Série dépression : J’ai toujours la sensation que je pourrais retomber

Dépression : avoir la sensation de retomber

Introduction : Cette série est mon histoire, chaque texte est personnel. En parler est important et j’ai décidé de le faire. Chaque semaine, un texte sortira en rapport avec une thématique. Pour lire la série en entier, rendez-vous ICI.

 

Je me sens mieux, oui. Mais le sentiment de peur de retomber en dépression ne me quitte pas. J’ai beau avoir l’impression que j’ai soulevé des montagnes depuis un an, que j’ai enfin la liberté de réfléchir, voir loin. J’ai toujours peur qu’un immense nuage noir ne revienne assombrir qui je suis et me fasse retomber. Ce trou dans lequel j’ai vécu trop longtemps est un cauchemar. Malgré que cette étape de ma vie m’aie rendue plus forte et que ça a changé ma vie, je ne veux plus jamais le vivre.

Je vais bien. Je vais mieux. Mais il reste encore des moments où je me sens plus fragile et que j’ai peur que la ligne soit si mince, au point de non-retour. La mort ne fait plus partie de mon quotidien, c’est un poids immense en moins. Mais reste que quelques fois, j’y repense. Je repense à ses idées que j’avais en tête et ça me brise le cœur. Après les nombreux changements qui me sont arrivés dans ma vie dans la dernière année, je ne peux qu’être reconnaissante. Je sais que j’ai eu beaucoup d’aide, de l’appui et énormément d’amour. Mais je sais aussi que tout part de moi et que si je suis où je suis aujourd’hui, c’est en grande partie grâce à moi. J’ai pris la décision de me battre, même si c’était parfois plus facile de simplement prendre le chemin de l’abandon, je n’ai pas lâché. Il m’est arrivé d’abandonner, mais j’ai toujours fini par retrousser mes manches et continuer de bâtir mes nouvelles fondations. Plus solide, en ciment, inébranlable. Mais malgré la perfection des fondations d’une maison, il reste qu’elle a des défauts de fabrication, qu’elle n’est pas infaillible et j’en suis consciente.

Je me suis fais la promesse de toujours regarder le beau avant le laid quand des moments difficiles allaient survenir. J’ai décidé de vivre et ne plus simplement survivre et ce simple choix a été une victoire. Je me sens quelques fois fragile, mais tout le chemin que j’ai fait me rappelle à quel point c’était difficile. Aujourd’hui, je crois avoir la force et les outils nécessaires pour déplacer des montagnes encore plusieurs fois. Si je venais à retomber, parce qu’on le sait que cela peut se produire, la dépression n’aura encore pas le dessus sur moi. Je m’en suis fait la promesse. Je souhaite de tout mon cœur, de toute mon âme que je continuerai à me mettre en priorité et que ma vie sera toujours celle que j’ai choisi, avec ses bons et ses mauvais côtés, mais ce sera toujours par choix : le mien.

Vous avez été plusieurs à m’envoyer des messages concernant ma série de textes. Cependant, celui-ci est le dernier. Je ne sais pas si je reviendrai avec de nouveaux textes, mais aujourd’hui, j’ai besoin de tourner la page. Merci d’avoir suivie chaque semaine depuis un an, mon histoire.

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Série dépression : Tout part de toi

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J’étais naïve. J’ai vite compris que l’aide dont j’avais besoin n’était absolument pas suffisante pour guérir, pour aller mieux, pour bien vivre avec la maladie. M’adapter au quotidien et entrevoir du beau pour l’avenir. Non, ce n’est pas aussi facile que ça. Le plus dur sera d’accepter que t’as besoin d’aide et encore plus dur, d’aller en chercher. Quand cet immense pas est fait, tu auras encore plein d’autres embûches. Il faut être honnête, ce n’est pas facile, mais le parcours en vaut la peine. Pour ma part, je croyais que mon entourage serait là pour moi. En fait, indirectement, je pense que je m’attendais à me faire «gérer». Ce n’était pas pour mal faire, puisque c’était inconscient. Mais j’ai vite compris que mon chum, mes ami.es et ma famille ne pouvaient sans cesse être à mes côtés, à me flatter les cheveux et me dire que tout irait bien. Non. C’est certain, quand on vit une situation de la sorte, quand on est malade, on désire toute l’attention du monde. C’était mon cas. Je ne m’en rendais pas vraiment compte, parce que je croyais être forte pour me débrouiller toute seule et ne pas vouloir déranger les autres. Mais la vérité, c’est qu’au plus profond de moi, j’aurais voulu avoir sans cesse quelqu’un pour me tenir la main et avouer cela est excessivement difficile.

La réalité, c’est que tout part de toi. Les autres sont là pour te supporter et t’aider à alléger le lourd poids qui pèse sur tes épaules, mais le gros du travail, même la grosse majorité, ne dépend que de toi-même. Il faut d’abord accepter de devenir égoïste pour un temps indéterminé, parce que ta priorité, c’est toi-même. Tu ne peux pas aider les autres si tu ne t’aides pas toi-même. Tu dois reprendre des forces, remonter la pente pour avoir l’énergie nécessaire afin de donner le meilleur de toi aux gens que t’aimes. Tu dois choisir tes priorités. La tienne, c’est d’aller mieux et tout faire ce qu’il faut pour cela. Tout le reste, tu dois accepter de le mettre en suspend. Cela attendra, même si ce n’est pas facile de mettre ta vie, ton quotidien sur pause. Tu as besoin de rénover tes fondations avant de penser à la décoration et aux meubles que tu veux t’acheter!

Je me suis rendu compte en me détachant un peu, que les gens de mon entourage avaient tous leurs vies qui continuaient, chose normale. Mais pour mon chum, c’était encore plus puisqu’il devait compenser pour les choses que j’étais incapable de faire. Vivre avec une personne en dépression, malade, demande beaucoup de patience et d’attention et il a réussi à passer au travers autant que moi. Mais quand on souffre, on a besoin d’attention et il faut se le mettre en évidence, ce n’est pas nécessairement vrai que l’on désire rester dans notre coin et ne déranger personne. Pour certains c’est le cas, mais souvent, l’orgueil de côté, on désire se faire prendre dans les bras. Moi, c’est auprès de mes médecins et mon psychologue que j’ai réussi à trouver mon équilibre. Le temps de mes rendez-vous, j’étais la seule chose qui importait. J’avais le droit de parler que de moi, de me centrer sur mes émotions sans avoir à faire attention aux autres. Justement, le fait de focusser sur moi lors de mes rendez-vous faisait en sorte que j’arrivais à me détacher de mon entourage et de peut-être leur enlever de la pression. C’était à moi de trouver un équilibre qui allait m’aider à prendre soin de moi, tout en conservant mes relations avec mes proches.

Personne ne pouvait me pousser dans le derrière à part moi-même. Comme on dit, nous sommes maîtres de notre destin et de ce que l’on fait de nous-mêmes. Alors, toi qui penses trop en demander ou qui te sens mal de centrer ton énergie que sur toi-même, saches que tu fais bien et surtout n’oublie jamais que tout part de toi!

 

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Dépression : c’est difficile demander de l’aide

Karine parle de demander de l'aide

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Je me rends compte que c’est plus facile à dire qu’à faire. J’ai toujours dit à mes ami(e)s et à mon entourage de ne jamais hésiter s’ils ont besoin d’aide. Que je suis là pour eux. Par contre, quand il est question de moi, de demander du support, je fige. Je ne le fais pas et je crois qu’on est beaucoup dans le même bateau. Lorsque j’habitais avec mon ex, il le voyait tout de suite et je n’avais pas besoin de lui demander quoi que ce soit: c’était naturel. Il a tellement fait de choses pour combler le vide que je laissais dans notre couple, dans notre appartement. Je ne demandais pas plus d’aide auprès de mes amies. «Ca va, je m’en sors ». C’était plus facile, moins lourd, moins de responsabilités. Mon ex aussi ne demandait pas d’aide. On vivait ça chacun de notre bord, ensemble, mais sans personne d’autre. Quand je suis tombée en arrêt de travail, l’aide est un peu arrivée naturellement. J’ai dû l’accepter, la faire entrer dans ma vie. Je crois que mon ex a ressenti un soulagement à ce moment là. Je ne pouvais plus le cacher. Mes parents nous ont beaucoup aidés. Ma mère m’appelait presque chaque jour et venait me voir chaque semaine.

Aujourd’hui, je suis seule. En appartement. Célibataire. Je n’ose toujours pas demander d’aide quand j’en ai besoin. Quelques fois oui, à mes parents, mais je me sens mal à chaque fois. « T’es ma fille, c’est sûre que je vais t’aider. Faut me le dire quand t’as besoin de quelque chose » me dit ma mère chaque fois qu’elle réalise que je me suis tue.

Je vais parler pour moi, mais une des choses les plus difficiles c’est de demander de l’aide aux gens qui nous entourent. Ouf, oui. Le simple fait de dire que je ne vais pas bien, que je ne pourrais faire telle ou telle chose, c’est un poids immense. J’ai souvent l’impression que je gosse le monde avec mon humeur pas toujours évidente. C’est dans ces moments là que je fais semblant. Je ne montre pas qu’en dedans, ça va pas super bien. Pourquoi gâcher le moment? Même si mes amies me disent « Tu peux me parler n’importe quand ou si tu as besoin de quelque chose, n’hésite pas ». Mais j’hésite pareil! Il n’y a jamais de bons moments pour dire qu’on ne va pas bien et que peut-être que de l’aide ne serait pas de refus. Dernièrement, mon amie m’a dit qu’elle viendrait m’aider à faire mon ménage à mon appartement, cette lourde tâche que je tente de faire depuis que j’ai emménagé. Je me trouve ridicule. Je me dis que je peux le faire seule, que jamais je ne demanderais ça voyons! La vérité, c’est que c’est apprécié. Que c’est le genre d’aide que j’ai besoin. Mon énergie n’est plus comme elle était avant. Je suis au ralenti. J’ai besoin de plus de repos qu’avant.

Demander de l’aide, c’est de s’avouer à nous-mêmes qu’on en a de besoin. Chercher les ressources pour nous aider. Demander à nos proches un coup de main. Je ne sais pas si c’est quelque chose qui s’apprend avec le temps. Il faut garder en tête que ce n’est pas facile à faire et ne pas blâmer les gens qui ne le font pas. Demander de l’aider, c’est dire haut et fort : je ne vais pas bien.

 

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Dépression : Des lectures qui font du bien

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Une des choses qui m’avait manqué le plus, c’était la lecture. Parce que oui, je n’arrivais plus à lire. J’avais du mal à me concentrer et je devais relire plusieurs fois la même page. Quand je suis tombée en arrêt de travail, une des choses que je voulais le plus faire était de lire. Mes médecins me disaient que pour m’aider à aller mieux, établir une routine saine en faisant des choses que j’aime chaque jour était primordial. Marquer une pause dans ma journée, à mes obligations et prendre un moment juste pour moi. C’est au Centre de crise que j’ai lu mon premier roman après plusieurs mois sans être capable de le faire. Le fait d’être à off, de n’avoir rien d’autre à faire que ça, m’a fait le plus grand bien. En quatre jours, j’ai dévoré trois livres (à mon plus grand bonheur!). En plus de lire des romans, j’ai lu des ouvrages, des collectifs et plusieurs autres genres pour m’aider à comprendre les choses. La lecture est une forme de thérapie. J’avais donc envie de vous partager les lectures qui m’ont fait du bien.

Les filles sont-elles folles de Carolane et Josiane Stratis

J’étais allée au lancement et à ce moment là, je ne croyais pas être en dépression. J’avais acheté le livre et il était sur ma pile. Je l’avais feuilleté, mais je ne l’avais pas lu en entier. Quand je suis entrée en centre de crise, c’est donc le premier livre que j’ai lu. J’ai passé au travers des pages; j’ai souris et j’ai pleuré. Ça m’a réconforté, je me suis sentie moins seule. Merci encore aux deux merveilleuses femmes derrière Ton Petit Look.

La communication non-violente au quotidien de Mashall B. Rosenberg

C’est mon médecin qui m’a suggéré de lire ce livre là pour apprendre à gérer mes émotions. Au début, j’avoue que je n’en avais pas trop envie parce que j’étais certaine que ce serait trop scientifique, pas fluide et que je ne comprendrais probablement rien. Finalement, le livre est interactif, bien écrit et il pousse vraiment à réfléchir. Les trucs partagés sont faciles à appliquer. C’est un livre qui m’a permis de comprendre un peu plus comment je me sentais et qui m’a aider à mieux exprimer mes émotions.

Le petit cahier d’exercices d’estime de soi

J’ai un gros problème de confiance en moi depuis ma prise de poids. Je n’en parle pas souvent parce que j’ai honte de ce côté sombre qui m’habite. Je tente de m’aimer comme je suis, mais j’ai une pression immense sur mes épaules et c’est moi qui l’a créée. Ce petit livre est vraiment amusant à essayer: il est interactif, il y a des questions, des textes, des jeux et même des dessins. C’est un cahier qui te fait entrer dans ton toi intérieur. Je crois que de faire l’exercice plusieurs fois dans une vie est bénéfique. Pour ma part, j’apprends encore à m’aimer et j’essaie d’appliquer ce que le cahier projette, un jour à la fois.

Mes tempêtes intérieures de Vanessa Beaulieu

C’est un livre que j’ai lu dernièrement. J’ai été bouleversée par les témoignages, mais c’est rassurant en même temps de lire l’histoire des autres. Ça montre à quel point on n’est pas seul dans notre situation et que malgré la différence, on partage des similitudes. Pour moi, c’est quelque chose qui me fait du bien. De sentir que je ne suis pas si différente parce qu’on l’est tous à notre manière, peu importe ce qu’on vit ou ce que l’on traverse comme épreuve. Bravo pour cette initiative!

Borderline – Retrouver son équilibre de Dominique Page

Il y a tellement de textes, de références sur internet qui explique ce trouble. C’est difficile d’avoir un diagnostique et de ne pas le comprendre. Alors que tu ne te comprends pas toi-même, on te donne l’explication du pourquoi, mais ça reste flou. Ce livre m’a donné les grandes lignes de la maladie, il m’a permis de comprendre certains aspects et de faire des liens avec moi. J’avais peur de me créer de nouveaux symptômes en lisant tout cela, mais au contraire, j’ai l’impression que j’y ai réalisé beaucoup de points positifs. Et surtout, que c’était tout de même possible de vivre pleinement sa vie en étant borderline.

Personnellement, ces lectures m’ont donné un bon coup de main. Nous sommes tous différents; on ne vit pas les choses de la même manière et c’est bien correct comme cela.

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Dépression : Agoraphobie

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Je manque d’air, j’étouffe, j’ai mal au cœur, j’ai beaucoup de reflux gastriques, mes jambes sont molles et j’ai l’impression que je vais m’effondrer à tout moment. Je me gratte partout, surtout au visage, et j’ai chaud même s’il fait – 1000 degrés dehors. C’est ce qui se passe quand je me retrouve dans une foule où les gens sont trop près de moi. Je n’étais pas comme ça avant. Non. J’étais celle qui adorait aller clubber, danser, même si tout le monde était entasser et presque un par-dessus l’autre. J’aimais même aller aux Francofolies et me faufiler pour être le plus près de la scène. Je n’avais pas peur. Maintenant, ma réalité est complètement différente. Ça fait quelques années que j’ai développé un inconfort aux foules. Je n’arrive pas à mettre le doigt sur le moment exact, mais c’était il y a environ un an, avant de tomber en dépression puis en arrêt de travail. Depuis cet épisode de ma vie, j’ai changé. J’ai encore des séquelles et des comportements que je tente de régler, comme l’agoraphobie.

Mais qu’est-ce que l’agoraphobie (AGO)?

Tel qu’expliqué sur le site de l’IUSMM : L’agoraphobie est définie comme étant un sentiment d’anxiété ou un comportement de fuite d’endroits/de situations d’où il pourrait être difficile (ou gênant) de s’échapper en cas d’attaque de panique ou de symptômes à type de panique. Certains lieux sont même complètement évités :  les rues, les commerces, les foules, les files d’attente, les espaces clos (ascenseurs, tunnels), les théâtres, les cinémas, les ponts, etc.

Cependant, je n’ai pas peur de tout. Ce qui me perturbe le plus, c’est lorsque les gens, les étrangers, sont trop près de moi. Ça me dérange surtout lorsqu’ils me touchent, comme dans le métro, dans les foules, les spectacles où il n’y a pas de sièges, etc. Les endroits où il fait trop noir et où on ne voit rien, les endroits où la musique est beaucoup trop forte, où les éclairages sont un peu trop intenses, où tout vibre. Par contre, ce n’est pas partout et tout le temps. J’ai l’impression qu’il y a des lieux où je me sens plus en sécurité. À cause de ce sentiment, je ne vais plus dans les festivals ou sinon, je m’assoies très loin, installée dans un endroit où j’ai de l’espace autour de moi. Je sais que c’est dans ma tête et aussi que certaines amies trouvent ça lourd, alors j’essaie le plus souvent que ça ne paraisse pas. Jensuis consciente qu’elles le remarquent tout de même parce que c’est un peu dur de se cacher pour se gratter partout lorsque l’anxiété s’empare de moi. Au moins, je suis chanceuse d’être bien entourée.

Depuis peu, je me suis trouvé des trucs lorsque vient le temps d’aller à un spectacle ou de prendre le métro. Je ne veux pas m’empêcher de vivre et surtout, je ne veux pas que ça s’aggrave. Ce que je fais en premier temps, c’est que j’observe le lieu en entier et que je regarde les espaces où je pourrais avoir de l’espace sans me faire frôler. Ensuite, je me trouve des solutions si je dois quitter rapidement à cause d’un trop grand inconfort. Disons que j’ai des plans de secours A-B-C jusqu’à Z. Par exemple, au spectacle d’AQUA, j’ai été prise de panique dans la ligne d’attente. Quand nous sommes entrées dans la salle, mon corps en entier tremblait, mais je ne voulais pas gâcher la soirée de mes amies. Je les ai donc laissées près de la scène et je suis allée m’asseoir à une table, sur un tabouret où je me sentais en sécurité. La table me protégeait du reste du monde. Mes pieds ne touchaient pas au sol, ce qui diminuait les sensations de tremblements que la musique faisait. J’avais des bouchons dans ma sacoche et je les ai mis. Après la première partie, j’ai commencé à me sentir mieux, plus confortable. J’avais apprivoisé le lieu ainsi que l’ambiance et je suis allée rejoindre mes deux amies dans la foule. J’étais fière de moi, d’avoir réussi à faire cet immense pas. C’était la première fois en plus d’un an que je ne m’empêchais pas de faire quelque chose à cause de ma peur de faire une crise de panique.

J’ai décidé de prendre le taureau par les cornes, mais ce n’est pas si simple. Mon plus gros démon en ce moment reste les transports en communs. Ce n’est pas facile à tous les jours, mais j’essaie de combattre ce trouble, d’éviter de m’isoler, de cesser de refuser les invitations, tout en continuant de trouver des solutions qui m’aideront à me sentir en sécurité.

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Dépression : ma relation avec la mort

ma relation avec la mort

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En écrivant ces lignes, je viens d’apprendre qu’une connaissance, une personne que j’adorais côtoyer est décédée. Subitement. J’ai le cœur gros et j’ai la tête remplie de questionnements. Je trouve que la vie est parfois mal faite. D’ailleurs, ma relation avec la mort est particulière. Autant je l’ai sollicitée durant plusieurs années afin de me libérer de mon mal (je l’ai frôlée en tentant de m’enlever la vie), autant je désire aujourd’hui la vivre à cent milles à l’heure. Lorsque la mort s’attaque à des personnes que je connais, je ne peux m’empêcher de partir très loin dans ma tête et d’entrer dans un mood qui dure plusieurs jours. Ce genre de sensation qui fait réaliser que la vie ne tient qu’à un fil et aussi comme la mort est tout sauf cohérente. Personnellement, je la côtoie depuis toujours par le biais de mon père qui est malade depuis mon plus jeune âge. Chaque année, il y a des périodes où je crois que le moment fatidique est arrivé, qu’il va partir pour de bon. En d’autres mots, j’ai passé mon existence à attendre que mon père meure. Oui, c’est absolument horrible. J’ai profité de chaque moment avec lui, juste au cas où. En fait, chaque chose était juste au cas où, cette fois-ci, ça serait vraiment la fin. Avec les années, c’est devenu de plus en plus lourd. Depuis un an, cette pression que j’avais constamment sur mes épaules est disparue. Au lieu d’appréhender ce qui arrivera, j’ai décidé de vivre le présent et de gérer le futur que lorsqu’il se pointera, parce que j’ai réalisé que rien de tout ça ne presse. Je n’ai pas besoin de me préparer à un événement sur lequel je n’ai contrôle. Chaque instant, chaque conversation avec mon père est devenu un cadeau de la vie. Depuis que je suis toute petite, j’ai été habituée aux funérailles. Encore aujourd’hui, c’est l’étape du deuil qui me fait le plus mal. Il y a beaucoup de gens de ma famille qui sont décédés, presque chaque année depuis que j’ai huit ans et ce, jusqu’à mes quatorze ans. Par la suite, ce sont des amis que j’ai perdus. Des gens de mon âge et même plus jeunes que moi. Des morts qu’on ne peut expliquer. Plus récemment, il y a quelques mois seulement, deux personnes que j’ai côtoyées sont parties subitement.

Je n’aime pas la mort. Je n’aime pas concevoir que les personnes disparaissent du jour au lendemain. Qu’un jour, on ne puisse plus leur parler, les serrer dans nos bras, les croiser par hasard quelque part. C’est terminé. Il ne reste que le souvenir d’une vie qui a été interrompue à une date. Est-ce que j’ai peur de mourir? Je ne sais plus. J’ai tellement longtemps voulu mourir qu’aujourd’hui, je veux vivre, respirer, profiter, avancer. Je sais qu’un jour ce sera mon tour, j’en ai conscience. Est-ce que cela me terrifie? Pas vraiment, car c’est la logique des choses. La seule chose qui me fait peur, c’est les gens autour de moi qui vont potentiellement en souffrir. C’est en fait ce qui me blesse le plus, le fait de faire souffrir quelqu’un. Je sais que nous n’avons aucun contrôle là-dessus, mais la souffrance causée par un décès est une des pires jamais ressentie. Cette douleur qui, malgré le temps, reste toujours un peu présente en dedans.

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Dépression : redécouvrir qui on est

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Une dépression, ça nous change. On devient différent.e en restant tout de même la même personne. Après avoir eu mon diagnostic reliant dépression, anxiété et trouble de personnalité limite, j’étais perdue. Vraiment perdue. Je ne savais plus qui j’étais. Chaque chose de ma vie, soit ma personnalité, mes passions, mes relations, mes choix de vie, mon emploi; je remettais tout en doute en me demandant si c’était vraiment moi ou si c’était les répercussions de la maladie. C’est comme si je me retrouvais devant une page blanche et que je devais redessiner qui j’étais en tant que personne. J’avais peur. Chaque jour, je me demandais si j’allais finir par m’en sortir et voir finalement le bout du tunnel. L’histoire, c’est que je me suis écroulée en mai 2017, mais le mal était dans mon corps depuis tellement plus longtemps que ça. J’ai tardé à chercher de l’aide. J’avais essayé d’en chercher avant, mais c’était tellement dur que je finissais souvent par abandonner et me dire que tout ça finirait par passer.

Quand j’ai été hospitalisée, j’étais dans le néant. La douleur était devenue tellement insupportable que j’avais tenté de la faire disparaître. De me faire disparaître. Je n’ai jamais voulu mourir, mais c’était la seule solution dans ma tête. Entre les mains des médecins, j’ai enfin vécu la libération des démons qui tentaient de me tuer. La thérapie, ainsi que la médication sont somme toute les deux choses qui m’ont sauvée la vie. J’ai enfin arrêté de me sentir honteuse d’avoir vécu une agression sexuelle et le début d’une nouvelle vie m’a ouvert grand ses bras. Par contre, la dépression ne disparaît jamais totalement. Elle reste toujours dans un petit coin, quelque part, à me fragiliser un peu, de temps à autre. Je garde encore cette impression que je pourrais craquer facilement, mais aujourd’hui, j’ai les outils qu’il faut pour me battre chaque fois que j’aurai une tempête à traverser.

Malgré toute l’aide que j’ai reçue, je cherche encore aujourd’hui qui je suis. Je me bats toujours contre mes peurs. Beaucoup de changements en début d’année m’ont permis de commencer à me reconstruire petit à petit pour découvrir la personne que je suis un peu plus chaque jour. Je suis célibataire, j’habite seule et j’ai un nouveau travail. Ce sont toutes des choses qui m’aident à me recentrer sur moi-même et à trouver un équilibre. Oui, je ne suis plus en arrêt de travail et je suis fonctionnelle, mais je demeure fragile et j’ai des moins bonnes passes, comme tout le monde. Je connais maintenant les outils qui m’aident à avancer chaque jour, profiter de la vie, faire des projets et me surpasser. Avant, j’avais du mal à être fière de moi, mais dorénavant c’est une petite victoire chaque fois que c’est le cas.

Je me redécouvre tranquillement et, en bout de ligne, c’est un périple qui m’a permis de faire la paix avec mon passé, de vivre amplement mon présent et d’être ravie pour l’avenir.

signature Karine Audrey photo de signature

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Dépression : les souvenirs du passé

souvenirs du passé

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Depuis ma dépression, j’ai l’impression que je ne réfléchis plus de la même manière. J’ai tendance à retourner très loin dans le passé. Je crois que c’est le fait de parler et de mettre des mots sur ce que je ressens. Au début, parler me faisait faire plus de cauchemars qu’avant. Maintenant, j’en fais encore, mais moins. J’ai des périodes plus difficiles que d’autres et des éléments déclencheurs qui font en sorte que je retourne plusieurs années en arrière, et souvent dans des souvenirs que j’aurais préféré enterrer pour toujours.

Mes souvenirs sont moins flous. J’y accorde plus d’importance, j’essaie de guérir certaines blessures encore ouvertes. Je tente d’aller réconforter ma petite moi de 12 ans, celle de 16 ans, celle de 19 ans et plus encore. J’ai l’impression que la force qui grandit en moi aurait été tant bénéfique dans certains moments de ma vie. Je tente de laisser le passé derrière moi, mais il fait partie de mon présent et fera toujours partie de mon avenir. Mais aujourd’hui, j’ai cessé de me reprocher ces événements. J’ai cessé de me faire du mal avec les souvenirs noirs. Ce n’est pas ma faute. C’est arrivé et c’est tout.

Mes souvenirs sont clairs, j’arrive aujourd’hui à m’y replonger et à mettre le doigt sur certaines situations où je crois clairement que j’étais en crise ou que j’aurais dû aller chercher de l’aide. J’ai même déjà eu la réflexion que j’étais chanceuse d’être encore en vie après autant de souffrance. J’ai tellement voulu mourir toute ma vie, que maintenant que ce monstre est sorti de ma tête, j’apprivoise le bonheur et le fait que la vie est simplement ce qu’elle est et ce qu’elle doit être. Le gigantesque mur que je voyais constamment, chaque jour de ma vie, n’est plus là. Il revient quelques fois me hanter, mais j’ai les outils nécessaires pour qu’ils partent rapidement en fumée.

Je suis fière de regarder le passé avec une certaine distance, ne pas entrer dans les remords et juste prendre le recul nécessaire pour apprendre de tout cela. Personne ne devrait vivre ce genre de choses, mais quand on le vit on peut s’en sortir. On doit réaliser que notre vie nous appartient et que seulement nous avons le pouvoir de guérir, de traverser les épreuves et de trouver le bonheur. Je vis avec la maladie mentale, j’apprends à apprivoiser chaque jour ce trouble qui m’habite, il fait partie de la personne que je suis. Mes souvenirs, mon passé, ce sont des éléments que je ne peux glisser sous le tapis. Je leur fais face et les cicatrices deviennent moins douloureuses avec le temps. Je ne dis pas que tout est devenu rose, mais disons juste que j’apprécie les couleurs après avoir vu du noir pendant tellement longtemps.

Photo de signature pour Karine Caron-Benoit. alix marcoux

 

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Dépression : La théorie des cuillères

la théorie des cuillères

Introduction : Cette série est mon histoire, chaque texte est personnel. En parler est important et j’ai décidé de le faire. Chaque semaine, un texte sortira en rapport avec une thématique. Pour lire la série en entier, rendez-vous ICI.

 

Une des choses les plus difficiles quand on vie avec une maladie mentale, c’est la compréhension des autres. En plus de ne pas se comprendre soi-même, on doit expliquer comment on se sent. J’ai une mauvaise manie de vouloir garder à distance mes états d’âme par peur de gosser mes proches. Mais la réalité finit toujours par me rattraper. Je réagis quelques fois à des conversations et je finis par exploser tellement j’ai l’impression qu’on ne me comprend pas, à quel point je me sens seule dans ce que je ressens. J’avoue même avoir quelques fois pensé que mes amies seraient mieux sans moi, tellement que je suis complexe à comprendre parfois. Ce n’est pas évident de devoir se mettre à nu et expliquer que telle ou telle situation pour moi, ne me rendent pas bien. Qu’un mot, une phrase, un geste peuvent me déclencher une crise de panique ou me faire faire de l’anxiété. Je n’ai pas le contrôle et de devoir l’expliquer, c’est de faire face à de gros points d’interrogation dans le visage des gens.

Avec mes amies et collègues Ariane et Jennifer, on se parle chaque jour. Autant pour le blogue que de tout et de rien. On a une conversation à trois et on s’écrit via Messenger. Il est arrivé quelques fois que je réagisse intensément et que les filles ne comprennent pas pourquoi et me bombardent de questions qui augmentent l’anxiété. Travailler en équipe m’angoisse et encore plus lorsque les conversations ont lieu virtuellement. Ariane m’a parlé d’un texte qu’elle avait lu et trouvait que c’était une théorie qui pourrait m’aider à communiquer avec elles, mais aussi avec tous les gens proches de moi qui ne me comprennent pas toujours. J’ai lu le texte. J’ai pleuré. Je l’ai relu et j’ai respiré.

Je vous partage donc ce texte qui est pour moi un outil parfait pour toutes les personnes souffrant de quoi que ce soit, que ce soit une maladie mentale ou physique ou qui est tout simplement différente et qui a de la difficulté à exprimer ce qu’elles ressentent. Il s’agit de la théorie des cuillères. Une manière imagée d’expliquer son quotidien qui n’est pas nécessairement celui des gens qu’on côtoie. L’auteure est atteinte d’une maladie dégénérative et a des limites physiques qui l’empêchent de faire beaucoup de choses. Son amie l’a questionné sur ce que c’est de vivre avec cette maladie. Mais avec des mots, elle voit que son amie ne comprend pas. C’est un peu comme moi lorsque je tente d’expliquer pourquoi telle journée je suis tellement fatiguée et que je finis par dormir toute la journée. Je trouve que la théorie se transpose parfaitement pour les maladies mentales. L’auteure finit par expliquer son quotidien à l’aide de cuillère, un nombre en particulier. Sous forme de jeu elle pose des questions à son amie tout en lui exposant sa réalité à elle. Pour lire le texte, c’est ICI. Je suis certaine que vous comprendrez un peu mieux pourquoi je fais un texte sur cette théorie.

Après avoir lu et partagé ce texte, j’ai commencé à utiliser la théorie des cuillères avec Ariane et Jennifer. Mentionner que tel soir, je n’ai plus de cuiller pour répondre aux messages. C’est difficile de trouver un outil de communication qui ne devient pas une ”excuse”. Je ne sais pas comment bien dire les choses, mais moi qui tente de mettre mon trouble le plus loin de mes relations, je passe mon temps à me justifier. Avec la théorie des cuillères, j’ai comme l’impression d’avoir trouvé un moyen de m’exprimer sans devoir le faire.

Photo de signature pour Karine Caron-Benoit. 

 

N’oubliez pas que si vous avez besoin d’en parler, il existe des ressources :

Centre de prévention du suicide 1-866-277-3553

Centres de crises : Santé Montréal

Dépression : Un an plus tard

Introduction : Cette série est mon histoire, chaque texte est personnel. En parler est important et j’ai décidé de le faire. Chaque semaine, un texte sortira en rapport avec une thématique. Pour lire la série en entier, rendez-vous ICI.

 

Je suis de retour pour la suite de la série dépression. Pour être honnête, je ne croyais pas y faire une suite, mais vos messages m’ont tellement touchés que je me suis dit qu’il fallait continuer d’en parler. Depuis mon dernier texte, j’ai reçu des témoignages de plusieurs personnes et beaucoup m’ont remercié de la transparence avec laquelle j’aborde le sujet. Ça m’a beaucoup touché. J’ai hésité à continuer, c’est pourquoi j’ai pris une longue pause pour l’été : j’avais besoin de réfléchir et de brainstormer sur la suite de cette série. Cet été, j’ai été à beaucoup d’événements pour le blogue et à ma grande surprise, il y a plusieurs personnes qui m’ont répondu après que je me sois présentée : ‘«Ah, c’est toi qui écris une série de textes sur la dépression?». J’ai donc compris que mes textes avaient leurs places. Que oui, j’avais le droit de les écrire pour me faire du bien, mais que les textes faisaient du bien à d’autres. Alors oui, la série continuera, chaque lundi, un texte où mes tripes seront mises sur la table.

J’ai à cœur la cause des maladies mentales et je ne suis pas la seule. Il y a beaucoup de gens qui en parlent dans les médias, sur les réseaux sociaux, il y a beaucoup de personnalités publiques aussi, des blogueur.ses, influenceur.ses, youtubeur.ses., etc. Est-ce qu’un moment donné il faut arrêter d’en parler parce que déjà trop de gens en parlent? Non. Je crois que chaque mention, chaque texte, chaque mot a sa place, parce que c’est tous ensemble qu’on pourra changer les choses. Je suis fière de lire et entendre des témoignages de gens qui se confient. Je suis fière de voir des projets se concrétiser en lien avec les maladies mentales, je suis fière de voir de l’aide se développer. C’est tous ensemble, main dans la main, qu’on aidera notre société à aller mieux. En parler, c’est montrer à ceux qui souffrent en silence qu’ils ne sont pas seuls. C’est aussi de montrer à ceux et celles qui vivent au quotidien avec une maladie mentale que le beau existe, que de l’aide est disponible, pas encore assez, mais il en existe. C’est aussi de sensibiliser les gens qui ne vont pas bien d’aller chercher de l’aide, qu’il y ait un diagnostic ou pas, tout le monde a le droit d’aller bien, d’aller mieux.

La dépression, c’est un petit pourcentage des maladies mentales qui existent au Québec. C’est un sujet qui touche tellement de gens. Je vais parler en mon nom, raconter mon histoire, mes expériences, avec beaucoup de transparence, d’honnêteté et d’amour. Ce n’est pas rose tous les jours, c’est souvent plus noir que blanc, mais il y a toujours le retour du blanc, ça, c’est le beau côté et c’est celui sur lequel il faut s’accrocher.

En mai dernier, cela a fait un an que j’ai reçu mon diagnostic. J’apprends encore beaucoup sur la maladie et je tente d’apprivoiser le quotidien, les crises, les angoisses, l’anxiété, la médication, mes relations, les changements, le quotidien. Je vais vous en parler. En toute simplicité, comme si vous étiez devant moi, tasse de café à la main et qu’on jasait en se regardant dans le blanc des yeux. Mais sachez que c’est ma vie à moi. Je ne suis pas une professionnelle, mais j’écris ce que je connais et ce que je ressens. Utilisez les ressources existantes si vous avez l’impression que vous en avez besoin. Même si finalement ce n’était qu’une petite passe, au moins vous le saurez. N’oubliez jamais que votre vie a de l’importance, peu importe les moments difficiles. Quand je tombe dans le noir, j’essaie de me rappeler à quel point c’est beau quand ça finit par aller mieux.

Je vous donne rendez-vous lundi prochain, comme à chaque semaine. Si vous avez des questions ou des commentaires, que vous n’avez pas envie de les écrire publiquement, n’hésitez pas à m’écrire en privé, je lis chacun des messages qu’on m’envoie.

Parce que même si vous en avez l’impression parfois, vous n’êtes pas seul.e!

Photo de signature pour Karine Caron-Benoit. 

N’oubliez pas que si vous avez besoin d’en parler, il existe des ressources :

Centre de prévention du suicide 1-866-277-3553

Centres de crises : Santé Montréal