Les chroniques d’une hyperactive au repos forcé : retrouver la liberté une étape à la fois

Retrouver la liberté

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Après un accident où le corps est soumis à plusieurs épreuves qui le ralentissent, chaque petite victoire est significative.

Lors de la chute qui m’a brisé la cheville, mon corps au complet a subi des dommages parce qu’il a dû compenser pour ma jambe qui était soudainement devenue inutilisable.

Au début, juste arriver à prendre ma douche était un défi particulièrement difficile à relever. J’avais besoin d’aide en tout temps pour ne pas tomber, et je ne devais laver ma jambe droite qu’avec une débarbouillette pour ne pas mouiller mon plâtre. Quel bonheur lorsque j’ai pu enlever celui-ci et tremper dans un bon bain chaud !

Lorsque j’ai commencé la physiothérapie, j’étais plus qu’impatiente et motivée à célébrer les prochaines victoires. Ce fut donc un grand moment de bonheur lorsque j’ai enfin pu dire adieu à mes béquilles et ma botte orthopédique pour recommencer à marcher.

Les pieds un peu croches, le poids réparti majoritairement sur le talon, la jambe raide comme une barre et la démarche digne d’une dame de 97 ans.

MAIS JE POUVAIS MARCHER !

C’est tout ce qui comptait pour moi à ce moment-là.

Plus besoin de calculer mes déplacements pour éviter de me fatiguer inutilement, plus besoin de m’empêtrer dans mes béquilles ni de peser sur les boutons réservés aux personnes présentant un handicap pour ouvrir les portes. J’avançais à pas de tortue, mais j’avançais toute seule. On sous-estime tellement ce que ça représente d’avoir un corps en santé et fonctionnel.

Je retrouvais ma liberté après des jours interminables à être à la merci des autres.

J’ai pu retrouver le plaisir de conduire ma voiture le lendemain de mes premiers pas sans aide. J’avais le droit de faire de petites distances, tant que je restais prudente.  

Me retrouver à nouveau derrière le volant avec de la musique et le sourire pour aller à mon rendez-vous de physiothérapie le jour suivant fut tout simplement magique. C’est à peine à 7 minutes de la maison, mais le trajet a duré plus longtemps parce que je savourais le moment.

Lorsque j’ai fait ma première sortie « officielle » quelques jours plus tard, tu n’as jamais vu une fille aussi heureuse d’aller faire son épicerie toute seule. Ça m’a pris le double du temps habituel, j’attirais les regards parce que ma façon de marcher semblait bizarre, mais je m’en foutais.

J’étais libre.

Ok, j’exagère peut-être un peu. Je n’étais pas en prison depuis 2 mois ni dans le coma.

Mais j’appréciais ce que j’avais et mon regard brillait à l’idée de reprendre une vie normale. Habituellement, je déteste faire l’épicerie, mais ce jour-là, ça m’a semblé une activité des plus agréable et surtout, j’étais fière de mes progrès.

Ma convalescence est loin d’être terminée.

J’ai mis deux jours à me remettre de mes exercices et de mes sorties. Ma cheville devenait enflée le soir et le sac magique était mon meilleur ami. Par contre, j’étais loin d’éprouver la même douleur que les semaines précédentes.

Le vrai test sera de reprendre le travail et ma routine quotidienne complète.

Je sais cependant que je suis sur le bon chemin et que chaque victoire mérite d’être soulignée.

Dans un avenir rapproché, je pourrai enfin clore ce chapitre de ma vie.

À suivre…

Photo de signature pour Jennifer Martin.

Les chroniques d’une hyperactive au repos forcé : la routine s’installe toujours malgré tout

Les chroniques d'une hyperactive : la routine

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Quand je pense que depuis maintenant deux mois, mon quotidien s’est trouvé chamboulé et complètement désorganisé par ma fracture, je n’en reviens pas de constater tout ce qui s’est passé pendant cette période.

J’ai peut-être eu l’impression que les jours étaient interminables, mais je suis forcée de constater qu’une insidieuse routine s’est aussi installée malgré tout.

La fameuse routine…

Parfois si réconfortante, mais aussi capable de nous faire douter de nos choix, de notre quotidien et de notre avenir. C’est une arme à double tranchant redoutable, qui fait peur par sa rapidité à s’installer sans même qu’on s’en rende compte. Dire qu’il nous arrive de la créer nous-même en pensant que c’est ce dont nous avons besoin.

Mais Paulo Coelho avait bien raison : « Si vous croyez que l’aventure est dangereuse, essayez la routine. Elle est mortelle. »

Les chroniques d'une hyperactive : la routine

C’est donc après quelques semaines à la maison que j’ai réalisé que j’en avais aussi instauré une malgré moi, une routine dans mon nouveau quotidien d’hyperactive au repos forcé.

Je me lève tous les matins avec mon fils et mon conjoint qui partent respectivement pour l’école et le travail. Si, pendant quelques jours, j’en ai profité pour retourner au lit après leur départ afin de rattraper les heures de sommeil perdues à cause de la douleur, maintenant j’en profite pour simplement flâner au lit en regardant le soleil se lever.

Loin de moi l’idée de me plaindre de ne pas être à la course chaque matin. Je dois avouer que c’est vraiment un petit bonheur que j’ai appris à apprécier que de m’enrouler dans les couvertures pour regarder la télé ou mon téléphone de longues minutes et me réveiller en douceur.

Toute cette saga de cheville brisée n’aura pas eu que des mauvais côtés.

Je prends un déjeuner léger, moi qui en prends plutôt des copieux lorsque je travaille et que je dois faire le plein d’énergie pour la journée. Depuis deux mois, je me contente d’un smoothie et de fruits accompagnés de granolas. Je prépare le tout en écoutant de la musique, chose que je ne fais jamais habituellement alors qu’en fait j’adore en écouter depuis toujours.

J’ai reconnecté avec mes artistes préférés en plus d’en découvrir d’autres, c’est bien aussi je trouve.

Par la suite, je me plonge dans l’écriture ou dans Netflix pour regarder Gossip Girl, que je découvre 10 ans plus tard que tout le monde. Je profite de deux ou trois épisodes pour faire mes exercices de physiothérapie. Je me fais un dîner léger et je remarque que la journée s’écoule de plus en plus vite lorsque mon fils revient à la maison vers 15h.

Je me lance dans la préparation du souper avec un peu plus d’enthousiasme que lorsque je travaille. Je n’aime pas nécessairement plus cuisiner, mais de ne pas me sentir bousculée par le temps aide beaucoup à y trouver un certain intérêt. Je n’arrive pas comme un cheveu sur la soupe à la maison à 16h45 pour retrouver la vaisselle du matin dans le lavabo et une maison dans le même état que je l’ai quitté. Je n’arrive pas à bout de souffle d’avoir travaillé toute la journée et le cerveau trop en compote pour avoir des idées de soupers équilibrés qui se font en moins de 15 minutes. J’ai le temps de penser à dégeler quelque chose en me levant le matin et de surfer sur le Net pour trouver des recettes. Je trouve même parfois la motivation de tenter quelque chose de nouveau, ce que je réserve plutôt aux repas de fin de semaine habituellement.

Je me couche le soir, sensiblement à la même heure que lorsque je travaille. Mon sommeil est revenu au beau fixe, la douleur ne venant plus troubler mes rêves. Je dors 8 heures consécutives, le cerveau beaucoup moins dérangé par le hamster qui s’agite dans mon esprit et qui normalement m’empêche de dormir paisiblement.

En me lisant tu dois trouver qu’il y a finalement pas mal de points positifs à être en convalescence à la maison. Oui mais…

Ça devient routinier quand même. Et redondant.

C’est quand même approximativement la même chose jour après jour. Sauf peut-être les fins de semaine, mais même encore, mon fils et mon chum eux la fin de semaine veulent se reposer. Alors que moi j’aimerais bien profiter de leur présence à la maison pour sortir et faire des trucs avec leur aide.

C’est ce que ça fait la routine. On se crée des repaires dans le temps, pour avoir une impression de contrôle.

Parce que c’est tellement facile de se glisser les pieds dans des pantoufles et de s’arranger pour qu’elles deviennent vites confortables.

Et de ne plus avoir envie de les quitter.

À suivre…

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Les chroniques d’une hyperactive au repos forcé : la réadaptation

Les chroniques d'une hyperactive la réadaptation

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C’est aujourd’hui que je peux officiellement débuter ma physiothérapie, enfin.

Je suis en train de devenir folle à rester à la maison, mon cerveau part dans toutes les directions et je commence à avoir l’impression que je serai cloîtrée chez moi jusqu’à la fin des temps. J’ai envie de marcher, de courir, de faire de la raquette dans la belle poudreuse qui ne cesse de s’empiler devant ma maison et surtout d’aller où bon me semble au volant de ma voiture.

Lorsque j’arrive à la clinique, je ne sais pas du tout à quoi m’attendre à part bouger ma cheville pour faire en sorte qu’elle puisse retrouver sa mobilité et pour permettre à mon pied de revenir en parfait état.

Je suis donc plutôt impatiente de savoir ce que je devrai faire au cours des prochaines semaines pour y arriver et je peux te le dire, très confiante d’y parvenir de manière rapide.

Je n’ai pas l’intention de traîner en longueur la dernière étape de ma guérison. Je suis jeune, active, en santé et je ne vois pas pourquoi ma cheville ne voudrait pas me donner tout ce mérite d’avoir presque toujours pris soin de mon corps et coopérer avec ma volonté.

Dès mon arrivée devant Marie-Hélène, la physiothérapeute en charge d’établir mon programme de réhabilitation, je suis en confiance qu’elle pourra m’aider à atteindre mon objectif.

On sympathise tout de suite et on entre rapidement dans le vif du sujet : « Ouf, tu ne t’es pas manquée » qu’elle s’empresse de constater.

Merci, mais ça je le sais déjà.

« On va travailler fort, mais je considère que tu devrais pouvoir retrouver toutes tes capacités d’ici 4 ou 5 mois ».

QUOI?!? COMBIEN?!?

J’ai sûrement mal compris.

Il ne suffira pas de quelques séances par semaine pendant un ou deux mois maximum pour que je sois rétablie?

« Mais ne t’inquiète pas, on va y arriver! »

Le seul mot que j’arrive à prononcer c’est « ok ».

Avec un petit soupire, mais un air déterminé.

Elle commence par étudier ma cheville sous tous les angles. Elle tâte mes cicatrices, qui selon elle guérissent très bien, manipule ma cheville à gauche et à droite en plus de mesurer mon taux de flexibilité. Tout ceci n’est pas douloureux, simplement un peu inconfortable. Elle se contente d’examiner les dégâts et le travail qu’il y a à faire pour réparer le tout. Elle m’annonce que je devrai venir la voir 3 fois par semaine, au moins jusqu’à mon prochain rendez-vous chez l’orthopédiste, prévu le 15 février.

Elle me dicte les exercices à faire à la maison, trois fois par jour, à tous les jours. Me conseille d’étirer la peau autour de mes cicatrices pour détendre celle-ci qui est complètement tendue depuis l’accident. Je dois aussi prendre des bains de pieds où je dois alterner l’eau glacée et l’eau chaude. Elle promet de m’envoyer mon programme d’exercices par courriel et on me donne mes deux prochains rendez-vous avant de me dire au revoir.

Pas plus compliqué que ça, je retourne chez moi avec l’envie de travailler fort et la motivation dans le tapis.

Les deux séances suivantes durent à peine une demi-heure. Marie-Hélène manipule ma cheville comme de la pâte à modeler, fait des exercices d’assouplissement en la tâtant d’un bord pis de l’autre.  J’ai un gros travail à faire sur moi pendant qu’elle manipule ma cheville, puisqu’habituellement je ne supporte pas de me faire masser.

Ouais, je suis bizarre de même.

Je déteste me faire tripoter et quiconque m’offre un massage ne tombe pas du tout dans mes goûts. Je suis très bonne pour en faire aux autres, mais pas question de me laisser faire à mon tour. Je me sens inconfortable après 10 minutes à peine et mon cerveau n’arrive pas à se détendre pour profiter du moment qui m’est offert. Alors inutile d’insister, ce n’est pas pour moi. Je dois donc doublement me concentrer pour accepter les mains de Marie-Hélène qui s’acharnent dans chaque recoin de mon pied.

Je travaille fort à la maison, je sens que l’enflure diminue peu à peu et j’ai même la chance de voir un certain progrès lors du 3ème rendez-vous de la semaine, moment où elle constate que j’ai gagné en flexibilité après deux jours seulement.

Ça me donne espoir que je pourrai déjouer son pronostic et retrouver mes facultés dans un plus court laps de temps.

4 ou 5 mois? Pfff…je vise 3 mois maximum. J’aime ça me fixer des buts et des objectifs et essayer de les atteindre rapidement.

C’est un peu ça qui arrive quand t’es hyperactive.

Mais la réalité te rattrape souvent alors que tu croyais que ce serait facile.

Lors de mon jour de repos après 3 jours consécutifs à travailler avec Marie-Hélène, je me lève le matin avec la cheville très enflée, douloureuse et très sensible. Je peux à peine y toucher pour masser mes cicatrices et j’ai l’impression qu’elle est aussi sensible que lorsque je suis tombée. On m’avait pourtant bien avertie que ce ne serait pas facile et que tout ceci était normal. Je m’en doutais, mais évidemment je croyais secrètement que ça ne serait pas le cas et qu’une fois commencé le processus d’exercices et de traitement, j’allais faire ça les deux doigts dans le nez.

Non.

Mon corps me dit clairement : « calme-toi la grande, c’est moi qui décide. »

Alors voilà où j’en suis pour l’instant. Toujours confinée à la maison, à travailler fort pour que ça progresse enfin vers la fin de la guérison.

À suivre…

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Les chroniques d’une hyperactive au repos forcé : le grand jour… ou presque

le grand jour ou presque

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Déjà 52 jours que je suis tombée.

52 longues journées où le temps est suspendu et que ma vie quotidienne est sur hold.

Si le pire est passé, la guérison totale, elle, se laisse désirer. Et teste ma patience à son maximum.

Mais aujourd’hui, c’est le grand jour !

Après les 5 semaines prévues à ma convalescence, où j’ai dû porter une botte orthopédique qui me donne l’air d’un robot et entrave la plupart de mes mouvements, je vais voir l’orthopédiste pour savoir où en est le progrès de ma cheville amochée.

J’étais plutôt fébrile ce jour-là. Je me suis levée tôt, j’étais heureuse d’avoir une trop rare occasion de sortir de la maison même si c’est pour aller dans un hôpital.

Je ne sais pas si c’est une coïncidence, mais le jour où je suis tombée, il neigeait, le jour où on a retiré mon plâtre aussi et il tombait également quelques flocons ce matin-là. Est-ce qu’il y avait quelque chose à comprendre ?

Bof, parfois je ne m’interroge pas trop longtemps sur les hasards de la vie.

Bref, ce jour-là, je suis vraiment impatiente de savoir ce qui m’attend et j’ai vraiment l’impression que ça y est. Je vais enfin pouvoir marcher, retrouver ma liberté et reprendre ma vie où je l’ai laissée, il y a 52 jours.

Longue attente en radiologie, la glace est beaucoup plus destructrice en ce début janvier qu’en novembre, moment où j’ai eu affaire à elle. Les patients avec des attelles, des plâtres, des béquilles et des fauteuils roulants s’entassent dans la salle d’attente et se succèdent les uns après les autres sous les rayons X.

J’ai le temps de sympathiser avec une dame qui a l’épaule brisée et un homme au fémur fracturé, résultat de chutes sur la glace pour eux aussi. On déplore la température, les contraintes face à nos blessures et les faiblesses du système de santé québécois, bien que dans mon cas les planètes aient été alignées pour que je sois prise en charge rapidement, il n’en est rien pour la gentille dame qui a dû attendre 22 heures à l’urgence avant de voir un médecin. 

Après mon passage sous les rayons, c’est avec confiance que j’entre dans le bureau de mon orthopédiste pour entendre son verdict à la suite de l’évaluation de mes radiographies.

« Tu sais que ce n’est pas une fracture standard que tu as là. »

Évidemment.

Quand je me casse quelque chose, ça ne peut pas être de façon normale. Il fallait que je trouve le moyen de me fracturer la cheville de façon non conforme.

« Alors ta réadaptation sera plus longue et plus complexe que pour une fracture habituelle. »

Bien sûr.

Ce serait trop facile de simplement enlever ma botte, et que tout soit beau.

Bon, je ne m’attendais pas à ce qu’elle me dise : « lève-toi et marche ». Mais j’espérais quand même qu’elle me dise qu’après juste un peu de travail en physiothérapie, je serais en mesure de reprendre ma vie comme avant.

Eh bien non, je dois porter ma botte encore deux semaines avant de pouvoir mettre du poids sur mon pied et au moins une semaine supplémentaire avec celle-ci pour m’aider à marcher.

L’image où je prends ma voiture dans quelques jours pour retrouver une partie de ma liberté s’estompe une fois de plus. Je dois la mettre de côté pour encore 3 semaines au moins.

Sur le coup, le découragement pointe de nouveau à l’horizon, mais je le mets vite de côté quand elle m’apprend que je pourrai quand même commencer la physiothérapie dès le lendemain.

Enfin, des sorties hors de la maison pour aller me délier les jambes et me permettre de faire quelques pas (allô le jeu de mots) vers la guérison.

Elle m’explique aussi qu’étant donné que je ne fais pas un travail de bureau (je suis éducatrice) et que je bouge et me déplace beaucoup dans le cadre de mes fonctions, je ne peux retourner au travail sans être rétablie à 100 %.

Elle me donne donc mon prochain rendez-vous… dans 6 semaines. 

37 jours précisément.

Plus que la moitié des journées que je viens de passer.

« Mais ça guérit bien »

C’est ce qu’elle me dit avant de quitter son bureau.

Ben coudonc, m’a me contenter de ça pour l’instant.

Ma « fracture non standard » guérit bien.

Dès le lendemain, je me lève, gonflée à bloc, prête à appeler dès l’ouverture le bureau de la CNESST pour leur faire mon rapport et surtout, appeler la clinique de physiothérapie la plus proche de la maison pour obtenir mon premier rendez-vous.

J’ai décidé de voir le côté positif : le pire est derrière moi.

Je vais suivre les recommandations à la lettre, me reposer… et enfin réaliser que je devrais profiter du temps que j’ai à la maison. Et faire des choses que je me plains de ne pas avoir le temps de faire en général.

Comme cuisiner, binge-watcher des séries sur Netflix, écrire encore et toujours plus de textes et surtout dormir le matin. Maintenant que la douleur n’écourte plus mes nuits, je vais rattraper les heures de sommeil qui étaient manquantes avant même mon accident.

Et me dire que la vie fait parfois bien les choses même dans le chaos.

À suivre…

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La fois où… je me suis fait insulter par des trolls sur Internet

La fois où...je me suis fait insulter

C’est bien connu, donner son opinion sur Internet en 2019 est un sport dangereux.

Derrière leurs écrans, même les plus faibles se sentent supérieurs aux plus grands dirigeants de ce monde. On peut tout dire à tout le monde sans nécessairement faire face aux conséquences.

Cachés derrière des pseudonymes et des photos anonymes, les trolls écrivent des phrases cruelles sans aucune considération envers les gens à qui elles s’adressent. Avec des majuscules, des emojis, des gifs, des photos ou encore des montages, on peut répondre de multiples façons à tout et tout le monde sur Internet.

Ceux qui ont le malheur de ne pas avoir les mêmes valeurs ou les mêmes façons de voir les choses que nous sont prompts à sortir des phrases blessantes, des commentaires méchants complètement gratuits dans le but de faire réagir ou de carrément faire du mal.

C’est en sachant tout ça pourtant que je me suis quand même risqué à émettre mon opinion sur une page s’adressant aux fans des Canadiens de Montréal. Si j’ai une grande connaissance de notre sport national, je ne peux quand même pas prétendre à un poste d’entraîneur ou de directrice générale. J’aurais manifestement dû me souvenir de ce fait avant d’y aller de mon petit commentaire à propos de la blessure controversée de leur joueur vedette.

J’émets parfois mon opinion sous des articles qui traitent de sujets qui me tiennent vraiment à cœur ou que je juge complètement inappropriés et ceux-ci sont toujours bien reçus. Je m’efforce d’être objective, de connaître le sujet et de m’exprimer dans un langage approprié avec un français très respectable. Pour ma part, j’accorde toujours plus d’attention aux personnes qui procèdent de la même façon dans leurs commentaires. Je sais que la facilité à s’exprimer et à écrire correctement la langue française n’est pas donnée à tout le monde, mais je crois que si tu prends le temps de bien rédiger ton opinion, de manière réfléchie et non spontanée, il y a plus de chance que ton message passe mieux.

Mais ça, c’est mon opinion sur le sujet.

C’est lorsque j’ai commencé à récolter des commentaires haineux sous la publication de la page en question que j’ai réalisé que certains sujets sont des terrains plus glissants où s’aventurer.

La politique, l’argent, notre système de santé, la sexualité et même la maternité sont des sujets que j’évite habituellement sur Internet. Je lis les articles, les commentaires, mais je m’abstiens de répondre à la plupart, parce que je sais à quel point il est facile de perdre le contrôle dans une conversation qui se déroule derrière des écrans et que ces sujets sont les plus susceptibles de déraper.

Mais après mon expérience et surtout après avoir pris connaissance de la controverse entourant Maxime Comtois, le capitaine de l’équipe canadienne de hockey junior, je peux désormais classer le sport dans cette catégorie. En effet, lors du championnat mondial de hockey junior, le joueur de 19 ans a fait face à de virulents commentaires sur les réseaux sociaux à cause de son tir de pénalité raté lors de la période de prolongation. L’équipe a par la suite perdu la partie et s’est vue éliminée par l’équipe finlandaise. Maxime a reçu des dizaines de messages, les pires lui suggérant de mettre fin à ses jours après cet échec. Je suis encore sous le choc de la violence des mots utilisés à l’endroit d’un garçon d’à peine 19 ans. Je t’invite d’ailleurs à lire ICI, le message qu’il a adressé à ceux-ci sur son compte Twitter quelques jours plus tard.

À la suite de cet étalage de la bêtise humaine, j’aurais dû une fois de plus penser à m’abstenir de passer un commentaire sur la page consacrée en grande majorité au tricolore. Comme quoi, il faut parfois se brûler une première fois pour apprendre de ses erreurs.

Tout ça pour dire que, quelque jours après cet événement qui a fait la une des journaux, j’ai reçu, pour la première fois, des insultes de la part de trolls qui n’ont trouvé rien de mieux à faire que d’utiliser un langage ordurier pour me remettre à ma place et me faire regretter d’avoir osé exprimer mon opinion.

Certains m’ont dit que je devrais me contenter d’être belle et de me la fermer, une autre m’a dit que je devrais me taire parce que je ne disais rien d’intelligent et le plus cinglant de tous m’a même accusé d’être « mal baisée ». Des propos qu’on lit avec stupeur, mais aussi avec une certaine fascination. Hypnotisée par ces commentaires méchants, je n’ai pu m’empêcher de cliquer sur leurs profils pour essayer de comprendre d’où pouvait provenir leur aversion envers moi après quelques mots affichés dans les commentaires.

J’ai vite décidé de passer à autre chose et de prendre encore plus conscience des propos que je peux émettre sur la Toile.

Si quelques personnes ont semblé accorder de la crédibilité à mes propos, c’est ceux qui m’ont insulté qui ont occupé mon esprit et m’ont montré à quel point la haine sur Internet n’est pas un sujet qui s’essouffle en ce début de l’année 2019.

Même après avoir fait l’objet de nombreux documentaires ou de plusieurs séries-chocs, les trolls sont plus actifs que jamais et ne semblent pas vouloir arrêter leur travail de démolition.

Et ceux qui pensent qu’ils n’entrent pas dans la catégorie des trolls en commentant de manière négative la coiffure d’une vedette, détrompez-vous. Même chose si vous insultez l’auteur de votre téléroman préféré parce que vous n’êtes pas satisfaits de sa manière de boucler les intrigues.

Les trolls prennent forme de plusieurs manières et à différents niveaux. Ne tombez pas dans le piège.

Internet peut être une incroyable plateforme et peut même sauver des vies.

Tout comme elle peut en détruire.

Et c’est ce qui est le plus inquiétant.

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Les chroniques d’une hyperactive au repos forcé : les sentiments contradictoires

Chroniques d'une hyperactive au repos forcé : les sentiments contradictoires

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Noël est passé, le chum est retourné travailler et le fils fait son possible pour me remonter le moral. Et surtout… profiter du fait que sa maman ne peut pas sortir ni conduire pour enchaîner les heures à jouer sur sa console de jeux. Mais on se fait aussi des journées pyjamas à boire du thé et regarder des films. À 12 ans, je me dis que c’est l’fun de pouvoir étirer ces petits plaisirs qu’on voit disparaître à mesure que l’adolescence fait son apparition.

La prochaine étape de ma guérison pointe à l’horizon, mais pour l’instant, les heures ont recommencé à s’écouler lentement dans ce calendrier de jours de congé non sollicité.

Après une accalmie où, contre mauvaise fortune bon cœur, j’ai accepté la situation avec optimisme, je passe maintenant par une nouvelle phase : celle des sentiments contradictoires.

Je m’explique.

Après avoir vu mon entourage passer à travers le mois complètement fou de décembre et arriver à Noël la langue à terre, je me suis réjouie un instant de ne pas être dans le même état d’esprit qu’eux. Je me reposais. Je n’avais pas à me précipiter dans les magasins pendant mes heures de pause pour faire 1001 courses. Je n’avais pas à me rendre à des événements pour le blogue et conduire dans les embouteillages. Je n’avais pas à cuisiner des plats d’avance pour espérer gagner de précieuses minutes dans le rythme effréné de la routine hebdomadaire. Je n’avais pas d’autre choix que d’attendre et prendre soin de moi.

Même si on ne m’a jamais autant dit à quel point j’avais l’air zen et reposée que dans ce mois où ma vie était sur pause le temps de me rétablir, j’étais quand même triste d’avoir tout manqué.

Depuis que je suis en arrêt, je vis dans une espèce de bulle où je suis coupée du monde et où je n’ai que très peu de responsabilités.

Et c’est là que mes contradictions prennent tous leurs sens.

J’aime ça. Et je n’aime pas ça.

J’aime, l’espace d’un instant, que personne ne dépende de moi. Je suis contente de ne pas avoir à mettre le cadran, je n’ai pas le blues du dimanche, je ne me sens pas bousculée, je ne cours pas après mon souffle, je n’ai pas à aller m’entraîner pour me sentir mieux dans ma peau, je ne stresse pas à propos de la routine, du quotidien, du temps qui manque, de ma voiture, de mes relations avec mes collègues de travail.

J’aime la bulle qu’on a momentanément formée au-dessus de ma tête.

Mais en même temps, je ne l’aime pas.

Je n’aime pas cet univers lisse, dénué de surprises, de spontanéité, d’heures qui s’écoulent à ne rien faire. Le sentiment d’échec de ne pas m’accomplir, le sentiment d’être seule au monde, de sentir mon corps inactif s’alourdir et devenir de moins en moins souple me pèse. L’absence de personnes avec qui socialiser autrement que derrière un écran est lourde. Le contact de ma peau avec l’air et le soleil, la liberté de conduire ma voiture, de prendre de grandes marches pour m’aérer l’esprit me manque. J’ai l’impression que je perds mon temps et qu’il ne reviendra jamais.

Tout ceci pour avoir l’impression d’être la personne la plus indécise de la Terre.

Et la personne qui se pose le plus de questions.

Est-ce que j’aime assez ma vie quotidienne pour y revenir et la reprendre comme avant ? Est-ce que c’est le temps de faire les changements qui s’imposent pendant que j’ai le temps d’y penser réellement ? Est-ce que tout ceci est normal comme état d’esprit ? Comment puis-je savoir si la vie ne m’envoie pas le signe que je devrais méditer plus sur ce que je veux ou ne veux pas ? Que je devrais prendre ce temps d’arrêt pour en faire ressortir quelque chose de mieux !

Avoue que tu penses que je suis trop intense.

Que je devrais juste lâcher prise et me reposer tout en sachant que tout ceci n’est que temporaire !

Que je devrais juste regarder Netflix, faire des siestes, lire des livres, prendre mon mal en patience et en profiter pour tous ceux qui aimeraient tellement avoir du temps pour faire tout ça !

Ouais, peut-être.

Ou peut-être que non.

Contradictoire que je te dis.

À suivre…

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Les chroniques d’une hyperactive au repos forcé : trouver le positif

Chroniques d'une hyperactive au repos forcé

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Bon, je crois que je me suis assez lamentée sur mon sort dans les dernières chroniques. Une chute, deux fractures, une opération, de la douleur, un délire de morphine, de l’apitoiement, de la déception, du découragement, de la fatigue, de l’impuissance, une impression de ne plus servir à rien.

Un moment donné, faut passer à autre chose.

Je suis en vie. Je n’ai pas une maladie grave et je serai sur pied dans un avenir rapproché et pourrai reprendre ma vie comme avant, avec un minimum de séquelle, je l’espère et surtout un mauvais souvenir à classer afin de passer à autre chose.

J’ai repris des forces, la douleur s’estompe et n’apparaît plus qu’à l’occasion lorsque je dors la nuit, des nuits trop courtes, mais ça, ce n’est rien à comparer aux premières semaines.

Ma peau cicatrise lentement, laissant de petits morceaux d’épiderme se détacher tel un serpent. Lorsque les plaies seront complètement refermées, je compte bien badigeonner de vitamine E les deux longues cicatrices qu’elles ont laissées sur chaque côté de ma cheville, afin de tenter de les estomper, elles qui auront gravé mon corps à jamais.

Mon chum et moi, on s’est retrouvé.

On ne s’était pas perdu, on avançait dans la même direction l’un à côté de l’autre, mais on était sur le cruise control. On connaissait le chemin, mais on regardait chacun droit devant sans dévier de l’horizon pour échanger ne serait-ce qu’un petit clin d’œil pour s’encourager.

Même quand il a décidé de prendre 3 semaines de vacances pour jouer les infirmiers et m’aider dans ma nouvelle réalité quotidienne, j’avais peur qu’on soit chacun de notre côté. Qu’il soit là pour m’aider à prendre ma douche ou préparer à manger, mais qu’on ne trouve pas les mots ou notre complicité d’autrefois pour passer au travers des journées dans le même espace.

La vie m’a confirmé que j’avais choisi le bon. No mather what.

Mais au-delà de mon corps qui se répare tout doucement, mon esprit prend aussi conscience de plusieurs choses.

Les gens qui sont là pour nous ne sont pas toujours ceux sur lesquels on aurait misé et ça, ça remet les choses en perspective à bien des niveaux.

Quand je suis tombée, j’ai reçu des centaines de messages dans les jours qui ont suivi : le lendemain, après mon opération, quelques jours après aussi.

Des mots touchants, venant pour la plupart de personnes qui gravitent dans mon quotidien de manière régulière. Des paroles réconfortantes et surtout très appréciées lorsque j’étais rendue au plus profond de ma solitude.

Des appels, de la visite, des textos. Des petites attentions qui mettaient un baume sur mon cœur et qui me donnaient l’impression d’occuper une petite place dans leurs pensées.

Des messages de personnes que j’ai à peine côtoyées, mais avec qui l’amitié et les mots vont au-delà de la présence physique. Merci, Sylvie L., c’est important pour moi de te le dire ici, parce que je sais que tu me lis. Tes messages hebdomadaires me font du bien. Toujours. Même si j’ai l’impression que je ne les mérite pas. Merci aussi Chantal, tes mots sont toujours un baume sur mon coeur.

Mais j’ai reçu aussi des petits coups au cœur, de légers pincements vifs et brefs mais qui saisissent.

Venant de personnes que je n’aurais pas soupçonnées.

T’sais les personnes à qui tu t’es toujours dévoué et qui occupent une place importante dans ton quotidien et ton cœur.

Tu réalises que ces pincements sont bien réels et te font prendre conscience que ceux sur qui tu pensais pouvoir compter ne sont finalement pas disposés à le faire, et ce, pour plusieurs raisons. Des bonnes, mais surtout de moins bonnes raisons.

Mais qu’est-ce que je peux y faire ?

Me laisser abattre ?

Penser que je ne compte pas vraiment pour ces personnes finalement ? Faire le choix de devenir égoïste et me concentrer sur moi avant de vouloir leur faire plaisir, vouloir les gâter, vouloir être présente, vouloir être à leur écoute ?

Non.

Parce que ce n’est pas dans ma nature.

J’ai beau recevoir des petits électrochocs directs dans le cœur, je ne veux pas couper le courant.

J’aime trop donner, trop aimer, trop laisser ma petite touche personnelle dans la vie des gens qui comptent pour moi.

Mais je peux être plus sélective, mieux choisir les cibles à qui j’ai envie d’envoyer du love et du beau.

Parce que malgré la douleur, la noirceur, les coups durs, y’a du positif dans tout.

Faut juste le trouver.

À suivre…

Photo de signature pour Jennifer Martin.

Les chroniques d’une hyperactive au repos forcé : passer à côté de l’effervescence des Fêtes

Les chroniques d'une hyperactive

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Je suis tombée le 19 novembre.

35 jours avant Noël.

Noël, ma fête préférée de toute l’année.

Celle qui m’a fait une réputation de « freak du temps des Fêtes ».

Alors que je croyais être rétablie juste à temps pour enfiler ma robe à paillettes, cuisiner des biscuits, faire la tournée des magasins pour trouver les plus beaux cadeaux, organiser de beaux repas avec ceux que j’aime, admirer les décorations extérieures le soir en me promenant en voiture et jouer dans la neige avec mon fils, c’est plutôt à m’apitoyer sur mon sort que je passe le mois de décembre cette année.

Je n’ai pas la force de cuisiner, heureusement que mon chum est là pour me préparer autre chose que des smoothies,des grilled-cheese et des bols de céréales.

Pas la force de faire mes petites bouchées sucrées salées légendaires cette année. À moins que ma tête de cochon prenne le dessus et que je puise dans mes réserves d’énergie pour en faire quelques jours avant Noël, question d’avoir l’impression que rien n’a changé cette année.

J’ai passé à peine quelques heures dans les magasins à me faire regarder avec pitié assise dans mon fauteuil roulant poussée par mon chum qui déteste magasiner.

Mes cadeaux seront sans surprise cette année, je n’ai pas pu déambuler à ma guise, en prenant le soin d’entrer dans chaque boutique pour trouver le petit cadeau qui fait toute la différence. J’ai même dû raccourcir ma dernière visite pour terminer mes achats puisqu’il n’y avait plus de fauteuil roulant et que j’étais épuisée de marcher avec mes béquilles parmi la foule. C’est d’ailleurs incroyable le nombre de commerces qui ne sont pas adaptés pour recevoir les personnes à mobilité réduite. Il y a réellement de quoi s’indigner sur le sujet.

J’ai adopté le linge mou en permanence.

Depuis que je n’ai plus mon plâtre et qu’on m’a donné une botte orthopédique, je peux recommencer à porter des vêtements plus ajustés, mais ceux-ci doivent rester confortables. Je ne peux donc pas porter des jeans, comme je le fais habituellement tous les jours. J’ai bien enfilé une robe pour mon party de Noël au travail, mais comme j’y suis passée en coup de vent, je suis plutôt restée sur ma faim côté outfitsfestifs. 

Côté organisation de repas, je suis très loin de Martha Stewart.

Bon, je ne représente pas l’image de la parfaite hôtesse de maison même lorsque je ne suis pas blessée, mais je désirais organiser le réveillon chez moi cette année avec ma belle-famille. J’ai dû me contenter de recevoir mes amies lors du brunch de Folie Urbaine où je n’ai presque rien préparé, Ariane et Karine apportant tout ce dont j’avais besoin ou presque.J’ai au moins eu la chance de sortir ma nouvelle nappe achetée en solde chez Simons lors du Black Friday et de dresser une belle table. Je passerai donc un Noël très tranquille puisque mon chum travaille le 24 et le 26 et que je serai confinée à la maison à attendre son retour. Mon fils et moi risquons de faire le plein de câlins… et peut-être qu’on va se bourrer la face de pâte à biscuits pas cuite et de bouchées sucrées salées.

Je ne peux aller prendre de grandes marches, glisser avec mon fils, patiner ou faire de la raquette, moi qui en ai reçu une paire au printemps dernier et qui attendais avec impatience les premières bordées de neige pour aller me perdre dans le bois. Quelque chose me dit qu’elles vont rester dans le cabanon cette année.

À moins qu’on ait de la neige jusqu’en avril. Ça, ça se peut.

Je n’ai pas utilisé ma voiture depuis mon accident puisque c’est la cheville droite qui se retrouve immobilisée jusqu’à j’sais pas quand.

C’est le plus long délai sans prendre le volant depuis que j’ai mon permis de conduire. Et même si je ne suis pas fervente des longs trajets en voiture, ma liberté me manque et surtout la possibilité d’aller admirer les décorations de Noël et les marchés éphémères qui ont lieu un peu partout pendant cette période. Pas question d’aller me promener à Montréal, si belle sous les flocons et les lumières.

La magie de Noël passe tout droit cette année, mais elle reviendra en force l’année prochaine.

Je l’espère.

Les chroniques d’une hyperactive au repos forcé : la lenteur de la guérison

Chronique d'une hyperactive

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Deux jours après l’opération, quand les antidouleurs ont fini par agir sur ma cheville plutôt que sur mon cerveau, j’ai commencé à reprendre momentanément le dessus.

J’ai eu la chance d’être bien entourée.

Mes hommes toujours fidèles au poste pour m’aider et m’épauler.

Mes parents sont venus faire du ménage et me porter de la bonne bouffe.

Ma belle-maman est venue me tenir compagnie et me cuisiner de la soupe.

Mon beau-papa m’appelait personnellement pour prendre des nouvelles.

Les messages publics et privés sur Facebook me remontaient le moral.

Ma meilleure amie bien que physiquement loin de moi m’encourageait à distance.

Mes collègues de travail m’ont empêché de culpabiliser de les laisser en plan durant une des périodes les plus achalandées de l’année.

J’ai cessé de me morfondre le temps de leur sollicitude.

Parce que j’étais contente de voir que je comptais pour un plus grand nombre de personnes que je pensais.

Mais la vie étant ce qu’elle est, elle finit par reprendre son cours normal.

L’actualité laisse toujours place à d’autres nouvelles plus récentes, plus sensationnelles, plus captivantes.

Jennifer qui s’est cassé la cheville, ça te donne une couple d’émojis tristes ou wouah sous ton statut, des « bons rétablissements » ou des conseils, mais rien de plus.

Je ne suis pas en train de mourir.

Heureusement.

Mais reste que je tombe vite dans un état où je me demande ce que je vais faire de mon temps, de mes journées et de mes humeurs pour les semaines à venir.

Le vendredi du Black Friday, 4 jours après l’opération, j’ai vécu probablement ma pire journée. Cette journée-là devait pourtant être la meilleure de l’année, je t’explique pourquoi ICI.

Ce matin-là, je me suis levée avec le cœur gros, les larmes prêtes à couler et la mine triste. La douleur, je la ressentais ailleurs que dans ma cheville.

Pathétique, mon affaire ? Aux yeux de certains, peut-être.

Mais pour moi, c’était une journée difficile. Celle que je devais vivre chez moi plutôt qu’à l’endroit où j’aurais vraiment aimé être.

J’ai donc magasiné en ligne, la journée m’a coûté probablement plus cher que ce qu’elle devait me coûter au départ.

Faire des achats sous le coup de l’émotion n’est jamais une très bonne idée.

Mais ça fait taire la douleur physique et émotionnelle le temps de quelques clics.

Et quand les paquets ont commencé à arriver quelques jours plus tard.

Les jours suivants se sont passés dans une sorte de lenteur. Mon quotidien oscillait toujours entre le repos, l’exaspération, la colère, la résignation, la douleur, les nuits agitées, le sevrage d’antidouleurs, la lecture, l’écriture, la télévision, et surtout beaucoup trop de temps sur les réseaux sociaux.

Les tâches ménagères s’accumulaient un peu trop vite à mon goût, malgré l’aide de mes hommes. Contempler les miettes sur le tapis et la vaisselle qui s’empile parce que je ne peux la transporter d’une pièce à l’autre sans risquer de faire des dégâts me rend folle. J’ai en horreur les pyjamas et le linge mou que mon gros bandage demi-plâtré me force à porter. Je m’ennuie de mes jeans skinny.

Je rêve de tremper dans un bain, me contentant de ma douche téléphone, le corps à moitié dans la baignoire, entre le chaud et le froid. En ayant toujours la crainte de glisser ou de mouiller son bandage.

Je n’en peux plus de l’engourdissement qui s’installe dans mon corps. Mes membres perdent vite leur vitalité, mes muscles sont de moins en moins visibles, sauf ceux de ma jambe gauche qui supportent mon poids. Je ne sais pas si je vais me retrouver avec un corps disproportionné dans quelques semaines, mais ça se peut que j’aie la fesse gauche plus ferme que celle de droite.

Je n’ai pas mis le pied dehors avant 5 jours qui m’ont semblé 5 semaines. Le samedi suivant mon opération, j’ai ressenti le besoin de retrouver un semblant de vie normale et d’aller faire l’épicerie. Je me suis maquillée, ayant besoin d’un peu plus de fond de teint pour cacher mon teint pâle de fille confinée à l’abri des rayons du soleil. J’ai mis mon linge mou le plus fashion et je suis partie avec mes hommes. La voiture a pris des allures de carrosse de Cendrillon, même les routes que je prends chaque jour avaient des allures de royaume enchanté.

Après 3-4 allées de supermarché à maîtriser les béquilles, j’ai vite réalisé que je ne serais pas superwoman pour les prochaines semaines. Ma tête tournait, mes jambes étaient molles et mon souffle un peu défaillant. C’est incroyable à quel point le corps humain peut se transformer en quelques jours à peine.

Je suis revenue à la maison brûlée, mais heureuse d’avoir vu un peu de lumière. Même si c’est surtout celle de l’allée des produits surgelés.

À suivre…

Photo de signature pour Jennifer Martin.

Les chroniques d’une hyperactive au repos forcé : les premiers jours

chroniques d'une hyperactive

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Après l’opération, dont je ne garde qu’un vague souvenir, heureusement, j’ai vite compris que je n’allais pas pouvoir remarcher normalement de sitôt. La douleur est vite apparue après la disparition des derniers bienfaits de l’anesthésie.

Une douleur vive, pas agréable du tout.

Le genre de douleur où tu dois te parler en maudit pour ne pas hurler et te mettre en petite boule pour pleurer. Je faisais ma tough, encore une fois, sachant que j’étais loin d’être la patiente la plus éclopée de l’hôpital, mais j’avais hâte que les antidouleurs fassent effet et surtout, de retrouver le confort de ma maison pour y dormir pendant 12 heures d’affilée.

Aussitôt le congé signé, je mettais le pied hors de l’hôpital, chancelante, affaiblie par les émotions de la journée et mon jeûne des 24 dernières heures. Avec des nausées accompagnant mon retour à la réalité après un voyage dans les vapes, je me concentrais ben fort à ne pas vomir sur la banquette de la voiture.

Je prenais le chemin de la maison.

L’endroit où j’allais passer les 6 prochaines semaines minimum.

J’avais beau aimer ma maison, elle devenait la cage dorée où j’allais être enfermée contre mon gré pour les prochains jours.

Certains diront que j’exagère. Que c’est plaisant d’être au repos et que je devrais en profiter.

On me l’a beaucoup dit dans les heures qui ont suivi. Et d’autres sages paroles du même genre.

« Profites-en pour te reposer, Jen. »

« Tu vas pouvoir relaxer, prendre du temps pour toi. »

« Ça tombe bien, tu n’arrêtes jamais, la vie t’envoie peut-être un signe que t’en faisais trop. »

« Ce n’est pas la fin du monde, prends-le comme des vacances. »

« Au moins, tu es sur la CNESST, tu vas être payée pour rester chez toi et tu vas pouvoir prendre le temps de guérir. »

Toutes des phrases censées me réconforter.

Oui, on rêve tous de pouvoir prendre du temps pour soi, de marquer un temps d’arrêt pour se ressourcer et reprendre des forces.

Certes, c’est l’fun de ne pas avoir à s’inquiéter de ses factures et de ses paiements, sachant que mon salaire continuera à être déposé toutes les deux semaines. Si j’étais tombée chez moi, ça ferait beaucoup plus mal au portefeuille, surtout à 6 semaines de Noël.

J’ai acquiescé à tous ces sages conseils censés me réconforter.

Oui, ils sont véridiques.

Mais à ce moment-là, je ne voulais pas les entendre.

Je devais être inactive pour un minimum de 2 mois !

Est-ce que quelqu’un pouvait comprendre quelle catastrophe ça représentait pour moi ?

Tu parles d’une fille qui n’arrête jamais.

Qui a toujours 1001 projets, des événements, des sorties, des endroits à visiter, des choses à faire. D’une fille qui a toujours eu beaucoup d’indépendance et de liberté et qui n’aime pas dépendre des autres.

Tu lui demandes de mettre une grosse partie de sa vie sur pause et de l’accepter sans broncher et sans chialer sous prétexte que ce n’est pas la fin du monde ?

Les premiers jours, c’était encore plus difficile.

La douleur, la fatigue constante après le moindre effort. Le fait de dépendre de mon chum ou de mon fils pour me laver, pour me nourrir. Apprivoiser les béquilles, le poids du bandage sur mon pied. Le reste de mon corps qui croule sous la douleur de devoir supporter ma silhouette sur une seule jambe.

Les larmes qui vont et viennent, celles causées par la douleur, les autres causées par la colère que ce soit arrivé à moi.

Les effets secondaires des antidouleurs sur une fille qui n’a jamais pris de drogue, fumé de cigarette et qui ne boit ni alcool ni café. Un beau mélange de tremblements, de confusion, de maux de cœur. De la morphine dure pour une fille qui accepte difficilement de prendre des Tylenols quand la situation l’exige, c’est rough sur le corps et l’esprit.

Après trois jours, j’ai déjà commencé à agir bizarrement.

J’étais seule à la maison, j’étais en sueur juste après avoir trouvé l’énergie nécessaire pour me faire un smoothie pour déjeuner et réussi à laver mon comptoir.

Ces deux simples gestes avaient réussi à me vider de mon énergie. Je me suis assise, dans le silence de ma maison vide et j’ai fixé le mur devant moi pendant de longues minutes.

Je me suis mise à fixer les ustensiles dans le rack à vaisselle et j’ai pensé à Tom Hanks.

Oui, oui, Tom Hanks dans le film Seul au monde.

J’ai commencé à me dire que j’allais devenir amie avec mes fourchettes, que je leur donnerais des noms, que j’allais leur parler et commencer à leur imaginer des scénarios.

Ça y est, je suis folle.

La morphine ne contrôle pas juste la douleur, elle contrôle aussi le côté rationnel de mon cerveau.

J’ai chassé ces pensées aussi bizarres qu’inattendues de mon esprit et je suis retournée me reposer.

Dans les jours suivants, j’ai dû faire le deuil de mon agenda chargé des prochaines semaines. J’ai dû renoncer à ces petites cases remplies sur mon calendrier du mois de décembre, moi qui attendais ce moment avec impatience. C’est probablement ce qui m’a fait le plus mal dans le constat des effets à long terme de ma condition.

Moi qui adore lire et écrire, j’ai mis plus de 7 jours avant d’ouvrir un livre ou écrire quelques lignes. Les idées pour faire ces chroniques se bousculaient dans ma tête, mais j’étais incapable de les coucher sur papier. Je n’arrivais même pas à terminer la lecture d’un article de blogue alors la perspective de me plonger dans les nombreux romans que j’avais à lire ne m’enchantait pas non plus.

Je ne comprenais pas ce qui m’arrivait.

Mon esprit paranoïaque se disait même qu’il y aurait la Jennifer avant l’accident et la Jennifer après. Est-ce que c’est possible de ne plus être la même personne à la suite d’une chute, et ce, même si je ne me suis pas cogné la tête ?

Mon esprit partait dans toutes les directions.

T’sais le genre de chose que fait ton cerveau quand t’as le temps de trop penser justement ?

Ça promet pour les semaines à venir…

À suivre…

Photo de signature pour Jennifer Martin.