La fois où… je me suis fait insulter par des trolls sur Internet

La fois où...je me suis fait insulter

C’est bien connu, donner son opinion sur Internet en 2019 est un sport dangereux.

Derrière leurs écrans, même les plus faibles se sentent supérieurs aux plus grands dirigeants de ce monde. On peut tout dire à tout le monde sans nécessairement faire face aux conséquences.

Cachés derrière des pseudonymes et des photos anonymes, les trolls écrivent des phrases cruelles sans aucune considération envers les gens à qui elles s’adressent. Avec des majuscules, des emojis, des gifs, des photos ou encore des montages, on peut répondre de multiples façons à tout et tout le monde sur Internet.

Ceux qui ont le malheur de ne pas avoir les mêmes valeurs ou les mêmes façons de voir les choses que nous sont prompts à sortir des phrases blessantes, des commentaires méchants complètement gratuits dans le but de faire réagir ou de carrément faire du mal.

C’est en sachant tout ça pourtant que je me suis quand même risqué à émettre mon opinion sur une page s’adressant aux fans des Canadiens de Montréal. Si j’ai une grande connaissance de notre sport national, je ne peux quand même pas prétendre à un poste d’entraîneur ou de directrice générale. J’aurais manifestement dû me souvenir de ce fait avant d’y aller de mon petit commentaire à propos de la blessure controversée de leur joueur vedette.

J’émets parfois mon opinion sous des articles qui traitent de sujets qui me tiennent vraiment à cœur ou que je juge complètement inappropriés et ceux-ci sont toujours bien reçus. Je m’efforce d’être objective, de connaître le sujet et de m’exprimer dans un langage approprié avec un français très respectable. Pour ma part, j’accorde toujours plus d’attention aux personnes qui procèdent de la même façon dans leurs commentaires. Je sais que la facilité à s’exprimer et à écrire correctement la langue française n’est pas donnée à tout le monde, mais je crois que si tu prends le temps de bien rédiger ton opinion, de manière réfléchie et non spontanée, il y a plus de chance que ton message passe mieux.

Mais ça, c’est mon opinion sur le sujet.

C’est lorsque j’ai commencé à récolter des commentaires haineux sous la publication de la page en question que j’ai réalisé que certains sujets sont des terrains plus glissants où s’aventurer.

La politique, l’argent, notre système de santé, la sexualité et même la maternité sont des sujets que j’évite habituellement sur Internet. Je lis les articles, les commentaires, mais je m’abstiens de répondre à la plupart, parce que je sais à quel point il est facile de perdre le contrôle dans une conversation qui se déroule derrière des écrans et que ces sujets sont les plus susceptibles de déraper.

Mais après mon expérience et surtout après avoir pris connaissance de la controverse entourant Maxime Comtois, le capitaine de l’équipe canadienne de hockey junior, je peux désormais classer le sport dans cette catégorie. En effet, lors du championnat mondial de hockey junior, le joueur de 19 ans a fait face à de virulents commentaires sur les réseaux sociaux à cause de son tir de pénalité raté lors de la période de prolongation. L’équipe a par la suite perdu la partie et s’est vue éliminée par l’équipe finlandaise. Maxime a reçu des dizaines de messages, les pires lui suggérant de mettre fin à ses jours après cet échec. Je suis encore sous le choc de la violence des mots utilisés à l’endroit d’un garçon d’à peine 19 ans. Je t’invite d’ailleurs à lire ICI, le message qu’il a adressé à ceux-ci sur son compte Twitter quelques jours plus tard.

À la suite de cet étalage de la bêtise humaine, j’aurais dû une fois de plus penser à m’abstenir de passer un commentaire sur la page consacrée en grande majorité au tricolore. Comme quoi, il faut parfois se brûler une première fois pour apprendre de ses erreurs.

Tout ça pour dire que, quelque jours après cet événement qui a fait la une des journaux, j’ai reçu, pour la première fois, des insultes de la part de trolls qui n’ont trouvé rien de mieux à faire que d’utiliser un langage ordurier pour me remettre à ma place et me faire regretter d’avoir osé exprimer mon opinion.

Certains m’ont dit que je devrais me contenter d’être belle et de me la fermer, une autre m’a dit que je devrais me taire parce que je ne disais rien d’intelligent et le plus cinglant de tous m’a même accusé d’être « mal baisée ». Des propos qu’on lit avec stupeur, mais aussi avec une certaine fascination. Hypnotisée par ces commentaires méchants, je n’ai pu m’empêcher de cliquer sur leurs profils pour essayer de comprendre d’où pouvait provenir leur aversion envers moi après quelques mots affichés dans les commentaires.

J’ai vite décidé de passer à autre chose et de prendre encore plus conscience des propos que je peux émettre sur la Toile.

Si quelques personnes ont semblé accorder de la crédibilité à mes propos, c’est ceux qui m’ont insulté qui ont occupé mon esprit et m’ont montré à quel point la haine sur Internet n’est pas un sujet qui s’essouffle en ce début de l’année 2019.

Même après avoir fait l’objet de nombreux documentaires ou de plusieurs séries-chocs, les trolls sont plus actifs que jamais et ne semblent pas vouloir arrêter leur travail de démolition.

Et ceux qui pensent qu’ils n’entrent pas dans la catégorie des trolls en commentant de manière négative la coiffure d’une vedette, détrompez-vous. Même chose si vous insultez l’auteur de votre téléroman préféré parce que vous n’êtes pas satisfaits de sa manière de boucler les intrigues.

Les trolls prennent forme de plusieurs manières et à différents niveaux. Ne tombez pas dans le piège.

Internet peut être une incroyable plateforme et peut même sauver des vies.

Tout comme elle peut en détruire.

Et c’est ce qui est le plus inquiétant.

Photo de signature pour Jennifer Martin.

La fois où… je me suis mise au défi de ne pas m’acheter de vêtements pendant 3 mois.

La fois où je me suis mise au défi

Je sais, je sais.

C’est peut-être un défi futile aux yeux de certains.

Mais pas pour moi.

J’A-D0-RE magasiner des vêtements, j’adore la mode et l’un de mes rêves serait de ne pas reporter deux fois le même ensemble dans une même année.

Je suis totalement accro aux vêtements. Je dois avoir vu trop souvent Clueless, ce film culte de mon adolescence où Cher possède une garde-robe interactive connecté à son ordinateur à qui elle demande de lui choisir ses tenues pour aller en classe. Le rêve !

Pour ma défense, je dois dire que j’achète la plupart de mes vêtements dans les friperies comme le Village des Valeurs où je fais toujours des trouvailles extraordinaires pour une fraction du prix et lorsque je vais en boutiques, je me contente du rayon des soldes. J’essaie d’acheter intelligemment, même si je dois avouer que ma garde-robe déborde (mon chum a dû s’acheter sa propre commode) et que je proclame un peu trop souvent que je n’ai rien à me mettre.

La meilleure journée de l’année pour moi, après Noël évidemment ? Le Black Friday, ce vendredi de novembre où les soldes atteignent des sommets inégalés et où je m’offre une virée magasinage digne de la plus grande accro du shopping.

Cette année encore, j’allais profiter d’une journée de congé pour prendre d’assaut le centre commercial pour effectuer mes achats des Fêtes et me gâter. Par contre, cette année, j’ai eu envie de me lancer un défi avant de le faire.

Étant de plus en plus consciente que l’industrie du vêtement est la deuxième plus grande source de pollution au monde, j’ai voulu me pencher un peu plus sur la question cette année.

Je me suis donc lancé le défi de ne pas m’acheter de vêtements pendant 3 mois. Aucun vêtement, pas même des sous-vêtements.

Si le premier mois a été facile, puisque je venais de faire le plein de vêtements d’automne grâce à mon mandat d’ambassadrice des boutiques Pentagone, les choses se sont corsées à partir du deuxième mois. Étant abonnée à toutes les infolettres de mes boutiques préférées, j’ai dû effacer les courriels rapidement tous les jours pour ne pas me laisser tenter. Et, c’est souvent en période de restriction, qu’on réalise à quel point certaines chaînes de magasins peuvent être excessifs ou disons-le, carrément agressantes dans leur approche marketing. Ardene remporte la palme avec ses courriels quasi quotidiens.

Instagram est aussi devenu une source de tentation puisque la plupart des personnes que je suis sur le célèbre réseau social sont des blogueuses mode qui m’inspirent avec leurs outfits. Rien pour aider ma cause, je l’avoue.

Je tiens bon pendant le 2e mois et je n’achète rien. Je ne dépense qu’à la pharmacie pour du maquillage et chez Ardene (tiens dont !) pour des boucles d’oreilles (mais je considère que ça ne compte pas comme des vêtements, alors mon défi est intact).

Au début novembre, je commence à trouver le temps vraiment long. Mes amies s’achètent de nouveaux vêtements, elles. Les infolettres reviennent en force avec leurs soldes avant le Black Friday, je suis certaine que c’est une conspiration pour me faire craquer.

Une soirée au Shwap Club, le 6 novembre, m’aide à tenir le coup. Si tu ne sais pas encore ce que c’est, je te conseille de lire CECI. C’est le meilleur moyen pour m’aider à tenir le coup jusqu’à la fin de mon défi qui est prévu pour le 23 novembre.

Le moment le plus difficile survient quelques jours plus tard lorsque Geneviève, une collègue de travail, m’envoie la photo d’un coton ouaté de la compagnie locale Boutique au carré. Gros coup de cœur mutuel pour sa couleur vert forêt et son inscription minimaliste qui dit coffee and Christmas music. En plein notre style à toutes les deux.

S’ensuit un véritable débat dans ma tête.

Ou plutôt une seule question : Je l’achète-tu ?

Est-ce que je me laisse tenter par un achat qui encourage au moins le commerce local et je perds mon défi ? Est-ce que je me raccroche au fait que le chandail est quand même cher pour mon budget et que je ne bois même pas de café alors l’inscription sur le chandail ne s’applique même pas à moi ?

Mon cœur et ma raison ont débattu furieusement.

J’ai failli flancher en me disant : « Ah pis tant pis, je travaille fort, je le mérite, je me gâte et c’est un défi qui n’implique que moi alors je serai la seule déçue de ne pas le réussir. »

Je me suis ressaisi en me disant : « Le chandail ne va pas disparaître, je pourrai toujours l’acheter à la fin de mon défi, t’es pas le genre de fille à renoncer à un défi, t’as juste à ne plus y penser. »

Geneviève a finalement acheté le chandail, seule. Et j’aurai certainement un pincement au cœur chaque fois qu’elle le portera au travail.

Le 19 novembre au matin, j’entame ma semaine comme d’habitude. À 4 jours du Black Friday, je suis prête à affronter ma dernière semaine de défi, avant de me lancer dans mon marathon de magasinage.

La vie en a décidé autrement. Il m’est arrivé CECI.

Mais l’important, c’est que j’ai réussi mon défi.

Et que je me suis quand même acheté des vêtements au Black Friday.

Et tu sais quoi ?

Je compte bien relever le défi à nouveau.

Photo de signature pour Jennifer Martin.

La fois où…j’ai réalisé que je n’aurais pas le temps de tout faire

Jennifer parle de la fois où elle avait peur de manquer de temps

Quand j’étais petite, j’avais hâte de grandir.

J’avais hâte à plus tard.

À ce qui s’en venait, à ce que je projetais.

J’avais une imagination débordante, un univers infini à conquérir et des projets à accomplir.

Après chaque étape, j’étais convaincue que la prochaine serait meilleure. Plus excitante et moins éprouvante.

Le temps me semblait long quand je m’ennuyais et inévitablement trop court quand je rayonnais de bonheur.

J’écrivais mes aspirations, mes bonnes et moins bonnes journées dans un journal. J’écrivais des poèmes à double sens pour exprimer des choses dont je ne voulais parler à quiconque, mais que j’avais besoin d’extérioriser, d’en laisser une trace quelque part.

Je voulais devenir celle-ci, ensuite celle-là. J’ai changé maintes fois d’idée sur la personne que je voulais être. Et je m’interroge encore aujourd’hui sur celle que je suis présentement et celle que je serai éventuellement.

Pourtant, quand j’ai vu pour la première fois à 14 ans le film Les grandes espérances, Gwyneth Paltrow affirmait ceci : « On est comme on est, il ne faut pas croire que les gens changent. » Ça m’avait marqué parce que je voulais tellement croire qu’avec le temps on pouvait devenir meilleur.e ou tout simplement devenir quelqu’un d’autre. Être la somme de toutes ses bonnes ou mauvaises expériences. J’en veux un peu à Gwyneth d’avoir pété ma bulle. Même si je sais qu’elle n’a pas nécessairement raison. Je crois sincèrement qu’on peut arriver à changer, d’une façon ou d’une autre.

J’ai toujours oscillé dangereusement entre le bonheur et le découragement. Je n’oserais pas dire malheur, parce que j’ai compris avec les années que le malheur n’est pas d’échouer à un examen, de vivre une peine d’amour, de prendre 15 livres ou d’avoir l’impression d’être une mauvaise mère. Non. Le malheur, c’est la maladie, la mort, la guerre, les attentats, un accident grave, la perte d’un enfant et toute autre chose qui laisse littéralement un trou en plein cœur.

Non, ma vie est loin d’être un malheur et si j’ai pu me proclamer malheureuse, c’est parce que je n’avais pas encore assez vécu et regardé réellement ce qui se passe autour de moi pour comprendre.

Mon découragement actuel est ceci : je n’aurai pas le temps de tout faire. Je serai même un peu mélodramatique en affirmant que c’est probablement la chose qui me gruge le plus le cœur en ce moment. Je suis effrayée à l’idée de mourir avec l’impression que je n’ai pas accompli plus de choses sur ma ligne de vie.

J’ai 36 ans, et j’ai peur.

De manquer de temps.

De manquer d’énergie.

De manquer de guts.

De manquer d’ambition.

De manquer des moments importants.

Je commence à me dire que mon métier m’ennuie et que je devrais peut-être envisager un changement de carrière. Mais j’ai peur… à cause de tout ce que je viens d’énumérer.

J’ai peur de ne jamais aller en Californie, parce que c’est mon voyage de rêve et certaines raisons m’empêchent pour l’instant d’y aller en famille, comme je le désire. Je vais peut-être finir par m’y rendre, mais je ne sais pas quand. Et ça me fait peur…

J’ai peur de manquer de patience ou d’imagination pour enfin écrire le roman dont je rêve. Je vois mes auteures préférées enchaîner les livres, les salons et j’espère un jour me faire une petite place dans leur monde. Avant qu’il ne soit trop tard.

Je regarde ma vie défiler année après année et une boule d’angoisse se forme insidieusement dans mon ventre. Je la ressens comme un poids de plus en plus lourd. Elle ne m’empêche pas de fonctionner, mais elle est là.

Me rappelant tous les jours que le temps passe et que ma vie n’est plus ce qui s’en vient, mais bien ce qui se passe maintenant.

Et que j’ai intérêt à me dépêcher.

Me dépêcher de vivre et de réaliser les choses qui m’importent le plus.

Photo de signature pour Jennifer Martin.      

La fois où… mon fils m’a dit que j’avais l’air déprimée

La fois où...mon fils m'a dit que j'avais l'air déprimé

Deuxième jour des vacances.

Je ne me souviens plus de ce que j’ai fait le premier. Ce n’est pas tellement important.

Je suis en vacances.

Je me réveille à 8 h, ce qui constitue clairement la grasse matinée pour une fille qui se lève à 5 h 45, 11 mois par année.

Je reste dans mon lit à fixer successivement mon cellulaire et le plafond.

Je savoure le moment.

Celui où tu apprécies enfin de ne pas avoir à te donner une poussée en bas du lit pour te motiver à quitter la maison pour gagner ta vie.

Ces longues vacances dont je rêve toute l’année et qui me permettent de recharger mes batteries pour affronter 11 autres mois où je suis prise dans le quotidien, la routine et le stress constant de me surpasser dans toutes les sphères de ma vie.

Ce matin-là, j’ai l’impression que le monde m’appartient et que le temps ne m’est pas compté. Que je peux disposer de ma journée comme je le veux, au gré de mes envies, plutôt qu’au gré de mes obligations !

Je me lève vers 10 h, je rejoins mon fils, qui est déjà installé confortablement dans le sofa avec son bol de céréales à se la couler douce. Il a adopté assez rapidement la routine des vacances, parce que tout le monde sait combien les enfants s’adaptent beaucoup plus vite que nous à la plupart des situations.

Je l’embrasse tendrement et m’installe près de lui pour le regarder quelques minutes et m’imprégner de son odeur comme je le fais presque chaque jour depuis 11 ans.

Ce matin, il n’y a pas de : « Dépêche-toi de déjeuner Isaak, nous sommes pressés. »

Non, aujourd’hui, il peut attendre que ses céréales soient bien imbibées de lait avant de les manger.

Je m’installe près de lui avec mon smoothie. Celui préparé le matin même et non pas la veille pour gagner du temps dans la course infernale du début de journée. Il goûte divinement meilleur fraîchement sorti du Magic Bullet.

J’ai l’air d’un chat qui se délecte devant un bol de crème.

Je flâne sur internet, je fais une storie sur Instagram de mon verre avec le #jenenvacances.

Je retourne dans mon lit regarder un épisode de Beverly Hills 90210 sur l’une de mes vieilles cassettes VHS.

Je me relève pour faire un peu de ménage, je fais une brassée de lavage.

Je vais quelques heures dehors lire sous le soleil, bien confortablement installée dans ma chaise longue. Mon fils vient me rejoindre à plusieurs occasions pour quelques saucettes dans la piscine.

On est bien, la journée se déroule dans la plénitude. Je me sens zen et pas du tout bousculée par le maudit temps.

En début d’après-midi, une petite phrase est lancée et me fait l’effet d’une bombe.

Pendant qu’il joue à la PlayStation, mon fils me lance un regard et me demande : « Est-ce que ça va, maman ? »

Jusque-là, ça va. Sa sollicitude me touche et je lui souris tendrement en lui affirmant que tout va bien.

Pendant les minutes qui suivent, je poursuis mon trio de contemplation qui fait bouger mes yeux de mon ordinateur à un livre ou au plafond. Je suis toujours bien à faire tout et rien en même temps.

Quelques minutes après, il me redemande la même chose : « T’es sûre que ça va, maman ? »

Là, je suis intriguée. Je le regarde franchement et lui réponds : « Mais oui mon amour, ça va, pourquoi tu me reposes la question ? »

« Parce que tu as l’air déprimée. »

BOUM.

Coup de poignard en plein cœur.

J’ai l’air déprimée alors que mon cœur et ma tête n’ont jamais été aussi coordonnés à profiter de l’instant présent et à faire abstraction du temps qui s’écoule à une vitesse vertigineuse.

Je ne comprends pas.

Mes yeux sont-ils si vides d’expressions à ce moment précis pour que mon fils s’inquiète de mon bonheur ? J’ai pourtant l’impression de dégager la joie et le confort d’être là avec lui, sans pression ni horloge pour nous rappeler que ces heures devraient être consacrées à faire des tâches précises.

Serais-je si habituée à vivre dans un chaos constant qui fait en sorte que j’ai toujours l’air de faire 1001 choses en même temps et qu’au moment où je m’arrête, j’ai l’air désorientée ?

Ça m’a frappé en pleine face.

J’ai tenté d’expliquer à mon bébé que non, je n’étais pas déprimée, mais plutôt très heureuse d’être avec lui. De lui faire comprendre que je suis comblée de ne pas avoir l’impression qu’il me faudrait 30 heures dans une journée pour accomplir tout ce en quoi consiste mon quotidien de maman/amoureuse/employée/amie/blogueuse. Que le hamster dans ma tête a ralenti le rythme au point où il se demande lui-même ce qui se passe pour que je sois aussi peu disposée à le faire travailler. Je lui ai raconté à quel point je tente de jongler avec toutes mes obligations et que cette façon d’être, que lui voit comme une attitude dynamique, n’est en fait qu’un rôle que j’endosse pour garder mon titre de femme qui tente de tout réussir dans la vie.

Je lui ai expliqué aussi qu’il était tellement habitué de ne pas me voir tourner en rond et procrastiner que ce n’est pas parce que je le fais quelques jours que je suis malheureuse.

Au contraire.

Je veux lui faire comprendre que même si je tente d’être la meilleure maman/amoureuse/employée/amie/blogueuse 365 jours par année, il est possible que pendant mes vacances, je me permette de prendre plus mon temps pour y arriver.

Il a été rassuré par mes réponse,s même s’il n’a probablement pas saisi toutes mes explications.

Mais moi, j’ai compris beaucoup de choses ce jour-là.

Et je le remercie de m’avoir ouvert les yeux.

Pour lire les autres articles de la série La fois où… c’est par ICI.

Photo de signature pour Jennifer Martin.  

La fois où…mon enfant a terminé son primaire

Jen parle de son fils qui termine l'école primaire

Je te trouvais si petit pour franchir ces murs.

Leurs briques témoignant de la solidité de sa fondation n’étaient pas suffisantes pour me rassurer.

Je te regardais entrer avec ton gros sac à dos sur tes minuscules épaules et je refoulais mes larmes.

Ces larmes qui menaçaient de sortir après plus de 5 ans à ne pas croire en leur existence.

J’avais le regard triste, la mine déconfite. Tout le contraire de tes yeux brillants et de ton sourire plein de fierté.

Si tu savais comme j’ai pleuré dans mon lit la veille de cette journée et sur le chemin du travail le lendemain. Des rivières de larmes se déversant sur mes joues et menaçant de me couper le souffle. Tu ne l’as jamais su, à quel point ce fut difficile pour moi de te laisser prendre le chemin du savoir et de l’indépendance. J’avais eu la chance de t’avoir près de moi tous les jours pendant 5 ans. Je ne pouvais croire que nous étions déjà là. Qu’il était temps pour moi de mettre une partie de ton éducation entre les mains d’étrangers et que tu ne serais plus jamais exclusivement à mes côtés.

J’ai eu de la chance.

Tu as été bien entouré dès le départ.

Par des fées pédagogiques ayant plus d’un tour de baguette dans leur sac. Des fées passionnées qui sont tombées sous le charme du merveilleux garçon que tu es. Je les ai presque toutes aimées, sauf une. Pas besoin de dire laquelle, toi et moi le savons. N’empêche qu’elle t’a quand même appris quelque chose et pour ça, elle mérite aussi mon respect.

Moi qui avais si peur que tu prennes en grippe l’école, que tu la détestes comme j’ai pu le faire quand j’avais ton âge. J’étais terrifiée que les notions soient trop difficiles à assimiler et que je n’aie pas la patience de te les expliquer. J’avais tellement la frousse de te voir redoubler, de te voir pleurer à la suite d’une note d’examen qui stipulerait que tu as échoué. Je ne voulais pas que tu passes 7 années à te demander ce que l’école pouvait bien t’apporter à part une routine réglée au quart de tour et des devoirs à faire.

Mais la vie m’a comblée, une fois de plus.

Non seulement elle m’a donné le plus extraordinaire des petits garçons, mais en plus, elle m’a donné le plus intelligent. Chaque matin depuis 7 ans, tu te lèves pour aller à l’école sans chialer ou presque. Tu es content de retrouver tes amis et tes professeurs, et les matières se fraient un chemin dans ta tête sans aucune difficulté.

Je suis chanceuse, je le sais.

Je n’ai pas eu à faire appel à des orthopédagogues ou autres spécialistes pour t’aider. Tu réussissais bien, sans même étudier. Combien de fois le cœur a voulu me sortir de la poitrine en regardant tes bulletins ! Alors que je ressentais presque la même angoisse que lorsque je recevais le mien, celle-ci s’évaporait par enchantement en constatant à quel point tu avais de la facilité à assimiler toutes ces connaissances transmises par ces fées que j’aimais d’amour.

Merci Julie, Lucie, Josianne, Nadia, Isabelle, Brigitte et Mélissa. Vous êtes réellement des fées. Et je n’oublie pas les magiciens en éducation physique. Mention spéciale à Josianne, devenue une amie par la suite. Comme quoi il est facile d’aimer une personne qui est dévouée à ton enfant.

Jen parle de son fils qui termine l'école primaire

Cette année fut certainement la plus enrichissante pour toi. Je t’ai vu plus heureux que jamais dans la classe de la belle Juliève, l’une de tes profs chouchous. Dieu sait à quel point elle a été une enseignante parfaite pour le garçon que tu es. Tu t’es épanoui dans ton groupe d’option anglais/art dramatique. Ton petit côté comédien s’est développé, ton vocabulaire s’est éloigné du simple yes, no, toaster et tu t’es même exilé aux États-Unis quelques jours, le temps d’un camp. Ton premier voyage sans moi…

J’ai l’impression que tu as vécu ton année à fond, sachant que tu quitterais définitivement l’enfance une fois arrivé en juin. Si pour toi, ce fut aussi enrichissant, pour moi ce fut une course contre la montre de la grande école secondaire qui menace de me voler mon fils à son tour, comme l’a fait sa précédente école. J’ai ressenti un grand vertige tout au long de l’année, je crois même que je n’ai jamais vu une année scolaire filer aussi vite. Juste de penser qu’aujourd’hui, c’est bel et bien terminé, ma gorge se noue et la rivière de larmes menace maintenant de se transformer en fleuve ou en océan.

Quand je t’ai vu quitter ces murs, ce fut ton tour d’avoir le regard triste et la mine déconfite. Malgré ta fierté, je sais que tu réalises à quel point ces années ont été marquantes et que tout ce que tu y as vécu a forgé des souvenirs qui resteront dans ta mémoire pour toujours.

Le câlin que je t’ai fait en jetant un dernier regard à ces murs qui m’effrayaient tant restera gravé dans mon cœur à tout jamais.

Je sais que je vais survivre à ce nouveau passage.

Que les prochains murs qui t’abriteront en septembre seront encore plus imposants que les précédents. Qu’ils t’offriront aussi des moments exaltants, des moments de doute, de bonheur et quelques chagrins.

Que plein de nouvelles fées ou de nouveaux magiciens croiseront ta route.

Mais ce soir, j’ai le cœur en mille morceaux et je panique en constatant à quel point la vie t’éloigne de moi à une vitesse vertigineuse.

Ce soir, tu n’es plus mon bébé

Tu es mon diplômé de la 6e année.

Photo de signature pour Jennifer Martin.    

La fois où…j’ai revu ma conception de l’amitié

Jen parle d'amitié

J’ai toujours eu des relations complexes avec mes amis.

Jeune, j’étais la fille « beige ». Ni jolie ni laide. Ni extravertie ni trop gênée. Pas sportive, mais pas rat de bibliothèque non plus. Je ne me démarquais en rien, mes profs m’oubliaient dès le mois de juillet. Je ne me souviens que d’une relation d’amitié plus marquante que les autres avec une fille qui s’appelle Valérie.

À l’adolescence, même chose. La seule différence, c’est que c’est pas mal plus tough à gérer de se sentir à l’écart tout le temps et ça cause ben des dommages à l’estime de soi. Les séquelles nous suivent pas mal plus longtemps quand les faits marquants se sont produits à 15-16 ans. Ayant changé d’école 3 fois, aucune amitié n’a su résister d’un établissement à l’autre. L’éloignement était le seul résultat possible surtout à cette époque sans réseaux sociaux.

Par la suite, ça n’a pas été plus simple, et ce, malgré la présence de la même Julie dans ma vie tout au long de mes études collégiales et au début de ma vie d’adulte. Il y avait toujours un hic. C’était peut-être moi qui voulais trop calquer ma personnalité sur celle des autres pour me faire aimer. C’était peut-être mon choix d’amis qui n’était pas adéquat. C’est peut-être l’amitié qui se trouve à être aussi compliquée que l’amour finalement.

Je me suis longtemps posé la question.

Je me la pose encore parfois, même si, depuis peu, j’ai pris la décision de revoir ma conception de l’amitié.

De toute façon, qui a décrété que l’amitié avait une fonction universelle ? Pourquoi est-ce qu’il n’y aurait qu’une façon de voir les choses et une seule méthode pour les caractériser ?

« Tu veux être mon ami ? » Oui ou non.

Je t’explique comment je vois ça…

À l’enfance, c’est si simple, on n’a même pas besoin de se poser la question. Je te parle, je t’apprécie, je te prête mon ballon, t’es mon ami. FIN.

À l’adolescence, c’est un peu plus subtil au début pis ça se complique parfois par la suite. Je te rencontre, on échange, on tourne autour du pot, on s’échange les numéros de cell, je t’accepte sur Facebook, on commence à se planifier des trucs, tu me prêtes des vêtements, on fait du sport ensemble, je te console en cas de peine d’amour. On planifie ta vengeance pour lui faire regretter. Tu me jures une amitié éternelle. Je change d’école, on ne se parle pu. FIN.

Une fois adulte, on n’a pu vraiment le temps pour ça. Ceux qui sont restés dans nos vies et qui ont passé le test des années, bravo. Pour les autres, c’est plus rapide, on n’a pas de temps à perdre. On se rencontre au travail, on fait la même job, on a des intérêts communs, on se voit tous les jours, on se fait chier 40 heures par semaine à gagner notre vie, on s’aime ben. Ou encore, on s’est connu en faisant une activité pour soi, ça a cliqué, nos chums s’entendent bien, nos enfants aussi. C’est simple pis on se voit quand ça adonne. FIN.

Ok, j’exagère peut-être un peu. Ou tu te dis peut-être : « Elle peut ben trouver ça compliqué, l’amitié, si elle pense comme ça »

T’as peut-être raison. Je suis peut-être juste socialement inadaptée.

Je n’ai pas beaucoup d’amies, je n’ai pas toujours le goût d’entretenir des liens. Plus je vieillis, moins j’ai envie de me forcer. Je suis bien chez nous à ne me poser aucune question sur le pourquoi une telle ne m’aime pas, ou pourquoi un tel m’a répondu comme ça. À ne pas toujours me demander si ça va cliquer avec ceux que sont invités au même party, un soir où j’aurais miraculeusement eu envie de sortir.

J’ai été ben écorchée par l’amitié

Ça paraît-tu ?

         

 

La fois où…j’ai réalisé que j’avais peur de la mort

La fois où...peur de la mort

Ok, ouin.

Ce n’est sûrement pas mon texte le plus joyeux. Ni mon plus divertissant. Je m’en excuse d’avance. Mais si d’habitude t’aimes mon style d’écriture, tu ne devrais pas trop m’en vouloir d’avoir voulu sortir mon côté plus sombre et faire connaître mon opinion sur le sujet.

J’ai plus ou moins souvent pensé que de parler de la mort allait la réveiller. Je me disais que si je n’y pensais pas, ça n’existait pas. Disons que je m’arrêtais souvent là dans ma réflexion.

Mais bon, ok, ça existe.

On la voit partout, tous les jours dans les journaux, sur le Net et à la télé. Des gens meurent quotidiennement.

La mort. Ce simple mot de 4 lettres qui nous bouleverse et qui peut mettre fin à tout. Mais vraiment TOUT.

Je n’avais pas besoin de l’invoquer, de risquer de me mettre sous son radar et que l’envie lui prenne de venir rôder dans ma vie ou dans le périmètre qui abrite les gens que j’aime ou même les gens que je me contente d’apprécier. Je n’avais comme pas envie qu’elle se rappelle que je suis sur sa liste et qu’un jour, inévitablement, elle mettra un terme à mon existence.

Je n’ai jamais vraiment eu peur de mourir jusqu’à une certaine époque.

À 15 ans, tu ne penses pas à ces affaires-là. Ça t’effleure brièvement l’esprit quand t’assistes aux funérailles de ta grand-mère qui te semblait tellement vieille que t’as l’impression de l’avoir toujours connue vieille.

À 20 ans, tu passes tellement de temps à te faire répéter que tu es dans la fleur de l’âge et que t’as la vie devant toi que tu n’envisages pas une minute que tes jours pourraient être écourtés prématurément. Bien sûr, il y a toujours une histoire qui sort dans les journaux à propos d’adolescents qui sont morts dans un accident d’auto après une soirée bien arrosée. Le genre d’histoire qui empêche ta mère de dormir pendant deux jours. Mais tu te dis quand même : c’est quoi les chances que ça m’arrive ?

À 25 ans, c’est pas mal la même chose, selon où tu es rendu dans la vie. Tu penses à ton avenir, tu ne penses pas à mourir.

À 30 ans, tu peux être surpris par la mort, perdre des gens que t’as côtoyés dans un passé pas si lointain. Une amie du secondaire qui a succombé à un cancer, un oncle éloigné que tu appréciais beaucoup. Tu peux être touché par la fausse couche d’une amie ou encore la tienne. Même si ça rentre dans la statistique d’une femme sur quatre, c’est vraiment triste de penser à ce petit fœtus qui ne verra jamais le jour. C’est à cet âge que tu commences à ressentir une certaine urgence de vivre. Tes folles années de jeunesse ont beau n’être pas trop loin derrière, tu le sais que les années qui s’en viennent seront différentes, que tu vas réaliser que la vie va vite et que tu n’as pas de temps à perdre si tu veux accomplir tout ce que tu as mis sur ta bucket list dans la section Notes de ton ancien agenda scolaire.

Je ne peux pas dire comment on se sent à 40 ans, je n’y suis pas encore. Mon chum y est, lui. Il dit que ça fesse, que tu y penses beaucoup plus qu’avant même si tu penses encore comme un ado de 16 ans. Même si tout le monde te dit que la vie commence à 40 ans parce que tu es encore jeune de corps et d’esprit et que t’as l’expérience pour apprécier ce que tu as fait et ce que tu as accompli. Toi, tu le sais quand même que la route sur laquelle t’as dévié est pas mal moins excitante que celle des dernières années.

Et je ne peux me prononcer sur les autres dizaines. On dirait que je ne veux même pas le savoir. Pas tout de suite.

Je ne saurais dire exactement à quel moment j’ai commencé à avoir une peur viscérale de la mort.

Sûrement quand je suis devenue maman.

Cette peur intense qui nous submerge quand on pense à ce qui pourrait arriver si nous disparaissions de la vie de nos enfants de manière prématurée. Sinon, pourquoi je ferais ce rêve récurant dans lequel je meurs dans un accident d’auto ?

Je ne suis certainement pas la seule à avoir peur. Une vie, c’est si court.

C’est peut-être cliché de dire qu’il faut vivre chaque jour comme le dernier. Comme le chante Corneille.

Mais j’suis pas mal sûre que ça aide.

       

La fois où…j’ai changé de tête

La fois où...j'ai changé de tête

Dès mon entrée en ces lieux épurés et décorés avec goût, je m’y sens bien. Légèrement apaisée, mais aussi un peu excitée. Des luminaires modernes, des étagères bien garnies, de jolis accessoires et des fauteuils invitants. Certaines de ces chaises pivotent et s’ajustent au gré des besoins. De belles pantoufles attendent les invités afin qu’ils se sentent comme chez eux.

Ce sont des détails qui m’accrochent et qui font que je m’y sens comme chez moi.

Les sourires y abondent, l’ambiance feutrée invite à la détente et au bien-être et même le verre d’eau qu’on me sert semble meilleur que celui des autres. Quand je prends place sur un des fauteuils, tout ne fait que commencer.

Échange rapide de regards, on entre aussitôt dans le vif du sujet. La relation de confiance s’installe rapidement, on apprend vite vite à se connaître un peu, on parle de notre parcours, de notre vécu.

Je me laisse aller.

Totalement.

Ma visite en ces lieux est un voyage pour les sens. J’aime ce que je ressens quand on me touche, j’aime les effluves qui envahissent mes narines, j’apprécie ce que je vois et ce que j’entends. Je découvre de nouveaux produits, des outils, des trucs que je pourrai mettre en application. Je me sens écoutée, conseillée.

Je m’abandonne au changement sachant que je pourrai toujours revenir au point de départ après quelques mois, si j’en ai envie. La perspective d’une nouvelle version de moi est trop tentante.

Ses mouvements sont fluides, pleins d’assurance. La confiance prend le dessus sur le peu d’appréhension que j’avais au départ. J’ai la conviction de vivre un moment privilégié qui me fait du bien. De décrocher complètement de mon stress, de mes inquiétudes. D’oublier ce qui constitue ma vie l’espace de quelques minutes. Je vis chaque étape pleinement, jusqu’au bout.

Je me sens légère. Plus jolie aussi à ce moment précis.

Je bouge la tête un peu, je souris, je me regarde dans le miroir. J’apprivoise tranquillement l’image qu’il me renvoie. L’image qui me fait vivre des émotions sommes toutes banales, mais qui sont tout de même assez pertinentes pour que j’en parle ici.

Aujourd’hui, j’ai essayé un nouveau coiffeur…

Il s’appelle Simon.

Pis je l’aime ben.

 

 

Pour en apprendre plus à son sujet, c’est ICI et ICI.