une nouvelle décennie

Une nouvelle décennie dans quelques mois

En ce moment, je n’y pense pas beaucoup, car j’ai encore 29 ans pour quelques mois.  J’anticipe peu à peu le chiffre 30 en visualisant les quelque mois de mon passé.

Pour l’instant, j’essaie de penser à toutes ces années de naissance et d’expériences. Petite fille, je rêvais de devenir une grande personne, je rêvais d’indépendance et de liberté. Adolescente, je souhaitais partir à l’aventure et prendre mes propres décisions. Maintenant, j’ai seulement envie de réconfort et de stabilité. Durant ces années, j’ai eu des périodes différentes et parfois changeantes. L’instabilité m’a permis de suivre mes envies et de suivre mon instinct.  

L’amour m’a permis d’aimer, m’a permis d’aimer la personne que je suis. Il m’a fait découvrir les échecs, les blessures, les cicatrices et le pardon. Il m’apprend la fidélité et la complicité. Il a su me faire dire les mots “je t’aime”. Une décennie à se lever tous les matins  avec la même personne, à partager ses histoires, ses rires et ses rêves.

Dans la vingtaine,  c’était mon début dans la cours des grands et le début des grandes décisions. Par contre, je ne me suis jamais demandé si j’étais prête. Je ne me suis jamais demandé si un jour mon trajet risquait de prendre plusieurs routes. Je ne me suis jamais demandé si je faisais les bons choix. À cette époque, je vivais à travers l’adrénaline et parfois, j’avançais les yeux fermés, je devais vivre ma liberté à tout prix. Mais je ne regrette rien. Durant ces années,  j’accumulais les changements, les déceptions et de nouvelles ambitions.  Malgré la transparence de mes émotions, mon sac à dos je le traînais et je magasinais plusieurs aventures et plusieurs histoires de vie.  J’avais de la volonté et j’étais déterminée. Je n’ai pas vécu d’énormes tragédies, mais j’accumulais  mes peines et mes  peurs que je ne prenais pas le temps d’analyser et de résoudre, alors, c’était une surcharge de plus sur moi.

Je suis responsable de la personne que je suis devenue et je suis le maître de mon destin. Sur mon parcours, j’ai dû laisser tomber mon sac à dos, j’ai dû cesser de vouloir supporter cette charge émotionnelle de blessures transparentes qui ne font que du mal à l’intérieur. À la fin de la vingtaine, j’ai appris  à m’écouter, j’ai appris à lâcher prise, mais ce n’est pas toujours facile. Mon sac avait même accueilli un peu d’anxiété et d’angoisse que je n’avais jamais soignées. J’ai découvert cette maladie mentale, que j’affectionne de jour en jour. Elle fait partie de moi, elle vient et elle part comme le courant. À la fin de la vingtaine,  j’ai appris à me connaître et  accepter la personne que j’étais. Il a fallu quelques mois de convalescence pour prendre soin de moi, mais ce fut une thérapie.

Maintenant, je suis prête à vivre de nouvelles aventures, je suis prête à vivre une nouvelle décennie. L’avenir est un mystère qui nous offre mille et un chemins. J’ai autre chose à apprendre et à connaître.

Cynthia Martin
Sophia Bédard

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