D’amour et d’amitié

d'amour et d'amitié

Je n’ai jamais été une grande fanatique de la Saint-Valentin, même en couple. C’est peut-être le fait qu’on mette le spotlight sur les couples qui justement me dérange! Toutefois dans ma tête, la Saint-Valentin c’est la fête de l’amour au sens large. Une journée où tout le monde célèbre l’amour pour ceux et celles qui les entourent. Que ce soit des collègues, des ami.es, notre famille, nos enfants, etc. NON. La Saint-Valentin n’est pas JUSTE pour les couples. NON, ce n’est pas obligatoire d’acheter de la lingerie, amener son partenaire au restaurant, acheter des roses, une boîte de chocolat, des diamants et finir le tout dans un immense lit avec plein de pétales de rose. T’as le droit de le faire, mais t’es pas obligé non plus, tssé! T’as également la possibilité de faire une soirée entre amies et manger de la pizza en buvant des shooters pis juste avoir du fun! Passer la soirée à célébrer l’amour que t’as pour des gens.

Moi, ma Saint-Valentin c’est comme ça que je la fête, parce que pour moi, l’amour c’est plus qu’une toune de Céline Dion, une déclaration d’amour ou peu importe quoi. C’est une journée où j’en profite pour dire un million de fois à mon entourage que je les aime! C’est envoyer des cœurs emojis de manière abusive et m’organiser – si mon budget me le permet – une belle sortie en bonne compagnie.

Donc aujourd’hui, je vous invite à saisir l’occasion de dire aux personnes que vous aimez qu’elles sont importantes pour vous. Pas juste à votre mari, femme, blonde, chum. L’amour englobe une réalité tellement plus grande! Faites du bien autour de vous, faites l’amour, passer du bon temps avec vos ami.es, votre famille, gâtez ceux qui vous font du bien, et PROFITEZ DE CETTE JOURNÉE POUR VOUS GÂTER VOUS-MÊMES!

Ce n’est pas une journée fériée, mais tant qu’à avoir une journée de fête où il y a du rouge et des cœurs partout, appropriez-vous celle-ci, souriez à pleines dents, et have fun!

Mon amie, si seulement je pouvais comprendre comment t’es

Mon amie, si je seulement je pouvais comprendre

Ma belle amie, si tu savais comme je rush parfois à tes côtés.

Je t’apprécie, ta présence est essentielle à mon bonheur, ta personnalité se rapproche de la mienne à plusieurs niveaux et j’ai envie qu’on soit amies pour la vie. Autant j’ai du fun avec toi, autant je trouve ça dur parfois de comprendre tes réactions et tes émotions.

Comprendre ce qui se passe dans ta tête, qui fonctionne si différemment de la mienne un peu trop souvent pour que je sache comment dealer avec. Comprendre comment je peux être une bonne amie et ne pas te blesser. Comprendre comment je peux accepter que tu ne réagiras pas comme moi je le ferais.

J’aimerais ça arrêter de m’en faire chaque fois que je dis quelque chose de peur que tu puisses mal l’interpréter. Au début de notre amitié, je disais les choses comme elles venaient sans me soucier de leur effet. Nous n’avions pas de passé ensemble alors je ne me préoccupais pas de ce que ça pouvait te faire; ça sortait et ça passait. Pas de gants blancs, pas l’impression de marcher sur des œufs, pas de contraintes à savoir si tu allais être fâchée ou déçue de moi.

À ce moment-là, tu n’avais pas encore traversé et vaincu les tempêtes qui sont passées dans ta vie. Je ne savais pas que ton diagnostic et toutes les étapes de ta guérison allaient être aussi chaotiques qu’enrichissantes pour notre amitié. Je ne savais pas que je réagirais aussi intensément à ton processus de bien-être et que je devrais moi aussi composer avec une partie de toi que je tente encore de comprendre aujourd’hui.

Parfois, je te sens extrêmement fragile et ça me rends ben tout croche. J’essaie de ne pas m’inquiéter parce que c’est ce que tu me dis de faire, mais c’est souvent plus fort que moi. J’aurais le goût de te serrer dans mes bras et/ou te brasser pour que tu te ressaisisses et cesses de mal feeler. Je crois toujours trop naïvement que ce serait suffisant. Mais je sais que la plupart du temps, soit que je suis loin, soit que tu préfères me dire que tout va se replacer (je te connais, tu préfères ne pas m’inquiéter et t’arranger toute seule). Pis je me rappelle que tu as les outils pour affronter ça comme une grande, et que ça finit toujours par aller mieux.  On passe alors à autre chose… jusqu’à la prochaine fois.

Je sais que moi aussi j’ai mes périodes sombres, que t’es là pour me prêter ton parapluie en cas d’orage au risque de te mouiller toi aussi. Que parfois, c’est moi qui suis lourde avec mon attitude négative et mes pensées noires. Heureusement qu’elles se produisent rarement en même temps que les tiennes parce que ça serait déprimant un peu notre affaire.

Mais je sais que certaines choses n’ont tout simplement pas d’explications concrètes, l’important c’est d’être capable de vivre avec les bons et moins bons côtés d’une personne, sachant combien ça vaut la peine de l’avoir dans sa vie pour 1001 autres raisons. C’est parce que je t’aime mon amie que je tente de t’accepter telle que tu es et d’arriver à faire la paix avec mon incompréhension face à tes réactions. Celles-ci sont propres à toi et c’est ben correct comme ça. Il ne faut juste pas que tu m’en veuilles de m’y perdre en conjectures parfois. Comme tu peux, à l’occasion, hurler en silence face à mes réactions de marde qui parfois, ne t’aident pas pantoute. Je sais que tu ne me le dis pas quand ça arrive, mais je sais que t’essaies aussi de m’accepter telle que je suis.

Pis c’est ça la beauté de notre amitié. On rage parfois chacune de notre bord, mais on se prête des parapluies, on marche en silence en attendant que ça passe, pis on sourit en se disant qu’on a survécu à une autre tempête.

Photo de signature pour Jennifer Martin.
Sophia réviseure signature

Je m’éloigne de toi, de nous

Je m'éloigne de toi, de nous

Je m’éloigne de toi, de nous. J’en suis consciente, même si, au fond de moi, j’espère encore retrouver cette petite flamme qui faisait en sorte que je ne pouvais pas me passer de toi. Mais c’est arrivé. Ce n’est pas ta faute. Ni la mienne d’ailleurs. C’est le temps tout simplement qui a fait qu’une distance s’est installée. Une séparation involontaire, mais peut-être utile. Le destin? Peut-être. Je crois aux amitiés qui durent toute une vie, mais je crois aussi que ça arrive, parfois, que deux personnes prennent des chemins différents, sans nécessairement cesser de s’aimer.

Toute ma vie j’ai vécu des friends break up. Pas toujours facile. Des fois, c’était mieux ainsi. D’autres fois, je n’ai jamais su pourquoi c’était arrivé. Je pense que, dans la vie, il y a des gens qui sont de passage et d’autres qui sont là pour rester. 

Dans la dernière année, j’ai appris à mieux me comprendre, je découvre qui je suis et j’apprécie l’humaine que je deviens. Je me suis rendu compte que jamais je ne pourrais être celle que les autres désirent que je sois. En fait, on ne peut pas demander aux autres de changer, de se forcer, de cesser d’évoluer. Non. J’ai trop souvent fait des efforts pour ne pas perdre des amitiés auxquelles je tenais. La vérité c’est qu’on change. Je change. Mes expériences, mes apprentissages, mes passions, mes pensées et même mes valeurs aussi. En évoluant, c’est évident qu’on finit par perdre certaines connexions et des affinités avec d’autres. Mais l’amour reste. Sauf que la relation change. On se voit moins, on s’écrit moins, les confidences diminuent et les invitations aussi. Mais, je le répète, l’amour reste. On n’est plus inséparable. Malgré cela, on reste des ami.es, mais pas de la même manière.

Je n’ai pas envie de cesser d’explorer le monde et la vie en général. Je veux continuer de changer au travers du temps. Je veux rester fidèle à moi-même, même si cela veut dire que je m’éloigne ou m’éloignerai de toi. Je crois que tout le monde doit se choisir au fond. Personne ne devrait choisir une relation au détriment de soi. Bref, c’est ce que, moi, j’ai compris. On restera toujours des ami.es; on a trop de souvenirs ensemble, mais nous serons plus inséparables. On rencontrera d’autres personnes, on fera de nouvelles expériences; chacun.e de notre côté. Je t’aime. Je nous aime. Mais on ne peut pas forcer ce que la vie a décidé pour nous. Il faut l’accepter, s’adapter et ne jamais s’oublier.

Karelle gauthier

N’oubliez pas qu’autrefois, vous étiez amis.es

N'oublie pas qu'autrefois vous étiez amis

Salut à toi,

Je voulais prendre un petit moment pour te parler de cette amitié qui a pris fin pour des raisons qui vous concernent. Tu as peut-être présentement l’image d’un.e ami.e qui défile dans ton esprit. Je ne sais pas quelle est l’émotion que tu es en train de ressentir en ton for intérieur. Peut-être de la nostalgie, de la souffrance, des remords ou de la haine. Peut-être même de l’indifférence. En gros, tu n’as plus envie de faire des efforts pour maintenir votre lien. Tu es peut-être le type de personne qui,  lorsqu’une décision est prise, le choix est définitif. Est-ce que j’ai envie de te juger? Non, pas du tout. Mais il faut quand même que je prenne le temps de te dire quelque chose d’important par rapport à cette relation. Rappelles-toi qu’autrefois, vous étiez des amis.es.

Attention, je ne suis pas en train de te faire la morale concernant ta prise de décision. Tu es libre de faire ce dont tu as envie. Après tout, tu as tes raisons. D’ailleurs, mettre un terme à une amitié ne se passe pas nécessairement en chicane. Certaines relations amicales peuvent être affectées pour diverses raisons. Mais une chose que j’ai apprise, c’est que nous n’avons pas tous la même définition de l’amitié et des attentes par rapport aux amis.es.

Je pense qu’il existe différents types d’amitiés. Mais selon moi, les meilleures réussites amicales sont celles que le temps n’affecte pas. Ce sont celles où vous éprouvez toujours le plaisir d’être ensemble et/ou de discuter. Vous vous sentez confortables sans pour autant envahir  vos vies. Il y a de belles conversations et une bonne communication. Vous comprenez, respectez et acceptez vos différences. Vivre et laisser vivre, une de ces philosophies les plus saines que j’apprécie.

Toutefois,  quand un goût amer se fait ressentir lorsqu’on pense à une personne en particulier, je tiens à te rappeler que vous étiez des amis.es à un moment donné. Qu’il y a eu une époque où vous partagiez des moments heureux et des projets similaires. Que cette personne s’est introduite dans ta vie avec de bonnes intentions. Qu’elle a pensé à toi et qu’elle t’a porté une attention particulière. Elle t’a invité à des activités et  t’a offert sa générosité. Peut-être même qu’elle t’a épaulé du mieux qu’elle a pu dans tes hauts et tes bas. Je te souhaite de t’en rappeler, car la reconnaissance peut facilement être oubliée avec tous les tracas du quotidien.

J’ai toujours considéré que le pardon est un choix personnel. La personne a le droit de pardonner, ou pas. Selon moi, un esprit est peut-être mieux quand il y a un lâcher-prise et le pardon permet d’être serein. Mais bien sûr, chaque personne est différente. Il existe peut-être des gens qui ne pardonnent pas et qui se sentent bien avec cela. C’est correct. Je fais partie de ces gens qui pensent que pardonner ne veut pas dire réintégrer la personne dans notre vie. Mais plutôt tourner la page et suivre chacun son propre chemin avec un esprit en paix, sans le goût amer de la rancune, de la haine, de la vengeance, etc. C’est sûr, c’est parfois plus facile à dire qu’à faire. Cependant, pour certaines situations, avec les années qui passent, c’est parfois possible de pardonner. Mais bon, le plus important c’est qu’un jour, tu te rappelles qu’autrefois, vous étiez des amis.es.

 Qu’en penses-tu?

Folie Cindy chevry logo auteur
Sophia réviseure signature

La vie est belle

La vie est belle

Mon amie,

Ton monde est très gris ces temps-ci, même très orageux. Tu traverses une tempête physique et émotionnelle. Tu crois que cela restera ainsi, parce que ton cerveau te conditionne au pire. Tu penses parfois traverser les nuages, mais qui sait vraiment ce qui s’y cache ?

Je crois que tu es beaucoup mieux parmi nous. Je ne banalise pas ton mal, je sais qu’il est bien réel. Je veux seulement t’expliquer pourquoi selon moi, tu dois rester ici.

La première fois que je t’ai vue, tu rayonnais tellement. Je t’ai trouvée d’une beauté remarquable, mais j’ai surtout ressenti la personne bonne et confiante que tu transmettais.

Avec le temps, j’ai pu encore plus apprécier la chance que j’avais de t’avoir parmi mon cercle d’amis. Je venais vraiment de savoir que j’avais fait la rencontre d’une perle rare.

On a besoin de toi ici, des milliers de gens sur cette Terre devraient ressembler à la personne que tu es à toi toute seule. La femme, l’amie, la sœur, la fille, la mère. Bref, toi. Tu dois seulement retrouver la petite étincelle, celle que j’ai vue dans tes yeux si pétillants, il y a de cela pas si longtemps.

Laisses-toi du temps, ne mens surtout pas à la petite voix en dedans, ne l’ignore pas car elle détient la clé de ton bonheur. Puisqu’elle est ta voix, la tienne, la réponse à toutes tes questions. Elle te mènera à un ciel beaucoup plus éclairci et tout cela fera partie d’un simple moment moins ensoleillé. Ne te décourage pas, c’est bientôt histoire du passé, seul le temps te permettra de le constater. 

La vie est belle, elle vaut la peine d’être vécue et surtout en ta présence. xxx

Folie veronique logo auteur

Socialiser, c’est dont forçant des fois.

Jennifer parle de sa difficulté à socialiser

Ce n’est pas la première fois que j’en parle.

Je dirais même que c’est un sujet récurent pour moi. Je commence à penser que je suis socialement mésadaptée sur un moyen temps.

Comment une fille qui aime être dans le feu de l’action, qui aime parler, rencontrer des gens, assister à des événements, travailler avec des enfants et des parents tous les jours peut trouver ça aussi difficile, les relations humaines et tout ce qui vient avec ?

Pourtant, quand je sais que je vais quelque part et qu’il faudra que je parle aux gens, que je sois aimable, que je me fasse des contacts ou que je devrai m’intéresser aux autres, je suis souvent ben motivée avant d’arriver. Je m’interroge sur les personnes qui seront présentes, sur les sujets qui seront abordés, les opinions qui seront discutées. Je me prépare même des questions, des blagues, des réponses. Je suis excitée, j’ai hâte et je me dis que tout va bien aller.

Des fois, ça se passe super bien.

L’ambiance est chill, les gens sont simples, les conversations coulent bien, je maîtrise bien l’espace et les mots qui sortent de ma bouche. Je me sens à l’aise, je ris, j’ai des coups de cœur pour des personnes en particulier, je récolte des sourires et des compliments. Je peux même me faire des nouveaux amis Facebook. Mais pas vraiment des amis réels. Je n’ai pas le temps pour ça.

En fait, non, j’aurais sûrement du temps.

Mais je trouve ça forçant.

Des fois, c’est le contraire.

Je me sens mal à l’aise rapidement, je n’ai pas de points en commun avec les personnes présentes, je cherche des sujets de conversations, je cherche mes mots. Je me fais dévisager, juger, j’ai juste le goût de m’en aller. Je cherche des excuses pour partir sans que mon malaise paraisse parce que je me sens comme un chien dans un jeu de quilles. J’ai l’impression que dans mon front, il est écrit que je suis une invitée indésirable ou inappropriée pour les circonstances. Je fais une croix sur ces gens-là, je me jure de ne plus y retourner, et je me tape sur la tête de ne pas avoir suivi ma première idée qui était de rester à la maison. Je me rappelle que je n’ai pas besoin d’amis et que je suis très bien avec ma solitude et mes dizaines de connaissances qui font l’affaire.

Parce que oui, je trouve ça forçant d’être sociable.

Je ne suis pas sauvage.

Au contraire, je me considère plutôt comme une personne avenante qui s’intéresse sincèrement aux gens.

Mais je n’ai pas envie de me forcer pour plaire aux gens ou fitter dans les conversations.

Je suis consciente de mes défauts au niveau social.

Par exemple, j’ai souvent de la difficulté à ne pas interrompre les gens, à ne pas terminer leurs phrases. Je sais à quel point ça peut être gossant. J’essaie fort de ne plus le faire, ou à tout le moins de me contrôler, mais des fois, c’est plus fort que moi. Je suis impatiente avec les gens qui cherchent leurs mots, alors je prends les devants, même si des fois, je me trompe.

Je suis soucieuse des détails alors je n’aime pas les versions d’histoires qui ne sont pas conformes à l’originale. J’ai besoin de les raconter EXACTEMENT comme c’est arrivé. Alors ça se peut que je te coupe la parole pour rectifier tes propos.

Des fois, ça se peut que je joue au jeu de celui qui pisse le plus loin. Parce que je suis compétitive, parce que je manque parfois de confiance en moi. J’ai besoin de flasher mes qualités, plutôt que de laisser les autres souligner mes défauts. J’ai perdu des amis à cause de ça. Je me suis refermé dans une bulle où je me suis convaincue que l’amitié n’était pas quelque chose d’important.

Tu vois, je suis consciente de tout ça.

Et je sais qu’il y a certainement d’autres personnes comme ça.

Heureusement, j’ai appris à ne pas dépendre des autres pour faire ce dont j’ai envie. Magasiner seule, m’entraîner en solo, me plonger dans un livre avec ma solitude bien enveloppée dans une couverture, les choses que j’aime le plus faire se font souvent avec moi-même. J’ai un chum et un fils qui comprennent bien ce sentiment puisqu’ils sont semblables à moi. J’ai la chance de les avoir près de moi, en tout temps, pour me confirmer que je n’ai pas besoin des autres.

Parce que je trouve ça forçant de socialiser.

Mais des fois, je trouve ça l’fun quand même.

Pis j’ai le goût de persévérer et de me forcer.

Parce que je finis par rencontrer des gens comme moi, qui font les mêmes efforts.

À toi, mon amie devenue toxique

À toi mon amie toxique

Ces jours-ci, j’ai une question qui me revient sans cesse en tête…

À quel moment s’est produit le changement ?

Qu’est-ce qui s’est passé pour que l’amie que j’ai connue soit remplacée par une inconnue ?

J’ai beau chercher, je n’arrive pas à mettre le doigt sur le moment précis où ta personnalité a commencé à être de moins en moins compatible avec la mienne.

Je le sais qu’on se transforme, qu’on évolue, qu’on change de style, de cercle d’amis, et qu’on peut ne plus être la même personne après quelques années ! Je le sais, je suis passée par ce processus.

Je ne suis pas la même personne à 36 ans que j’étais à 26 ans.

J’ai changé.

Mais je crois sincèrement que je reste une personne saine, qui aime briller sans nuire à la lumière des autres. Je n’ai pas besoin de souligner tous mes bons coups pour être fière de moi. Je suis généreuse sans rien espérer en retour. Je suis capable de dire bravo à quelqu’un, sans souligner quelque chose qui me vaudrait un bravo à mon tour.

Mais pas toi.

Tu as changé.

Et la nouvelle toi ne correspond plus vraiment à ce que je recherche. Le vernis avec lequel tu te couvres et qui fait en sorte que tu brilles est toxique pour moi.

Et ça m’attriste. Parce que je ne t’ai pas connu comme ça.

Celle que j’ai connue n’avait pas besoin de s’exposer continuellement, au détriment de ses amies, pour obtenir l’approbation des autres. Elle était capable de s’excuser et d’assumer ses erreurs. Elle était capable de générosité sans se proclamer généreuse. Elle aimait briller à côté des gens, sans les pousser du coude pour obtenir la meilleure lumière.

Elle était capable de s’inquiéter réellement pour les autres. Ne pas faire semblant de s’informer de leur état pour ensuite changer de sujet.

Elle était capable de rire sans donner l’impression que les blagues sont moins bonnes que celles des autres personnes qui gravitent autour d’elle.

Je ne sais pas ce qu’elle est devenue, cette amie-là, mais elle me manque.

Parce que ça devient de plus en plus lourd, de plus en plus difficile pour moi de faire abstraction de l’odeur de vernis qui commence à m’intoxiquer. Il m’étouffe.

Je devrais peut-être t’en parler directement, mais je ne sais pas comment.

Je ne sais pas par où commencer.

Parce que je sais que c’est difficile d’expliquer aux gens nos changements, surtout si on a l’impression d’être restée la même. Tu répliqueras sûrement, tu trouveras des excuses, tu confronteras mes points, tu réussiras peut-être même à mettre en doute mes propres certitudes. Tu diras que je ne te comprends pas, que je suis méchante alors que tu ne m’as rien fait directement.

Ce qui sera vrai. Tu ne m’as rien fait personnellement. C’est ta façon d’être qui est devenue problématique pour moi. Et ça, d’une certaine façon, c’est mon problème.

Je le sais.

C’est pourquoi je continue de me taire, en espérant que tu redeviendras celle que tu étais avant.

Celle que j’ai choisie comme amie.

Sans vernis, parce que je la trouvais déjà magnifique, mon amie.

 

Photo de signature pour Jennifer Martin.

 

Lettre à Rachel

Véronique s'adresse à Rachel

Il y a un an de cela, j’ai compris que l’expression karma était réelle.

Par une journée toute simple, je devais aller à la pharmacie pour aller chercher les médicaments de mon garçon. Au comptoir de prescription une dénommée Rachel, selon son étiquette inscrite sur son sarrau, me sert. Son visage me dit quelque chose et le lien se fait assez rapidement. En un temps éclair, mille et une chose se sont passées dans ma tête, j’ai eu 15 minutes à attendre dans la salle d’attente pour me remémorer ce que j’avais fait il y a de cela dix-huit ans.

Je t’ai reconnue Rachel, la fille aux bonnes notes et au bon comportement à l’école secondaire. Une fille studieuse qui ne déplaçait pas d’air. Étant dans une gang cool à l’époque, je me suis sentie comme un loser là, maintenant en 2017. Je me suis mise à essayer de comprendre pourquoi je riais de toi, ou pourquoi je passais des commentaires à voix haute, sur toi. Ce jour-là à la pharmacie quand je t’ai reconnue, j’ai eu de la difficulté à garder le contact visuel, parce que j’ai eu des remords de conscience.

Parce que rendue à 31 ans, maintenant maman, j’ai peur qu’une moi-même s’acharne sur mon enfant, que quelqu’un lui fasse vivre de la peine gratuitement sans raison précise. J’ai beaucoup évolué en tant que personne, je ne pense pas comme je pensais à 12-13 ans, mais je tiens à ce que tu saches que j’ai mal agis, sans raison précise tu as subi des remarques que tu n’avais pas à entendre ou à vivre.

Avec le recul, je me demande si cela a eu des répercussions sur ta vie d’adulte, si tu as passé par-dessus, parce que parfois la peine et la méchanceté des autres laissent des cicatrices toujours un peu vives. Dans nos têtes de jeunes adolescents hormonés, on ignore ce que les autres peuvent ressentir face à nos commentaires ou nos gestes commis. On ignore aussi ce qu’il se passe au retour de l’école, dans les foyers, l’ambiance à la maison, cela peut être difficile quand s’ajoute l’intimidation à l’école.

En tant que société, je crois que cela est très important d’expliquer et de jaser avec nos enfants et ce, en bas âge. Nous devons éduquer nos enfants à être gentils et polis. Nous devons leur apprendre à se défendre, pour qu’ils ne vivent pas l’intimidation. Cela laisse des marques, l’ayant aussi vécu dans une nouvelle ville à 9 ans. J’en ai vécu un traumatisme. Cela ne m’a pas empêché de le reproduire des années plus tard. Mais j’en parlerai à mon enfant, pour qu’il ne devienne ni une victime ni un intimidateur. Nous devons être conscients que cela existe encore et nous devons continuer à en parler.

À toi Rachel, je tiens à te dire sincèrement que je m’excuse.

 

Folie veronique logo auteur       

À toi mon amie qui n’a pas encore d’enfant

À toi mon amie qui n’a pas encore d’enfant, je veux que tu saches que ma vie n’est plus la même depuis que je suis devenue maman. Je n’ai plus autant de temps à t’accorder c’est vrai, mais un jour tu comprendras à ton tour ce que c’est d’avoir deux petits bonhommes qui ne dépendent que de toi pour vivre. Ces petits êtres joyeux et parfois grognons qui décident de tes journées. C’est difficile de planifier quelque chose à l’avance, merci de rester patiente. Parfois, je me sens trop fatiguée pour sortir. Ne m’en veux pas si je te choke parce que j’ai une occasion de dormir ou d’avoir un moment d’intimité avec mon chum, parce que tu sauras que ce sont deux choses auxquelles tu n’as pas beaucoup accès dans les premiers temps. Ne m’en veux pas non plus si j’arrive cernée et mal coiffée à nos rendez-vous de filles, car le peu d’énergie que j’ai, je le dépense pour mes enfants que je dois faire boire et nourrir, que je dois endormir, divertir mais surtout aimer.

Tu comptes toujours autant pour moi, je te rassure, mais c’est terminé le temps où on pouvait se texter toute la journée, sortir prendre un verre jusqu’à minuit passé, aller magasiner et dépenser sans trop compter. Je n’ai plus le budget pour nos sorties ni même de temps pour ça non plus. Ou du moins, quand j’en ai, je te traîne dans les boutiques d’articles de bébés. Parce que oui, quand on est maman, on finit par s’oublier et on pense juste à eux. Parce que pour toi, l’important c’est qu’ils ne manquent de rien. Mais un jour, tu comprendras à ton tour.

Tu dois aussi me trouver chiante de parler de mes bébés à journée longue. J’en suis fière tu sais. Ils sont si impressionnants ces petits bout’choux là, tu verras. Un moment, ils te mettent à boutte et la seconde suivante, ils trouvent le moyen de se faire pardonner en te faisant rire aux éclats par leurs petits gestes anodins.

Un beau jour, qui sait, ce sera toi qui me parleras des exploits de ta progéniture, et c’est moi qui t’écouterai attentivement et avec intérêt car j’aurai passé par là moi aussi. Tu dois me trouver encore plus insupportable depuis que j’ai accouché de mon petit dernier. Bin oui, je vais avoir encore moins de temps à t’accorder. Bin oui, je suis encore plus épuisée, j’ai encore moins le goût de sortir. Pendant ma grossesse, je devais dealer avec mes vilaines nausées du matin, mon gros ventre encombrant, les canicules qui n’en finissaient plus de finir, les sautes d’humeur imprévisibles, les hormones déréglées, mon p’tit d’un an et demi qui me chialait après si je ne lui donnais pas assez d’attention et sans parler de mes nombreuses pertes de mémoire. Ouf! Je sais, je n’ai pas été évidente à gérer depuis la dernière année, mais un jour tu comprendras.

Avoir des enfants c’est merveilleux, mais très demandant physiquement et mentalement, alors ne sois pas fâchée si j’oublie de répondre à ton texto d’après-midi, ou si je passe une et parfois même deux semaines sans t’écrire ou te tagguer sur un article ou si j’oublie même d’aimer une de tes publications ou ta photo de cueillette de pommes avec ton chum sur Facebook. Il se peut fortement que je ne vois pas toute ta vie défiler dans mon fil d’actualité au peu de temps que j’ai à y naviguer.

Pardonnes-moi. Mais tu sais ma chère amie, malgré tout ce chambardement dans ma vie, je t’aime encore autant et saches que tu auras toujours ta place dans ma vie. Puis un beau jour peut-être, ce sera à ton tour de t’excuser de ton manque de temps, car tu auras toi aussi un ou deux et même trois p’tits loups à faire vivre et je te répondrai:

“Je comprends mon amie”.

 

Catherine AL alix marcoux