Maman à 40 ans, je suis rendue là?

On va se dire les vraies affaires, dans ma tête, j’ai un 35 ans bien assumé. Dans la vraie vie, je viens de franchir le cap des 40 ans, et je vous assure, je n’ai rien vu passer!

J’aime être occupée, j’aime que la maison soit remplie d’action, je ne déteste pas du tout le fait de trouver qu’il manque d’heures dans une journée. Entre la pratique de soccer de mon plus jeune, la compétition de gym de ma plus grande, les devoirs d’école et le travail, les temps libres se font rares.

Vous pensez que j’ai mes lunettes roses teintées peppermint? Peut-être un peu, mais je pense souvent à ce que sera ma vie après ce raz-de-marée d’action et je dois dire que tous ces moments intenses vont me manquer (bon j’avoue, peut-être pas la gestion interminable des lunchs et des collations).

Une fois qu’on fait le deuil de la journée parfaite, la pression descend et il me semble être plus en mesure de savourer ces moments qui souvent passent trop

vite. Je sais, cette dernière phrase empreinte de maturité démontre mon âge noble de 40 ans, des fois je me surprends moi-même.

Ceci étant dit, mon conjoint et moi, on a décidé de prolonger cette période de tourbillon actif, en procréant de nouveau! On y pensait, on y pensait et on y repensait depuis 2 ans, sans être capable de prendre une décision. Finalement, on a arrêté de branler dans le manche, et puis 40 ans est arrivé et la grossesse aussi!

Oh boy! Il paraît que chaque grossesse est différente, oui certainement, mais les premiers mois de celle-ci sont, je vous jure, exténuants. Je ne sais pas si c’est l’âge ou si j’ai tout simplement oublié comment c’était, mais j’ai de la difficulté à faire mes journées.

Les suppléments de fer sont devenus mes meilleurs amis, je lutte sur l’heure du midi contre une envie folle d’engloutir tous les fruits que je trouve à l’épicerie, je pense sérieusement à aménager un lit sous mon bureau au travail, j’ai renouvelé ma prescription de bas de contention et je passe de la bonne humeur aux grognements en moins de deux minutes. En effet, j’ai la mémoire courte! Mon réconfort se trouve dans la réaction positive de mes deux enfants face à l’arrivée d’un petit frère ou d’une petite sœur et à leur impressionnante compréhension de la situation face aux nombreux changements que je vis. Imaginez, je peux même avoir deux portions de gâteau, une pour moi et une pour le bébé! Il y a quand même des avantages.

Je dois vous dire que malgré ces nombreux changements physiques et émotionnels, je ne retournerais pas en arrière. Je suis en paix avec cette nouvelle étape de ma

vie et les nombreux changements qu’elle apportera. Je savoure avec plus d’intérêt ce grand miracle de porter la vie puisque je sais cette fois que cela sera ma dernière grossesse.

Tranquillement, j’apprivoise mon âge et me surprends même à être fière de porter un enfant à 40 ans!

Bédainement vôtre,

Fanny Poisson alix marcoux

En route vers la quarantaine

en route vers la quarantaine

Hey oui! J’ai maintenant 39 ans depuis quelques jours et je me rends compte que je n’ai pas changée. En fait, je pense que j’ai encore 18 ans dans mon coeur. Je me rends compte que j’adore regarder des émissions comme Le Chalet, Jérémie, ce genre-là! J’aurais bien aimé avoir des émissions comme ça dans ma jeunesse. D’accord, il y avait bien Watatatow et ZAP. Ouf! Je les écoutais religieusement. J’ai toujours trouvé les émissions d’adolescent.es trippantes ; est-ce que c’est parce que je refuse de grandir de vieillir? Hum… je sais pas trop. Peut-être, qui sait?

Je me rends compte que, plus les années passent, plus elle raccourcissent. Je me souviens très bien, lorsque j’avais 16 ans en secondaire 4, je trouvais chaque semaine plus longue et plus pénible que l’autre d’avant. Tandis que lorsque les vacances d’été arrivaient, elles, elles étaient tellement courtes. Deux mois? Ça ne me semblait pas assez long de mon point de vue d’adolescente, pourtant, avec du recul, c’est quand même long comme vacances!

Aujourd’hui, c’est vraiment pire, le temps file à vitesse grand V et je ne peux malheureusement rien faire pour l’arrêter. J’ai vraiment l’impression que mon corps avance comme un automate, comme un robot, et que moi je suis à côté, avec ma vie trop chargée et remplie d’une tonne d’obligations. J’imagine que je ne suis pas seule ; vous devez être quelqu’un.es dans la même situation!

Constamment, je cherche comme vivre ma vie pleinement et sainement, j’essaie de profiter de chaque moment à fond avec ceux et celles que j’aime. Je voudrais mettre mon petit hamster sur pause, mettre mon cerveau à off. Je souhaiterais pouvoir me lever chaque matin et regarder le soleil qui se lève, entendre les oiseaux chanter. Décider de quoi aura l’air ma journée au jour le jour, sans pression. Mais je sais bien que je fabule, car la retraite est loin d’être proche. J’ai encore tant d’étapes à franchir d’ici ce moment tant attendu.

Avez-vous un truc pour profiter pleinement de votre vie? Ne vous sentez-vous pas dépassé.e chaque jour de plus en plus? Se lever, s’habiller, déjeuner quand on le temps, réveiller les ados… Finalement, ils se lèvent, vont à l’école, ensuite vient le travail à la maison. Imaginez! Après, on continue, ce n’est pas fini. Le travail est fini, mais il y a le souper, le baseball, les rendez-vous… Et la fin de semaine, les activités, le ménage, la bouffe, l’épicerie, un peu de dodo et c’est déjà lundi! On recommence! Heureusement, parfois, on prend le temps, mais le temps pour quoi? Est-ce que c’est ça la quarantaine? Prendre conscience de toutes ces petites choses que je fais depuis des années par obligation, par automatisme, par nécessité, pour faire plaisir les autres, pour qu’ils soient heureux et comblés?

Suis-je normale de vouloir plus de temps pour moi? Pour m’occuper de mes propres choses pour une fois, de mon propre nombril, comme le ferait une ado?

Est-ce que je deviens égoïste de penser comme ça? Suis-je la seule qui angoisse ainsi? On sait bien que la quarantaine vient avec une crise, tout comme celle de l’adolescence. Mais comme moi j’étais très sage, je n’ai pas vécu ce moment pénible, est-ce que ça veut dire que la balance doit se rétablir avec ma quarantaine? J’ai un peu peur, je l’avoue.

Quels sont les signes de cette fameuse crise? Demandons à notre ami Google. Pour les hommes, on parle du démon du midi, de la nouvelle poulette, de la voiture sport. Du côté de la femme, on parle surtout de l’angoisse de se retrouver seule avec le conjoint, sans enfants. C’est pourquoi je vous conseille, dès aujourd’hui, mesdames, de prendre du temps pour vous, de faire des choses qui vous rendent heureuses, mais aussi de trouver une activité commune avec votre partenaire de vie (si c’est le cas) et une entente pour que vous soyez heureux les deux. Mais le but étant que vous soyez heureux ensemble entre amoureux, mais aussi chacun de votre côté.

En espérant que cette étape se passe bien, je retourne à mes tâches de la semaine en attendant ma retraite!

 

Réécriture par Ariane Martineau
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La peur de vieillir

la peur de vieillir

Si je recule à quand j’étais adolescente, je n’étais pas comme les autres adolescents de mon âge. Eux qui ont soif de liberté, d’avoir 18 ans, de faire ce qu’ils veulent sans avoir de compte à rendre, avoir le permis de conduire, sa voiture. Moi, toutes ses choses me faisaient tellement peur. J’étais bien chez nous, dans mon cocon avec ma famille, bien entourée, toujours plein de visite. Nous étions vraiment tissés serrés.

Quand j’ai dû choisir ce que je voulais faire de ma vie, j’ai vraiment eu peur de ne pas faire le bon choix. Je ne pensais pas que si ça ne fonctionnait pas, si je n’étais heureuse, que je pourrais changer d’emploi. Je n’arrivais pas à décider. Je me disais qu’à 18 ans, je devrais quitter ma famille, ce qui me faisait vraiment trop de peine et j’avais trop peur de vivre seule. Comment je ferais? Je ne voulais pas vieillir, je ne voulais pas de ses responsabilités d’adulte. Je ne me sentais pas à la hauteur, d’autant plus que j’ai pris une année sabbatique après mon secondaire 5. Et je stressais tellement, seule dans ma chambre, sans amie, sans but, à tourner cette seule pensée dans ma tête : « je ne veux pas vieillir ». Résultat : je suis tombée malade deux jours avant mes 18 ans, deux mois à l’hôpital à chercher ce qui se passait avec moi. Après une biopsie et deux mois de douleur insupportable, j’ai compris que ce qui m’arrivait était la pire chose que tu veux traverser à 18 ans. Le cancer. Et oui, cette chose affreuse m’arrivait à moi, mais pourquoi? Pourquoi? J’ai vite compris que la pensée est créatrice. C’était moi, oui moi, qui avais peur de tout et de rien, mais qui ne voulais surtout pas vieillir. Voulais-je mourir… bien sûr que non! Je veux vivre, rencontrer l’amour, me marier, avoir des enfants, une maison, devenir une grand-mère! Oui, je veux vieillir! Oui, je suis capable de passer au travers de tout ce qui me fait peur. J’ai donc relevé mes manches, suivi les traitements, revu mon objectif et je me suis guérie avec beaucoup de support de ma famille et de ma chum qui m’a fait rire en masse.

La vie est un cadeau dont il faut chérir chaque instant, chaque moment, profiter du moment présent et non toujours penser à ce qui va arriver demain et la semaine prochaine. Quand j’étais petite, l’année scolaire me semblait interminable. J’avais tellement hâte à l’été de congé qui malheureusement passait comme l’éclair. Quand ma mère me disait « profite de ton temps à l’école, tu es bien et tu ne le sais pas », oh mon dieu que je détestais ça! Et je me fâchais toujours. L’école à mes yeux, c’était poche et les profs étaient plates, etc… Mais aujourd’hui, c’est devenu mon discours pour mes enfants, hihihi!

Quand mes enfants étaient petits, elle me disait : « profites-en, cela passe beaucoup trop vite. » Quand l’enfant marche à quatre pattes, on veut qu’il se lève pour marcher debout, on a hâte qu’il soit propre, plus de couche et ce qu’on réalise c’est que oups!!! Mon fils est en secondaire 5 et ma fille commence le secondaire 1! Il me semble que je retournerais au moment où je les berçais pour les endormir. Celui où ils venaient me voir pour les consoler, leur chanter des chansons pour rire.

La semaine dernière, une personne que j’aimais beaucoup nous a quittés vraiment trop tôt et le lendemain matin, un petit garçon est né. C’est ainsi le cycle de la vie. Une personne meurt et une autre vient au monde. C’est une roue qui tourne : on naît, on vieillit et on ne peut rien y faire, sinon de profiter de la chance de vivre chaque instant de notre vie.

Aujourd’hui, je n’ai plus peur de vieillir, car même si je vais avoir bientôt 39 ans, je me sens encore comme si j’avais 18 ans. Je connais beaucoup de gens qui sont partis trop tôt qui auraient voulu vieillir, partager plus de moments avec ceux qu’ils aimaient. Alors toi qui es en santé, profite de chaque moment! Que ce soit le matin où tu bois ton café ou le beau coucher de soleil à regarder, assister à la naissance d’un bébé ou le départ d’une personne aimée. C’est ça la vie et je vais la vivre pour tous ceux qui n’ont plus cette chance.

Et vous, avez-vous peur de vieillir?

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