Les concerts de musique : euphorie et quiétude

Jessi parle de concerts

J’avais environ 14 ans quand, ce qui allait devenir une tradition et une habitude, a commencé de façon plus sérieuse : je suis allée voir mon premier concert entre amies.

Il n’était plus question de Caillou ou encore d’Hilary Duff avec la famille; c’était un vrai concert en salle avec des amies! Je me souviens encore du petit stress que je vivais avant d’annoncer à mes parents que je voulais aller voir un (autre) concert avec des amies.

Bien vite, ça en valait la peine pour le plaisir que je vivais, une fois rendue.

Tout ça, c’est sans parler de tout l’argent investi (parce que, rendu là, on pouvait clairement parler d’investissement) pour ces soirées! Qu’il soit question du prix du billet en soi, de l’argent mis pour le CD et le t-shirt, ou simplement ce que ça coûtait de manger avant ou sur place. C’était quand-même considérable, surtout pour mon budget de fille du secondaire.

Malgré tout cela, j’achetais et achetais encore des billets, parce que je passais de si belles soirées!

Assister à un concert, pour moi, c’est une petite pause de mon quotidien, c’est festif, c’est se rassembler.

Aller à un concert, c’est l’ambiance et les sentiments de bien-être que ça me procure! C’est une petite bulle où on hurle (et ce, même si on chante mal) notre joie, notre tristesse et parfois même notre colère.

C’est parfois un gros fuck you à la société pis à ce qui nous fait chier. C’est que, même si les chansons sont tristes (et je parle ici de plusieurs artistes au son acoustique que j’adore et dont les chansons sont tristes et nostalgiques), elles me font sourire et chanter à tue-tête.

Aller à un concert de musique, pour moi, c’est parfois connaître les paroles de quasi toutes les chansons, c’est espérer que telle ou telle chanson fasse partie de la setlist. C’est les fois où je dis OMG, cest ma préférée, parfois à plusieurs reprises dans une même soirée.

Aller à un concert, c’est tantôt le Théatre Corona, le Club Soda, la Sala Rossa, ou très souvent, le Métropolis (désormais nommé le MTelus). Ce sont des salles à admission générale, où je veux généralement être au parterre, même si ça veut dire que je serai serrée et coincée parmi d’autres fans. Même si ça veut dire que j’aurai mal aux jambes à la fin de la soirée et que je devrai peut-être attendre dehors avant que les portes n’ouvrent (oui, j’ai parfois attendu des heures et des heures, puisque c’était admission générale et que je voulais (devais) être positionnée assez proche). Cependant, c’était parfois aller au Centre ou à la Place Bell et donc avoir une place assignée, souvent payée bien plus chère, afin d’être relativement bien positionnée. Honnêtement, j’aimais moins ça. Être debout, dans la foule, tout en ayant le choix de me retirer et de m’asseoir plus loin, c’est ce que je préfère. C’est cette ambiance, ce sentiment d’être tous ensemble, que j’aime tant.

Un concert de musique, c’est aussi découvrir de nouveaux artistes en première partie. C’est cette petite fébrilité lorsque les lumières se ferment et que les premières notes sont jouées. Ce sont toutes ces personnes qui encouragent cet artiste, souvent moins connu à prime abord. C’est l’excitation et la hâte de tous, qui attendent la tête d’affiche.

Mais cela peut aussi être une soirée plutôt relaxe, où je m’assoie en arrière et je découvre. J’aime aussi acheter des billets de concert pour des artistes dont je ne connais que quelques chansons. Ça me permet de décrocher et de passer un beau moment, tout simplement.

Je finirais en vous disant que cette passion pour la musique live a grandi au fil des festivals auxquels j’assistais. Ahh, mon amour pour ces festivités! C’est un mélange de découvertes, de rencontres et juste du gros fun.

Bref, les spectacles de musique représentent, pour moi, cet espace, qui me permet de chanter, de crier ou encore d’apprécier dans un grand silence.

Crédit photo couverture : Sarah Savoie

auteure jessi carenzi

Consensus : la nécessité de célébrer les personnes survivant.es

Le 7 mars dernier, au Club Soda, j’ai eu la chance d’assister au spectacle Consensus, spectacle-bénéfice en appui aux organisations qui luttent contre les violences sexuelles et qui célèbre les personnes survivant.es. C’est dans le cadre de la journée internationale des droits des femmes, le 8 mars, que Léa Clermont-Dion, le mouvement social Québec contre les violences sexuelles et la plateforme Je suis indestructible  ont organisé cette soirée.

C’est un spectacle qui s’inscrit dans un contexte où on a vu des femmes dénoncer leurs agresseurs, parler ouvertement de ce qu’elles avaient vécu. Dans un contexte social qui a vu naître le mouvement #etmaintenant, initié par Léa Clermont-Dion et Aurélie Lanctôt. Ce mouvement social se veut une suite aux mouvements précédents que la société a vu apparaître. Ces #metoo, #moiaussi et #balancetonporc qui ont abondé sur le web, dans nos télés, dans nos journaux. Ces hashtags qui se sont imposés dans nos discussions, à la maison, au travail, à l’école.

#Etmaintenant c’est pour « […] que les politiques publiques, la culture des entreprises et des institutions, les contenus médiatiques – et oui, les relations amoureuses et sexuelles – évoluent dans le sens d’une véritable égalité entre les genres. » 

Ainsi, le spectacle Consensus, c’était une soirée pour se réunir, pour s’unir. Pour célébrer, pour revendiquer. C’était un spectacle rempli de beau, rempli de force. C’était rassembleur.

Voir ces personnes, sur scène, parler de leurs expériences, nous témoigner leur vécu, leur souffrance et leur résilience, c’était marquant, c’était frappant.

Faire partie de ce tout, de cette foule, de cet ensemble, qui était là pour célébrer, c’était sincèrement si fort.  

Une foule témoin de cette force.

Selon moi, tout ce mouvement, toute cette soirée, c’était mettre de l’avant cette problématique. Mettre de l’avant cette culture du viol qu’on veut tant détruire.

Ce spectacle, c’était des artistes québécois connus, tels que Karim Ouellet, Safia Nolin et La Bronze, qui s’alliaient à la cause. C’était aussi des découvertes pour moi. L’animatrice, Ines Talbi, m’a sincèrement touchée et fait rire. Elle a été, pour moi, une touche nécessaire qui a rendu cette soirée chaleureuse.

Une autre moment fort, une nouvelle découverte pour moi : Natasha Kanapé Fontaine dont les mots récités sont venus me chercher. Je vais assurément lire l’oeuvre de cette poète-interprète aux innombrables talents.

Catherine Éthier, ses mots et sa façon de les faire vivre. Sa façon de s’exprimer. Sa présence était une surprise pour moi et j’étais si contente de pouvoir enfin l’entendre sur une scène.  

Consensus, c’était une soirée où les mots avaient leur place, où ils étaient mis de l’avant. Ces mots qui, pesés, avaient tant de sens, résonnaient en moi.

Durant ce spectacle, j’y ai senti un souci d’inclusivité. Souci et désir d’inclure les minorités sexuelles, souci d’avoir cette lecture plus intersectionnelle, plus inclusive. Des artistes issues des communautés autochtones étaient là, parlaient de leur réalité. Les profits amassés par ce spectacle étaient versés à trois organismes, dont le foyer pour femmes autochtones de Montréal.

Finalement, cette soirée m’a fait réaliser que je veux continuer de découvrir, continuer d’en apprendre plus. Cette soirée était tant remplie de nouveaux visages, de nouveaux noms, de personnes fortes. Je veux continuer sur cette lignée, je veux googler ces noms, voir et lire leur art. Cette soirée m’a fait comprendre à quel point je trouve important d’avoir des safe spaces, des lieux de rencontre.

#etmaintenant, j’arbore mon petit cœur jaune très fièrement. #etmaintenant, il faut initier cette discussion, cet échange. #etmaintenant, je veux, à mon échelle, dans mon petit quotidien, amorcer ces changements.

consensus

Crédit photo: etmaintenant.net

Pour en apprendre davantage sur la campagne de Consensus ou encore pour s’impliquer, c’est ICI.

Pour lire et signer la déclaration Et maintenant, c’est ICI.

auteure jessi carenziariane reviseure

 

 

 

 

 

 

 

Crédit photo couverture : clubsoda.ca

La série Féminin/Féminin : femmes et diversité montréalaises

En ce moment, en plein mois de février, on voit toutes ces images et publicités pour la Saint-Valentin qui mettent de l’avant les couples hétérosexuels, et bien souvent, dans une vision assez occidentale, et ce, sans grande diversité, qu’elle soit corporelle ou ethnique. Évidemment, la diversité sexuelle et de genre est très peu présente dans les médias pour la Saint-Valentin ! Messieurs, trouvez tout ce que chérie veut pour la Saint-Valentin ! 10 idées-cadeaux pour votre valentin !

Ainsi, c’est dans ce contexte où l’hétérosexualité est encore perçue comme la norme, où c’est ce qui est poussé et représenté dans les médias, que des émissions, des films et des livres qui mettent de l’avant des personnages forts, puissants et qui sortent de ces modèles m’interpellent particulièrement !

Je veux donc aujourd’hui vous présenter une minisérie Web qui répond à cela : Féminin/Féminin, une série qui porte sur un groupe de femmes, une série ancrée dans la réalité montréalaise où on peut reconnaître certains lieux, où on peut se retrouver. L’idée est venue de Chloé Robichaud, qui a d’ailleurs scénarisé et réalisé l’émission, et de Florence Gagnon. La série met en scène des actrices québécoises bien connues telles que Noémie Yelle, Sarah-Jeanne Labrosse et Macha Limonchik, pour ne nommer qu’elles. Petite parenthèse : j’ai été d’ailleurs très heureuse de revoir, dans cette série, plusieurs actrices qui avaient joué dans Ramdam ! Durant les huit épisodes de la première saison, un portrait de ce groupe de femmes et des couples qu’on y voit à l’intérieur est dressé. Rapidement, on s’attache et on voudrait que ce soit nos amies !

Dans la deuxième saison (que j’ai d’ailleurs écoutée en une soirée), la formule change un peu, alors que les épisodes nous présentent la réalité de ce groupe de femmes de façon plus continue et fluide. Bien qu’elle veuille offrir de la visibilité à la communauté lesbienne, la série aborde aussi d’autres thèmes et situations qui ne sont pas en lien avec l’identité sexuelle, comme la famille, le deuil et la maladie. Bref, cette série montre autant l’unicité de la communauté, en la reconnaissant, que le fait que les personnes issues des minorités sexuelles et de genres sont comme les autres et que tout le monde peut se reconnaître dans leur vécu.

Cette production est faite de façon conjointe au projet Lez Spread The Word, soit une plateforme numérique qui favorise les rencontres entre les femmes issues de la communauté LGBTQ+. Selon moi, c’est vraiment une idée géniale ! C’est quelque chose qui manque beaucoup à la communauté. Différents projets y sont organisés tels que les traditionnelles soirées mensuelles Où sont les femmes ? et leur magazine annuel pancanadien et bilingue.

À ce propos, il s’agit d’un magazine, aux allures de livre vu sa taille, qui valorise et met de l’avant la culture de la communauté lesbienne, et ce, à travers tout le Canada. On y retrouve ainsi des textes de divers types qui nous présentent des femmes issues de tout plein de milieux différents : la politique, la photographie, la musique, la télé, les sports, etc. On y aborde aussi des enjeux sociaux et des inégalités sociales. Visuellement, le magazine est vraiment attrayant : photographies et illustrations y amènent une touche très jolie !

Personnellement, je trouve qu’une telle plateforme, que de tels projets, sont super importants et même nécessaires pour offrir une visibilité aux communautés LGBTQ+.

Concernant l’émission, je trouve qu’il est super pertinent d’avoir ces images, cette histoire, qui se passe à Montréal, dans notre ville et qui montre cette diversité.

Dans un paysage qu’on reconnaît, qu’on connaît.

Des personnages proches de nous, qui nous ressemblent, qui sont différents, beaux et forts.

Ces personnages dans cette ville.

Me reconnaître.

Nous connaître.

Cette série, moi je la vois et la ressens comme une façon ludique, drôle et divertissante de sensibiliser. C’est un peu du politique. C’est montrer une réalité qu’on «invisibilise» parfois dans les médias populaires. C’est une forme de reconnaissance de la diversité, mais tout en montrant que les relations homosexuelles sont comme les autres, qu’elles ne sont pas plus dramatiques. Je ressens cette idée qu’au final, on peut tous se reconnaître dans cette série. On y aborde les préjugés et stéréotypes concernant les femmes lesbiennes ; ceux qui existent dans la communauté, tout en faisant un portrait réaliste, tout en montrant des femmes qui dérogent à ces stéréotypes, à ces images préconçues. On y inclut aussi la réalité trans dans la deuxième saison, ajout que j’ai trouvé très pertinent ! De plus, le casting est à très grande majorité féminine. On ne voit pas ça souvent et, honnêtement, je trouve ça rafraîchissant ! La personne trans est d’ailleurs jouée par un acteur trans, ce qui, personnellement, je trouve très important. Je trouve ça beau. Petit bémol : certains stéréotypes liés aux lesbiennes, bien qu’ils soient des clins d’œil aux femmes de la communauté et donc qu’ils en fassent rire plusieurs, peuvent être interprétés de différentes façons par des personnes straight. Mettre ces stéréotypes de l’avant, ça représente un peu un risque qu’il y ait généralisation. Ça peut réduire l’unicité de chaque personne et les catégoriser dans des petites boîtes un peu trop vite.

La musique de l’émission nous permet vraiment de situer l’émission dans la réalité québécoise, en ayant une trame sonore qui inclut de multiples artistes québécois ! Encore une fois, la diversité existe, partout, peu importe la ville, peu importe le quartier. C’est pour ça que j’aime et que je veux des œuvres de toutes sortes qui montrent cette diversité, qui montrent des personnes de cultures différentes, des personnes issues de la diversité sexuelle et de genre, des personnes qui ont des corps qui ne répondent pas aux standards de beauté. Je veux voir cette diversité culturelle, sexuelle, corporelle ! Et je veux que cette diversité soit ancrée dans ma réalité ! Je veux qu’elle me parle, qu’elle soit enracinée dans mes références ; je veux que cette diversité rejoigne mon petit quotidien et celui d’une panoplie de personnes !

Je trouve que c’est tellement important.

Crédits photo :

Couverture : https://www.facebook.com/infofemininfeminin/

Photo 1 : https://lezspreadtheword.com/en/feminin-feminin/

Photo 2 : Sarah Savoie

 

auteure jessi carenzi

Valérie_réviseure