Acharnement politique

Acharnement politique (ou comment vomir sur les gens qui ont si longtemps pallié à notre inefficacité à offrir des services….)

Depuis le 1er septembre, la loi 143 est en vigueur pour toutes les responsables de service de garde en milieu familial privé, désormais appelées PNR (personnes non reconnues). Malgré une appellation réductrice et méprisante, la pilule est passée et toutes se sont conformées tel que le veut la loi.

En toute honnêteté, ce n’était pas une lourde tâche de se conformer car n’importe quelle responsable qui se respecte et qui est un minimum consciencieuse de son travail suivait probablement déjà les règles qui sont maintenant obligatoires. Donc, de ce côté, on pourrait dire mission accomplie.

Par contre, dans le merveilleux monde politique et syndicaliste, on dirait que la pilule elle, n’est pas passée. On pourrait même dire qu’elle leur est remontée dans la gorge tellement les PNR se font vomir dessus pratiquement chaque jour à travers les différents médias.

Quand j’ai eu mes enfants au début des années 2000, trouver une place en milieu subventionné était une véritable chasse au trésor. Il fallait que notre enfant ait l’âge précis pour « fitter » avec les places disponibles ou encore avoir une connaissance qui pouvait nous aider à entrer dans ce monde mystérieux et si inaccessible  qu’était celui des CPE. Je me rappelle avoir ris au nez de la fille qui m’a téléphoné lorsque ma plus vieille a eu 4 ans pour me demander si je voulais demeurer sur la liste?!?!?! Euh…j’ai réussi à trouver une solution pendant les 4 premières années de sa vie, je crois que je vais être correcte pour sa dernière année avant l’entrée à l’école!

Toute cette belle parenthèse pour dire que, je ne suis pas la seule à avoir eu à me tourner vers les services privés. Oui oui, le système en parallèle qui offre le même genre de service et qui est  d’une aussi bonne qualité (parfois même mieux…ben oui ça se peut!!) et qui coûte moins cher à l’état parce que le tarif annoncé est celui payé par le parent sur lequel il obtient son remboursement.

Pendant plusieurs années, ce système fonctionnait (et il fonctionne encore mais ça, c’est une autre histoire…) J’ai moi-même ouvert mon service de garde au privé. Je dois avouer qu’à l’époque je voulais être accréditée parce que j’y voyais un gage de qualité. Mais le bureau coordonnateur de ma région ne m’offrait pas cette possibilité. Pire! Il ne m’offrait même pas la possibilité de m’accréditer sans subvention! Pensez-y! Il ne m’offrait pas la chance de me surveiller sans le tarif subventionné!

J’ai donc fait mon travail, j’ai continué mes formations pour toujours donner le meilleur service possible aux enfants que j’accueillais. Je trouvais par moi-même les ressources qui étaient disponibles pour m’aider au quotidien. Le monde des responsables de service de garde en milieu familial privé est un monde où les filles se soutiennent.

J’ai eu l’appel du bureau coordonnateur il y a quelques années. Je me suis mise à discuter avec la dame au téléphone pour comparer nos services et j’avais toujours un comparable à chacun des arguments qu’elle me donnait pour m’accréditer. Elle a fini par me dire « Je suis obligée de prêcher pour ma paroisse. » Lorsqu’elles sont venues me visiter, elles étaient « outrées » de savoir que les enfants qui fréquentaient mon milieu étaient, pour la majorité, des enfants qui venaient de leurs milieux familiaux accrédités. Je n’y pouvais rien si les parents avaient leurs raisons d’être partis…

J’ai finalement refusé l’accréditation, les valeurs prônées par la directrice du bureau coordonnateur ne correspondaient pas aux miennes à ce moment-là. Je pensais à l’époque et je le pense toujours aujourd’hui; il faut différents milieux pour correspondre aux différentes familles qui recherchent un service. L’accréditation ne me correspondait pas.

Vous savez quoi? J’ai tout de même accompagné ces enfants jusqu’à leur rentrée scolaire. Le fait que je sois privée ne les avait pas fait fuir parce que mon service correspondait à ce qu’ils recherchaient pour leur enfant. Parce que ce n’est pas le but premier de la mission « trouver un service de garde »? Trouver le milieu qui sera le mieux pour notre enfant en fonction de nos valeurs?

Que le gouvernement mette en place la Loi 143 n’était pas quelque chose de mal en soi puisque s’assurer que les milieux soient sécuritaires pour les enfants est une bonne chose. Le cours de premiers soins, être assurés et sans empêchements est effectivement un minimum. J’irais même jusqu’à dire que de signifier aux parents que ces milieux ne sont pas « surveillés » est aussi très bien. Cela renforce en quelque sorte la confiance du parent car il est maître de ses choix et ne se sent pas obligé de faire entrer son enfant dans le moule.  Et pour la surveillance…. Rien de mieux pour un parent que d’arriver à l’improviste. Une méthode vieille comme le monde mais qui a fait ses preuves! Il ne faudrait pas prendre les parents pour des idiots!

Donc septembre 2019, nous sommes rendus à nous faire traiter de milieux de seconde zone, de milieux précaires pour la sécurité de nos enfants (oui je dis nos enfants…il semblerait que nous soyons une société!!) de milieux bas de gamme et j’en passe! Oui, nous, les milieux privés qui sont en fonction depuis….toujours! Parce qu’avant les milieux accrédités, nous étions là. À l’arrivée des milieux accrédités, nous sommes restées parce que le système peinait à fournir à la demande et aujourd’hui, nous sommes toujours là parce que les parents ont le droit de faire un choix.

Au-delà de respecter les filles qui font ce travail depuis des années, il serait temps de penser à respecter les parents. Cher gouvernement, peut-être que votre système n’en est pas un de choix pour tous…À vouloir faire entrer toute une société dans un moule, un jour, VOTRE moule…va peut-être exploser.

Tholianne
Josée Robichaud

4 Comments

  • Joyce Caroline Dubé

    Bonjour!! C’est un magnifique félicitation que je vous dois ce midi envois lisant les filles. Je vous en remercie tellement!! Vos mots si bien choisi, explique et identifie parfaitement le droit aux parents de choisir. J’ai été accrédité pendant 22 ans et je suis au privé depuis 6 ans maintenant et je ne changerai pour rien au monde.

    Est ce possible pour vous d envoyer votre texte a ce cher Ministre Lacombe svp. Et même à François Legeault svp

    J’ai moi même écrit une lettre de 3 pages et je l ai envoyé aux 2.
    En espérant que tout se fera à notre honneur.

    Merci pour tout,
    Joyce Caroline Dubé

  • Karine

    Wow! J’aurais pu écrire ce texte tellement il est le reflet de mes pensées. Le titre 👌. C’est tellement vrai! Lorsque j’ai obtenu mon diplôme DEC en éducation à l’enfance, je voulais m’ouvrir un milieu familial accrédité. On m’avait mis en attente sur une liste. J’ai donc ouvert au privé. Le gouvernement était content, je contribuais à apaiser la rage des parents qui n’avaient pas de service de garde et je coûtais moins cher à l’état. Maintenant que le MFA a 10 000 places vacantes il nous crache dessus, nous chiffonne et nous écrase comme un butch de cigarette. Abus de pouvoir, aliénation, hypocrisie tout le contraire de ses « valeurs » qu’il prône tant auprès des enfants dans leur fameux programme éducatif. Quelle ironie du sort quand même!

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