Enfant unique

Enfant unique d’une famille à parent unique

La majorité des gens voient les enfants uniques comme des êtres égocentriques et centrés sur eux même.

Ma réalité en est tout autre.

Il faut dire que oui, je suis enfant unique, mais je viens aussi d’une famille uniparentale. Mon père étant décédé lorsque je n’avais que deux ans. Ma mère a dû subvenir à mes besoins, seule ou presque seule. Par chance, nous habitions sur le même terrain que mes grands-parents. Ils nous ont beaucoup aidées. J’ai eu une enfance remplie d’amour et j’ai été choyée, plus que la plupart des enfants de mon quartier, surtout en amour et en attention.

Le revers de la médaille : je me suis toujours sentie responsable de ma mère.

Elle était fragile, par le décès de mon père et par le côté sombre de son existence. Elle n’avait pas encore reçu de diagnostic lors de mon enfance, mais ma mère est bipolaire. Ce qui veut dire qu’elle vit de grands bonheurs, mais surtout de grands malheurs au quotidien. Elle a des sautes d’humeur assez importantes et de grands moments de déprime. J’ai toujours eu le besoin ou le sentiment que je devais la protéger et l’aimer très fort.

Une grosse responsabilité pour une petite fille.

Cela a créé une angoisse que je traine encore aujourd’hui. J’ai toujours eu un esprit de missionnaire, vouloir sauver l’humanité, mais surtout mes proches. Maintenant, en vieillissant, j’ai, en plus, ma propre petite famille que je dois protéger. Je me dois de prendre soin de ma mère et de ma grand-mère en les aidant comme je peux dans leurs courses et en leur préparant des petits plats.

Parfois, c’est lourd de sentir que nous sommes la seule personne qui possède ce rôle. En plus d’être mère de trois enfants.

Donc, pour moi, le synonyme d’enfant unique est « responsabilités ». J’ai peur aussi, peur que lorsque ces deux femmes de ma vie partiront, je n’aie plus personne et que ma famille ne se composera plus que de mes enfants et de mon conjoint. Ma mère est un peu comme ma meilleure amie, on est tissées serrées. Parfois, j’aimerais avoir une sœur ou un frère pour jaser, me confier, lui raconter mes hauts et mes bas. J’aimerais aussi que mes enfants aient des oncles et tantes (choses qu’ils n’ont jamais eues). Par chance, j’ai des amis de longue date qui jouent ce rôle à la perfection.

Quand je vois mes enfants ensemble, à jouer, rire ou même se quereller, je me dis que, moi, je n’ai pas ces souvenirs-là.

Je crois que c’est une des grandes raisons qui fait que je n’ai pas juste un enfant. Quand j’ai eu ma fille, je lui ai souhaité à elle une sœur ou un frère pour avoir un lien dans la vie et des souvenirs. Ils se protègent et je trouve cela dont beau. Moi je me vois comme un pilier autant envers eux, qu’envers ma mère et ma grand-mère. Mon pilier à moi, c’était mon grand-père. Comme cela fait trois ans qu’il n’est plus là, c’est à moi de tenir ce rôle au bout de mes bras. Avec Noël qui arrive, cette situation est encore plus présente, car depuis une bonne dizaine d’années c’est moi qui reçois ma petite famille. Ma grand-mère étant beaucoup trop âgée et confuse et ma mère vivant dans un endroit beaucoup trop petit pour nous accueillir, c’est à moi que revient cette tâche et j’en suis bien heureuse. Pour finir, prenez soin de votre famille, qu’elle soit grande ou microscopique, car elle est le centre de votre vie.

Je vous aime tant ma famille, et je serai toujours là pour chacun de vous.

Mélanie Charbonneau
Mathilda profil

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