Les premiers pas

Les premiers pas

Débuter une relation est toujours inconfortable. On ne sait jamais trop sur quel pied danser. On peut même dire que nous sommes parfois un peu gauches dans les premiers milles quand on aimerait que l’histoire ne soit pas juste qu’un (autre) passage dans notre vie.

Pour moi, s’engager dans une nouvelle relation est synonyme d’un nouveau départ à tous les points de vue. C’est une nouvelle approche et une nouvelle façon de communiquer, parce que l’autre n’est pas notre ex et que les techniques de séduction ne vont pas nécessairement fonctionner comme c’était le cas dans la relation précédente. On doit donc s’ajuster, refaire nos devoirs et apprendre à faire face à l’adversité.

Cependant, je pense qu’avant d’appliquer cette notion d’ajustement, on doit d’abord et avant tout vouloir s’engager dans une relation pour les bonnes raisons et s’assurer d’une réciprocité de la part de notre partenaire. Sinon, même avec les meilleures intentions au monde, si notre contexte n’est pas favorable et que nous ne sommes pas convaincus que l’autre a le même désir d’engagement que nous, comment pouvons-nous bâtir notre relation sur une base solide et durable ?

Tout ça pour vous dire que les premiers pas demandent souvent une attention particulière. On craint souvent de ne pas être à la hauteur, d’être trop envahissants, de faire fuir l’autre ou d’avoir l’impression de ne pas en faire assez pour intéresser davantage notre nouveau partenaire pour qu’il ait envie de rester près de nous. Est-ce que je l’inonde de textos ? Est-ce que je l’appelle trop souvent ? Est-ce que je le dérange ?  Se poser ce genre de questions n’aide en rien à notre valorisation personnelle. L’estime de soi est fragilisée au centuple dans une telle situation. La peur de mal paraître et la crainte d’être imparfait aux yeux de l’autre ne font qu’envenimer nos angoisses les plus profondes.

Selon moi, la meilleure façon de rester zen avec tout ça, c’est de rester soi-même, de ne pas se restreindre dans notre comportement de peur de décevoir. Si notre partenaire est le bon, ce que nous faisons sera loin de mettre des bâtons dans les roues pour la suite des choses. Si on se sent paisible et que tout roule, c’est qu’il y a une bonne chimie déjà bien présente avec l’autre. À l’inverse, si on a l’impression de ne jamais savoir sur quel pied danser, est-ce parce qu’on tente de forcer un peu trop la note ? Parce que des fois, il est bon de s’avouer que ça ne fonctionnera pas pour tous types de raisons : le contexte familial de chacun, la distance, les horaires professionnels, etc.

À un certain point, on doit évaluer si l’ensemble des éléments qui façonnent notre vie et celle de notre partenaire peuvent être favorables à une belle relation ou, au contraire, s’ils peuvent compliquer davantage les choses. Prendre un certain recul est souvent nécessaire.

Ça nous force à se questionner sur les enjeux importants avant de se décider à faire le grand saut… ou pas.

Fred signature
Sophia réviseure signature

Les chroniques d’une hyperactive au repos forcé : me réapproprier mon corps

Me réapprorier mon corps

Pour lire les précédentes chroniques, c’est ICI.

Il y a 9 ans, j’ai effectué un virage dans mon alimentation et mon régime de vie. Je me suis mise à l’exercice intense, je suis devenue instructrice de Zumba, j’ai perdu environ 30 livres. Je suis devenue un peu obsédée par la mise en forme et la nutrition. Je calculais mes portions, j’avais coupé presque toutes les sucreries et j’allais au gym 4 à 5 fois par semaine.

Est-ce que j’étais fière de moi ? Bien sûr. J’ai vraiment travaillé fort et fait des sacrifices pour atteindre mon objectif.

J’ai maintenu ce rythme pendant près de 5 ans, sans jamais fléchir ou presque.

Il y a 4 ans, j’ai commencé à écrire.

C’est devenu une drogue plus puissante que l’entraînement. Et c’est un peu moins forçant aussi, on va se le dire.

Ma passion s’est développée encore plus lorsque j’ai fondé Folie Urbaine. J’ai tranquillement commencé à espacer les entraînements pour faire plus de places aux événements et aux articles où je pouvais m’exprimer librement avec des mots.

Depuis un an, je n’ai conservé qu’un cours de Zumba par semaine et la marche et le vélo à l’occasion.

J’ai laissé mon corps reprendre du poids, plus que la moitié de ce que j’avais chèrement perdu. J’ai délaissé les exercices du corps, pour faire des exercices avec mon esprit.

J’ai perdu ma motivation de bien manger et de bouger tous les jours quelque part entre un 5 à 7 avec bouchées à volonté et un article sur les choses que j’aime faire l’été.

Quand je suis tombée sur la glace et que ma cheville s’est fracturée, ce fut le coup de grâce.

Condamnée à l’inactivité pour plusieurs semaines, après un mois où j’ai dû faire face à la douleur, aux médicaments et à un appétit en dent de scie, j’ai commencé à manger mes émotions pour passer le temps.

J’ai pu recommencer à m’entraîner après 11 semaines de repos, mais le mal était fait. Je n’ai pas repris les 30 livres que j’ai perdus il y a 9 ans, mais je suis loin d’être bien dans ma peau. J’ai perdu mes muscles, mon ventre est plus mou, mes fesses également, et mes capacités cardiovasculaires ont sacré le camp.

Je suis triste de constater que mes efforts ont été anéantis par plusieurs facteurs et le pire, c’est que je ne peux blâmer personne d’autre que moi. Je peux bien me voiler la face en me disant que la plaque de glace est responsable de mes malheurs, mais ce serait déloyal de tout lui mettre sur le dos.

Le processus de laisser-aller date de beaucoup plus longtemps avant ma chute. Celle-ci n’a été que le clou dans le cercueil. C’est la mort dans l’âme que je dois me rendre à l’évidence.

Je dois recommencer à zéro.

9 ans plus tard, avec un métabolisme plus lent à 36 ans qu’à 27.

Je ne veux pas nécessairement redevenir intense comme je l’étais à l’époque. Je veux continuer à me promener d’un événement à l’autre, et surtout écrire.

Mais je veux trouver l’équilibre.

Retrouver mon énergie et surtout mon dynamisme d’avant. Faire en sorte de me réapproprier mon corps afin de devenir celle que je veux vraiment être.

Pas celle qui compte ses calories, mais celle qui sait quand arrêter de piger dans les plats pour combler un besoin affectif.

Pas celle qui se défonce 4 ou 5 jours semaine en espérant porter une taille 6, mais celle qui bouge pour le bien-être que cela procure et être heureuse de porter du 7-8 et même du 9. Et qui comprends que les standards n’existent que dans sa tête.

Je veux seulement être à la hauteur de mes ambitions. Être bien dans mon corps, dans ma tête, dans mon cœur et dans ma vie en général.

Et profiter de cette chute pour recommencer à zéro.

Parce que je me dis que si je l’ai fait une fois, je peux très bien le refaire.

À suivre…

Photo de signature pour Jennifer Martin.

Mon bébé, les souvenirs commencent à s’estomper

Mon bébé, les souvenirs s'estompent

Devenir ta maman, c’est la plus belle chose que j’ai accomplie.

C’est vrai que c’est de l’amour inconditionnel.

Les sentiments qu’on ressent envers un être humain qui a besoin de nous, il n’y a rien qui se compare à ça.

J’essaie de créer des traditions, des moments privilégiés, je savoure l’instant présent en me disant que ça passe vite, on emmagasine les souvenirs, je remplie des albums photos, je pose un regard différent sur la vie, on fait le plein de câlins, je m’émerveille de tes progrès et de ta personnalité.

Je suis la plus chanceuse du monde d’avoir un enfant en santé, qui me rend fière tous les jours et me donne une raison d’exister.

Je tente d’apprécier au maximum le lien qui nous unit, mais je dois t’avouer quelque chose…

Mon bébé, les souvenirs commencent à s’estomper.

Heureusement, les meilleurs semblent gravés dans mon cœur et là pour y rester. Mais comment savoir s’ils y resteront pour le restant de ma vie?

Déjà, je ne me rappelle plus combien d’onces tu pouvais boire quand tu étais dans une poussée de croissance, de l’odeur de ta peau lors de ta naissance et de la plupart des jouets que tu possédais. Je ne me rappelle plus combien c’était minuscule un bébé de 4 livres et 15 onces, puisque tu es arrivé 6 semaines avant la date prévue.

J’ai bien un vague souvenir de ton pyjama qui embaumait un mélange de l’odeur de ta peau, de savon et d’eau de parfum pour bébé. Ce sera mon odeur préférée pour le reste de ma vie, même si je ne pourrai plus jamais la sentir.

Je me souviens de tes éclats de rire, de tes petits pieds qui s’agitaient dans ton pyjama, des milliers de bisous dont je pouvais recouvrir tes joues rondes à croquer. Pour moi, les 4 livres et 15 onces de chair de ta naissance se sont vites estompées pour faire place au souvenir d’un beau bébé potelé avec plein de plis dans les cuisses et les bras.  Mais ces souvenirs s’estompent pour faire place à d’autres plus récents, comme ton bal de finissants de 6ème année, ton entrée au secondaire ou encore la première fois que tu m’as répondu avec impolitesse.

Mon cerveau est composé de milliers de cases où j’entrepose les souvenirs et les moments magiques. Je tente de les classer précieusement dans ces petites cases, de manière à pouvoir les ressortir à tout moment. Mais c’est difficile de les faire toutes cohabiter, parce que plus le temps passe, moins j’ai de place pour toutes les garder intactes. Moins de temps aussi pour leur donner l’attention qu’elles méritent et faire en sorte qu’elles restent bien présentes dans mon esprit.

J’ai parfois oublié d’en profiter, la fatigue m’aveuglait, l’inquiétude serrait mon cœur quand tu étais malade, j’avais parfois l’impression que le temps m’échappait. C’est malheureusement trop tard qu’on le réalise. J’ai voulu être présente, mais je sais que j’aurais pu faire plus. J’aurais sûrement pu faire moins aussi, alors je me pardonne un peu quand même.

Mais j’oublie mon bébé, j’oublie des choses tous les jours.

Ce qu’on a fait pour ton 4ème anniversaire, le 6ème, le 7ème aussi… j’ai le souvenir de ta joie de recevoir des cadeaux et de manger du gâteau, entouré d’amis et de membres de nos familles, mais ne me demande pas exactement ce qu’on a fait, je ne m’en rappelle plus.

J’ai oublié certains temps des Fêtes aussi, même si je me rappelle que tu as cessé de croire au Père Noël à l’âge de 9 ans et le plaisir que j’ai eu à faire faire des mauvais coups à ton lutin. J’ai souvenir de certains cadeaux, mais pas tous. Je n’ai retenu que l’amour qui nous unit et nous rend toujours un peu émotifs à chaque 25 décembre.

Heureusement que ma mémoire ne fait pas défaut pour me rappeler nos voyages, nos moments importants, nos vacances, les grands bouleversements qu’on a pu vivre ou les émotions que j’ai pu ressentir avec toi à mes côtés.

J’aimerais dont ça que les petites cases dans ma tête restent bien alignées les unes à côté des autres et qu’elles ne se mélangent pas trop au fil du temps.

Une chose est certaine mon bébé, jamais je ne vais oublier combien je t’aime.

Photo de signature pour Jennifer Martin.

Face au miroir

Face au miroir

Au cours de notre vie, on rencontrera plein de gens qui changeront à leur manière notre parcours et l’image de nous-mêmes. Certaines de ces rencontres seront des histoires merveilleuses et dignes des contes de fées, mais d’autres, au contraire, nous donnerons l’impression de mourir à petit feu jusqu’à ne plus savoir qui fait face au miroir.

J’ai connu mon lot de relations compliquées, néfastes et même toxiques, au cours de ma vie. Dans chacun des scénarios, le même pattern : tout est beau, on se découvre, on s’apprécie et on devient même parfois inséparables.

De temps à autre, on entend une sonnette d’alarme quand un incident survient, une phrase lancée dans une conversation semblant inoffensive ou un geste incompréhensible, qui vient jeter une ombre noire sur cette belle histoire. Alors qu’on aurait dû voir les signes, on fait taire cette petite voix dans notre tête qui nous met en garde contre un danger imminent, même si on ne voit rien et qu’on ne comprend pas ce qui cloche.

Il y de nombreux types de personnes à éviter parce que celles-ci pourraient à la longue nous faire douter de nous-mêmes, nous gruger tranquillement jusqu’à complètement nous détruire si on ne met pas nos limites et que nous les laissons faire.

On peut penser d’abord à l’égocentrique. Il est tellement centré sur son propre nombril qu’il croit que tout ce qu’il fait est bien mieux que les autres. Cette personne sera ton amie pour une seule raison : parce que c’est un moyen de se valoriser et d’agrandir sa confiance en elle.

On devrait aussi toujours se tenir loin des gens hypocrites. Si cette personne passe son temps à dénigrer, juger et parler dans le dos des autres, je peux te garantir que tu feras toi aussi partie du lot, même si vous êtes amies. Elle va recevoir tes confidences et se délecter de les partager, elle aura aussi du plaisir à dénaturer tes propos et à te dévaloriser aux yeux des autres.

Avec la victime, tu vas essayer d’être compréhensive, d’être empathique, mais au bout de quelques mois, tu vas commencer à te tanner de l’entendre rejeter la faute sur le monde entier. Elle veut qu’on la plaigne et ne fera jamais quoi que ce soit pour se remettre en question. Dans cette relation, ce sera toujours de ta faute, jamais de la sienne.

Si les trois premières personnes peuvent être inoffensives pour qui sait se défendre, deux autres types de gens sont bien plus néfastes et peuvent faire des ravages dans notre estime personnelle : le manipulateur et le juge.

Le manipulateur abusera de toi sans vergogne, utilisera tes faiblesses et tes forces pour en tirer profit. Il te connaîtra mieux que toi-même pour toujours en arriver à ses fins. Il pourra faire ce qu’il veut de toi et avec le temps, peut-être que tu ne te reconnaîtras même plus et il te laissera seule devant les fragments brisés de toi.

Les relations avec le juge peuvent être également destructrices. Il sait toujours tout bien mieux que tout le monde. Il va juger tes défauts sans jamais souligner tes qualités. Il va émettre des jugements pour tout et pour rien, sans objectivité, jusqu’à réussir à faire naître le doute en toi.

On ne devrait jamais oublier que les relations, on a le droit de les choisir et d’y mettre fin quand on veut. Rien ne nous oblige à accepter des personnes dans notre vie qui nous nuisent ou qui nous font du mal par gentillesse ou par amour.

Les vraies relations sont bâties dans le respect, l’amour et la compréhension, sans jugement, sans condition, sans jalousie, sans arrière-pensée et sans rapport de force entre deux personnes. Que ce soit en amour ou en amitié, aucune relation ne mérite que l’on perdre notre dignité, notre respect envers nous-mêmes ou une partie de notre bonheur. Aucune personne ne devrait avoir à se sentir misérable, totalement détruite, mal à l’aise ou honteuse d’être qui elle est.

Face au miroir, on devrait être en accord avec ce que nous sommes et avec notre reflet, car la seule personne au monde avec qui nous devrions être en compétition, c’est celle que nous voulons devenir. Aucune autre ne devrait détenir ce pouvoir. L’image en face de nous et que nous voyons dans la glace, c’est celle qui sera là jusqu’à la toute fin de notre route et avec qui nous devons être en paix.

Sophia réviseure signature

L’anxiété, ce poison néfaste

L'anxiété, ce poison néfaste

Être sain d’esprit est une réelle chance, pour prendre le contrôle de notre corps et choisir les bonnes options pour nous. Mais lorsque l’anxiété s’en mêle, on perd parfois tous nos sens.

Parce qu’elle est invisible, mais si forte à la fois. Elle monopolise mon âme et réussit à me faire croire n’importe quoi. L’anxiété est aussi forte qu’une tornade et même si vous voulez la vaincre, vous finissez épuisé et perdu.

Bien qu’elle ne se vive pas de la même manière pour chacun d’entre nous, elle réussit à nous mettre dans le même état. Parfois elle vous donne des chaleurs, des tremblements, des frissons, elle rend les mains moites, elle donne des palpitations. Certaines personnes se rendent même à l’urgence en pensant qu’elles sont prises d’une crise cardiaque tellement c’est fort.

Tel un poison venimeux, elle s’infiltre dans vos veines et paralyse le cerveau en vous faisant à croire de ce qu’elle veut bien vous transmettre comme informations. La vaincre exige beaucoup de contrôle et demande beaucoup de stratégie.

Comme par exemple la méditation, téléphoner une personne calme et de confiance, marcher, parfois la médication est nécessaire, tout comme un diabétique qui a besoin d’insuline.

Se l’avouer et découvrir ce que l’anxiété produit chez une personne est une étape difficile. Les personnes de l’entourage doivent être compréhensives et réceptives aux besoins et ne doivent pas être dans le jugement.

L’anxiété est différente pour chacun d’entre nous, mais au même résultat final, soit un état de panique très intense. Il n’y a pas de raison particulière pour laquelle une crise se présente le bout du nez. C’est comme de la visite qui se pointe un dimanche après-midi : inattendue et pas nécessaire! Il n’y a pas de stéréotype particulier pour que l’anxiété colle à nous. Elle apparaît un jour comme par magie, mauvaise magie par contre.

Voici une ligne d’écoute qui se nomme Écoute Entraide. La ligne s’adresse aux personnes vivant toutes sortes de problématiques, entre autres :

La santé mentale

Dépression

Anxiété

Solitude et isolement

Séparation

Problèmes familiaux, etc.

La ligne d’écoute est accessible 7 jours par semaine, de 8 h à minuit.

Région de Montréal :

514 278-2130

Extérieur de Montréal sans frais :

1 844 294-2130

Pour vous, ou pour aider quelqu’un.  😉

Folie veronique logo auteur

Les autres l’auront toujours pire

Parler de soi

On l’entend souvent ça : ” Pense aux enfants en Afrique qui mangent pas. “, cette phrase conçue pour inciter les enfants d’ici à finir leur assiette, à ne pas gaspiller. Tout le monde devrait apprécier ce qu’il a à sa disposition, aux privilèges de sa vie, aux ressources disponibles. Mais ça m’a souvent fait penser au fait que, si je n’ai plus faim, ça donne quoi de me forcer? Je ne parle pas de jeter son assiette, mais de la mettre de côté le temps de retrouver l’appétit.

Connaissez-vous l’écriture automatique? Eh bien, c’est ce que je suis en train de faire en ce moment. L’époque de LiveJournal me manque parfois. Ces années pendant lesquelles j’écrivais mes pensées sur Internet, sans même savoir qui et si quelqu’un les lisait. Ce moment d’enfance où mes journaux intimes s’accumulaient et étaient gonflés par l’encre. Maintenant, on écrit pour les autres et moins pour soi. Je dis pas que tout le monde fait ça, mais on s’entend que c’est quand même rendu une denrée rare.

Pour revenir à mon sujet principal. Je sais que les autres l’ont pire que moi, je sais que je suis privilégiée sur plusieurs points. Reste que le mal des autres n’effacera jamais le tien. Tu peux te raisonner en te disant que Hey ça pourrait être pire! mais c’est pas toujours possible. On n’a pas constamment la force de raisonner logiquement quand on ne va pas bien.

Si quelqu’un va mal, on ne va pas commencer en lui disant “Ah, mais tu sais, Érica s’est cassé le bras l’autre jour, toi non. ” Premièrement, ça n’aide en rien. Deuxièmement, ça diminue tes problèmes, mais pas dans le bon sens. Bien sûr que je peux me dire que, ouf, une chance que j’ai un toit, de la nourriture et des ami.es, reste que le mal est là quand même. Je vais souvent passer par-dessus mes bobos en me disant que ça pourrait être pire, que je suis chanceuse d’avoir la vie que j’ai, mais ça fait en sorte que j’accumule et que ça finit par déborder. C’est pas sain. Faut en parler.

Et quand on a le goût de parler de soi, de trucs plus négatifs, je trouve important de vérifier que son interlocuteur ou interlocutrice a la force de t’entendre. Si cette personne ne va pas bien, c’est sûr que ça n’apportera rien de bon pour toi ou elle.

Alors j’attends. Parce que mes maux sont moins importants que ceux de mes ami.es.

Mon amie, si seulement je pouvais comprendre comment t’es

Mon amie, si je seulement je pouvais comprendre

Ma belle amie, si tu savais comme je rush parfois à tes côtés.

Je t’apprécie, ta présence est essentielle à mon bonheur, ta personnalité se rapproche de la mienne à plusieurs niveaux et j’ai envie qu’on soit amies pour la vie. Autant j’ai du fun avec toi, autant je trouve ça dur parfois de comprendre tes réactions et tes émotions.

Comprendre ce qui se passe dans ta tête, qui fonctionne si différemment de la mienne un peu trop souvent pour que je sache comment dealer avec. Comprendre comment je peux être une bonne amie et ne pas te blesser. Comprendre comment je peux accepter que tu ne réagiras pas comme moi je le ferais.

J’aimerais ça arrêter de m’en faire chaque fois que je dis quelque chose de peur que tu puisses mal l’interpréter. Au début de notre amitié, je disais les choses comme elles venaient sans me soucier de leur effet. Nous n’avions pas de passé ensemble alors je ne me préoccupais pas de ce que ça pouvait te faire; ça sortait et ça passait. Pas de gants blancs, pas l’impression de marcher sur des œufs, pas de contraintes à savoir si tu allais être fâchée ou déçue de moi.

À ce moment-là, tu n’avais pas encore traversé et vaincu les tempêtes qui sont passées dans ta vie. Je ne savais pas que ton diagnostic et toutes les étapes de ta guérison allaient être aussi chaotiques qu’enrichissantes pour notre amitié. Je ne savais pas que je réagirais aussi intensément à ton processus de bien-être et que je devrais moi aussi composer avec une partie de toi que je tente encore de comprendre aujourd’hui.

Parfois, je te sens extrêmement fragile et ça me rends ben tout croche. J’essaie de ne pas m’inquiéter parce que c’est ce que tu me dis de faire, mais c’est souvent plus fort que moi. J’aurais le goût de te serrer dans mes bras et/ou te brasser pour que tu te ressaisisses et cesses de mal feeler. Je crois toujours trop naïvement que ce serait suffisant. Mais je sais que la plupart du temps, soit que je suis loin, soit que tu préfères me dire que tout va se replacer (je te connais, tu préfères ne pas m’inquiéter et t’arranger toute seule). Pis je me rappelle que tu as les outils pour affronter ça comme une grande, et que ça finit toujours par aller mieux.  On passe alors à autre chose… jusqu’à la prochaine fois.

Je sais que moi aussi j’ai mes périodes sombres, que t’es là pour me prêter ton parapluie en cas d’orage au risque de te mouiller toi aussi. Que parfois, c’est moi qui suis lourde avec mon attitude négative et mes pensées noires. Heureusement qu’elles se produisent rarement en même temps que les tiennes parce que ça serait déprimant un peu notre affaire.

Mais je sais que certaines choses n’ont tout simplement pas d’explications concrètes, l’important c’est d’être capable de vivre avec les bons et moins bons côtés d’une personne, sachant combien ça vaut la peine de l’avoir dans sa vie pour 1001 autres raisons. C’est parce que je t’aime mon amie que je tente de t’accepter telle que tu es et d’arriver à faire la paix avec mon incompréhension face à tes réactions. Celles-ci sont propres à toi et c’est ben correct comme ça. Il ne faut juste pas que tu m’en veuilles de m’y perdre en conjectures parfois. Comme tu peux, à l’occasion, hurler en silence face à mes réactions de marde qui parfois, ne t’aident pas pantoute. Je sais que tu ne me le dis pas quand ça arrive, mais je sais que t’essaies aussi de m’accepter telle que je suis.

Pis c’est ça la beauté de notre amitié. On rage parfois chacune de notre bord, mais on se prête des parapluies, on marche en silence en attendant que ça passe, pis on sourit en se disant qu’on a survécu à une autre tempête.

Photo de signature pour Jennifer Martin.
Sophia réviseure signature

Les temps modernes (ou comment arriver à trouver l’équilibre en famille)

Les temps modernes

Loin de moi l’idée ici d’enlever quoi que ce soit aux gens sans enfant. Ce texte ne parle que de ma réalité, soit celle de maman de deux enfants, qui semble tout de même partager des points communs avec plusieurs parents.

Un soir, tranquille, une fois les enfants couchés, je regardais le bilan de ma journée. J’étais un peu abasourdie par l’ouragan qui venait de passer. Pas une tornade dehors, mais bien cette tempête qui rythme ma vie. Ma vie de famille.

La course, toujours cette course effrénée. Les matins pressés où on doit pousser les enfants à arriver à l’heure à l’école : «Allez! Mange! Habille-toi! On s’en va dehors, mets ton habit de neige! Vite! Vite! Dépêche-toi!» Et ce, malgré un réveil plus tôt, afin d’être capable de se préparer dans les temps. Tout en préparant les collations et repas, qui doivent être nutritifs, mais aussi aimés des enfants, acceptés par l’école, diversifiés, sans trop d’emballage (ou aucun, c’est encore mieux). – D’ailleurs, je cherche toujours LA recette de barre granola maison que mes enfants mangeraient sans rechigner.

À la fin de la journée, aller chercher les enfants à l’école, revenir à la maison, préparer le souper, manger le repas, accompagner la marmaille dans les devoirs, donner le bain, choisir les vêtements du lendemain et tout le reste de la routine pré-dodo. Avec un peu de chance, on aura eu le temps de s’amuser un peu ensemble.

Et le tout qui recommence cinq fois par semaine. En essayant de rester zen, mais ferme quand-même, question de s’assurer que tout se passe comme il faut, encore une fois, dans les temps.

Tout ça en restant créatifs pour renouveler le choix des repas, organisés pour savoir quoi préparer tous les soirs, en étant présents avec chaque enfant, question de garder ce lien solide qui nous unit. Passer du temps de qualité ensemble. Mon conjoint, les enfants et moi.

Ensuite, avoir deux journées seulement pour se reposer, prendre soin de soi, faire des activités en famille, faire du ménage (sans oublier les éternelles brassées de linge), préparer les repas de la semaine, faire l’épicerie, avoir du temps seule, en couple, avec les enfants, essayer de voir des ami.es, la famille élargie, pratiquer des hobbies. Et ça, c’est quand tout le monde est en forme et que ça roule!

C’est quand même un peu étrange comme cirque. Cette roue qui tourne et qui recommence sans cesse. À espérer enfin avoir un peu de temps pour prendre des vacances. Mais juste deux semaines par année, puisque tu viens d’arriver dans ton nouveau boulot…

Ça sonne un peu défaitiste tout ça. C’est parce que je suis en (ré)adaptation à ce mode de vie. Dans les dernières années, grâce à un emploi qui offrait énormément de flexibilité au niveau des horaires de travail, ainsi qu’un moins grand nombre d’heures travaillées par semaine, mon conjoint et moi pouvions nous assurer une très grande présence à la maison pour les enfants. Ça comportait de nombreux avantages : faire l’épicerie en pleine semaine alors que c’est vide, créer des recettes au jour le jour, accompagner les classes lors des sorties et plus de temps, point.

De nouvelles circonstances ont fait en sorte que je me suis trouvé un nouveau boulot, avec un horaire non-flexible, à temps plein. Je me retrouve donc dans ce modèle que j’avais fui il y a quelques années. Mais ça ne fera qu’un temps. Je n’arriverai pas à tenir cette cadence. Pas que je ne suis pas capable, mais surtout parce que je ne le veux pas. Je ne suis pas bien là-dedans. Je trouve impensable que notre société puisse penser que soit capables de vivre ce rythme-là longtemps, sans en vivre les conséquences. Le corps se fatigue, on devient anxieux, dépressifs. On se détache de l’essentiel, des petites choses, de la beauté, de notre essence. Je n’ai pas fait des enfants pour ne pas les voir ou encore pour les pousser à toujours se presser.

Je souhaite que ma famille et moi arrivions à prendre le temps. Prendre le temps de regarder le vent qui fait bouger les arbres, collectionner les cailloux, suivre les traces des animaux dans la neige, partir marcher en forêt, faire des recettes de gâteaux aux bananes et chocolat, s’écraser en pyjama devant un film, jouer à Uno pendant des heures, courir partout dans la maison pour partir une attaque de chatouilles… On a qu’une vie. Il ne faut pas la gaspiller à courir après le temps. Je nous souhaite de la douceur, de beaux moments, de la complicité, des fous rires, le temps de vous regarder grandir.

Et je vous en souhaite tout autant, si c’est ce dont vous rêvez aussi.

Catherine Duguay

Les chroniques d’une hyperactive au repos forcé : retrouver la liberté une étape à la fois

Retrouver la liberté

Pour lire les précédentes chroniques, c’est ICI.

Après un accident où le corps est soumis à plusieurs épreuves qui le ralentissent, chaque petite victoire est significative.

Lors de la chute qui m’a brisé la cheville, mon corps au complet a subi des dommages parce qu’il a dû compenser pour ma jambe qui était soudainement devenue inutilisable.

Au début, juste arriver à prendre ma douche était un défi particulièrement difficile à relever. J’avais besoin d’aide en tout temps pour ne pas tomber, et je ne devais laver ma jambe droite qu’avec une débarbouillette pour ne pas mouiller mon plâtre. Quel bonheur lorsque j’ai pu enlever celui-ci et tremper dans un bon bain chaud !

Lorsque j’ai commencé la physiothérapie, j’étais plus qu’impatiente et motivée à célébrer les prochaines victoires. Ce fut donc un grand moment de bonheur lorsque j’ai enfin pu dire adieu à mes béquilles et ma botte orthopédique pour recommencer à marcher.

Les pieds un peu croches, le poids réparti majoritairement sur le talon, la jambe raide comme une barre et la démarche digne d’une dame de 97 ans.

MAIS JE POUVAIS MARCHER !

C’est tout ce qui comptait pour moi à ce moment-là.

Plus besoin de calculer mes déplacements pour éviter de me fatiguer inutilement, plus besoin de m’empêtrer dans mes béquilles ni de peser sur les boutons réservés aux personnes présentant un handicap pour ouvrir les portes. J’avançais à pas de tortue, mais j’avançais toute seule. On sous-estime tellement ce que ça représente d’avoir un corps en santé et fonctionnel.

Je retrouvais ma liberté après des jours interminables à être à la merci des autres.

J’ai pu retrouver le plaisir de conduire ma voiture le lendemain de mes premiers pas sans aide. J’avais le droit de faire de petites distances, tant que je restais prudente.  

Me retrouver à nouveau derrière le volant avec de la musique et le sourire pour aller à mon rendez-vous de physiothérapie le jour suivant fut tout simplement magique. C’est à peine à 7 minutes de la maison, mais le trajet a duré plus longtemps parce que je savourais le moment.

Lorsque j’ai fait ma première sortie « officielle » quelques jours plus tard, tu n’as jamais vu une fille aussi heureuse d’aller faire son épicerie toute seule. Ça m’a pris le double du temps habituel, j’attirais les regards parce que ma façon de marcher semblait bizarre, mais je m’en foutais.

J’étais libre.

Ok, j’exagère peut-être un peu. Je n’étais pas en prison depuis 2 mois ni dans le coma.

Mais j’appréciais ce que j’avais et mon regard brillait à l’idée de reprendre une vie normale. Habituellement, je déteste faire l’épicerie, mais ce jour-là, ça m’a semblé une activité des plus agréable et surtout, j’étais fière de mes progrès.

Ma convalescence est loin d’être terminée.

J’ai mis deux jours à me remettre de mes exercices et de mes sorties. Ma cheville devenait enflée le soir et le sac magique était mon meilleur ami. Par contre, j’étais loin d’éprouver la même douleur que les semaines précédentes.

Le vrai test sera de reprendre le travail et ma routine quotidienne complète.

Je sais cependant que je suis sur le bon chemin et que chaque victoire mérite d’être soulignée.

Dans un avenir rapproché, je pourrai enfin clore ce chapitre de ma vie.

À suivre…

Photo de signature pour Jennifer Martin.

Les chroniques d’une hyperactive au repos forcé : la routine s’installe toujours malgré tout

Les chroniques d'une hyperactive : la routine

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Quand je pense que depuis maintenant deux mois, mon quotidien s’est trouvé chamboulé et complètement désorganisé par ma fracture, je n’en reviens pas de constater tout ce qui s’est passé pendant cette période.

J’ai peut-être eu l’impression que les jours étaient interminables, mais je suis forcée de constater qu’une insidieuse routine s’est aussi installée malgré tout.

La fameuse routine…

Parfois si réconfortante, mais aussi capable de nous faire douter de nos choix, de notre quotidien et de notre avenir. C’est une arme à double tranchant redoutable, qui fait peur par sa rapidité à s’installer sans même qu’on s’en rende compte. Dire qu’il nous arrive de la créer nous-même en pensant que c’est ce dont nous avons besoin.

Mais Paulo Coelho avait bien raison : « Si vous croyez que l’aventure est dangereuse, essayez la routine. Elle est mortelle. »

Les chroniques d'une hyperactive : la routine

C’est donc après quelques semaines à la maison que j’ai réalisé que j’en avais aussi instauré une malgré moi, une routine dans mon nouveau quotidien d’hyperactive au repos forcé.

Je me lève tous les matins avec mon fils et mon conjoint qui partent respectivement pour l’école et le travail. Si, pendant quelques jours, j’en ai profité pour retourner au lit après leur départ afin de rattraper les heures de sommeil perdues à cause de la douleur, maintenant j’en profite pour simplement flâner au lit en regardant le soleil se lever.

Loin de moi l’idée de me plaindre de ne pas être à la course chaque matin. Je dois avouer que c’est vraiment un petit bonheur que j’ai appris à apprécier que de m’enrouler dans les couvertures pour regarder la télé ou mon téléphone de longues minutes et me réveiller en douceur.

Toute cette saga de cheville brisée n’aura pas eu que des mauvais côtés.

Je prends un déjeuner léger, moi qui en prends plutôt des copieux lorsque je travaille et que je dois faire le plein d’énergie pour la journée. Depuis deux mois, je me contente d’un smoothie et de fruits accompagnés de granolas. Je prépare le tout en écoutant de la musique, chose que je ne fais jamais habituellement alors qu’en fait j’adore en écouter depuis toujours.

J’ai reconnecté avec mes artistes préférés en plus d’en découvrir d’autres, c’est bien aussi je trouve.

Par la suite, je me plonge dans l’écriture ou dans Netflix pour regarder Gossip Girl, que je découvre 10 ans plus tard que tout le monde. Je profite de deux ou trois épisodes pour faire mes exercices de physiothérapie. Je me fais un dîner léger et je remarque que la journée s’écoule de plus en plus vite lorsque mon fils revient à la maison vers 15h.

Je me lance dans la préparation du souper avec un peu plus d’enthousiasme que lorsque je travaille. Je n’aime pas nécessairement plus cuisiner, mais de ne pas me sentir bousculée par le temps aide beaucoup à y trouver un certain intérêt. Je n’arrive pas comme un cheveu sur la soupe à la maison à 16h45 pour retrouver la vaisselle du matin dans le lavabo et une maison dans le même état que je l’ai quitté. Je n’arrive pas à bout de souffle d’avoir travaillé toute la journée et le cerveau trop en compote pour avoir des idées de soupers équilibrés qui se font en moins de 15 minutes. J’ai le temps de penser à dégeler quelque chose en me levant le matin et de surfer sur le Net pour trouver des recettes. Je trouve même parfois la motivation de tenter quelque chose de nouveau, ce que je réserve plutôt aux repas de fin de semaine habituellement.

Je me couche le soir, sensiblement à la même heure que lorsque je travaille. Mon sommeil est revenu au beau fixe, la douleur ne venant plus troubler mes rêves. Je dors 8 heures consécutives, le cerveau beaucoup moins dérangé par le hamster qui s’agite dans mon esprit et qui normalement m’empêche de dormir paisiblement.

En me lisant tu dois trouver qu’il y a finalement pas mal de points positifs à être en convalescence à la maison. Oui mais…

Ça devient routinier quand même. Et redondant.

C’est quand même approximativement la même chose jour après jour. Sauf peut-être les fins de semaine, mais même encore, mon fils et mon chum eux la fin de semaine veulent se reposer. Alors que moi j’aimerais bien profiter de leur présence à la maison pour sortir et faire des trucs avec leur aide.

C’est ce que ça fait la routine. On se crée des repaires dans le temps, pour avoir une impression de contrôle.

Parce que c’est tellement facile de se glisser les pieds dans des pantoufles et de s’arranger pour qu’elles deviennent vites confortables.

Et de ne plus avoir envie de les quitter.

À suivre…

Photo de signature pour Jennifer Martin.
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