La fois où… mon fils m’a dit que j’avais l’air déprimée

La fois où...mon fils m'a dit que j'avais l'air déprimé

Deuxième jour des vacances.

Je ne me souviens plus de ce que j’ai fait le premier. Ce n’est pas tellement important.

Je suis en vacances.

Je me réveille à 8 h, ce qui constitue clairement la grasse matinée pour une fille qui se lève à 5 h 45, 11 mois par année.

Je reste dans mon lit à fixer successivement mon cellulaire et le plafond.

Je savoure le moment.

Celui où tu apprécies enfin de ne pas avoir à te donner une poussée en bas du lit pour te motiver à quitter la maison pour gagner ta vie.

Ces longues vacances dont je rêve toute l’année et qui me permettent de recharger mes batteries pour affronter 11 autres mois où je suis prise dans le quotidien, la routine et le stress constant de me surpasser dans toutes les sphères de ma vie.

Ce matin-là, j’ai l’impression que le monde m’appartient et que le temps ne m’est pas compté. Que je peux disposer de ma journée comme je le veux, au gré de mes envies, plutôt qu’au gré de mes obligations !

Je me lève vers 10 h, je rejoins mon fils, qui est déjà installé confortablement dans le sofa avec son bol de céréales à se la couler douce. Il a adopté assez rapidement la routine des vacances, parce que tout le monde sait combien les enfants s’adaptent beaucoup plus vite que nous à la plupart des situations.

Je l’embrasse tendrement et m’installe près de lui pour le regarder quelques minutes et m’imprégner de son odeur comme je le fais presque chaque jour depuis 11 ans.

Ce matin, il n’y a pas de : « Dépêche-toi de déjeuner Isaak, nous sommes pressés. »

Non, aujourd’hui, il peut attendre que ses céréales soient bien imbibées de lait avant de les manger.

Je m’installe près de lui avec mon smoothie. Celui préparé le matin même et non pas la veille pour gagner du temps dans la course infernale du début de journée. Il goûte divinement meilleur fraîchement sorti du Magic Bullet.

J’ai l’air d’un chat qui se délecte devant un bol de crème.

Je flâne sur internet, je fais une storie sur Instagram de mon verre avec le #jenenvacances.

Je retourne dans mon lit regarder un épisode de Beverly Hills 90210 sur l’une de mes vieilles cassettes VHS.

Je me relève pour faire un peu de ménage, je fais une brassée de lavage.

Je vais quelques heures dehors lire sous le soleil, bien confortablement installée dans ma chaise longue. Mon fils vient me rejoindre à plusieurs occasions pour quelques saucettes dans la piscine.

On est bien, la journée se déroule dans la plénitude. Je me sens zen et pas du tout bousculée par le maudit temps.

En début d’après-midi, une petite phrase est lancée et me fait l’effet d’une bombe.

Pendant qu’il joue à la PlayStation, mon fils me lance un regard et me demande : « Est-ce que ça va, maman ? »

Jusque-là, ça va. Sa sollicitude me touche et je lui souris tendrement en lui affirmant que tout va bien.

Pendant les minutes qui suivent, je poursuis mon trio de contemplation qui fait bouger mes yeux de mon ordinateur à un livre ou au plafond. Je suis toujours bien à faire tout et rien en même temps.

Quelques minutes après, il me redemande la même chose : « T’es sûre que ça va, maman ? »

Là, je suis intriguée. Je le regarde franchement et lui réponds : « Mais oui mon amour, ça va, pourquoi tu me reposes la question ? »

« Parce que tu as l’air déprimée. »

BOUM.

Coup de poignard en plein cœur.

J’ai l’air déprimée alors que mon cœur et ma tête n’ont jamais été aussi coordonnés à profiter de l’instant présent et à faire abstraction du temps qui s’écoule à une vitesse vertigineuse.

Je ne comprends pas.

Mes yeux sont-ils si vides d’expressions à ce moment précis pour que mon fils s’inquiète de mon bonheur ? J’ai pourtant l’impression de dégager la joie et le confort d’être là avec lui, sans pression ni horloge pour nous rappeler que ces heures devraient être consacrées à faire des tâches précises.

Serais-je si habituée à vivre dans un chaos constant qui fait en sorte que j’ai toujours l’air de faire 1001 choses en même temps et qu’au moment où je m’arrête, j’ai l’air désorientée ?

Ça m’a frappé en pleine face.

J’ai tenté d’expliquer à mon bébé que non, je n’étais pas déprimée, mais plutôt très heureuse d’être avec lui. De lui faire comprendre que je suis comblée de ne pas avoir l’impression qu’il me faudrait 30 heures dans une journée pour accomplir tout ce en quoi consiste mon quotidien de maman/amoureuse/employée/amie/blogueuse. Que le hamster dans ma tête a ralenti le rythme au point où il se demande lui-même ce qui se passe pour que je sois aussi peu disposée à le faire travailler. Je lui ai raconté à quel point je tente de jongler avec toutes mes obligations et que cette façon d’être, que lui voit comme une attitude dynamique, n’est en fait qu’un rôle que j’endosse pour garder mon titre de femme qui tente de tout réussir dans la vie.

Je lui ai expliqué aussi qu’il était tellement habitué de ne pas me voir tourner en rond et procrastiner que ce n’est pas parce que je le fais quelques jours que je suis malheureuse.

Au contraire.

Je veux lui faire comprendre que même si je tente d’être la meilleure maman/amoureuse/employée/amie/blogueuse 365 jours par année, il est possible que pendant mes vacances, je me permette de prendre plus mon temps pour y arriver.

Il a été rassuré par mes réponse,s même s’il n’a probablement pas saisi toutes mes explications.

Mais moi, j’ai compris beaucoup de choses ce jour-là.

Et je le remercie de m’avoir ouvert les yeux.

Pour lire les autres articles de la série La fois où… c’est par ICI.

Photo de signature pour Jennifer Martin.  

The Wonder Challenge : Mon expérience

Depuis que j’ai franchi l’âge de la majorité, je suis toujours à la recherche de la meilleure méthode pour m’entraîner.  Je ne pense pas avoir trouvé la solution miracle pour la perte de poids ainsi que l’entrainement, puisque n’importe quelle activité, entrainement ou même plan alimentaire, il y a des côtés positifs ainsi que négatifs.  Dans les prochaines lignes, je vais vous parler de mon expérience personnelle avec le concept du Wonder Challenge de Marialye Trottier, une entraineuse professionnelle depuis plusieurs années.

Ce qui m’a donné l’envie de faire ce challenge est l’accessibilité des renseignements via une plateforme sur Internet. J’avais mon plan alimentaire ainsi que mon plan d’entrainement pour la maison ou pour le gym. Il était possible de faire tes exercices un soir à la maison et l’autre dans le centre de conditionnement physique. Chaque jour, les exercices étaient faits pour travailler une partie du corps en particulier. Si besoin, il avait des vidéos explicatives des exercices en conséquence de l’endroit choisi pour s’entraîner. De plus, les deux programmes ont été conçus pour travailler les mêmes parties du corps. En plus du programme d’entrainement, il y a un plan alimentaire à suivre pour les repas ainsi que pour les collations. Il a un groupe de soutien Facebook avec l’entraineuse et les participants pour les questions, de la motivation ou autres. Il est possible d’avoir des rabais pour des produits, des repas santé ainsi que des suppléments, lorsque nous sommes inscrites à un programme de Marialye. Personnellement, je n’ai pas utilisé de rabais au long de ce challenge, puisque j’ai préparé mes repas et n’ai pris aucun supplément. C’est pour ces raisons que j’ai voulu avoir plus de renseignements concernant ce programme et que je l’ai acheté.

Comme dans tous les programmes, tu es laissée à toi-même pour faire les exercices et respecter ton plan alimentaire. Il n’y a personne qui va te donner la main ou le faire à ta place. Le seul bémol de cette méthode est le suivi en personne qui manque. Je suis une personne qui a besoin d’encadrement durant le processus, jusqu’au moment du résultat. Ce n’est aucunement un mauvais commentaire, puisque cela dépend de chaque individu.

Pour ma part, ce programme m’a fait réaliser que la distance et le laisser aller ne sont pas une bonne méthode pour moi. Le challenge est terminé depuis quelques semaines déjà et je suis encore très heureuse de voir que les participantes s’entraident toujours, que ce soit pour des questions, un bon coup ou un besoin d’aide. Bien que le programme n’ait pas eu le résultat imaginé du départ, pour plein de raisons personnelles, j’ai l’impression de faire partie d’un genre de communauté et d’un groupe de soutien, disponible presqu’à n’importe quelle heure de jour et de la nuit.

Finalement, je suis heureuse d’avoir essayé quelque chose d’unique et de différent tout au long du programme. Même si je n’ai pas trouvé cela facile puisque je n’avais pas de suivi en personne, je le recommande à tous, puisqu’il est tout simplement génial.

 

La fois où…mon enfant a terminé son primaire

Jen parle de son fils qui termine l'école primaire

Je te trouvais si petit pour franchir ces murs.

Leurs briques témoignant de la solidité de sa fondation n’étaient pas suffisantes pour me rassurer.

Je te regardais entrer avec ton gros sac à dos sur tes minuscules épaules et je refoulais mes larmes.

Ces larmes qui menaçaient de sortir après plus de 5 ans à ne pas croire en leur existence.

J’avais le regard triste, la mine déconfite. Tout le contraire de tes yeux brillants et de ton sourire plein de fierté.

Si tu savais comme j’ai pleuré dans mon lit la veille de cette journée et sur le chemin du travail le lendemain. Des rivières de larmes se déversant sur mes joues et menaçant de me couper le souffle. Tu ne l’as jamais su, à quel point ce fut difficile pour moi de te laisser prendre le chemin du savoir et de l’indépendance. J’avais eu la chance de t’avoir près de moi tous les jours pendant 5 ans. Je ne pouvais croire que nous étions déjà là. Qu’il était temps pour moi de mettre une partie de ton éducation entre les mains d’étrangers et que tu ne serais plus jamais exclusivement à mes côtés.

J’ai eu de la chance.

Tu as été bien entouré dès le départ.

Par des fées pédagogiques ayant plus d’un tour de baguette dans leur sac. Des fées passionnées qui sont tombées sous le charme du merveilleux garçon que tu es. Je les ai presque toutes aimées, sauf une. Pas besoin de dire laquelle, toi et moi le savons. N’empêche qu’elle t’a quand même appris quelque chose et pour ça, elle mérite aussi mon respect.

Moi qui avais si peur que tu prennes en grippe l’école, que tu la détestes comme j’ai pu le faire quand j’avais ton âge. J’étais terrifiée que les notions soient trop difficiles à assimiler et que je n’aie pas la patience de te les expliquer. J’avais tellement la frousse de te voir redoubler, de te voir pleurer à la suite d’une note d’examen qui stipulerait que tu as échoué. Je ne voulais pas que tu passes 7 années à te demander ce que l’école pouvait bien t’apporter à part une routine réglée au quart de tour et des devoirs à faire.

Mais la vie m’a comblée, une fois de plus.

Non seulement elle m’a donné le plus extraordinaire des petits garçons, mais en plus, elle m’a donné le plus intelligent. Chaque matin depuis 7 ans, tu te lèves pour aller à l’école sans chialer ou presque. Tu es content de retrouver tes amis et tes professeurs, et les matières se fraient un chemin dans ta tête sans aucune difficulté.

Je suis chanceuse, je le sais.

Je n’ai pas eu à faire appel à des orthopédagogues ou autres spécialistes pour t’aider. Tu réussissais bien, sans même étudier. Combien de fois le cœur a voulu me sortir de la poitrine en regardant tes bulletins ! Alors que je ressentais presque la même angoisse que lorsque je recevais le mien, celle-ci s’évaporait par enchantement en constatant à quel point tu avais de la facilité à assimiler toutes ces connaissances transmises par ces fées que j’aimais d’amour.

Merci Julie, Lucie, Josianne, Nadia, Isabelle, Brigitte et Mélissa. Vous êtes réellement des fées. Et je n’oublie pas les magiciens en éducation physique. Mention spéciale à Josianne, devenue une amie par la suite. Comme quoi il est facile d’aimer une personne qui est dévouée à ton enfant.

Jen parle de son fils qui termine l'école primaire

Cette année fut certainement la plus enrichissante pour toi. Je t’ai vu plus heureux que jamais dans la classe de la belle Juliève, l’une de tes profs chouchous. Dieu sait à quel point elle a été une enseignante parfaite pour le garçon que tu es. Tu t’es épanoui dans ton groupe d’option anglais/art dramatique. Ton petit côté comédien s’est développé, ton vocabulaire s’est éloigné du simple yes, no, toaster et tu t’es même exilé aux États-Unis quelques jours, le temps d’un camp. Ton premier voyage sans moi…

J’ai l’impression que tu as vécu ton année à fond, sachant que tu quitterais définitivement l’enfance une fois arrivé en juin. Si pour toi, ce fut aussi enrichissant, pour moi ce fut une course contre la montre de la grande école secondaire qui menace de me voler mon fils à son tour, comme l’a fait sa précédente école. J’ai ressenti un grand vertige tout au long de l’année, je crois même que je n’ai jamais vu une année scolaire filer aussi vite. Juste de penser qu’aujourd’hui, c’est bel et bien terminé, ma gorge se noue et la rivière de larmes menace maintenant de se transformer en fleuve ou en océan.

Quand je t’ai vu quitter ces murs, ce fut ton tour d’avoir le regard triste et la mine déconfite. Malgré ta fierté, je sais que tu réalises à quel point ces années ont été marquantes et que tout ce que tu y as vécu a forgé des souvenirs qui resteront dans ta mémoire pour toujours.

Le câlin que je t’ai fait en jetant un dernier regard à ces murs qui m’effrayaient tant restera gravé dans mon cœur à tout jamais.

Je sais que je vais survivre à ce nouveau passage.

Que les prochains murs qui t’abriteront en septembre seront encore plus imposants que les précédents. Qu’ils t’offriront aussi des moments exaltants, des moments de doute, de bonheur et quelques chagrins.

Que plein de nouvelles fées ou de nouveaux magiciens croiseront ta route.

Mais ce soir, j’ai le cœur en mille morceaux et je panique en constatant à quel point la vie t’éloigne de moi à une vitesse vertigineuse.

Ce soir, tu n’es plus mon bébé

Tu es mon diplômé de la 6e année.

Photo de signature pour Jennifer Martin.    

Dépression : La médication

dépression la médication

Introduction : Cette série est mon histoire, chaque texte est personnel. En parler est important et j’ai décidé de le faire. Chaque semaine, un texte sortira en rapport avec une thématique. Pour lire la série en entier, rendez-vous ICI.

 

J’avais déjà pris des antidépresseurs dans le passé. J’avais l’impression que ça ne m’aidait pas, alors j’arrêtais de les prendre. L’automne avant ma dépression, mon médecin a insisté pour que je recommence à les prendre, et ce, de manière définitive. Selon lui, tous mes symptômes étaient reliés et ce médicament m’aiderait. En plus de ce médicament, j’avais commencé à prendre quelque chose pour mon estomac. J’ai dû faire un séjour à l’urgence suite à de gros reflux gastriques qui avaient tous les symptômes d’une crise cardiaque, la peur que j’ai eue ! Bref. Je trouvais déjà que c’était beaucoup pour moi deux médicaments, tous deux reliés à l’immense stress que je vivais, mais encore à ce moment, je n’écoutais pas les signes très clairs que j’étais épuisée et que je devais m’arrêter pour me soigner.

Quand je suis tombée en arrêt de travail et que j’ai vécu l’hospitalisation et tout le reste dont je vous ai parlé dans mes précédents textes, on n’a pas changé ma médication sur le coup. Ma psychiatre voulait voir mon cheminement avant. Je suis retournée à l’urgence un soir où j’ai menacé mon chum de me tuer. Ça faisait 2 mois que j’étais en arrêt de travail et j’avais encore plus mal, mon état se détériorait. Je savais que ce ne serait pas immédiat, mais je savais aussi que j’allais vraiment mal et que j’en avais marre de souffrir autant. J’avais besoin qu’on m’enlève ce poids de douleur que je ressentais sans arrêt dans ma poitrine. C’est là qu’on m’a prescrit un stabilisateur d’humeur, un médicament qui est quand même fort. On m’a avisé des effets secondaires, mais je m’en foutais, je voulais vivre, aller mieux.

Ce n’est pas tout le monde qui a besoin de médication pour aller mieux. Pour moi, vivre une dépression en plus d’apprendre à vivre avec un trouble qu’on m’a diagnostiqué au même moment, c’était beaucoup. Avec la thérapie, la méditation, la lecture et tout le reste, j’ai appris à m’écouter plus, à avoir envie d’aller mieux. Je ne dis pas que sans mes médicaments je ne serais pas capable, mais pour l’instant ça m’aide à me construire une routine, à comprendre mon corps, ma tête et à vivre sans souffrance. Cette souffrance qui a détruit des années de ma vie, je ne la ressens presque plus et j’ai l’impression de renaître, d’avoir une chance de reprendre ma vie en main. J’ai trop longtemps pensé que je ne valais rien, que je ne servais à rien, que je méritais tout le mal que j’ai vécu. Aujourd’hui, j’apprends à m’aimer, à avoir confiance en moi et à accepter les épreuves du passé en me déculpabilisant, parce que non, je ne méritais pas cette violence.

Avec la thérapie et la médication, j’ai arrêté de me mutiler, j’ai cessé d’avoir des idées suicidaires et des cauchemars. Dans ma tête, les images de toutes les manières que je pouvais atténuer mes souffrances ont disparu. J’ai encore du travail à faire sur mon estime de moi ainsi que sur ma routine de vie, mais je vais bien et c’est vraiment le plus important pour moi. J’ai enfin la sensation que je peux avancer sans boulet autour du pied. Je serai comme je suis toute ma vie, mais avec un poids immense en moins sur les épaules.

Je ne fais pas la promotion de la médication. Mais je crois sincèrement que celle-ci est utile à beaucoup de gens, moi inclus. J’ai essayé plusieurs choses naturelles, mais sans que ça fonctionne. Je n’ai pas honte de dire que j’ai une béquille qui m’aide à avancer, cette béquille m’aide et je n’ai pas honte de dire qu’elle m’a sauvé la vie.

 Valérie_réviseure

 

 

 

 

 

 

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Dépression : les relations

Introduction : Cette série est mon histoire, chaque texte est personnel. En parler est important et j’ai décidé de le faire. Chaque semaine, un texte sortira en rapport avec une thématique. Pour lire la série en entier, rendez-vous ICI.

Quand on vit une épreuve telle que la dépression, ce n’est pas juste nous qui souffrons, malheureusement, nos proches aussi. Mon mal-être m’a amené à vouloir mourir, à tenter de mourir. J’ai survécu. Je croyais au plus profond de moi-même que les gens autour de moi seraient mieux sans moi. À force de me faire du mal, je leur en ai fait aussi. Les yeux de mon ex-chum (nous ne sommes plus ensemble), je ne les oublierai jamais. C’était de l’amour mélangé avec de la peur, ma mère avait les mêmes. Je me suis rendu compte que les relations que j’entretenais avec les autres souffraient en même temps que moi et que j’inquiétais les gens.

Quand j’ai été hospitalisée, que j’ai eu mon diagnostic et que j’ai débuté la médication et la thérapie, je l’ai senti le soulagement. Pas uniquement le mien, mais également celui de mes proches. Mais quand on est soudainement aussi vulnérable que je l’ai été, très vite les conflits surviennent. J’avais l’impression d’être une enfant qu’on surveille pour ne pas qu’elle fasse de bêtises. Je savais que ce n’était pas pour mal faire, mais un simple comportement ou une parole bizarre et j’avais droit aux milles questions : Ça va ? Es-tu sûre ? J’inquiétais tout le monde et j’avoue que ça ajoutait beaucoup à ma colère que j’avais déjà du mal à contrôler.

Pendant mon arrêt de travail, je sortais à peine de chez moi, je trouvais le temps long et chaque journée était une incertitude. Apprendre à vivre avec mes émotions, c’est un travail immense que je fais encore aujourd’hui. Étant en couple, mon travail sur moi a eu d’immenses répercussions sur mon chum. Cela faisait déjà plus d’une année qu’il me voyait dépérir sans savoir quoi faire ni quoi dire. Mes crises étaient insupportables et elles n’ont pas disparu du jour au lendemain. Il a été patient, adorable même. Mon trouble a brisé beaucoup de choses, il prenait trop de place dans mon couple. Aujourd’hui, nous ne sommes plus ensemble, pas par manque d’amour, ça non, mais il devait penser à lui, prendre soin de lui comme moi-même j’apprends à prendre soin de moi. La rupture est encore douloureuse, je m’ennuie de lui. Il m’a accompagnée dans l’épreuve la plus difficile de toute ma vie, pour ça je l’aimerai pour toujours.

Avec ma famille et mes ami.es, ce n’est pas toujours évident. Des fois, on ne comprend pas mes réactions, mes émotions, mes mots. Je me trouve chanceuse d’avoir des gens autour de moi qui comprennent que des fois, c’est pas de ma faute et qui m’acceptent comme je suis, parce que oui, c’est ce que je suis. J’apprends à travailler sur moi, à apprivoiser cette bête qui m’habite, mais je ne peux pas la détruire, elle fait partie de moi et je dois simplement l’apprivoiser pour la contrôler.

Les relations avec les autres, j’apprends à les entretenir, chose que je n’ai pas toujours su faire, mais on m’a dit que ça s’apprend et je compte bien apprendre. J’ai beaucoup d’amour autour de moi et je n’ai pas l’intention de m’écrouler de nouveau. Je ne veux plus faire de mal autour de moi, juste du bien. Une dépression, ça fait des dégâts, mais j’aime dire que ça crée aussi du beau et c’est à ça que j’ai envie de m’accrocher. Les relations que j’ai aujourd’hui sont plus fortes que jamais et les personnes qui étaient là et qui le sont encore je les aime et pour eux je vais toujours me battre.

 

 Valérie_réviseure

 

 

 

 

 

 

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Dépression : Le jugement 

dépression le jugement

Introduction : Cette série est mon histoire, chaque texte est personnel. En parler est important et j’ai décidé de le faire. Chaque semaine, un texte sortira en rapport avec une thématique. Pour lire la série en entier, rendez-vous ICI.

Quand on dit à quelqu’un qu’on est en arrêt maladie, on se fait demander : « ah oui? Qu’est-ce que tu as? ». La personne te scrute pour voir c’est quoi la cause. Au moment de répondre : « Je suis en dépression », tu vois déjà le jugement traverser les yeux de cette même personne. Je ne veux pas généraliser, ce n’est pas tout le monde qui est comme ça. Ici je parle des personnes qui entrent dans la catégorie : Je-ne-comprends-pas-ce-que-je-ne-vois-pas ». Et malheureusement, il y en a trop. À cause de ces personnes, trop de gens s’isolent, ce qui est la pire chose à faire lorsqu’on souffre. Chaque bonne journée est importante. Je me souviens d’une journée où je me suis levée de bonne humeur, j’étais bien, je me sentais belle. Je me suis habillée, maquillée un peu avant d’aller prendre une petite marche pour aller me chercher un café. Chose que je faisais de temps en temps, bouger fait partie de la thérapie et de la routine qu’on tente de se créer. Ce matin-là, j’ai décidé de me rendre à un café encore plus loin qu’à l’habitude et je l’ai pris sur place. J’étais assise à une table, avec mon café et mon livre. Une connaissance est entrée et on s’est parlé. Elle m’a demandé : « Tu es en vacance?’ ». Je lui ai répondu que non, que j’étais actuellement en arrêt maladie et au fil de la conversation je lui ai confié être en arrêt pour une dépression. C’est là que j’ai vu son regard. Un regard que je déplore, un regard qui ne devrait plus exister en 2018. Elle m’a répondu une phrase que je n’oublierai jamais : « Ah oui? Ça paraît pas, tu as l’air en forme! » Une phrase qui ne devrait également pas exister, tu ne dis pas ça à une personne qui vient de te confier qu’elle vit une des épreuves les plus difficiles de sa vie. Je ne savais pas quoi lui répondre, j’avais juste envie que la conversation termine le plus vite possible. Elle a ensuite enchainé en parlant de sa tante qui elle aussi a vécu une grosse dépression, qu’elle était toujours au lit, etc. Pourquoi compares-tu les gens comme ça? J’avais l’impression d’être un imposteur à ses yeux.

Cette journée qui avait si bien débuté s’est noircit avec cette rencontre. J’ai eu du mal à marcher jusqu’à chez moi, quand je suis arrivée, je me suis écroulée, j’ai pleuré et je me jugeais moi-même. Aujourd’hui je me rends compte que j’aurais pu lui répondre, la sensibiliser. La dépression on ne la voit pas, c’est vrai, mais la souffrance existe. Ce n’est pas parce que la personne souri et sort de chez elle, qu’elle va bien. Elle va mieux à chaque instant où elle ne souffre pas et c’est long.

Je suis restée discrète un moment, malgré ce que les médecins me disaient : de sortir, de faire des choses que j’aime et qui me font du bien. J’avais peur de me faire juger une fois de plus. Après un temps, j’ai pris sur moi et j’ai décidé d’ignorer les autres et de mettre ma guérison en priorité, c’est moi qui suis importante. Après mon retour au travail, j’ai su que certains portaient des commentaires tel que : « elle n’a pas l’air malade ». Ça m’a fait mal parce qu’encore aujourd’hui, je suis fragile, plus forte que jamais, mais encore fragile. Une dépression, ça ne se guérit jamais en entier, il reste des traces et retomber peut survenir n’importe quand. J’apprends encore à faire fi des commentaires, mais le jugement est une chose qui est difficile à ignorer. L’humain est comme ça.

Avant de prononcer un mot ou lancer un regard, pensez à l’humain devant vous et dites-vous que derrière son sourire se cache un courage immense, celui d’être devant vous, de sourire et de prendre le dessus sur sa souffrance qu’il combat chaque seconde.

 Folie Sofia logo reviseure

 

 

 

 

 

 

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Dépression : L’accès à l’aide psychologique 

dépression, l'accès à l'aide psychologique

Introduction : Cette série est mon histoire, chaque texte est personnel. En parler est important et j’ai décidé de le faire. Chaque semaine, un texte sortira en rapport avec une thématique. Pour lire la série en entier, rendez-vous ICI.

 

Une dépression, c’est beaucoup de changements dans une vie. Avoir accès à de l’aide psychologique, ça ne se fait pas en claquant des doigts. C’est difficile. Dans mon cas, puisque je suis passée à l’urgence et que j’ai eu des séjours en psychiatrie et en centre de crise qui m’ont aidée avec les formulaires, j’ai rapidement eu mon évaluation dans un CLSC, 4 semaines plus tard. Déjà là, c’était long, mais on m’a dit que non. Durant les 4 premières semaines où j’étais chez moi, je broyais du noir. Je n’avais pas assez d’outils pour me sentir en sécurité avec moi-même, mais j’étais tout de même chez moi. Dès que mon chum quittait la maison, il m’envoyait des messages textes régulièrement pour prendre de mes nouvelles. J’avais aussi un numéro de téléphone d’urgence qui était un moyen pour moi de parler de comment je me sentais sans que ce soit toujours mon chum qui écope de mes mal-être.

Arrivée au CLSC pour mon évaluation, la travailleuse sociale m’explique qu’elle doit me faire remplir des formulaires et que je dois répondre à un questionnaire. Une fois de plus, je dois tout raconter, durant plus d’une heure, même si c’est déjà écrit sur 2 papiers. C’est la procédure. Par la suite, elle me mentionne que mon dossier sera acheminé à un autre service qui déterminera ma cote de priorité. Dans ma tête, je me suis dit : « Je veux juste mourir, y’a rien d’urgent là ! » Mon médecin de famille, étant généraliste, ne pouvait rien faire pour moi. Il me répétait qu’il attendrait les recommandations d’un psychiatre dès que j’en aurais un. Il signait mes papiers et c’était tout. J’avoue avoir pleuré énormément. L’incompréhension est immense, surtout quand tu es sans cesse lancé d’un bord et de l’autre du système de santé. J’ai tellement entendu la phrase : « Il y a des listes d’attentes, on a trop de demandes. » J’avais l’impression de m’enfoncer encore plus, je me faisais du mal physiquement pour compenser ce qui me faisait mal en dedans.

Puis, deux semaines plus tard, j’ai rencontré mon psychologue, celui qui me suit encore aujourd’hui et avec qui j’ai vraiment l’impression de progresser. J’ai vu beaucoup de psychologues dans ma vie et j’ai toujours eu l’impression que ça ne servait à rien, mais avec lui, c’est tout le contraire. Au début, j’avais un rendez-vous chaque semaine, il m’écoutait et m’aidait à apprivoiser la grosse bête qui était à l’intérieur de moi. Il est encore là et chaque rendez-vous est bénéfique.

La semaine suivant ma première séance de thérapie, j’ai eu l’appel d’une psychiatre : j’avais un rendez-vous d’évaluation, un autre. Ce rendez-vous consistait à confirmer le diagnostic. Durant plus d’une heure, j’ai recommencé à tout raconter mon histoire qui englobait maintenant presque 2 mois depuis mon hospitalisation. Mais cette fois-ci, on est allé très loin dans mon enfance, elle a creusé où elle sentait que c’était nécessaire. Mon dossier a été transmis et la semaine suivante, je rencontrais ma psychiatre, celle qui me suit depuis ce jour-là. Je suis prise en charge, ma médication est surveillée et j’ai beaucoup d’outils. C’est un travail à temps plein, mais j’ai des gens professionnels qui m’aident.

Je ne comprends pas pourquoi l’aide psychologique est si difficile à obtenir. Toutes les étapes à franchir pour simplement voir un psychologue et dire : « Ça va pas. » Il y a heureusement de nombreuses lignes d’écoute et des organismes d’aide qui peuvent être le premier recours. Ne perdez pas espoir, le chemin est long, mais l’arrivée en vaut la peine.

 Valérie_réviseure

 

 

 

 

 

 

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DÉPRESSION : Les réseaux sociaux

Les réseaux sociaux, quand tu es en arrêt de travail, ce n’est pas évident. Cela peut sembler anodin, mais ce ne l’est pas. En plus des jugements de gens qui associent sourire à guérison ou autre, il y a aussi le volet employeur, collègues, assurances, etc. Tu as peur qu’un simple statut, commentaire, changement de photo de profil ou toute autre chose te nuise. Pourtant, les médecins me disaient : fais des choses que tu aimes, des choses du quotidien. Pour moi, les réseaux sociaux c’est quelque chose que j’aime, sinon, je ne serais pas blogueuse. Mais chaque fois qu’un de mes textes sortait, je paniquais. Pourtant, faire des choses qui me font du bien fait partie de la guérison. Mon psychologue me disait de m’écouter avant tout, de faire ce que j’aimais pour m’aider à retrouver une routine et m’aider dans mon cheminement, une chose à la fois. Le blogue, je n’étais pas obligé de l’alimenter par mes textes. Les filles étaient super ouvertes et m’ont dit dès le départ de prendre le temps qu’il fallait et de penser à moi avant tout. Cependant, je l’ai fait parce que cela me faisait du bien, c’était la seule chose que je faisais qui me donnait l’impression d’être « normale ». Un mot que je déteste, mais qui m’est impossible de ne pas utiliser parce que, oui, j’avais l’impression d’être anormale aux yeux de tout le monde.

J’avais l’impression d’être scrutée à la loupe. Me faire dire, tu ne devrais pas publier ce selfie, publier ce statut, etc. Voyons ! Je devais me censurer uniquement parce que j’étais malade. Pourquoi une personne ayant une jambe cassée peut publier des photos de son plâtre et de ses progrès, mais pas moi ? Si j’étais fière une journée parce que j’avais réussi à aller faire toutes mes commissions d’un coup, pourquoi ne pouvais-je pas le partager ? J’avais des bonnes et des mauvaises journées, mais j’avais envie de montrer les bonnes, de montrer que d’être en dépression ce n’est pas uniquement d’être dans son lit et de ne rien faire ou de se promener d’un rendez-vous médical à un autre. Chaque bonne journée cachait des heures incroyables de sommeil pour me remettre de celle-ci, mais juste la fierté d’avoir été au parc avec mon beau-fils, c’était incroyable.

Se cacher. Ne plus exister. Vivre dans le secret. Je me sentais obligée de rester dans l’ombre. Juste cela m’a beaucoup atteint. J’ai dû faire attention à tout même si pour moi, tout ce que je faisais était dans le but d’aller mieux à temps plein et non une journée sur deux. J’ai passé beaucoup de temps sur Facebook et Instagram à regarder la vie des autres et à me divertir de la sorte. Pour une blogueuse, ne rien partager, c’est pas évident. Un jour, je me suis tannée et je me suis dit que j’allais arrêter d’avoir peur, sinon je n’arriverais pas à me dépasser. En plus de trouver du positif dans tout ce qui ne l’était pas, mon objectif était de penser à moi, uniquement à moi et peu importe la manière. Je suis restée moi-même et j’ai recommencé à être active sur les réseaux sociaux, moins souvent qu’avant, mais juste les petits moments que je partageais me faisaient du bien puisque c’était simplement moi. Je n’avais pas envie d’effacer qui j’étais pour ne pas me faire taper sur les doigts ou me faire dire que je n’étais pas malade pour vrai.

On m’a jugé, on m’a mis en garde, on m’a traité de plusieurs manières, mais j’ai cessé d’écouter les autres, car mon dossier médical était pour moi la seule chose qui avait du pouvoir. Mon psychologue m’a félicité à plusieurs reprises et quand ça arrivait, l’estime de soi ne faisait que prendre encore plus de place et écraser la douleur qui restait.

 Valérie_réviseure

DÉPRESSION : L’arrêt de travail

Introduction : Cette série est mon histoire, chaque texte est personnel. En parler est important et j’ai décidé de le faire. Chaque semaine, un texte sortira en rapport avec une thématique. Pour lire la série en entier, rendez-vous ICI.

 

On est lundi, je suis chez moi. Je suis seule à la maison, mon amoureux travaille, mais m’a laissé un message texte qui me fait sourire. Je ne cesse de me dire à quel point je suis chanceuse de l’avoir dans ma vie. Je ne suis pas facile avec lui et je comprends tellement à quel point cela doit être difficile pour lui. Malgré tout il est là et j’ai l’impression que notre amour n’en sortira que plus fort. Mon chat est collé sur moi et je prends un long moment pour le flatter et juste profiter de cet instant. Il fait beau dehors, un gros soleil. Et c’est là que je réalise que je suis en arrêt de travail, pour un temps indéterminé, signé par mon médecin. Mon amoureux s’est chargé de remplir toute la paperasse pour les ressources humaines de mon travail ainsi que pour les assurances. J’ai d’autres papiers à signer, des papiers à envoyer et des appels à faire. Je me sens submergé, je dois le faire moi-même et ça m’angoisse, c’est compliqué, surtout que je suis tellement épuisée, faible et je ne comprends pas tout. C’est beaucoup de pression de devoir prouver qu’on ne va pas bien quand ce n’est pas physiquement visible. Je dois faire face à des jugements ou des gens qui ne sont pas sympathiques ni compréhensifs au téléphone. Le mot dépression a l’air de faire chier tout le monde et pourtant c’est réel, ça existe et ça fait autant mal qu’un pied dans le plâtre, sinon plus.

Je passe la journée dans mon lit à pleurer après chaque coup de téléphone. Je me sens impuissante face à toute cette charge de paperasse que je ne comprends pas. Je sors du lit uniquement pour aller à la toilette, je ne mange même pas tellement je n’ai aucun appétit. Je me sens mal de ne pas être comme j’étais au centre de crise, je ne fais que dormir et pleurer. Je me sens coupable d’abandonner mes collègues, moi qui était surchargée de dossiers et je sais déjà qu’ils devront prendre la relève. J’ai peur qu’on me déteste, qu’on m’en veuille, peur d’y retourner et faire face à tout le monde. J’ai beau me dire que c’est la meilleure chose qui pouvait arriver, qu’après autant d’années à essayer d’être Wonder Woman, que je prenne le temps de me reconstruire, de réaliser à quel point je suis humaine et que mon sac à dos est plus que plein et que je dois le vider une chose à la fois.

Dans l’après-midi, je reçois un appel du centre de crise, ils veulent faire un suivi pour ma première journée à la maison. Je suis envahie par un immense soulagement, comme si j’avais besoin de ça pour être capable de fonctionner. Il me dit alors que je ne dois pas me sentir coupable de dormir, de ne rien faire, que c’est normal, mon corps est fatigué depuis si longtemps qu’il a besoin de reprendre énormément de force. Il me dit que je dois l’écouter, que c’est ce que je dois faire en priorité : m’écouter et faire ce dont j’ai besoin. Cet homme a été important dans ma vie, je ne pourrai jamais assez le remercier, il a su me mettre sur le bon chemin, un chemin que j’ai continué avec d’autres gens qui m’ont aidé et qui m’aident encore aujourd’hui.

Un arrêt de travail c’est quelque chose d’incompréhensible pour la majorité des humains. Certains appellent cela un congé de maladie, mais c’est tout sauf un congé. J’ai eu beaucoup de mal à m’adapter à cet arrêt, j’angoissais sur tout, mais surtout, je me sentais coupable de prendre soin de moi. Un jour, j’ai réalisé que j’avais le droit, que ma vie était importante et que c’était la priorité. Je devais guérir pour pouvoir reprendre le cours de celle-ci. Chaque journée, minute, seconde était nécessaire à me reconstruire et à perdre l’idée de mort qui flottait au-dessus de ma tête depuis l’adolescence.

Les gens ne comprennent pas ce qu’ils ne peuvent voir. Ce n’est pas parce qu’on sourit qu’on est guéri. Ce n’est pas parce que j’assiste à l’anniversaire de quelqu’un que je suis capable de retourner au travail. Ce n’est pas parce que je publie une photo de moi sur Facebook ou Instagram que je ne suis plus en dépression. Ce n’est pas parce que je retourne au travail que je ne suis plus malade. Mais bon, ça, c’est une autre histoire.

 Valérie_réviseure

 

 

 

 

 

 

N’oubliez pas que si vous avez besoin d’en parler, il existe des ressources :

Centre de prévention du suicide 1-866-277-3553

Centres de crises : Santé Montréal

DÉPRESSION : Le centre de crise (partie 2)

Introduction : Cette série est mon histoire, chaque texte est personnel. En parler est important et j’ai décidé de le faire. Chaque semaine, un texte sortira en rapport avec une thématique. Pour lire la série en entier, rendez-vous ICI.

 

Cela fait 5 jours que je suis au centre de crise et je me sens bien. Mais je m’ennuie de mon chat, de mon beau-fils et de mon amoureux, ce n’est pas pareil de le voir durant une simple visite. J’ai hâte de retourner chez moi, de mettre en application ce que j’ai appris ici et de me remettre sur pied. J’ai peur aussi, peur de retomber au fond du gouffre. Aujourd’hui, je reçois la visite de mon amie Jennifer, je suis heureuse qu’elle vienne me voir, ça fait du bien de savoir qu’une amie veuille venir à cet endroit. Elle m’aide tellement avec les blogues et les filles de Folie Urbaine sont très compréhensives, je sais que je les ai beaucoup inquiétées. N’ayant pas mon cellulaire avec moi puisque c’est mon amoureux qui l’a en sa possession, je suis déconnectée de tout, c’est la meilleure chose pour moi, cela m’aide à me concentrer que sur moi-même et rien d’autre. En arrivant, elle m’offre un délicieux café glacé provenant de mon merveilleux quartier Villeray. On discute une bonne heure et mon amoureux arrive pour passer une heure avec moi lui aussi. Ses yeux. Jamais je n’oublierai ses yeux. Un regard soulagé, mais apeuré aussi. Heureux que je sois prise en charge pour aller mieux, mais perdu en ne sachant pas ce que la suite nous réserve.

Je veux partir. Lors de ma rencontre avec ma travailleuse sociale, je lui mentionne être prête à partir. Elle souhaiterait que je reste encore quelques jours, mais elle comprend. On procède à notre dernière rencontre. Elle m’aide à remplir les formulaires pour les suivis psychologiques dont j’aurai besoin à ma sortie et elle envoie le tout pour que ce soit plus rapide. Elle me donne les contacts pour le CAVAC, les numéros 24 h et tout ce dont j’ai besoin si je tombe en crise. Je suis soulagée d’avoir en main tous ses outils, je me sens enfin aidée. Je me rends compte à quel point l’aide est difficile à obtenir si on ne séjourne pas à l’hôpital. Comment une personne vulnérable peut-elle trouver de l’aide rapidement ? Internet ? C’est tellement mal dirigé avec les nombreux sites qui proviennent de partout, pas juste du Québec, il y a tellement de numéros différents. Cela décourage encore plus. Mais, s’il y a bien juste un numéro qu’il faut connaître, c’est le 8-1-1. Oui, c’est Info-Santé, mais ils sauront te diriger vers la meilleure ressource. Cependant, si ça ne va pas, téléphone au 9-1-1, c’est toujours l’option la plus rapide si tu es en détresse. En quittant le centre, j’aurai des rendez-vous hebdomadaires avec un autre travailleur social, une heure par semaine, jusqu’à ce que j’obtienne des nouvelles du CLSC. Je dois également voir mon médecin régulièrement pour un suivi médical. Je suis prête.

Je ne repars pas les mains vides. Je repars avec des outils qui m’ont été utiles pendant mon séjour et qui le seront pour le reste de ma vie. La peur, celle de ne pas savoir ce qui se passera pour moi, elle m’a hantée de l’urgence à aujourd’hui. C’est le néant total puis notre tête sort enfin de l’eau et on peut enfin prendre la respiration qu’on ne pouvait prendre depuis trop longtemps. Le trio d’activation est quelque chose que toute personne devrait connaître. Il s’agit de trois choses à faire en une journée :

1- Une chose qui te fait du bien ;

2- Une chose que tu aimes faire ;

3- Une chose que tu es obligé de faire, même si tu n’aimes pas.

Par exemple, prendre un bain, cuisiner un bon repas et aller marcher 30 minutes après le souper. J’essaie de le faire chaque jour, ce n’est pas facile, mais c’est un bon truc pour se concentrer sur le positif et de tenter de mettre en place une routine de vie saine quand on a besoin d’un peu d’aide.

On est dimanche. Mon amoureux m’attend à l’accueil, il m’embrasse, me serre dans ses bras très fort. Il prend mon sac et on sort. Je m’installe dans la voiture et je prends une immense respiration. Il me regarde avec ses petits yeux inquiets et me demande si je suis prête à retourner à la maison. Je le regarde et lui répond que oui, je veux rentrer. Cela fait maintenant 10 jours que je n’ai pas été chez moi et qu’on m’a promené d’un endroit à l’autre. La réalité me rattrape tranquillement : l’argent, l’arrêt de travail, la job, etc. J’essaie de relaxer et de ne penser à rien, de simplement dormir coller avec mon amoureux, dans notre lit, chez moi. Je me couche en me disant que demain, je penserai à tout, mais que là, dormir est la seule chose dont mon corps et mon esprit ont besoin.

 

 Valérie_réviseure

 

 

 

 

 

 

N’oubliez pas que si vous avez besoin d’en parler, il existe des ressources :

Centre de prévention du suicide 1-866-277-3553

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