promets-moi un printemps

Critique du mois : promets-moi un printemps

Ce livre. Wow. J’ai juste beaucoup trop de difficulté à dire les mots exacts et ça, c’est plutôt rare que ça m’arrive! Quand nous avons reçu le catalogue de nouveautés littéraires pour l’automne chez Hurtubise, Promets-moi un printemps est venu me chercher directement au cœur et je me suis dit « Je dois lire ce livre! ». En fait, j’aurais moi-même aimé écrire ce livre. J’ai débuté ma lecture un mercredi matin, dans le métro et je l’ai terminé le lendemain soir, juste avant District 31. On s’entend que c’est rapide si on prend en considération que je travaillais et que ce mercredi soir, j’étais à un événement au travers tout ça!

Il s’agit du premier roman de l’auteure Mélissa Perron et j’espère de tout cœur que ce ne sera pas son dernier, j’ai vraiment un coup de cœur pour sa plume!

Bref. Avant d’entrer dans les détails du pourquoi j’ai autant aimé ce roman et pourquoi je te suggère de le lire, voici le résumé :

Fabienne a 30 ans et tout pour être heureuse. Indépendante de fortune, elle est peintre et sa carrière est prometteuse. Sa maison, construite sur un grand terrain boisé, au pied de la montagne, est flanquée d’un atelier, son «phare». Mais à quoi bon tout cela, désormais? La dépression a fauché la jeune femme. Du gros chat orange errant qu’elle nourrit, elle dit : «Celui-là était comme moi : perdu.»

Fabienne est peut-être perdue, mais elle n’est pas seule. Autour d’elle, la résistance s’organise: son amoureux et sa meilleure amie veillent sur elle. Une psychologue l’accompagne dans les méandres de sa maladie. Cela compense sans doute pour l’attitude d’autres personnes qui lui répètent que la dépression est affaire de lâcheté et de faiblesse, et qu’elle est bien «la fille de son père»…

À travers des passages difficiles, Fabienne en apprend beaucoup sur elle-même et sur sa propre histoire, et parfois bien plus qu’elle l’aurait souhaité. Grâce à son art, elle tente d’exorciser les angoisses et les peurs qui la tenaillent. Et elle sent monter en elle un irrésistible désir de se sentir utile qui l’amène à franchir le seuil de la Maison du Sentier…

Malgré la dépression, malgré un hiver qui n’en finit plus, Fabienne refuse de baisser les bras et s’entête à rêver de la première tulipe du printemps. Une fiction forte et touchante autour d’une maladie plus taboue que jamais.

Ce n’est pas un secret, j’ai vécu une dépression en 2017 et ça a été très difficile. Le roman parle de cette maladie encore tabou aujourd’hui. L’histoire aurait pu devenir lourde, mais non, elle est fluide, douce et on est loin de la dramatisation ou du pathétique. Je me suis reconnue dans le personnage de Fabienne et j’ai beaucoup aimé le fait que l’auteure ait créé le personnage de la mère et d’Étienne remplis de préjugé sur les gens en dépression : « C’est faible », « les gens en dépression sont lâches », « t’as juste besoin d’un bon coup de pieds dans l’cul et te retrousser les manches ». Oh que oui, ce genre de phrases, je les ai moi aussi entendues. J’ai aimé la manière dont Mélissa Perron a abordé la maladie et l’incompréhension des changements qui se passent en dedans.

Promets-moi un printemps c’est en fait un roman rempli d’espoir. De l’espoir qui fait du bien. Qu’après la tempête, le beau temps revient. La dépression c’est une grande pause sur une vie, mais c’est avant tout un break qui permet d’évacuer ce qui ne fonctionne pas et repartir sur de bonnes bases.

Fabienne est une femme de 30 ans qui doit faire face à de gros secrets qu’elle apprend tout au long du roman et qui se relève, on lit aussi sur un amoureux qui reste et une amie présente et compréhensive. C’est une grosse poignée d’espoir à travers des personnages différents, attachants, détestables, mais qui nous ouvrent les yeux sur la réalité qui entoure la dépression et ses répercussions.

Pour moi, Promets-moi un printemps c’est un livre qui fait du bien et qui donne le sourire.

Karine Caron
Sofia Benzakour

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