Lettre à Rachel

Véronique s'adresse à Rachel

Il y a un an de cela, j’ai compris que l’expression karma était réelle.

Par une journée toute simple, je devais aller à la pharmacie pour aller chercher les médicaments de mon garçon. Au comptoir de prescription une dénommée Rachel, selon son étiquette inscrite sur son sarrau, me sert. Son visage me dit quelque chose et le lien se fait assez rapidement. En un temps éclair, mille et une chose se sont passées dans ma tête, j’ai eu 15 minutes à attendre dans la salle d’attente pour me remémorer ce que j’avais fait il y a de cela dix-huit ans.

Je t’ai reconnue Rachel, la fille aux bonnes notes et au bon comportement à l’école secondaire. Une fille studieuse qui ne déplaçait pas d’air. Étant dans une gang cool à l’époque, je me suis sentie comme un loser là, maintenant en 2017. Je me suis mise à essayer de comprendre pourquoi je riais de toi, ou pourquoi je passais des commentaires à voix haute, sur toi. Ce jour-là à la pharmacie quand je t’ai reconnue, j’ai eu de la difficulté à garder le contact visuel, parce que j’ai eu des remords de conscience.

Parce que rendue à 31 ans, maintenant maman, j’ai peur qu’une moi-même s’acharne sur mon enfant, que quelqu’un lui fasse vivre de la peine gratuitement sans raison précise. J’ai beaucoup évolué en tant que personne, je ne pense pas comme je pensais à 12-13 ans, mais je tiens à ce que tu saches que j’ai mal agis, sans raison précise tu as subi des remarques que tu n’avais pas à entendre ou à vivre.

Avec le recul, je me demande si cela a eu des répercussions sur ta vie d’adulte, si tu as passé par-dessus, parce que parfois la peine et la méchanceté des autres laissent des cicatrices toujours un peu vives. Dans nos têtes de jeunes adolescents hormonés, on ignore ce que les autres peuvent ressentir face à nos commentaires ou nos gestes commis. On ignore aussi ce qu’il se passe au retour de l’école, dans les foyers, l’ambiance à la maison, cela peut être difficile quand s’ajoute l’intimidation à l’école.

En tant que société, je crois que cela est très important d’expliquer et de jaser avec nos enfants et ce, en bas âge. Nous devons éduquer nos enfants à être gentils et polis. Nous devons leur apprendre à se défendre, pour qu’ils ne vivent pas l’intimidation. Cela laisse des marques, l’ayant aussi vécu dans une nouvelle ville à 9 ans. J’en ai vécu un traumatisme. Cela ne m’a pas empêché de le reproduire des années plus tard. Mais j’en parlerai à mon enfant, pour qu’il ne devienne ni une victime ni un intimidateur. Nous devons être conscients que cela existe encore et nous devons continuer à en parler.

À toi Rachel, je tiens à te dire sincèrement que je m’excuse.

 

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Oui je le veux

Véronique parle de mariage

Quand j’étais petite, j’ai toujours eu en admiration les robes de mariées. Et comme bien des petites filles, ce rêve de princesse m’interpellait.

Vers l’âge de cinq ans, j’ai été la bouquetière au mariage de mes parents. Cela fait 26 ans qu’ils se sont dit : «oui je le veux!» En grandissant j’ai assisté à beaucoup d’événements où des gens s’échangeaient leurs vœux. À toutes les fois que je vois la mariée entrer, les larmes me coulent sur les joues. J’ai beau tenter de les retenir, je n’y arrive pas.

Soyons honnêtes, nous attendons tous ce moment précieux quand les portes s’ouvrent, pour y voir entrer la sublime mariée. Un beau 5 minutes où c’est elle la vedette du moment. Un moment pour contempler les tissus et le modèle choisis par celle-ci et voir comment la robe moule à merveille sa silhouette.

Maintenant âgée de 31 ans, je n’ai jamais voulu me marier à tout prix, mais voilà que depuis quelques temps, l’idée me chicote!!! Quoi de mieux que d’apprendre à se connaître, s’apprivoiser l’un à l’autre, se découvrir, se divertir, se charmer, parcourir les bonnes et les moins bonnes aventures. Vivre une grossesse ensemble, avoir des enfants, apprendre à être parents, trébucher, se relever, s’aider, se voir évoluer, admirer nos forces, travailler nos faiblesses.  Grandir, s’épanouir, être là, l’un envers l’autre. Être un couple, quoi!

Après huit ans de vie commune, je sais que j’ai le bon entre les mains et j’aimerais réaliser ce projet. Je ne sais pas quand exactement, mais j’ai une envie folle de le faire. Bien sûr que je pense à mes filles d’honneur, à ma robe, à ma coiffure, mes souliers. Je pense aussi au geste posé devant les gens avec qui j’aurai choisi de partager ce moment précieux.

Une journée pour célébrer l’amour avec un grand A! Lire des vœux qui ont été écrits avec le cœur. Regarder la profondeur des yeux de celui qui fait battre mon cœur depuis tout ce temps. Celui que je trouve sexy et surtout habillé ainsi. Celui que je vais embrasser toute la soirée quand j’entendrai les cuillères sur les tables.

Faire la fête toute la nuit, avec la famille et les amis qui eux aussi en font partie. Faire participer mon fils à cette journée symbolique qui unit l’amour de ses parents.

Bref, je lance ça dans l’univers et j’aimerais réaliser ce projet avant mes 45 ans, si possible!

J’espère un jour entendre et lire sur tes lèvres oui, je le veux !

 

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Si je te disais

si je te disais

Mon enfant, je le sais que c’est difficile à comprendre pour toi, mais ton papa c’est mon amoureux.

C’est vrai que je vous trouve beaux et complices quand je pose les yeux sur vous. Tes petites mains autour de son cou me charment et lui aussi, ça le fait craquer. De le voir aussi amoureux de toi, ça me rend heureuse et épanouie, parce que sincèrement je n’aurais pas pu choisir meilleur père que lui. Mais ton papa, mon chum, il me manque…

Les premiers temps où les après-midi étaient nos matins, cette période où les vêtements n’étaient pas obligatoires dans la maison. Les moments où l’heure n’était qu’un chiffre et que l’importance de dormir n’était pas si nécessaire. Celles où les câlins n’étaient pas interrompus par de petites mains qui nous séparent l’un de l’autre. Les grosses buveries qui s’accompagnaient d’un lendemain de poutine comme déjeuner.

Les matins calmes avec un bon café CHAUD! Les ébats amoureux, n’importe où, n’importe quand! Les sorties qui étaient toujours acceptées puisque nous n’avions pas besoin de se questionner à savoir si quelqu’un peut garder. Écouter cinq à six épisodes d’une série sans peser sur pause au moins trois fois.

Manger un bon repas chaud, avec une bonne bouteille de vin en discutant de tout et de rien sans se faire interrompre par un mini individu qui a besoin d’attention majeure!

si je te disais

Mon amour, on vieillit, on travaille, on change. Je m’ennuie de toi, de nous. J’ai mille et un projets avec toi, mais le temps file à une vitesse folle et cela me fait peur. Je réalise à quel point notre amour est solide puisqu’après huit années, je suis toujours à la recherche de ton regard qui fait toujours le même effet à mon cœur. Surtout que depuis que tu es papa, tu as ce côté sexy qui me rend complètement gaga de toi!

Nous sommes un beau trio, mais nous avons commencé en duo et en vieillissant, je constate à quel point il est important de le conserver et de le pimenter, mon bel amoureux. J’ai envie qu’on continue de se charmer et surtout qu’on prenne du temps pour nous, car être un couple amoureux, c’est un bel exemple à montrer à notre enfant.

Se retrouver, savourer et s’aimer, voilà 3 choses importantes à mes yeux.

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Elle

Je te regarde vieillir, je te trouve belle, j’espère qu’à ton âge je serai aussi magnifique.

Tu es tellement unique et j’en suis reconnaissante envers Dieu, parce que qui voudrait partager une femme comme toi.

Tu as des valeurs qui sont profondes et sincères. Ta patience est un exploit à mes yeux. Ton positivisme est à jeter par terre, ta manière d’apprivoiser les problèmes se transforme toujours en solution. Tes bras sont si réconfortants et confortables. L’odeur de ton parfum reste imprégnée sur nos vêtements et parfois même sur les cheveux de mon enfant. Cela nous rappelle que l’on t’a rendu visite.

Ton ouverture d’esprit est si agréable, les conversations sont si faciles à tes côtés. Nos silences ne sont jamais malaisants, ils sont tout simplement purs et apaisants. Nos fous-rires sont parfois gênant lorsqu’on se retrouve en public, mais tellement libérateurs. Même lorsque je ne suis pas avec toi j’arrive à entendre ton rire communicateur.

Quelle grande femme tu es, être aussi généreuse envers nous, sacrifier ta vie, trois fois plutôt qu’une et ne jamais t’en plaindre. Être exceptionnelle pour mon fils. Te regarder le serrer dans tes bras avec autant d’amour et d’intensité me rend émue. Lui faire la lecture, lui faire des surprises, nous accueillir peu importe les heures de la journée, se sentir toujours la bienvenue.

De m’encourager, écouter mes joies et mes peines, me conseiller sans me juger, me réconforter, calmer mes tempêtes qui sont parfois que dans ma tête, m’accompagner dans des moments gris, et d’autres fois très roses. Beau temps mauvais temps, tu es là. Parfois j’arrive à entendre la compassion muette au bout du fil, je te déchiffre même par ton non-verbal. Nous sommes si fusionnelles.

Je te ressemble, physiquement et intérieurement, c’est probablement l’une de mes plus grandes fiertés, je marche parfois dans tes pas, ce n’est pas volontaire. Je crois plutôt que la vie me mène vers des situations que tu as déjà vécue et qu’avec ta grande sagesse tu réussis à me guider vers d’autres chemins.

Je te vois grande et forte, capable de tout surmonter.

Tu es une personne qui sème le bonheur partout où elle passe. Je te remercie de tous les petits gestes que tu fais pour moi, je t’en suis tellement reconnaissante. Je suis aujourd’hui moi-même maman et le plus beau compliment que mon garçon pourrait me dire serait : tu me fais penser à mamie.

Maman je t’aime xxx

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Devenir son premier choix

Une nuit, trois jours avant mes 31 ans, ma cape de “superwoman ” a fendu en plein vol. L’atterrissage a été violent pour mon orgueil, mais nécessaire pour la partie la plus importante du corps, mon cerveau.

Une nuit, prise de panique, dans l’inconscience la plus profonde, démunie, je n’arrivais pas à comprendre ce qui m’arrivait. J’étais exténuée, incapable d’arrêter de penser à toute la liste générale du quotidien. J’ai téléphoné au travail, j’avais besoin de ma journée puisque durant la nuit je n’avais eu aucun répit de sommeil, j’avais passé une nuit blanche. Pensant qu’avec une journée j’allais être reposée et fraîche comme une rose, qu’elle fut ma déception de voir que je n’étais qu’une boule d’anxiété sur deux pattes, se questionnant à savoir pourquoi ça m’arrivait à moi? Je ne suis pas mieux qu’une autre mais j’ai toujours eu ce côté guerrière, qui affronte la vie avec un bouclier gigantesque et incassable.

La vérité est que l’on peut faire à croire à notre corps qu’on est capable de tout, de tout vouloir gérer, dans toutes les sphères de notre vie, sans demander d’aide, mettre tout sur ses épaules, en demander plus que l’on en est capable et continuer jour après jour. Jusqu’à ce fameux jour où notre cerveau n’en peut plus, où l’on ressent la fatigue traverser notre chair, pleurer pour sortir le trop plein qui remplissait la boule d’orgueil que l’on traîne tel un boulet, le cerveau qui surchauffe et qui ne laisse plus entrer aucune information puisqu’il doit nous faire comprendre que l’on s’est oublié.

Se regarder dans la glace en se demandant pourquoi nous avons aidé tous les gens autour de nous, sauf nous-même. Se culpabiliser juste à penser que nous devons apprendre à le faire. Se replonger dans le passé, pour se redécouvrir et s’obliger à être notre priorité. Oui, je suis une maman, une blonde, une sœur, une amie, une préposée aux bénéficiaires, mais j’ai compris que je ne peux pas prendre soin des autres si je ne le fais pas avant tout avec moi-même.

On ne choisit pas quand cela surgit. Le jour de mes 31 ans, j’étais fatiguée, je me demandais pourquoi je m’étais mise dans l’ombre aussi longtemps. Mais je découvre que je me suis offert le plus beau des cadeaux. Je me suis mise en arrêt de travail, j’ai pris soin de moi, je me suis écoutée avant de m’effondrer de tout mon long. Bizarrement dans cette histoire, j’ai ressenti le besoin de me sauver, le départ était déjà enclenché, je pensais à moi sans le savoir.

Vous vous connaissez mieux que quiconque, mieux qu’un médecin, la famille, le conjoint, etc. Écoutez-vous, ce que vous ressentez n’est pas une illusion. C’est votre corps qui vous lance un message. Moi je l’ai entendu et j’en suis plus qu’heureuse. N’hésitez pas à demander de l’aide, à dire quand ça ne va pas et débarrassez-vous de ce poids qui pèse lourd sur les épaules. Vous allez en ressortir plus fort et le temps pour le réaliser sera moins long que lorsqu’on veut ignorer les signes.

Se choisir, devenir notre priorité n’est pas égocentrique mais nécessaire. Nous devons être bien pour pouvoir semer le bien alentour de nous et pour pouvoir prendre soin de ceux qui nous entourent. Savourez les petites choses qui nous rendent heureux, trouvez le bonheur dans les petites choses que la vie nous offre. Ne rien prendre pour acquis. Cette pause m’a été d’une aide énorme dans ma vie. Le faire sans se sentir jugée, entourée des gens que j’ai choisis pour affronter cette épreuve qui s’est transformée en leçon de vie.

À force de vouloir toujours rester forte, on se rend compte que l’on s’épuise sans s’en rendre compte et qu’au fond, nous sommes un être humain et non un super-héros!

Être performant à tous les niveaux, constamment, ça apporte quoi finalement? Vous ne gagnerez pas de prix malheureusement. Demander de l’aide n’est pas signe de faiblesse mais plutôt signe de sagesse de se prendre en main. Un jour à la fois, une chose à la fois et qui sait si vous allez être là demain? La vie est précieuse et nous devons nous traiter tel un bijou.

 

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Québec, je t’aime!

Vendredi matin, on part, mon chum et moi, vers la belle route de Québec.  Nous débarquons au Manoir Sainte-Geneviève, notre nid pour le week-end.

L’immeuble, sur le coin de la rue face au Château Frontenac, est coquet et très ancien. Un homme fort sympathique nous accueille et porte nos bagages jusqu’à notre chambre. La chambre est ancestrale et magnifique. Nous avons une terrasse petite et coquette pour le café du matin avec un beau soleil. L’endroit est très propre et tranquille.

Nous déposons nos trucs et sortons marcher et notre premier arrêt se nomme Le Projet, où la bière locale est au rendez-vous. On y déguste des ailes de poulet et un mélange de noix épicées. À notre arrivée, le serveur a pris le temps de bien nous expliquer l’ardoise et je décide de boire une bonne bière sûre qu’il me recommande. Nous payons la note et décidons d’aller en ville se promener pour profiter de notre journée.

En soirée, notre réservation est pour 8:30 à la Buvette Scott, un petit bistro, où les lampes sont composées d’un disque 45 tours avec une petite ampoule au centre. L’ambiance est décontractée et le barman est vraiment gentil et attentionné. Les plats sont divins : choux de Bruxelles sautés, ceviche de pétoncles, petite entrée de fromage de la région et rillettes à partager. La musique provient d’un tourne-disque dont les choix sont faits par le barman lui-même. On quitte et rentre au manoir pour être frais et dispos le lendemain matin.

Samedi matin, le soleil entre dans la chambre, la journée sera belle. On se dirige à pieds au restaurant La Bûche, cuisine québécoise à l’allure de cabane à sucre. Les plats sont copieux et réconfortants. Nous décidons de prendre un pain doré maison, avec son beurre de pomme, sirop d’érable et, en extra, du bacon artisanal fait sur place. Bon à s’en lécher les doigts. Maintenant qu’on a fait le plein, allons parcourir cette merveilleuse ville.

Nous y allons et s’arrêtons au NOCTEM artisans brasseurs. La bière faite sur place est mise en valeur derrière une vitrine qui en donne l’eau à la bouche. Un menu simple, rempli de fraîcheur avec les descriptions franches et invitantes. Nous avons mangé un petit party mix (popcorn paprika, pommes pailles et noix caramélisées), ainsi qu’un petit plat avec jerky de porc fumé, le tout se jumelant divinement avec nos bières.

Nous nous sommes promenés et nous avons savouré notre journée d’amoureux, notre prochaine destination se trouvait à L’affaire est ketchup! À notre grande surprise, pas d’enseigne à l’extérieur, seulement une porte rouge et un dessin à ses côtés. L’endroit est petit. Nous avions réservé au bar, c’est un peu le sentiment de se faire inviter chez des amis. Du bar, l’accès mène directement sur la cuisine qui est composée de deux fourneaux. Le personnel est formidable, attentionné. L’ambiance est chaleureuse et bruyante. La musique est variée et nous sentons la passion de l’équipe qui y travaille. L’apéro est joyeux et on ne se sent pas poussé à manger immédiatement.

Le serveur est prêt à décrire l’ardoise qui est composée de 5-6 entrées et même chose pour les repas principaux. Les descriptions semblent toutes bonnes et convainquent d’y goûter. Que dire de la nourriture? Le meilleur ris de veau de ma vie. Chaque bouchée était un délice. Comme plat principal, nous avons pris le magret de canard, avec légumes racines et une sauce tout simplement indescriptible. L’accord met et vin est parfait. La fête se poursuit en observant l’équipe vider la laveuse à vaisselle, laver les fours et ranger le matériel. Nous savourons de bons cocktails jusqu’au petites heures du matin. Nous quittons l’endroit avec comme impression de dire au revoir à des amis.

Dimanche matin, nous devons quitter la chambre pour onze heures et mon coeur ne veut pas partir, car il s’est fait charmer par cette ville tellement chaleureuse et dont le cachet est unique. Nous avons fait le vide en une fin de semaine dans cette ville gagne à être connue. On s’y sent chez soi, même en visite. Les gens sont sympathiques et amicaux, nous y retournerons certainement l’année prochaine. Québec, je t’aime!

 

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Le travail, ma deuxième maison

le travail ma deuxième maison

Il y a douze ans, je suis entrée dans ce centre d’hébergement, du haut de mes dix-huit ans, sans me douter que j’y trouverais le père de mon enfant, en plus de très bons amis.

Le travail à temps plein, c’est 50 heures par semaine passées avec nos collègues. Au début, il y a la gêne, la méfiance, l’inconnu et la réserve. Mais, avec le temps, on apprend à connaître les gens, on sort à l’extérieur du travail pour découvrir les vraies facettes qui se trouvent derrière le ou la travailleur.euse, parce que, soyons honnêtes, on ne peut pas autant lâcher notre lousse côté professionnel versus à notre naturel dans un bar.

Avec les années viennent le confort et la complicité qui se développent en présence de nos collègues. Sans parler des gestes qui se coordonnent l’un après l’autre et le travail qui s’enchaîne naturellement. La confiance s’installe, les moments plus difficiles, côté personnel, sont compris et acceptés par ces derniers et, parfois, le travail semble plus léger.

Soyons honnêtes, je vois mes collègues plus que ma propre famille. Les moments partagés avec eux se doivent d’être agréables et drôles. Parfois, les journées sont plus calmes, quelques fois, on sent la vague d’optimisme d’une personne, la petite tape qui manquait pour continuer le quart de travail avec le sourire. Il y a des jours gris où seule une oreille attentive et sans jugement nous fait du bien. Avoir une confiance aveugle envers une personne est une rareté et est quelque chose de précieux que la vie nous offre. C’est s’abandonner face à l’autre et être prêt.e à entendre la franchise de cette personne.

Le but premier de travailler, c’est de faire un métier que j’aime, que j’ai choisi. Agrémenté de gens merveilleux, cela semble encore plus facile. Entrer le matin sans avoir l’impression d’aller travailler, c’est vraiment un sentiment inexplicable. Se sentir dans ses vieilles pantoufles le matin, entourée d’une gang extraordinaire, ça n’a pas de prix!

Certaines sont comme des mères, d’autres, plus âgées, deviennent les meilleures conseillères avec leurs multiples expériences de vie. Les plus jeunes viennent ajouter des touches éclatantes. Celles qui vivent les nuits difficiles, les otites des enfants, les nouvelles attitudes de ton 3 ans et demi. Il y a celles qui sont devenues de l’or en barre, celles qui, jour et nuit, seraient là pour toi. Celles que tu ne peux même plus appeler tes collègues, parce qu’elles sont devenues beaucoup plus.

Je remercie la vie d’avoir mis sur mon chemin, non seulement un travail que j’aime, mais des personnes exceptionnelles avec qui je continue d’évoluer en tant que personne, parce que depuis douze ans j’ai beaucoup appris. Et il y a toi, mon amour, le beau gars aux tatouages avec les cheveux noirs. Celui qui a changé ma perception de l’amour. Celui avec qui j’ai fondé ma famille.

Rares sont ceux qui peuvent se vanter d’avoir trouvé l’amour, l’amitié et la passion d’un métier dans une seule bâtisse.

Folie veronique logo auteur ariane reviseure

Le jour où tu seras grand

le jour où tu seras grand

J’étais assise dans la salle d’attente chez le dentiste, j’écoutais la conversation d’un adolescent avec sa mère, assis à deux bancs de moi. Cela m’a soudainement plongé dans la réalité du jour où tu seras plus vieux.

Parce qu’un jour, ça me manquera que tu cours vers moi à la garderie, que tu me sautes au cou comme si cela faisait une semaine que tu ne m’avaiss pas vu. Que lorsque je te raconte une blague, tu es mon meilleur public et que tu cries « encore, juste une fois, encore ». De te voir t’émerveiller, parce que je saupoudre des paillettes en bonbons sur ta rôtie, lors d’un matin spécial. De t’entendre me dire à quel point tu me trouves belle quand je suis prête pour sortir.

Que lorsque je te borde au moment et où je quitte le seuil de la porte, une petite voix me réclame encore un bizou et une caresse. D’enrouler une couette de mes cheveux, entre tes petits doigts. De te foutre complètement d’être en public, comme si on était seuls au monde et chanter et raconter des histoires comme toi seul sais le faire. D’entendre des petits pas courir vers ma chambre pour venir me réveiller.

Parce qu’un jour, tu seras assez grand pour vouloir ton indépendance. Un jour, tu seras probablement gêné d’être à mes côtés, parce que selon toi tu seras assez vieux pour faire tes trucs toi-même. Tu voudras aller te coucher sans me donner de câlin ou de bizou. Tu me présenteras la personne qui fait battre ton cœur et qui moi, en voulant te protéger, la surveillera du coin de l’œil.

Tu me feras vivre des craintes et des tourbillons lorsque l’heure convenue du retour sera dépassée. Tu me cacheras la vérité et quelques sorties. Tu seras plus mielleux quand viendra le temps des demandes et moi je craquerai sûrement, puisque tu es un si bon garçon. Tu auras ton permis de conduire et une voiture, de mauvaises et bonnes influences. Le sentiment d’être invincible et penser que tu connais tout de la vie.

Tu seras timide de me présenter à tes amis, tu voudras ton intimité, tu vas vouloir faire tes choses comme un grand, tu vas me dire que tu es capable seul, que c’est en tombant qu’on apprend à se relever, tout comme pour tes premiers pas! Mais sache que je serai toujours là!

Mon fils, sache que ce processus est tout à fait normal, mais aussi difficile pour une maman. Parce que je veux seulement ta sécurité, je voudrais t’éviter de souffrir. En même temps, c’est comme ça que tu apprendras la vie. Mais mon rôle de maman est de te voir grandir tout en étant épanoui. Je ne veux que ton bonheur. Tu es ce que j’ai de plus précieux.

On s’est côtoyé intimement pendant 9 mois, je donnerai tout pour toi et même si tu grandis, tu resteras toujours mon petit Lohann! Ce n’est pas que je veux que tu restes petit, je ne veux juste pas que tu t’éloignes trop de mon coeur de mère. Malgré ton âge et ta grandeur, je resterai toujours ta maman.

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Vouloir fuir le quotidien

En tourbillonnant sur moi-même, entre deux brassées de lavage, je dois trouver du temps et ma concentration pour écrire ce texte. Ceci m’amène à parler des moments où on fuit notre quotidien ou ceux où on a envie de le fuir.

Que ce soit après une journée de travail où seul le silence vous réclame, mais qu’au lieu de ceci vous entendez cette petite voix vous criant qu’il meurt de faim. Parfois l’instant d’un bain, lorsque j’ai la chance de le prendre seule (rires), je rêvasse à des moments de solitude profonde ou à des endroits où je pourrais être seule avec mon homme, question d’être juste nous deux, pour retrouver le couple que l’on était avant, avant d’accueillir notre enfant tant désiré. C’est presque coupable que je m’imagine la vie sans lui.

On se fait des bonnes bouffes, étant donné notre passion pour la nourriture. On essaie de bons restos pour vivre l’aventure et l’expérience culinaire, mais aussi pour être ensemble le temps d’une soirée en dehors de notre nid familial. On se paye 2-3 jours à Québec, parce que le temps d’un week-end on oublie tout et on fait juste vivre, on fait juste s’aimer, loin des comptes à payer et des responsabilités.

Pas besoin de s’éloigner si loin pour apprécier les petits trucs simples. Cela peut être quelques heures chez la coiffeuse où l’on se sent fraîche et belle à notre sortie. Ou encore une journée de magasinage, une journée au spa, une soirée accompagnée d’un verre de vin, vêtue de notre plus beau pyjama pour regarder son classique préféré. Je trouve que la routine nous donne un bon équilibre, mais parfois ça fait du bien d’être débalancé et perdre pied un peu.

Parfois, il m’arrive d’imaginer un plan B de vie, un métier différent où je pourrais avoir plus de temps pour moi. Ou imaginer avoir plus d’argent pour pouvoir disperser les tâches et organiser mon temps différemment. Parfois mes soirées sont interminables, je pense que je n’arriverai jamais à aller me coucher. Le moment de l’entraînement au gym est mon préféré : le méchant sort et la forme me redonne l’énergie dont j’ai tant besoin.

Au travers de tout cela, la charge mentale : le souper, le bain, les histoires avant le dodo, etc. Je me demande souvent ce qui me ferait plaisir même si celui-ci est petit. Parfois un bon David’s Tea, ça ramène un bon état d’esprit, (ben oui, de l’eau chaude pis des petites miettes de fruits avec du thé, ahah)! On ne se cachera pas qu’une bonne soirée « entre filles » replace souvent les petits tracas qui nous habitent.

Et vous, qu’est-ce qui vous fait sortir de votre routine?

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