La fois où… mon fils m’a dit que j’avais l’air déprimée

La fois où...mon fils m'a dit que j'avais l'air déprimé

Deuxième jour des vacances.

Je ne me souviens plus de ce que j’ai fait le premier. Ce n’est pas tellement important.

Je suis en vacances.

Je me réveille à 8 h, ce qui constitue clairement la grasse matinée pour une fille qui se lève à 5 h 45, 11 mois par année.

Je reste dans mon lit à fixer successivement mon cellulaire et le plafond.

Je savoure le moment.

Celui où tu apprécies enfin de ne pas avoir à te donner une poussée en bas du lit pour te motiver à quitter la maison pour gagner ta vie.

Ces longues vacances dont je rêve toute l’année et qui me permettent de recharger mes batteries pour affronter 11 autres mois où je suis prise dans le quotidien, la routine et le stress constant de me surpasser dans toutes les sphères de ma vie.

Ce matin-là, j’ai l’impression que le monde m’appartient et que le temps ne m’est pas compté. Que je peux disposer de ma journée comme je le veux, au gré de mes envies, plutôt qu’au gré de mes obligations !

Je me lève vers 10 h, je rejoins mon fils, qui est déjà installé confortablement dans le sofa avec son bol de céréales à se la couler douce. Il a adopté assez rapidement la routine des vacances, parce que tout le monde sait combien les enfants s’adaptent beaucoup plus vite que nous à la plupart des situations.

Je l’embrasse tendrement et m’installe près de lui pour le regarder quelques minutes et m’imprégner de son odeur comme je le fais presque chaque jour depuis 11 ans.

Ce matin, il n’y a pas de : « Dépêche-toi de déjeuner Isaak, nous sommes pressés. »

Non, aujourd’hui, il peut attendre que ses céréales soient bien imbibées de lait avant de les manger.

Je m’installe près de lui avec mon smoothie. Celui préparé le matin même et non pas la veille pour gagner du temps dans la course infernale du début de journée. Il goûte divinement meilleur fraîchement sorti du Magic Bullet.

J’ai l’air d’un chat qui se délecte devant un bol de crème.

Je flâne sur internet, je fais une storie sur Instagram de mon verre avec le #jenenvacances.

Je retourne dans mon lit regarder un épisode de Beverly Hills 90210 sur l’une de mes vieilles cassettes VHS.

Je me relève pour faire un peu de ménage, je fais une brassée de lavage.

Je vais quelques heures dehors lire sous le soleil, bien confortablement installée dans ma chaise longue. Mon fils vient me rejoindre à plusieurs occasions pour quelques saucettes dans la piscine.

On est bien, la journée se déroule dans la plénitude. Je me sens zen et pas du tout bousculée par le maudit temps.

En début d’après-midi, une petite phrase est lancée et me fait l’effet d’une bombe.

Pendant qu’il joue à la PlayStation, mon fils me lance un regard et me demande : « Est-ce que ça va, maman ? »

Jusque-là, ça va. Sa sollicitude me touche et je lui souris tendrement en lui affirmant que tout va bien.

Pendant les minutes qui suivent, je poursuis mon trio de contemplation qui fait bouger mes yeux de mon ordinateur à un livre ou au plafond. Je suis toujours bien à faire tout et rien en même temps.

Quelques minutes après, il me redemande la même chose : « T’es sûre que ça va, maman ? »

Là, je suis intriguée. Je le regarde franchement et lui réponds : « Mais oui mon amour, ça va, pourquoi tu me reposes la question ? »

« Parce que tu as l’air déprimée. »

BOUM.

Coup de poignard en plein cœur.

J’ai l’air déprimée alors que mon cœur et ma tête n’ont jamais été aussi coordonnés à profiter de l’instant présent et à faire abstraction du temps qui s’écoule à une vitesse vertigineuse.

Je ne comprends pas.

Mes yeux sont-ils si vides d’expressions à ce moment précis pour que mon fils s’inquiète de mon bonheur ? J’ai pourtant l’impression de dégager la joie et le confort d’être là avec lui, sans pression ni horloge pour nous rappeler que ces heures devraient être consacrées à faire des tâches précises.

Serais-je si habituée à vivre dans un chaos constant qui fait en sorte que j’ai toujours l’air de faire 1001 choses en même temps et qu’au moment où je m’arrête, j’ai l’air désorientée ?

Ça m’a frappé en pleine face.

J’ai tenté d’expliquer à mon bébé que non, je n’étais pas déprimée, mais plutôt très heureuse d’être avec lui. De lui faire comprendre que je suis comblée de ne pas avoir l’impression qu’il me faudrait 30 heures dans une journée pour accomplir tout ce en quoi consiste mon quotidien de maman/amoureuse/employée/amie/blogueuse. Que le hamster dans ma tête a ralenti le rythme au point où il se demande lui-même ce qui se passe pour que je sois aussi peu disposée à le faire travailler. Je lui ai raconté à quel point je tente de jongler avec toutes mes obligations et que cette façon d’être, que lui voit comme une attitude dynamique, n’est en fait qu’un rôle que j’endosse pour garder mon titre de femme qui tente de tout réussir dans la vie.

Je lui ai expliqué aussi qu’il était tellement habitué de ne pas me voir tourner en rond et procrastiner que ce n’est pas parce que je le fais quelques jours que je suis malheureuse.

Au contraire.

Je veux lui faire comprendre que même si je tente d’être la meilleure maman/amoureuse/employée/amie/blogueuse 365 jours par année, il est possible que pendant mes vacances, je me permette de prendre plus mon temps pour y arriver.

Il a été rassuré par mes réponse,s même s’il n’a probablement pas saisi toutes mes explications.

Mais moi, j’ai compris beaucoup de choses ce jour-là.

Et je le remercie de m’avoir ouvert les yeux.

Pour lire les autres articles de la série La fois où… c’est par ICI.

Photo de signature pour Jennifer Martin.  

DÉPRESSION : Le centre de crise (partie 2)

Introduction : Cette série est mon histoire, chaque texte est personnel. En parler est important et j’ai décidé de le faire. Chaque semaine, un texte sortira en rapport avec une thématique. Pour lire la série en entier, rendez-vous ICI.

 

Cela fait 5 jours que je suis au centre de crise et je me sens bien. Mais je m’ennuie de mon chat, de mon beau-fils et de mon amoureux, ce n’est pas pareil de le voir durant une simple visite. J’ai hâte de retourner chez moi, de mettre en application ce que j’ai appris ici et de me remettre sur pied. J’ai peur aussi, peur de retomber au fond du gouffre. Aujourd’hui, je reçois la visite de mon amie Jennifer, je suis heureuse qu’elle vienne me voir, ça fait du bien de savoir qu’une amie veuille venir à cet endroit. Elle m’aide tellement avec les blogues et les filles de Folie Urbaine sont très compréhensives, je sais que je les ai beaucoup inquiétées. N’ayant pas mon cellulaire avec moi puisque c’est mon amoureux qui l’a en sa possession, je suis déconnectée de tout, c’est la meilleure chose pour moi, cela m’aide à me concentrer que sur moi-même et rien d’autre. En arrivant, elle m’offre un délicieux café glacé provenant de mon merveilleux quartier Villeray. On discute une bonne heure et mon amoureux arrive pour passer une heure avec moi lui aussi. Ses yeux. Jamais je n’oublierai ses yeux. Un regard soulagé, mais apeuré aussi. Heureux que je sois prise en charge pour aller mieux, mais perdu en ne sachant pas ce que la suite nous réserve.

Je veux partir. Lors de ma rencontre avec ma travailleuse sociale, je lui mentionne être prête à partir. Elle souhaiterait que je reste encore quelques jours, mais elle comprend. On procède à notre dernière rencontre. Elle m’aide à remplir les formulaires pour les suivis psychologiques dont j’aurai besoin à ma sortie et elle envoie le tout pour que ce soit plus rapide. Elle me donne les contacts pour le CAVAC, les numéros 24 h et tout ce dont j’ai besoin si je tombe en crise. Je suis soulagée d’avoir en main tous ses outils, je me sens enfin aidée. Je me rends compte à quel point l’aide est difficile à obtenir si on ne séjourne pas à l’hôpital. Comment une personne vulnérable peut-elle trouver de l’aide rapidement ? Internet ? C’est tellement mal dirigé avec les nombreux sites qui proviennent de partout, pas juste du Québec, il y a tellement de numéros différents. Cela décourage encore plus. Mais, s’il y a bien juste un numéro qu’il faut connaître, c’est le 8-1-1. Oui, c’est Info-Santé, mais ils sauront te diriger vers la meilleure ressource. Cependant, si ça ne va pas, téléphone au 9-1-1, c’est toujours l’option la plus rapide si tu es en détresse. En quittant le centre, j’aurai des rendez-vous hebdomadaires avec un autre travailleur social, une heure par semaine, jusqu’à ce que j’obtienne des nouvelles du CLSC. Je dois également voir mon médecin régulièrement pour un suivi médical. Je suis prête.

Je ne repars pas les mains vides. Je repars avec des outils qui m’ont été utiles pendant mon séjour et qui le seront pour le reste de ma vie. La peur, celle de ne pas savoir ce qui se passera pour moi, elle m’a hantée de l’urgence à aujourd’hui. C’est le néant total puis notre tête sort enfin de l’eau et on peut enfin prendre la respiration qu’on ne pouvait prendre depuis trop longtemps. Le trio d’activation est quelque chose que toute personne devrait connaître. Il s’agit de trois choses à faire en une journée :

1- Une chose qui te fait du bien ;

2- Une chose que tu aimes faire ;

3- Une chose que tu es obligé de faire, même si tu n’aimes pas.

Par exemple, prendre un bain, cuisiner un bon repas et aller marcher 30 minutes après le souper. J’essaie de le faire chaque jour, ce n’est pas facile, mais c’est un bon truc pour se concentrer sur le positif et de tenter de mettre en place une routine de vie saine quand on a besoin d’un peu d’aide.

On est dimanche. Mon amoureux m’attend à l’accueil, il m’embrasse, me serre dans ses bras très fort. Il prend mon sac et on sort. Je m’installe dans la voiture et je prends une immense respiration. Il me regarde avec ses petits yeux inquiets et me demande si je suis prête à retourner à la maison. Je le regarde et lui répond que oui, je veux rentrer. Cela fait maintenant 10 jours que je n’ai pas été chez moi et qu’on m’a promené d’un endroit à l’autre. La réalité me rattrape tranquillement : l’argent, l’arrêt de travail, la job, etc. J’essaie de relaxer et de ne penser à rien, de simplement dormir coller avec mon amoureux, dans notre lit, chez moi. Je me couche en me disant que demain, je penserai à tout, mais que là, dormir est la seule chose dont mon corps et mon esprit ont besoin.

 

 Valérie_réviseure

 

 

 

 

 

 

N’oubliez pas que si vous avez besoin d’en parler, il existe des ressources :

Centre de prévention du suicide 1-866-277-3553

Centres de crises : Santé Montréal

Quand tu as la sensation de toucher le fond

Je m’adresse à toi qui as déjà connu cette sensation.

Je m’adresse à toi qui ressens cette sensation.

Je m’adresse à toi qui ne connais pas cette sensation, mais qui veut comprendre.

C’est une sensation désagréable et elle possède une puissance négative qui peut occasionner des conséquences sur ta propre personne et sur le monde qui t’entoure. Elle s’installe tranquillement, à l’intérieur de toi et elle finit par te détruire, petit feu par petit feu. Puis, elle peut t’affecter dans ton quotidien, dans tes pensées et dans ton comportement. Tu sais, c’est peut-être possible que tu tolères moins, tu réagis trop ou tu ne réagis pas assez.

Il est peut-être possible que ça commence par un événement négatif que tu ne t’y attendais peut-être pas ou une situation problématique qui dure trop longtemps à ton goût. Peu importe la raison et sa source, ce problème provoque un déséquilibre dans ta vie. Ce genre de déséquilibre qui peut te faire vivre une période sombre pour une durée indéterminée. Pour juste bien faire les choses, tu peux réaliser qu’un problème est souvent suivi d’un autre problème. À croire qu’un seul problème n’est jamais suffisant pour le karma. C’est là que tes nerfs peuvent te lâcher. Ton monde s’écroule, que tu en sois le responsable ou pas.

Ah, c’est vrai, j’oubliais les quelques symptômes. Tu dors tôt, parce que tu es fatigué. Tu te réveilles, tu es fatigué. Tu fais ta journée, tu es encore fatigué. Tu n’as juste plus d’énergie. Ce qui était facile est devenu plus dur. Mais où es-tu, chère motivation? Tu es juste dépassé par toutes tes responsabilités. Rien ne te satisfait. Des pensées critiques envers toi ou envers les autres. Tu t’absentes plus souvent. Tu t’isoles. Tu n’es plus capable de prendre soin des autres et encore moins de toi. Tu n’as le goût de rien. Tu n’as juste plus le courage. Tout est noir. Tout est simplement noir. L’enfant en toi est triste.

C’est là que tu dois faire attention. C’est là que tu peux être en état de vulnérabilité. C’est là que tu peux faire la rencontre d’un ennemi redoutable et que tu ne dois jamais douter de la force de ces ravages dans ton esprit. Chère dépression et ces acolytes. Ces maladies mentales.

Je sais.

C’est négatif, ce texte.

Mais dis-toi que c’est comme ça dans l’esprit de certaines personnes. Ce n’est pas facile pour la personne qui le vit. Ce n’est pas facile pour les personnes qui les côtoient.

Il y a quelques alternatives qui peuvent s’offrir aux personnes qui vivent cette sensation. Il y a celle d’y rester et de vivre perpétuellement dans ce cycle négatif où tristesse, souffrance et douleur sont au menu. Mais je trouve cela très intense pour une personne, même pour une personne qui est forte.

Il y a l’autre option qui dit que tu as le droit de vivre ton mal-être. Tu as le droit de souffrir et d’avoir mal. Mais quand tu te sens prêt.e, tu apprends à te remettre sur pied en prenant le temps de te donner du répit. De prendre soin de toi. De trouver des solutions afin de t’aider. Retourner aux sources avec ta famille, prendre quelques jours de congé de travail, faire un arrêt de travail, aller dans un spa, un chalet, pourquoi pas? Des haltes de répits, se faire masser, consulter un psychologue, thérapeute, psychoéducateur ou un psychiatre, CSSS, les centres d’appels (Jeunesse j’écoute, tel jeune, centre aide, suicide action), voir ton médecin, prendre des médications, des ateliers de groupe, t’informer sur tes problématiques, chercher à se comprendre, yoga, méditation, religion, sport, lire des livres, peinture, voyage et amis.es. Il y a tant de solutions pour aider une personne, mais une chose est que la solution pour l’un n’est pas la solution de l’autre. Peu importe ton choix, tant que tu trouves une solution bonne et saine. L’important est ton bien-être. Vivre ta vie dans le mieux que possible. Une chose est qu’une fois que tu connais la sensation du fond, il est possible que tu fasses de ton mieux pour ne plus toucher ce fond-là.

Folie Cindy chevry logo auteur 

Déprime saisonnière

Folie Urbaine Déprime Saisonnière couverture

C’est gris et slusheux une journée…

C’est glacial et givré le lendemain…

J’ai beau regarder le calendrier pour me motiver, mon cerveau ne veut pas enregistrer que le printemps arrive. Mes bottes ont perdu leur couleur d’origine et n’affichent plus que de grandes rigoles de calcium.

Mes joues ont besoin de 2 ou 3 coups de pinceaux supplémentaires pour que le blush teinte mes joues de rose afin de camoufler mon teint de fille « fatiguée-blanche comme du lait-en manque de vitamine D ».

Mes orteils se lamentent coincés au fond de mes bas, attendant avec impatience de revoir la lumière et d’être à nouveau colorés par leur amie Sally Hansen ou Essie.

Ma tête a hâte de se mettre en mode vacances et de pouvoir planifier ce qu’elle va faire durant ce congé plus que mérité.

Je magasine les dernières collections d’hiver en solde à 60 % en me disant que je n’ai pas envie d’acheter les nouvelles petites robes d’été à 100 % du prix alors qu’elles devront rester dans la garde-robe encore 3 mois. Pis je me fâche intérieurement contre les compagnies qui décident de sortir trop vite les vêtements d’une saison à l’autre. Parce que même si ça me donne espoir de voir des motifs floraux au mois de février, ça renforce aussi ma déprime saisonnière.

Je vis en ermite à la maison parce qu’il fait encore trop souvent trop froid pour avoir envie de sortir spontanément. Rien à voir avec les soirs d’été où je ne me fais pas prier pour prendre le vélo et aller m’enfiler une p’tite molle à la vanille avec un enrobé de biscuits et crème. Allô Chocolats Favoris !

Mon moral atteint un niveau élevé de saturation quand on me parle de système dépressionnaire qui risque d’amener de la neige ou du verglas. S’il existait des verres de contact qui me feraient voir les paysages en rose ou avec des motifs de fleurs, j’aurais enfin une bonne raison pour prendre rendez-vous chez l’optométriste puisque mon dernier examen de la vue date du secondaire 3. (Oui ! J’ai une paire de lunettes qui date des années 90 que je ne porte jamais.)

Je ne suis plus capable de vivre emmitouflée… Manteau d’hiver, pyjama chaud, foulard de laine. J’ai une envie pressante de légèreté. De sentir un vent chaud aux effluves de lilas et de gazon plutôt qu’un vent qui me mord les joues.

Je suis plus qu’impatiente de voir mes vêtements tenir bien droits sur ma corde à linge et sentir le soleil, plutôt que de les voir culbuter pêle-mêle dans la sécheuse pour ressortir avec une faible odeur de Bounce qui s’évapore au bout de 5 minutes.

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Je veux faire griller mes guimauves dans le feu plutôt que de les laisser fondre dans mon chocolat chaud.

Je veux choisir la terrasse plutôt que le bar ou la banquette dans les restaurants. Et pourquoi ne pas prendre ma commande pour emporter afin d’aller m’étendre sur une couverture dans un parc pour la déguster ?

Y en a marre…

Sacre ton camp maudit hiver…

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jennifer-signature-02-jpgverifiedjenevieve

Janvier, tu me déprimes

Noël est chose du passé, 2016 aussi. Même si la dernière année a été catastrophique pour plusieurs, pour moi ce fut une des plus belles de ma vie. Alors que j’ai toujours détesté le mois de janvier, c’est encore plus vrai cette année puisque je suis déjà nostalgique de tout ce que j’ai vécu en 2016. Je t’explique donc pourquoi janvier me déprime autant et peut-être que tu te reconnaîtras dans ces quelques mots.

Janvier, c’est frette bâtard ! Bon, je ne t’apprends rien ici. C’est vrai que janvier est connu pour être le mois le plus glacial de l’année. Toute la neige que je trouvais dont cute pour agrémenter l’esprit de Noël est maintenant en phase de devenir « de la maudite marde blanche qui m’oblige à me lever plus tôt le matin pour déblayer mon char et qui laisse des traces de calcium sur mes belles bottes ». À part si tu es un amateur de sport de glisse (ce qui n’est pas mon cas) moi, je ne tombe pas en transe quand la météo annonce encore un système dépressionnaire qui vient des Grands Lacs. Ajoute à ça les gros manteaux qui font de l’ombre à mon outfit, et la tuque qui me scrap la mise en plis en plus de me rendre hyper statique, pis je te jure que je commence à implorer la marmotte de ne pas voir sa cr*& % ! d’ombre.

De plus, il ne se passe jamais rien en janvier. Pas de festival, pas de fête spéciale (à part celle de ma belle-mère), pas de jour férié (le 1er, ça ne compte pas), pas de gros événements. Même du côté médiatique, on ne peut pas dire que l’équipe de Folie Urbaine croule sous les invitations. Qui a envie d’organiser un 5 à 7 quand ça prend 1 h aux invités pour sortir du parking et qu’ils risquent d’arriver à 8 h à cause du formidable travail de déneigement de la ville ? Pire encore, étant donné que c’est aussi le retour des téléromans, on dirait que tout l’univers s’arrange pour qu’on reste bien au chaud à l’intérieur pour manger nos émotions en même temps que les personnages vivent les leurs.

Faque cé ça… Janvier, je te hais. Toi et moi, on n’est pas fait pour s’entendre.

Je sais bien que février n’est pas mieux. Mais je l’aime quand même plus que toi. Lui, au moins, il m’offre du chocolat pour la St-Valentin, pis yé là 28 jours seulement.

Alors je chiale moins longtemps.

 

Photo de signature pour Jennifer Martin.     

Je suis fatiguée

Je suis une éternelle passionnée, qui s’investit corps et âme dans plein de projets, qui s’allume à l’idée de créer quelque chose de nouveau et qui est partante pour aller à plein d’événements. Mais, il y a un « mais ». Je suis fatiguée, tellement fatiguée. J’ai du mal à assimiler la notion de « décrocher » de temps en temps et de prendre le temps de m’arrêter et de relaxer. Je travaille du lundi au vendredi, tsé le fameux 9 à 5, après j’arrive chez moi, je fais mes trucs d’adulte, donc le souper, ménage et lavage et ça, c’est vraiment quand j’ai l’énergie pour le faire. Par la suite, j’ouvre mon ordi et je travaille sur mes projets. J’ai beau me dire « ok, Karine, aujourd’hui tu ne fais rien et tu te reposes », malgré tout, je ne peux m’empêcher de regarder mon cellulaire et de vider ma batterie ! Mon chum est merveilleux et fait son possible pour m’aider, mais il ne peut rien faire de plus, même si je sais qu’il ferait tout s’il le pouvait. Mes projets, c’est ma vie, sans eux, je suis éteinte. Mes projets, mon travail, mon train de vie, c’est ce qui m’a permis d’enterrer mes démons, de les empêcher de m’envahir et me faire du mal. J’ai réussi pendant un temps, maintenant, mon armure a craqué.

Avez-vous eu déjà l’impression d’être vide à l’intérieur ? D’avoir un méga trou noir qui gruge votre bonheur et toute votre énergie par la même occasion. Ce sentiment d’impuissance qui ne cesse de vous rabaisser. Je suis fatiguée, tellement fatiguée. J’ai beau passer 14 heures à dormir, faire la larve humaine sur mon divan pendant quelques heures, je suis épuisée. Je suis toujours malade, et l’idée de faire quoi que se soit est devenu une obligation. J’ai toujours de l’amour pour tout ce que je fais, sinon vous ne seriez pas en train de lire ce texte, mais je m’ennuie de la petite drive qui me rendait si radieuse, je suis tellement rendue grise. J’ai décidé de chialer avec des mots, de les écrire, de les partager, parce que je sais que je ne suis pas la seule. Est-ce l’automne qui est si dur ? Peut-être. Mais, des fois, il faut accepter qu’on n’aille pas bien et que cette fatigue, eh bien, elle ne s’efface pas uniquement en dormant. J’ai trop de choses enfouies depuis trop longtemps, cette fatigue, c’est mon silence qui en est la cause.

J’ai du mal à accepter que je n’aille pas bien, le simple mot « dépression » me donne mal au cœur et me donne la chienne. Je sais ce que j’ai à faire. Quand ? Je ne sais pas. Le simple fait de l’écrire, c’est ma façon de le concrétiser. Le temps des fêtes approche ainsi que 2 semaines de vacances bien méritées. J’ai décidé de prévoir le moins d’activités possible et de passer plus de temps à la maison, d’aller me faire masser, d’aller chez le coiffeur, d’aller au cinéma, de ne rien faire de stressant, que des choses reposantes. Mais c’est quoi des choses stressantes ? Le simple fait d’aller souper avec des amis ou ma famille me stresse. Oui, je sais, c’est con, mais d’avoir à répondre aux questions : « comment tu vas ? », « comment vont tes projets ? », « comment va le travail ? », « comment va ton couple ? », etc. Je n’ai pas envie de répondre à un questionnaire. Je n’ai pas envie de me casser la tête à savoir quoi apporter à un potluck, même si d’habitude j’adore ça parce que cuisiner me fait du bien. Mais même cuisiner en ce moment, si ce n’est pas pour une raison valable, comme nourrir mon chum et mon beau-fils, eh bien, je mangerais des toasts au beurre de peanut et je serais heureuse !

Êtes-vous déjà passé par un moment de votre vie où, peu importe ce que les gens te disent, tu sais que rien ne peut te faire du bien ? Que le simple fait de savoir que la seule chose qui va t’aider, c’est une médication et une consultation. Que le simple fait de l’avouer, tu le vois comme un échec. Que tu te rends compte que ça fait des années que tu traînes cette merde sans jamais avoir pris le temps de l’enlever en entier sous ton soulier. Je suis rendu là. Vouloir prendre le temps de bien faire les choses, essayer d’accepter l’aide qu’on m’offre et de l’accueillir dans ma vie comme un cadeau qui me permettra de continuer de faire tout ce que j’aime en l’appréciant plus qu’en ce moment. Avoir l’impression d’être enfin prête à tout dire, vider mon sac en entier, pas juste des petits boutes. Sentir réellement l’amour et le bonheur, ne pas simplement l’effleurer. Sourire pour de vrai, sans me forcer. Me lever le matin et avoir hâte de vivre cette journée, et non d’avoir hâte au soir pour revenir me coucher.

J’ai décidé de l’écrire, de le crier, de le partager. Pourquoi ? Simplement pour moi, pour toi qui te sens seule dans cette douleur. On va aller mieux, je te le jure.

 

Karine signatureverifiedjenevieve

Dehors novembre

Cette semaine, je m’étais dit que j’allais écrire un article suggérant quelques remontants côté moral, parfait en cette période plus froide et plus grise. Des trucs du genre :

 – Se faire une playlist de musique avec juste des chansons joyeuses et nostalgiques.
– Concocter un breuvage chaud, passer sa doudou pref dans la sécheuse et se rouler en boule dedans devant un truc sur Netflix.
– Allumer des bougies qui sentent le bois, la citrouille, les pommes, la cannelle, l’épinette, mais pas tout ça en même. Quoi que…

 dehors novembre rain

Finalement, c’est moi qui aurais besoin de lire un billet du genre. Je fais juste penser à l’hiver qui arrive et j’en ai des frissons, malgré mes 10 épaisseurs, mon gros foulard et ma tuque qui m’emmitouflent déjà. Des frissons désagréables insufflés par le soleil qui se couche plus tôt, mais aussi par la mauvaise humeur des gens qui devient contagieuse. Je ne me décrirais pas comme une personne négative, ni quelqu’un d’influencée par les actions des autres, mais ces temps-ci, il y a exception. Les réseaux sociaux sont lourds et ça va directement en corrélation avec les événements qui se déroulent. Quand j’ai une cause/activité/autre à cœur, je me donne à fond. Je commence à regretter de toujours autant m’impliquer, pour plusieurs raisons. Mais je ne me vois pas agir différemment. Je ne crois pas que ça me rendrait plus heureuse de m’abstenir, de m’empêcher de m’impliquer, de donner mon opinion, de partager mes connaissances et d’en apprendre. Surtout ça: d’apprendre à l’infini.

 

dehors novembre coffee

 Ah pis j’aurais aussi bien pu dire dans mon article de :
– Mettre sur pause les réseaux sociaux, le temps de respirer sans notifications.
– Enfiler son manteau le plus chaud pis ses lainages et aller prendre une longue marche en forêt.
– Choisir quelques livres et se fixer des objectifs pour les lire pour de bon, une fois pour toutes.
– Faire une liste de souvenirs, ou bin une liste d’objectifs à atteindre.

 dehors novembre

Mais encore là, j’ai pas la motivation pour tout ça. Sûrement parce que ma tête est ailleurs, trop occupée à PAS relaxer. Est-ce que quelqu’un pourrait me donner des trucs pour me défaire de la déprime de novembre please? En attendant, je vais essayer les points que j’ai énuméré plus haut, on sait jamais!

 

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ariane-signatureverifiedsofia