y a pas de sous-entendus, de « peut-être que », de « j’ai pensé que », de « j’ai supposé que ». NON. C’est pas mal clair que, quand quelqu’un dit NON, c’est parce que c’est NON, NO, NEEN, NICHT, NÌ, NÃO, HE, NIE, KHÔNG… Peu importe la langue, je crois que ce simple mot, court, clair, ne te donne aucun droit de poser un geste qui n’est pas CONSENTI auprès de la personne devant toi. Même quand on dit à un enfant : « Non, ne fais pas ça », il comprend que ce n’est pas correct.

Le consentement, on en parle de plus en plus. Avec la vague #metoo, on a vu une grande porte qui était entrouverte, s’ouvrir enfin.

Définition du mot « consentement » dans le Larousse :

  • Action de donner son accord à une action, à un projet. Acquiescement, approbation, assentiment.
  • Il a agi avec mon consentement.
  • Synonyme : acceptation, approbation, autorisation, permission.

C’est ça le consentement ! C’est une personne avec qui tu désires avoir une relation sexuelle qui t’ouvre les bras et t’indique clairement qu’elle est d’accord avec l’acte qui se prépare. Qu’elle te désire, qu’elle a envie de toi. Le contraire du consentement, c’est l’interdiction, le refus, c’est NON. Il n’y a pas de zone grise, pas d’entre-deux, de juste-milieu. Une relation sexuelle, c’est OUI ou c’est NON, point barre. Même quand ça débute par un oui, il peut finir par devenir un non. Le sexe n’est pas obligatoire. On a le droit de cesser l’acte dès qu’on en a plus envie.

Je suis une victime. On m’a violée quand j’avais 12 ans. J’ai dit NON à plusieurs reprises. J’ai demandé qu’on arrête. J’ai dit clairement que je n’en avais pas envie, que je ne voulais pas. Pendant les actes sexuels, j’ai répété que j’avais mal, que je voulais qu’on me laisse partir. Malgré le fait que je n’avais pas donné mon consentement et que j’ai clairement mentionné mon désaccord face à ces relations sexuelles, mon agresseur, mes agresseurs ont continué, ont balayé de la main mon refus, ont pris la décision à ma place. Ils m’ont retiré le choix de choisir.

Trop de gens se permettent de détruire des vies. Trop d’humains détruisent d’autres humains. Et c’est impardonnable. Violée une personne, c’est criminel. Si tu as une relation sexuelle avec une personne qui n’avait pas consenti celle-ci, tu es un violeur. Il n’y a aucun argument valable pour justifier ton acte, AUCUN.

« La fille s’habille pour nous provoquer, elle attire ça. Si elle se fait violer, c’est qu’elle l’a cherché ».

« Elle était saoule, elle se laissait faire, ça paraissait qu’elle en avait envie. Elle a dit non, mais ça se voyait qu’elle aimait ça ».

« Elle m’a turn on toute la soirée, on a frenché, on s’est flattés pis elle me dit non rendue au lit. Dans le fond, elle en avait envie ».

Peu importe l’habillement d’une personne, peu importe qu’elle change d’idées, peu importe l’état dans lequel elle se trouve, NON, c’est toujours NON. Tu n’as pas d’excuses. Tu ne peux ni deviner ni choisir ce dont une personne a envie !

J’ai lu des témoignages d’agresseurs sexuels qui avaient des excuses à n’en plus finir. Par exemple :

«La fille portait toujours de gros décolletés, tu voyais qu’elle aimait ça qu’on l’a regarde. Toujours collé sur tout le monde. Se saouler pis devenir de plus en plus colleuse. Marcher tout croche. Pas capable de mettre un pied devant l’autre. Un soir, elle était tellement sexy avec son crop top et son jeans serré. Elle avait trop bu. Me collait, me flattait le bras, me faisait des câlins. Je l’ai ramenée. Elle riait. J’avais envie d’elle, elle était trop chaude. Je l’ai embrassée, elle s’est laissé faire. J’ai mis ma main dans ses culottes. Elle me repoussait, mais ça se voyait qu’elle aimait ça. Toute la soirée, elle me regardait et me collait. C’est clair qu’elle voulait coucher avec moi. On a baisé. Esti que c’était bon. Elle dit qu’elle ne voulait pas, mais elle a aimé ça, ça paraissait.» — Violeur

C’est fictif comme histoire. Je viens de l’inventer. Malheureusement, mon invention arrive dans la vraie vie. Ce genre de discours, on en entend partout. Il n’y a rien qui peut justifier un acte de la sorte : RIEN. Notre corps nous appartient, personne n’a le droit de le posséder, de le toucher, de le déshumaniser. Que ce soit une tape sur une fesse, un frôlement de poitrine, ça reste et restera toujours inacceptable.

Parlons consentement. Parlons-en, encore et encore.

* Le féminin a été employé dans mes exemples, mais ceux-ci peuvent s’appliquer à tous !

Karelle gauthier

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *