L’entêtement qui a un prix

Fred parle de l'entêtement

Je me retrouve devant ta porte, à me demander si ça vaut la peine de cogner dans l’espoir que tu me répondes. Je ne sais pas si c’est la bonne chose à faire, parce que pas plus tard qu’hier, tu m’annonçais que tout était fini entre nous.

Je n’avais même pas eu le temps de te prendre dans mes bras une dernière fois avant de partir. Ta décision était prise depuis longtemps, alors que moi je me retrouvais devant le fait accompli. Je t’avoue que j’ai trouvé ça difficile. Tes mots m’avaient coupé le souffle et encore aujourd’hui, j’essaie de me sortir la tête de l’eau avant de m’étouffer pour de bon…

Je me rappelle qu’à notre première rencontre, tu m’avais prévenu que tu n’étais pas facile à vivre. Que tu aurais de la difficulté à t’adapter si nous décidions d’être ensemble, au point de me demander pardon avant même qu’on se soit échangé un premier baiser. Il y avait dans tes yeux la crainte de faire place à quelqu’un d’autre dans ta vie. Et moi, j’avais juste envie de te rassurer. Que tout irait bien si tu te donnais la chance de me laisser une petite place auprès de ton coeur.

Lorsque nos regards s’étaient croisés pour la première fois, j’avais ressenti la même chose que toi. De la gêne, de l’inquiétude et de l’inconfort. Mais on a réussi à tout laisser derrière nous. À apprendre à aimer l’autre, à ne pas s’oublier même en couple, à connaître une belle vie amoureuse comme on le souhaitait tant. Je pensais que tes craintes s’étaient envolées. Je croyais que j’avais eu assez d’arguments pour te convaincre que finalement, tu avais pris la meilleure décision en me laissant entrer dans ta vie.

Je n’ai pas vu ton refoulement émotionnel. Je n’ai pas vu l’inconfort qui te rongeait peu à peu chaque jour que notre vie se soudait de plus en plus. Je n’ai pas vu qu’à l’intérieur de toi, il y avait un poignard qui t’ouvrait le coeur chaque fois que tu m’entendais te dire «je t’aime». Je n’ai pas vu l’appel à l’aide qui se cachait dans tes yeux chaque fois que mon regard cherchait à croiser le tient. Pourtant, tu étais tout sourire. Tu me semblais heureuse et épanouie, au point de me demander si je t’avais enfin libéré des monstres qui te rongeaient de l’intérieur. Ces monstres qui s’acharnaient sur ton estime de soi, ta confiance et l’image de la femme que tu idéalisais d’être.

Aujourd’hui, je sais que ta porte ne s’ouvrira jamais plus pour moi. C’est pour cette raison que je dépose devant elle tous les souvenirs que nous avons vécus ensemble et que tu voulais tant que je garde jusqu’à une prochaine fois, comme si tu voulais amoindrir un malaise en finissant cette histoire de cette façon et que tu n’avais pas envie de me faire de la peine.

Oui, après toutes ces années je te pardonne.

Car c’est ma naïveté qui m’aura finalement mené jusqu’ici.

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Je suis un homme, mais humain avant tout

Fred parle de sa réalité de papa monoparental

On parle souvent des mères qui se séparent et qui doivent assumer l’éducation de leurs jeunes enfants, mais on parle peu des pères qui doivent composer avec l’absence dans la vie de leurs plus grandes fiertés.

Ma pire journée de ma vie fut lorsque je foulai la porte de ma maison, alors que tout le monde venait de partir. Je n’étais pas là lors de leur déménagement. Je travaillais. Je tenais à travailler, parce que j’aurais pleuré sans arrêt, le coeur déchiqueté au vif de voir mes petits cocos partir sans que je puisse faire quoi que ce soit. J’avais fait les démarches à la cour pour garder mes enfants. Après tout, la mère déménageait à 75 km de la maison. Mais il aurait fallu que je dépense plus d’une dizaine de milliers de dollars pour me faire entendre sans garantie de jugement en ma faveur. Je ne pouvais pas. Je ne pouvais tout simplement pas…

Alors, j’avais choisi mon combat. J’aimais mieux que mes enfants reçoivent cet argent avec une pension salée au lieu d’engraisser le milieu judiciaire déjà bien nanti dans les causes d’enjeux familiaux. Car après tout, le bien-être de mes enfants était ma priorité, pas celui des avocats.

Par la suite, c’était la routine post-judiciaire qui entrait en jeu. J’avais mes enfants deux fins de semaines sur trois et je devais composer avec les “au revoir” qui chaviraient mon coeur chaque fois que je prenais mes enfants dans mes bras avant de les voir partir dans l’autre auto. Je m’arrangeais toujours pour être le dernier à partir de notre point de rencontre, parce que j’avais les yeux tellement vitreux qu’il m’était incapable de voir clairement devant moi. J’avais le coeur dans la gorge. J’avais envie de maudire la vie de m’arracher mes enfants chaque fois que le changement de garde arrivait.

Puis, un jour, ma fille avait le blues avant même de quitter la maison. Elle me faisait des gros câlins et ne voulait plus se détacher de moi. Pour la première fois, elle me dit papa, je ne veux pas partir…Pis moi j’étais là, à lui rendre ses câlins mille fois plus fort et en me disant que l’impuissance était la pire sensation qui existait.

Tout au long du chemin, je la voyais sur la banquette arrière, le regard perdu par la fenêtre, tout comme son frère qui n’aimait pas plus la situation. J’avais avec moi mes deux plus belles richesses et je devais m’en séparer, tantôt pour une semaine, tantôt pour deux.

Chaque fois que mes enfants me quittaient, une partie de ma vie partait avec eux et ne revenait plus. Je devais me dire à répétition qu’ils devaient faire une grande partie de leur vie sans moi, en espérant qu’ils soient en mesure de bien réussir leur jeune vie. Je devais aussi composer avec le fait qu’un autre homme les voyaient plus souvent que moi…

Un jour, alors que je m’excusais de ne pas pouvoir être plus présents avec eux, mon fils a eu la brillance de me dire la plus belle phrase que j’avais besoin d’entendre: tu sais papa, le plus important n’est pas que tu sois toujours avec nous, mais que tu nous aimes malgré tout. Juste à y penser encore, ça me donne la chair de poule. Ces mots m’avaient enlevé une tonne de pression et de culpabilité sur mes épaules. Je comprenais qu’ils avaient tout simplement besoin d’être aimés par leur papa et que le reste était tout simplement secondaire.

Aujourd’hui, je ne m’en fais plus. Ils savent que je suis là pour eux et que je ne les oublierai jamais. Heureusement, le web facilite la communication avec mes enfants, mais rien n’égale le plaisir de les sentir tout près de moi, à les câliner et les embrasser comme un papa sait si bien le faire quand ça compte.

 

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Le paradigme sentimental

Fred parle de paradigme sentimental

Je me suis souvent laissé prendre à idéaliser ma vie, en projetant une image de moi dans un futur pas si lointain. Juste assez pour me dire que lorsque j’y arriverai, c’est à ça que j’aimerais ressembler ou être. Puis, je souris. Je ferme les yeux et laisse mon imagination tapisser mes pensées.

En amour, je fais le même genre dexercice. Je me vois avec une partenaire. Je colore la relation de manière à ce quelle sagence parfaitement avec mon mode de vie, mes traits de caractères et mes ambitions. Cest comme si, ne serait-ce quun instant, je donnais le plein pouvoir à la pensée magique. Parfois ça fonctionne. Parfois ça détonne.

Je sais que pour plusieurs dentre vous, lamour a su jouer de vilains tours. Au point où lhistoire de votre vie sentimentale daujourdhui ne ressemble en rien à ce que vous aviez projeté par le passé, vous donnant la vive impression davoir manqué le bateau.

Et pourtant

Ces faux échecs sont en quelque sorte de belles leçons de vie. Elles prouvent que les deux choses importantes sur lesquelles vous devez mettre lemphase sont votre intégrité et votre bonheur. Cependant, pour être en mesure de sadapter aux changements que comportent une vie amoureuse, il faut être capable de changer son propre paradigme sentimental.

Par définition, le mot paradigme signifie une forme de rail de la pensée dont les lois ne doivent pas être confondues avec celles dun autre paradigme et qui, le cas échéant, peuvent aussi faire obstacle à lintroduction de nouvelles solutions mieux adaptées. On pourrait dire aussi qu’il est employé pour décrire l’ensemble des expériences, des croyances et des valeurs qui conditionnent la façon dont un individu perçoit la réalité et réagit face à ce qu’il perçoit. En dautres mots, un paradigme est une ligne de pensée unique qui peut porter ombrage à l’évolution si celle-ci ne sadapte pas au changement. En amour, on pourrait interpréter un paradigme comme étant en quelque sorte une ligne de pensée basée sur les relations vécues par le passé. Pour moi, cest terminé avec les hommes ou les femmes parce que Suite à plusieurs échecs, un homme ou une femme qui entre dans ma vie doit maintenant accepter ceci ou cela, etc.

Entendre ces phrases dans la bouche de quelquun minterroge sur la façon dont un célibataire daujourdhui sy prend pour souhaiter vivre une nouvelle relation. Partant du fait que chaque expérience amoureuse est unique, je crois quil faut faire attention pour ne pas tomber dans le piège du AhLes hommes ou les femmes sont tous et toutes pareil.les! Se donner la chance de revivre quelque chose de bon et fort avec quelquun nest quune question de volonté et douverture.  À chacun de choisir lavenue qui mènera au bonheur sentimental tant espéré tout en s’engageant de façon responsable avec une personne qui voudra, elle aussi, plonger dans la grande aventure.

Nous sommes tous différents. Une relation ne peut donc pas se répéter de façon identique. Être capable de changer son paradigme veut aussi dire faire preuve d’adaptation face à l’adversité. Ça veut dire être capable de s’ajuster selon le caractère, l’expérience et le comportement de tout partenaire que nous laissons entrer dans notre vie et d’en tirer les meilleurs avantages.

Si vous n’adaptez pas votre paradigme à chacune de vos relations, ne soyez pas surpris des piètres résultats qui en découleront.

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La pomme

Fred compare les relations avec les pommes

Il est surprenant de constater à quelle point une simple phrase introduite dans une conversation peut enclencher une réflexion soudaine et intéressante. Il y a quelques années, une amie m’avait suggéré de regarder le profil Facebook d’une de ses connaissances, pensant qu’elle pouvait (peut-être) être un bon parti pour moi. Après consultation, elle m’avait demandé ce que je j’en pensais. Je lui avais répondu simplement qu’elle ne correspondait pas à ce qui pouvait m’intéresser.

Aussitôt, mon amie me dit Comment peux-tu te faire à l’idée aussi rapidement, en ne te fiant qu’à une simple photo? Elle avait bien raison. Pourquoi porte-t-on si rapidement un jugement sans même tenter sa chance d’aller un peu plus loin dans le processus? C’est alors que je sortis une réplique à laquelle je ne m’attendais pas: Lorsque tu veux acheter une pomme au supermarché, choisis-tu la première qui tombe sous tes yeux? Je savais qu’à ce moment précis, j’avais touché un point qui méritait toute mon attention, parce que j’avais l’impression que ma réplique méritait une réflexion beaucoup plus approfondie.

Il est vrai que lorsqu’on se retrouve dans un supermarché, on ne choisit pas nécessairement la première pomme que l’on voit. On tend à choisir la plus belle parmi le lot au lieu d’en prendre une endommagée, on achète une viande qui nous semble plus tendre et fraîche qu’une autre, etc. Autrement dit, on fait une sélection naturelle entre ce qui nous plaît et ce qui nous plaît moins. Alors cette constatation m’apporte à me poser cette autre question: Si nous exerçons une sélection naturelle pour tout, pourquoi dénonce-t-on ce même type de comportement lorsque vient le temps de choisir notre futur partenaire? Pourquoi devrions-nous s’interdire d’agir de la sorte alors qu’en réalité, partager sa vie avec une autre personne est loin d’être banal et mérite une sélection plus pointilleuse et consciencieuse? Mieux encore, pourquoi dénonçons chez les autres ce que nous appliquons dans notre propre vie?

Bon, ok. Vous vous dites peut-être qu’aucune similitude doit être faite entre choisir un partenaire et une pomme. Je vous l’accorde. Mais si on prend quelques secondes pour se choisir une belle pomme fraîche et juteuse que l’on consommera en seulement quelques minutes, ne serait-il pas logique de consacrer plus sérieusement notre temps à choisir une personne que l’on voudra laisser entrer dans notre intimité pour le plus longtemps possible? On jase là…

Je suis le premier à l’admettre, je le fais moi aussi quand je suis célibataire. Je trie, je rejette, j’ignore ou j’idolâtre comme bon me semble et ce, presque instinctivement. Devrions-nous nous sentir coupable en agissant ainsi? Je ne crois pas. Est-ce navrant de voir à quel point ce comportement humain connaît une croissance exponentielle depuis l’arrivée du web? Certainement. On doit se rendre à l’évidence que le phénomène du Tindering est là pour rester, alors aussi bien ajuster notre liste d’épicerie en conséquence.

Tiens, une pomme. Seriez-vous intéressés à la prendre? Moi, je passe mon tour. Je choisirai plutôt celle qui me fait de l’oeil.

 

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