Blue Christmas

Blue Christmas

 Cette année, je fêterai pour la 3e année consécutive Noël en tant que mère monoparentale célibataire. Et pour la première fois, je n’aurai pas ma fille au réveillon de Noël. Je ne pourrai pas mettre en scène la venue nocturne du Père Noël dans notre foyer et je ne pourrai pas voir l’émerveillement dans les yeux de ma fille à son réveil, constatant que Nicolas Noël a mangé les biscuits et que les lutins ont saupoudré la maison de poudre magique pour nous tenir endormies. Ça me brise le cœur de ne pas l’avoir à mes côtés, mais je sais qu’elle vivra un beau moment accompagnée de sa nouvelle petite famille. Papa s’occupera de faire vivre la magie à notre petite merveille.

    Il viendra ensuite le moment où je verrai ma famille élargie que j’adore et on me répétera la même ritournelle : Ça va bien petite fleur? Il n’y a personne qui t’accompagne? Inquiète-toi pas, belle comme tu es, tu ne resteras pas célibataire longtemps. J’afficherai un beau sourire en les remerciant et dans ma tête je grognerai…GRRR! Comme si la beauté avait un lien avec la compatibilité d’un partenaire. Ce n’est pas parce que je suis jolie que je vais sauter sur le premier venu. J’ai de la jugeote aussi! Et ce n’est pas évident de trouver chaussure à son pied,surtout en étant maman.Disons que je suis beaucoup plus sélective et craintive que ma fille ne s’attache à un homme qui sera de passage pour seulement quelques mois. Il en n’est pas question.

    L’instant que je redoute réellement est le moment où je me retrouve seule dans mon lit et que mon cerveau se met à faire une introspection de l’année. Je serai fière de ce que j’ai accompli, mais je ressentirai un grand vide de solitude. Et je me dirai que je mérite quelqu’un de bien dans ma vie. Que j’aimerais que cette personne ait ses bras autour de moi en ce moment et qu’elle me chuchote à l’oreille qu’elle m’aime et qu’elle veillera sur moi.J’aimerais sentir la sécurité et le réconfort d’un homme. Ça me manque!

     Cette année, je vais voir les choses autrement. Dans la vie, tout est une question de perspective. C’est à nous de créer notre propre bonheur. Il ne viendra pas tout seul.Une nouvelle année pour un nouveau départ. Je vais apprivoiser la solitude. Mon moi-même sera mon ami et je lui ferai plaisir. Je lui allouerai du temps de calme et de repos. Je lui offrirai des activités, de la bonne bouffe, du délectable vin et peut-être même des fous rires entre amis. Je prendrai ce moment pour MOI! Un cadeau à moi de moi. Apprécier ce que j’ai, plutôt que de focusser sur ce que je n’ai pas. J’ai même vu une petite activité qui me titille pour l’an prochain. À chaque semaine, j’écrirai dans un pot Mason un bon coup ou un bon geste que j’ai fait durant la semaine. Au réveillon de l’an prochain, je me servirai un grand verre de rouge et je lirai mes petits accomplissements en savourant tout le bonheur que j’ai vécu et créé. Cette année, je ne vivrai pas un Blue Christmas, tout simplement parce que je l’ai décidé.

Comment sera votre temps des Fêtes à vous?

joannie rodrigue photo de signature

La nostalgie de l’Halloween

Vous êtes prêts? Je vais me mettre à déblatérer comme une personne âgée, alors que je viens à peine de souffler mes 30 chandelles et c’est ce qui est le plus désolant là-dedans. Ce que je veux dire, c’est qu’en moins de 20 ans, l’Halloween a perdu à mes yeux beaucoup de valeurs.

Dans mon temps, la féérie de cet événement commençait un bon 2 semaines avant LA journée de l’Halloween. Celle que tout le monde attendait avec impatience et fébrilité. Celle où il y était permis de devenir n’importe qui que nous rêvions d’être : un cowboy, une sorcière, un clown, un monstre, un bébé (qui n’a pas revêtu les deux lulus, une suce et un pyjama?), etc. Toutes les maisons du quartier étaient décorées, sans exception et pas que des petites décorations, mais la totale! Il y avait aussi le Village de l’Halloween à Ste-Annes-Des-Plaines où les décorations étaient hallucinantes : des serpents géants fabriqués avec des tuyaux souples, des accidents de voitures sanglants, un écrasement d’avion dans un arbre, un arbre fantôme et le village de L’étrange Noël de M. Jack avec une fontaine de sang. De quoi faire lever le poil de bras à tous ceux qui ont gardés leur cœur d’enfant.

Je me rappelle préparer les sacs de confiseries avec ma tante. On s’installait sur la table de cuisine avec les sacs, les suçons, les rockets, les barres chocolatées contenant des arachides, les tires pas mangeables que nos parents adoraient mais qu’elles donnaient du fils à retordre à leur dentier et finalement les cigarettes Popeye. Parce que oui, quand on était petits, on se fabriquait de fausses cigarettes et on chantait «J’ai du bon tabac dans ma tabatière». Heureuse que ma fille ne vive pas cette petite partie promotionnelle pour la tabac. DOUBLE FIOU! FIOU! FIOU!

Nous faisions nos petits sacs et on brochait le tout avec l’idée que les enfants seraient si heureux de cogner à sa porte. Avec ma maman, nous décorions nos citrouilles et recueillions les graines à l’intérieur de celles-ci enfin de les enfourner et les déguster. Miam miam! Tradition que je perpétue avec ma fille, après avoir été cueillir notre propre fruit orangé dans les champs de St-Augustin. Ma mère était aussi excellente pour fabriquer des décorations grandioses et nous participions avec elle à ses réalisions. Plaisir assuré!

La semaine de l’Halloween était le festival du film d’horreur et les films familiaux classiques du style Casper, L’étrange Noël de Mr. Jack, Ghosts Busters et Abracadabra. Cinéphile que je suis, j’étais au paradais!

Et LA journée de l’Halloween, quel moment magique! On se levait à l’aurore afin de préparer nos costumes et notre maquillage. On allait à l’école où une tonne d’activités nous attendaient. Le soir venu, on se dépêchait d’engloutir nos repas pour courir l’Halloween. Les petits bambins commençaient leur tournée à 16h30. Ensuite, c’était notre tour. Bonbons et frayeurs étaient au rendez-vous à chaque porte. Dans mon temps, il était permis de faire une petite peur aux enfants. Les messieurs déguisés en épouvantail ou autre créature, bien camouflés dans leur décor, se mettaient à bouger au moment opportun pour nous faire sursauter. Notre taie d’oreiller, nous servant de sac à friandises, était pleine à craquer après seulement une rue. Nous savourions chaque moment relié à cette fête.

Maintenant, les gens n’achètent plus de bonbons car les magasins les vendent à des prix exubérants. On voit des maisons un peu décorées par-ci par-là, mais sans plus. Je vois même des gens circuler en voiture avec leurs enfants pour faire le porte à porte. Et parfois les enfants ont même l’audace de dire… «C’est tout?» en recevant leurs bonbons. Ben voyons!

Je m’ennuis de ce qu’était l’Halloween de ma jeunesse et je regrette que ma fille ne puisse jouir de ce plaisir. Peut-être que tous les gens nostalgiques comme moi réussiront à ramener l’Halloween du temps? Je le souhaite ardemment!

 

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Je suis vulnérable

Joannie parle de vulnérabilité

Vous me percevez comme une femme forte, indépendante et colorée et bien c’est ce que je veux que vous pensiez de moi. Malheureusement, je ne suis pas la personne que vous croyez.

Dernière ma personnalité excentrique, mon ouverture d’esprit hors du commun, mon sens d’humour salé et mon sourire omniprésent, je suis un être vulnérable. Je suis une personne extrêmement sensible, qui veut toujours aider son prochain au détriment de sa personne. Je suis une femme empathique qui a trop souvent fait confiance aux mauvaises personnes. On a profité de ce que je suis! De ma bonté, de ma naïveté.

En dépit de moi, la personne que j’ai le plus aimée dans ma vie m’a brisée. Cet homme en qui j’avais entièrement confiance m’a trompé, menti et volé. Il n’a non pas seulement volé mon argent, mais il a volé la confiance que j’avais envers la vie et les gens qui traversent la mienne. Il a enlevé le feu qui brûlait en moi. Cette intensité de vouloir mordre dans la vie à pleines dents.

Je dois réapprendre à me construire petit à petit en me faisant plaisir et en apprenant à refaire confiance à la vie. Tranquillement, un jour à la fois et accepter que j’ai le droit d’être faible et vulnérable. De lâcher prise quand il en est trop pour moi et de ne pas attendre qu’il soit trop tard. Je dois aussi accepter que je suis humaine et que je ne suis pas de glace face aux intempéries de la vie. J’ai le droit de pleurer et de ne pas être parfaite aux yeux de tous, même si je souhaite être le reflet de l’image que je renvoie.

Je suis femme, je suis amie, je suis sœur, je suis mère, je suis maîtresse, je suis moi. Et personne ne pourra me changer! Je suis telle que je suis. Un être sensible, naïf et vulnérable, OUI VULNÉRABLE, mais qui fait de moi une humaine! Une humaine qui possède une richesse en elle et qui vaut la peine d’être reconnue pour ce qu’elle est. Voilà qui je suis!

Texte par Joannie Rodrigue