Le grand saut

Faire le grand saut

Il y a presque 4 ans maintenant, mon amoureux et moi avons fait le grand saut. Pas celui d’avoir des enfants, puisque nous sommes parents depuis 8 ans. Pas non plus celui de se marier, puisque nous le sommes depuis presque 9 ans. Le grand saut dont je parle, c’est celui de devenir propriétaires. Et pas de n’importe quelle façon! Non, en plus de s’acheter notre première maison, nous avons fait le choix de changer de région.

Comme des gens sensés», tous les deux, nous appliquions pour des postes dans d’autres régions que la nôtre (qui était la Montérégie/Montréal), afin de déménager dans la ville du nouveau travail obtenu. Souvent, on appliquait près de Montréal, mais parfois beaucoup plus loin, jusqu’en Gaspésie. Malheureusement, cette technique n’a pas fonctionné pour nous. C’est alors que nous avons pris cette grande décision : on déménagerait ailleurs, même si nous n’avions pas d’emploi qui nous attendait là-bas. Un peu fou? Oui, beaucoup! C’est alors que le magasinage en ligne d’une nouvelle maison s’est fait aller. Vive Internet! On a réfléchi aux régions qui nous attiraient tous les deux, avec quelques critères à rejoindre, une fois cette idée bien mûrie :

  • pas trop loin de nos familles ;
  • près de la nature ;
  • un centre urbain à proximité ;
  • pourvue de festivals et d’activités culturelles.

Avec cette courte liste en poche, on s’est mis à visiter des villes, regarder des lieux qui nous inspiraient, nous attiraient. Après avoir fait notre choix de région, on s’est mis à magasiner plus sérieusement les maisons et à en visiter plusieurs. Pour rentabiliser les déplacements, nous pouvions visiter jusqu’à 6 maisons dans une même journée. Ça peut sembler anodin, mais c’était quelque chose! Parfois avec les enfants, d’autres journée sans. Personnellement, même si c’était beaucoup de route pour elles, j’aimais que mes filles viennent avec nous, afin d’avoir leurs impressions à elles aussi. C’était beaucoup pour elles si on avait envie de s’acheter une maison et de leur offrir plus d’espace.

On a fini par faire une offre sur une très jolie maison, cachet ancien, bien entretenue, dans nos prix et face à une école. Malheureusement, un autre couple a offert plus que ce que les propriétaires demandaient. On a donc «perdu» cette maison.

Une semaine ou deux plus tard, en magasinant compulsivement, je tombe sur l’annonce d’une nouvelle maison sur le marché. Le jour même, après avoir parlé à mon conjoint, je rejoins notre courtière pour la visiter. Le lendemain, on la visite. J’ai vraiment aimé la maison. Coquette maison des vétérans, très grande cour, adossée à une forêt. Et ça sentait si bon dehors! C’était le mois de mai, les arbres étaient en fleurs. Je respirais à plein poumons cette odeur printanière, cette fraîcheur magnifique, j’étais sous le charme. C’est bizarrement ça qui m’a convaincu que je voulais vivre à cet endroit. Nous avons été les premiers à la visiter et les premiers à faire une offre. Elle était à nous!!! Wouhou! Le plus stressant restait à venir : la demande de prêt, passer chez le notaire, faire l’inspection, etc.

Je me rappelle bien de cette période pleine d’effervescence. J’avais des papillons dans le ventre, un peu le vertige aussi. Les gens à qui on racontait notre aventure étaient soit plein d’admiration ou avaient peur pour nous. Des fois, c’était les deux en même temps.

Notre propre insouciance face à tout ce qui nous attendait est probablement ce qui nous a sauvés. Notre témérité aussi. À plusieurs reprises, nous avons douté de ce choix. Surtout à cause de la difficulté à se trouver un emploi payant, dans une entreprise qui respecte un minimum ses employés. Ça l’air de rien, mais c’était tout un défi. Au bout de trois ans, on a fini par avoir une accalmie de quelques mois, suivie d’une autre période stressant et finalement, une nouvelle stabilité. Tout n’est pas parfait, mais c’est bien plus confortable qu’il y a deux ou trois ans.

On entend parfois parler de gens qui partent de Montréal pour s’établir en région. Tout a l’air si facile, comme si c’était une évidence de faire ce choix, que tout allait bien aller, sans souci d’arriver à payer tout ce qui doit être payé. Mais la vraie vie, ce que j’ai vécu, c’est loin d’être aussi simple. Ce qui est souvent oublié dans ses histoires, c’est que ces personnes avaient un bon petit paquet d’argent, un très bon coussin. Et ça, ça fait toute la différence. Notre petit coussin à nous a fondu à vue d’œil. C’était vraiment stressant, que dire, angoissant! Mais je peux dire que c’est presque derrière nous. Ouf! Et à ce moment-ci de ma vie, je peux dire que si c’était à refaire, je le referais.

Notre grande cour, la forêt derrière chez-nous, un très bon voisinage, une bonne école pour les enfants, de nouveaux amis, ce sont des éléments qui nous donnent envie de rester. Nos enfants ne se rappellent plus de la vie d’avant. Elles n’avaient que 3 et 4 ans quand nous avons emménagé. Ici, c’est chez elles, c’est leur vie, leur cocon. Et grâce à elles, nous prenons racines.

Je peux maintenant dire, quatre ans plus tard, que c’était le bon choix pour nous, malgré tous les obstacles surmontés. Je l’aime ma maison!

Catherine Duguay

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