Une année de plus

Une année de plus

Au moment où vous lirez ces mots, mon anniversaire aura sonné et mes 38 ans seront bien installés.

Ouch trente-huit chandelles.

On va se le dire, le 40 arrive à grands pas et sérieusement, je ne suis pas prête mentalement, hihi! Mais en même temps, je suis heureuse d’être arrivée à cet âge. Quand j’étais jeune et que j’entendais les gens dire qu’ils avaient dans la trentaine ou la quarantaine, je les trouvais dont vieux et là et bien je suis rendue là.

Pas que je ne sois pas fière de mon cheminement, loin de là.

Je suis une mère de trois merveilleux enfants, je fais un emploi qui me correspond bien. Je suis travailleuse autonome et j’aime beaucoup cet autonomie et liberté si l’on veut. J’ai surmonté beaucoup d’obstacles et j’en suis fière. J’ai réalisé en fin de semaine que c’est surtout depuis mes 29 ans que je réalise la chance que j’ai de vieillir. Mon père est décédé à 29 ans et n’a pas eu la chance de profiter de la vie, de me voir grandir. C’est si jeune, j’ai déjà 9 ans de plus qu’il avait à sa mort, ouf…

Vieillir a ses avantages et ses inconvénients pour tous, mais surtout pour une femme. Oui la jeunesse nous quitte peu à peu. Par contre, l’acceptation de soi, de ses défauts, ses traits de caractères, c’est de plus en plus facile en vieillissant. Dans mon cas, j’ai appris à vraiment plus m’aimer comme femme à partir de mes 30 ans environ. Oui les rides et signes de vieillesse commencent à faire leur apparition. Oui, j’ai besoin de faire un peu plus d’exercices quand je mange trop. Oui, se remettre d’une soirée arrosée, c’est pas mal plus difficile.

Mais par contre, il y a beaucoup d’avantages aussi à vieillir.

On est pas mal plus établie côté travail, argent, famille, couple et si on prend soin de nous autant dans notre apparence que nos habitudes de vie et bien je crois que c’est dans notre tête que se décide notre âge. Bon, j’ai l’air d’un grand sage en écrivant ceci, mais ce n’est pas toujours ces pensées-là que j’ai en tête. Il y a des matins où je n’ai pas dormi beaucoup, je me regarde dans le miroir et mes 20 ans me manquent terriblement, où je me rappelle que je pouvais passer quelques nuits blanches en ligne et que cela ne paraissait pas beaucoup. Alors que là, une seule nuit et c’est disons, visible sur mon visage. Puis je me tourne vers trois enfants et je me dis qu’à 20 ans je n’avais pas ses petites merveilles dans mon quotidien. Des fois, je ferais la grâce matinée, je donnerais tout pour une heure de plus emmitouflée au creux des couvertures, mais quand je regarde la chance que j’ai d’avoir créé ses trois humains et bien je me dis que vieillir a son lot d’avantages.

Je crois que la fin trentaine me fait peur et me rend sentimentale.

Parce que lorsqu’on y réfléchit bien,  c’est la première moitié de sa vie qui se termine et la deuxième qui commence. Quand on aime la vie et son petit monde et bien cela fait peur de se voir vieillir.

En me voyant vieillir, je vois aussi mes enfants qui par le fait même vieillissent eux aussi et je ne veux pas, je ne veux pas m’approcher du jour où ils quitteront la maison pour se fabriquer une vie à eux. J’aime trop mon quotidien avec eux, je voudrais garder ces moments pour l’éternité, mais je sais que ce n’est pas possible. Un jour je serai sûrement grand-mère et je pourrai aussi câliner et être une mamie gâteau. Je pourrai préparer de bons petits plats et recevoir ma petite famille, ma fierté.

Pour l’instant, je vais essayer de simplement profiter de la vie, du moment présent, de me considérer si chanceuse et d’apprécier ma vie et la chance que j’ai d’être si bien entourée.

De me sentir encore belle, femme, sexy, mais aussi d’apprécier d’être rendue où je suis et la chance que j’ai de vieillir, car c’est vraiment un pur privilège.

Sur ce, je m’en vais prendre une grosse bouchée de gâteau et profiter de mon plus beau cadeau, être aux côtés des miens.

Mélanie Charbonneau
Catherine Duguay

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