Le trou que tu laisses dans mon coeur en grandissant

Jen s'adresse à son fils

Cher Isaak,

Tu es assez grand pour que je m’adresse directement à toi.

Tu es assez mature pour comprendre pas mal tout ce que je vais t’écrire ici.

Tu es assez sensible pour être touché par ce que je m’apprête à t’avouer.

 

Chaque jour qui passe depuis que tu es né laisse un petit vide qui ne cesse de grandir. Ces moments ne reviendront pas.

Cette odeur de bébé impossible à décrire n’existe plus, envolée de notre maison pour se nicher sur d’autres bébés tous neufs. Tu sens toujours toi. L’odeur que je préfère au monde. Mais ce n’est pas pareil, je te l’avoue. Tous les pores de ta peau emmagasinent maintenant des particules de déodorants, de produits chimiques, de sueur. Ces odeurs composent ton quotidien qui ne se résume plus à passer des heures dans mes bras.

Jen s'adresse à son fils

Ces pyjamas à pattes dont je raffolais… mon Dieu qu’ils me manquent. Tes petits pieds bien au chaud, les motifs de moutons ou de camion qui les décoraient, le confort qu’ils semblaient te procurer. Je n’achète plus de pyjamas. À présent, c’est à peine si tu supportes des boxers pour dormir.

Tes éclats de rire, la plus belle mélodie du monde. Ils sortaient facilement de ta petite bouche parce que tu étais un bébé heureux qui souriait tout le temps. Tu ris encore, mais maintenant ça prend une blague, une situation cocasse ou un événement spécial pour t’entendre éclater de rire. J’aime toujours t’entendre, c’est encore la plus belle musique à mes oreilles. Mais j’aurais voulu t’enregistrer à cette époque, afin de pouvoir me repasser la cassette maintenant que j’ai presque oublié ce son qui me comblait de bonheur.

Le sentiment de confort indescriptible qui nous envahissait quand on se collait contre toi les matins de fin de semaine. Tes petites mains autour de notre cou, ton petit corps tout chaud entre nos deux corps, ton souffle si doux contre nos joues. J’ai un peu mal quand j’y pense, je ressens presque une douleur physique à l’idée d’oublier un jour ces matinées si précieuses. Oh, heureusement que tu viens parfois te glisser entre nous pour sentir tout notre amour pour toi. J’ose croire que tu en ressens toujours l’envie et qu’on occupe toujours une aussi grande place dans ton cœur. Même si ça finit avec un pet ou une niaiserie qui nous donne envie de te pousser en bas du lit pour t’entendre éclater de rire.

Toutes tes premières fois si faciles : les premiers pas, les premiers dessins, la première journée à la garderie, à l’école, elles doivent maintenant laisser leur place aux plus difficiles : le premier jour au secondaire, au travail, la première peine d’amour, peut-être un mariage, un divorce, ton premier enfant. Toutes ses premières fois où on sera peut-être absent de ta vie et où on devra te laisser encaisser la douleur sans broncher, parce que ce sont celles-ci qui te forgeront en tant qu’homme. Un homme, ouf… juste de l’écrire est difficile. Mon bébé, un homme. Je ne sais pas si j’arriverai à m’y faire un jour. Mais je sais qu’il le faudra.

Tous tes secrets, tes mensonges. Parce que oui, il y en aura. Il y en a même déjà eu, j’en suis certaine. On dit que ce que l’on ne sait pas ne nous fait pas mal. J’espère que dans ton cas, ce sera vrai. Et que ce que j’ignorerai ne sera pas trop grave. Tu es un bon garçon, mon amour, ne me ment pas trop souvent, s’il te plaît. Dis-toi qu’une faute avouée est à moitié pardonnée et qu’en cas de problèmes, on peut t’aider.

Chaque heure où je ne suis pas en ta compagnie me semble toujours des heures perdues. Même si j’aime ma vie, mes activités en solitaire, mes amies, mes intérêts, je pourrais renoncer à tout ça pour ne passer que mes journées avec toi. C’est peut-être un peu intense mon affaire, mais tu es le centre de ma vie. Même lorsque tu seras grand et que tu auras quitté notre petite cellule familiale pour créer la tienne, tu resteras toujours le centre de ma vie.

Depuis ton arrivée, un fossé se creuse dans mon cœur chaque jour et je ne peux l’arrêter. Il s’agrandit au fur et à mesure que tu n’as plus besoin de moi et que tu t’éloignes un peu plus en vieillissant.

Mais mon amour pour toi reste intact, mon cœur n’arrêtera jamais de t’aimer et je suis certaine que le tien aussi.

C’est juste que le temps ne s’arrête pas.

Je t’aime, mon grand bébé, garçon, homme.

Ne l’oublie jamais.

 

Photo de signature pour Jennifer Martin.         

Poussière d’amour

Karolane parle d'amour

On m’a toujours dit que c’était simple de réparer les cœurs brisés. Autant les cœurs brisés d’amour que ceux qui ont connu le vrai chagrin.

Mais dans mon cas, on devrait plutôt parler de « cœur en poussière ».

Je ne me rappelle pu exactement la dernière fois où je l’ai vu dans un état solide, où il avait l’air de tenir en un morceau. Ça fait longtemps. Des siècles, je dirais.

Y’a fait la guerre. Legit le Vietnam ou l’Allemagne en 39-45. Ça fait qu’y’est amoché. Pas mal.

Mais recoller des morceaux en cendres, c’est plus facile qu’on le pense, ça a l’air. En fait, combien de fois ma mère m’a dit d’arrêter de pleurer pour le gars à qui je n’avais jamais parlé, mais dont j’étais ô combien amoureuse. Que ça allait passer, que j’étais plus forte que ça. Qu’un garçon n’avait pas le droit de faire éclater mon cœur en morceaux comme si c’était de la vaisselle en porcelaine. Comme si ce n’était pas grand-chose. Comme si le fait que mon cœur était aussi fragile que du verre lui permettait de le lancer de toutes ses forces contre le sol, où ça allait être possible de retrouver tous les petits éclats de mon amour entre les craques de la céramique de la cuisine.

Sauf que cette fois-ci, on ne parle pu de peine d’amour de petite fille de 13 ans qui pense que les films d’amour, c’est la réalité tellement elle veut y croire. C’est clairement plus. Plus qu’une amourette qui n’a pas abouti, finalement.

Un cœur brisé, c’est comme de la bouffe d’astronaute. Vite de même, on croit que c’est juste d’la poudre ou de quoi de ben louche pis de pas comestible (un peu comme du Kraft Dinner, au fond). Mais quand on y ajoute de l’eau, y’a de quoi qui apparaît.

Bon, ce n’est peut-être pas dans l’état qu’on pensait que ça allait être, mais ça forme un tout. Pas pire solide en plus. Pis, ça fait la job. Du moins, pour un court instant.

Sauf que l’être humain est composé à 65 % d’eau, non ?

Si ça fonctionne vraiment, pourquoi mon cœur ne s’est pas déjà recousu malgré tout ce que j’ai essayé de faire pour le réparer ? Pour bourrer les ouvertures qui le composent.

J’imagine que c’était juste un pansement qui venait boucher les trous que j’ai dans le thorax, le temps d’un moment. Mais l’affaire, c’est que quand ton cœur est rendu une passoire, y’a besoin d’un peu plus qu’un vulgaire morceau de diachylon cheap acheté au Dollarama.

En fait, je ne suis même pas certaine que du plâtre serait assez efficace. De toute façon, je ne pense pas que ce soit imperméable.

Faque, l’astronaute en moi saute de galaxie en galaxie pour tenter de murer, en vain, le trou noir que t’as laissé au fond de mon torse.

Mon cœur est rendu poussière d’étoiles. J’ai des fragments d’artère un peu partout, mais surtout chez toi. Je les ai oubliés là, sur ton plancher, entre le four et le frigo. Ils y traînent depuis quelques mois déjà. Mais je comprends que tu ne les remarques plus.

Probablement que tu crois simplement que t’es dû pour passer un bon coup de vadrouille.

T’es trop occupé à tomber en amour pour faire le ménage de toute façon.

T’as des constellations dans les yeux à la regarder. Elle pis sa personne juste trop parfaite. Son nez trop étroit, ses yeux trop bleus, ses seins trop ronds, ses fesses trop squattées, son 5’3’’ qui te permet de lui donner des baisers tendres dans le cou trop aisément.

Tu la regardes comme tu regardes les étoiles filantes au travers de ton télescope. T’es émerveillé.

Pis tu te promets d’essayer d’y croire. Que ton vœu va se réaliser cette fois-ci.

Elle est ton souhait du 11 h 11.

C’était moi que tu regardais comme ça. Tu n’avais d’yeux que pour moi. Ton astre vedette.

Et bien maintenant, à cause de toi, je ne suis rien d’autre que poussière d’amour.

 

Texte par Karolane Masson

Playlist de février – Chansons d’amour

J’étais beaucoup trop heureuse de m’occuper de la playlist de la St-Valentin. Je ne suis pas une fille romantique, mais j’ai toujours adoré les chansons d’amour. Je ne peux expliquer pourquoi, mais c’est le genre de musique que j’apprécie écouter, relaxe. Même si je vis présentement une séparation, je réussis à apprécier ses chansons qui me donnent plein d’amour dans mon cœur. J’aime les mots, les histoires, la musique, je trouve que ce sont des chansons qui donnent de l’amour à une journée ou un moment.

Que ce soit Céline Dion, Bon Jovi ou mon favori : Ed Sheeran, ces chansons ont toutes une histoire que certains rêvent et espèrent ou comme moi, me font tout simplement du bien. Des fois, dans ma voiture, j’écoute ma playlist et je chante à tue-tête. De bonheur! En ce moment, la chanson qui me donne des frissons, c’est Perfect d’Ed Sheeran, je ne pourrais dire pourquoi, mais c’est émotionnel et ça me fait du bien. Donc, c’est sans surprise que je vous partage, en plus de ma playlist, le vidéoclip d’Ed Sheeran.

Certains diront que mes choix sont un peu quétaines, mais ce sont les chansons qui me font croire en l’amour, le grand amour, celui qui passe par dessus toutes les épreuves, qui dure et traverse les années. Des chansons qui racontent souvent des histoires vraies, qui donnent espoir que c’est vrai que chaque torchon trouve sa guenille. Mais ses chansons me font aussi en sentir que l’amour que j’ai pour toutes les personnes qui m’entourent, reste aussi fort qu’un amour d’un couple. Bon, c’est sûr que certaines chansons ont des allusions sexuelles, et non, je ne couche pas avec mes ami.es! Voyons donc. Mais vous comprenez, je l’espère, que l’amour c’est tellement grand, tellement fort.

Alors voici, mes chansons d’amour favorites. J’avoue avoir eu énormément de mal à faire une sélection restreinte, il y en a tellement!

Je vous souhaite à tout.e.s une merveilleuse St-Valentin, en couple, entre ami.es, en famille. C’est la fête de l’amour, alors prenez votre dose et partagez celle-ci avec tous ceux que vous aimez!

J’en profite également pour dire à tous ceux que j’aime à quel point je les aime vraiment fort.

 

 

La cicatrice du coeur

Le 29 décembre 2015, alors qu’il y avait une tempête qui a duré toute la journée, j’ai reçu un appel sur mon cellulaire qui allait changer ma vie.

Je réponds au téléphone et, au bout de la ligne, mon frère avec une voix paniquée me demandant où j’étais. J’ai tout de suite senti que quelque chose n’allait pas. J’ai tout de suite pensé qu’il avait eu un accident. À mon tour, je lui demande où il est. Mais je ne me doutais jamais qu’il m’annoncerait que le premier homme de ma vie, mon papa, était décédé.

 

Non, tu ne comprends pas. Papa est mort, m’a-t-il dit.

 

Il venait de le retrouver par terre dans la maison familiale. Quel choc pour mon frère qui était entouré des policiers, et qui devait me l’annoncer ! Mon père est décédé à la suite d’un arrêt cardiaque, seul à la maison, et il devait voir son cardiologue une journée plus tard. 24 heures de plus et mon père aurait été à l’hôpital ou une personne qualifiée aurait pu le réanimer. Je dois spécifier que mon frère a essayé de le faire et vraiment, il a tout essayé, mais ça devait faire quelques heures que mon père était au sol alors il ne pouvait rien faire sauf essayer et pour ça, il est un héros à mes yeux.

Après son annonce, je me suis écroulée en criant : « MON PÈRE EST MORT ! » Avant de raccrocher, je lui ai même demandé s’il en était certain.

Comme si j’avais encore un dernier espoir.

Je me suis ensuite dit que je n’avais pas le droit de m’effondrer, du moins pas tout de suite, mon frère en avait assez vécu et je devais lui enlever un peu de pression sur ses épaules et l’annoncer à mon autre frère, ainsi qu’à notre mère qui travaillait. Je devais lui dire que l’homme qu’elle aimait depuis 35 ans, et qu’elle avait quitté ce matin pour se rendre au travail, était parti.

Cette situation l’a démolie.

À partir du moment où je le lui ai annoncé, j’ai pris leur peine sur mes épaules. Je travaille dans le domaine de la santé et côtoie la mort régulièrement, je me suis dit que ça aurait dû être à moi de le retrouver par terre et non à mon frère d’avoir un tel choc… Mais la vie est ainsi faite et avec du recul, je me dis que mon frère a été parfait.

Ce n’est pas normal de quitter ce monde à 57 ans avant même sa retraite.

De se retrouver à l’hôpital inanimé, entouré de nous tous. Un passage important, mais combien douloureux où on est dans le déni, qu’on ne veut pas y croire !

Il y a ensuite le salon où toutes sortes de monde se présente et dont tu ne connais même pas la moitié. Des moments où tu voudrais être seule avec lui et les mettre tous à la porte pour pleurer ou crier. J’ai compris, après un moment, qu’il était aimé et qu’ils avaient le droit de lui dire adieu aussi. D’autres venaient pour nous. Recevoir un énorme câlin et se faire dire : «Je suis là pour toi. » Ça fait un bien énorme.

En conclusion, mon papa a 9 petits-enfants qui aiment leur pépère. Il était notre papa grognon à mes frères et moi, mais il était tellement serviable et avait un grand cœur.

J’ai compris que ce n’était pas moi qui avais fait de la peine à ma mère, mais que c’était simplement la situation et qu’on ne pouvait rien y changer. Mon plus grand regret est sûrement de ne pas lui avoir dit un dernier adieu. La première année, c’est difficile de s’en remettre, car toutes les premières fêtes sans lui sont difficiles à traverser.

Maintenant, près de deux ans après son départ, il y a encore des moments difficiles, mais on avance et de voir ma mère et mes frères sourirent malgré la douleur me fait du bien.

Nous avons tous un grand vide dans nos cœurs et les cicatrices de notre douleur diminuent sans jamais l’oublier.

Ma plus grosse crainte est que mes enfants finissent par l’oublier.

J’espère maintenant le revoir dans mes rêves, cet homme que je voyais si fort…

 

Mon petit papa d’amour.

 

Texte par Marie-anne Ouellet