Voix de Noël : 14 femmes, 4 chansons originales et une bonne cause!

J’adore l’ambiance du temps des Fêtes. Je suis très touchée par les causes de maladies mentales. C’est donc avec un immense OUI que j’ai répondu à l’invitation de Mathieu Caron. Un homme de passion avec qui j’ai de très beaux souvenirs lorsque je couvrais des événements artistiques pour Hollywood PQ. Touché directement par la cause, Mathieu s’est lancé dans un immense projet pour joindre sa passion pour la musique et pour pouvoir faire la différence en amassant des fonds pour la Société québécoise de la schizophrénie et des psychoses apparentées. Quand il a annoncé la sortie de l’album Voix de Noël via son compte Instagram, je lui ai immédiatement envoyé un message! C’est donc un album entièrement interprété par des femmes et 5 $ par album vendu sera remis à l’organisme. La SQS est un organisme à but non lucratif qui aide et informe les aidants naturels et les proches d’une personne atteinte de schizophrénie.

J’ai eu la chance d’écouter l’album en primeur et il est tout simplement magnifique. Les 13 chansons, dont 4 originales, sont interprétées avec élégance et l’ambiance des Fêtes transparait à la perfection. Les artistes qui ont uni leur voix pour ce projet sont Ariane Laniel, Annie Major-Matte, Marie-Pier Perreault, May Wells, Geneviève Racette, Julie Lefebvre, Elyann Quessy, Marilou Martin, Carissa Vales, Valérie Clio, Mégane Cyr, Charlène Blanchette, Koraly et Mélina Laplante. Toutes des artistes avec une voix puissante et unique. J’ai eu des frissons à plusieurs reprises lors de mon écoute, c’est plus qu’un album de Noël, c’est un collectif féminin qui chante avec leur âme.

J’ai eu un immense coup de cœur pour la chanson Je ne t’oublie pas, écrit et interprété par May Wells, chanson créée spécialement pour l’album avec 3 autres titres, ainsi que Miss you most, interprété par Geneviève Racette. J’ai également eu énormément de frissons pour la chanson Amazing Grace interprétée avec grâce par Mélina Laplante, j’avoue l’avoir écoutée à répétition et j’ai même versé une larme tellement c’est venu me chercher dans les tripes.

C’est le 5 novembre dernier que j’ai eu la chance d’assister au lancement officiel de l’album. Lors de l’événement, on a eu droit à 6 performances, dont les 4 chansons originales de l’album. De plus, je me suis entretenue avec 3 des 14 artistes du projet : Mélina Laplante, May Wells et Ariane Laniel.

Qu’est-ce qui vous a poussées à prendre part au projet de Mathieu?

Ariane : Mathieu, c’est quelqu’un de tellement passionné que peu importe le projet qu’il aurait fait, j’aurais dit oui sans même savoir c’est quoi. Mais là, en plus c’est pour une bonne cause et j’adore Noël, donc c’était évident pour moi que c’était un oui.

May : Moi, j’étais supposé faire une reprise de White Christmas. La première fin de semaine d’enregistrement en studio, j’ai demandé à Mathieu comment ça allait et il m’a répondu : peu importe ce qui se passe, ma mère veille sur moi. Là ça m’a vraiment travaillé en dedans. Mathieu est devenu un de mes meilleurs amis et ce projet, ça commémore les 20 ans du décès de sa mère. Comme Ariane l’a dit, Mathieu c’est un passionné de musique, je me suis dit que s’il y a bien un cadeau que je peux lui faire dans ma carrière c’est de lui écrire une chanson. Ça m’a pris 30 minutes et j’avais écrit la chanson qui s’appelle Je ne t’oublie pas. J’ai envoyé un mémo vocal à Mathieu en lui disant ‘’Écoute, je ne ferai plus White Christmas’’, là il croyait que je le chokait mais en fait je lui annonçais que je lui écrivais une chanson.

Mélina : Mathieu il est là depuis mes débuts, quand j’ai fait La Voix il était là, et il a toujours été super supportant dans ma carrière et dans ce que je fais. Quand il m’a approchée et qu’il m’a dit qu’il avait un projet d’album de Noël et qu’il voulait que j’y participe, c’était naturel pour moi de dire oui. Quand il m’a raconté l’histoire en arrière de cela, ça m’a vraiment touchée. J’ai choisi de reprendre la chanson Amazing Grace. La sœur de mon parrain avec qui j’étais très proche est décédée le 18 décembre dernier et c’est une chanson qui a joué beaucoup autour de sa mort, je l’ai chantée quand on l’a mise en terre, c’est une chanson très curative pour moi et elle m’a aidée à passer au travers.

Le fait que ce soit un collectif féminin, vous en pensez quoi?

Mélina : Je trouve ça tellement beau. May c’est vraiment une ambassadrice de ce mouvement-là, dans le sens où elle parle tout le temps du girl power et elle m’a sensibilisée à ça, dans le sens que je ne suis pas nécessairement quelqu’un qui va parler de ça, mais on en parle de plus en plus dans les médias.

Karine : On a vu dernièrement à l’ADISQ que c’était majoritairement des hommes qui ont remporté les prix.

Mélina : Exactement. Klô Pelgag s’est habillée en homme parce qu’elle était la seule femme nommée dans sa catégorie. C’est sûr que de faire un projet collectif comme celui-là, je trouve ça beau. Mathieu a voulu sensibiliser ce côté-là aussi et je trouve ça vraiment le fun.

May : C’est le fun de voir à quel point chaque fille s’est appropriée soit des chansons originales ou des reprises. Comme Mélina l’a dit, je suis très girl power, je trouve ça beau. Ce que je trouve tripant c’est qu’il y a des filles qui m’ont inspirée à faire ce métier-là comme Marie-Pier Perreault.

Ariane : C’est une fierté pour moi aussi de me retrouver sur l’album avec des filles talentueuses, des voix, des âmes que j’aime et que j’admire. J’admire toutes les filles sur l’album et plein d’autres filles dans le milieu artistique. En plus, Mathieu est un grand fan de femmes, de divas, de grandes voix, c’est juste parfait.

Votre plus grande folie c’est quoi?

May : J’aime être thématique, je suis une fille qui aime la vie.

Ariane : Je suis quelqu’un qu’on peut facilement voir gambader. Même quand je suis triste, j’ai un petit fond de Bambi en moi.

Mélina : Je suis un peu intense avec Grey’s Anatomy. D’ailleurs ATTENTION SPOILER quand Derek meurt, je pleurais tellement sur mon divan et je devais aller chercher ma mère à l’arrêt d’autobus. Mon père m’a regardée, super mal à l’aise, et il m’a dit : « Je pense que je vais y aller, t’es pas en état de conduire. » Je vis ça à fond, je suis une passionnée.

C’était un bonheur de m’entretenir avec ces trois grandes femmes. D’ailleurs, restez à l’affût pour ne rien manquer de leurs carrières.

Ariane : Son album est toujours disponible. Elle a lancé un single au début de l’été, Feel good song, et elle a quelques dates de spectacles à venir. (Site internet)

Mélina : Elle est présentement en studio pour terminer l’enregistrement d’un nouveau single : Hope. Elle a d’ailleurs terminé le tournage du clip le 4 novembre. La sortie du single est prévue pour cet hiver. (Site internet)

May : Elle lance son nouveau single dans les radios au début janvier. La chanson Je ne t’oublie pas sortira dans les radios en février. Un duo avec Will Murphy sortira en mars en même temps que la sortie du film Avant qu’on explose. (Site internet)

Ensuite, j’ai pu m’entretenir avec le cerveau derrière cet album, un homme qui était rempli de fierté bien que très émotif : Mathieu Caron.

Comment tu te sens?

Je pense que je suis à l’étape de me dire que j’ai fait le plus que je pouvais, j’ai mis tout mon cœur dans ce projet, après ça il arrivera ce qu’il arrivera, je ne peux pas faire plus. Ça fait un an que je suis là-dedans, on est prêts, les artistes sont super contentes du projet, c’est devenu comme une petite famille. De les savoir impliquées c’est une chose, de les savoir impliquées à ce point-là, ça me touche vraiment beaucoup.

Tu cherchais depuis un moment un projet pour rendre hommage à ta mère, l’album c’est ça?

Elle est décédée à 32 ans, je me suis toujours dis qu’à mes 32 ans j’allais me faire faire un tatouage. Mais mes 32 ans c’est dans 4 ans et je trouvais ça loin. Noël passé, j’ai eu une espèce de big click et je me suis : « Hey je pourrais faire un CD de Noël! J’ai tellement d’artistes autour de moi, ça pourrait être le fun. »

Pour l’album, je voulais que chaque chanteuse interprète une chanson qui la représente, donc je me suis dit qu’il fallait que je le réalise moi-même. Au début, ça devait être que des reprises et finalement il y a 4 chansons originales sur l’album. J’en suis très fier. Ma mère était quelqu’un de très festive, elle tripait sur la musique, elle était abonnée à Columbia et je tiens ça d’elle, je suis un grand collectionneur d’albums. Et là de me dire qu’il y a un album pour elle, que j’ai produit, réalisé, et pouvoir me dire « ça c’est moi », je trouve ça ben beau.

C’est quoi ta plus grande folie?

Je m’en crée à l’année longue parce que je tripe vraiment beaucoup sur la musique et j’encourage les artistes donc ça me coûte très cher, je me paye beaucoup de spectacles et je me promène. Je m’en vais voir Céline Dion à Las Vegas, Mariah Carey à Toronto et Cher à Ottawa. Mes plus grandes dépenses sont dans la musique, les shows et les CD. Je me suis d’ailleurs acheté une nouvelle voiture, 2015, parce que 2016 il n’y avait pas de lecteur CD, c’est à ce point-là!

Si vous désirez vous aussi vous procurer l’album, il est en vente partout dès maintenant. Vous pouvez également vous le procurer en cliquant ICI.

Pour tout savoir sur la Société québécoise de la schizophrénie, rendez-vous sur leur site internet.

Crédit photos : La petite photographe

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Série dépression : Tout part de toi

Introduction : Cette série est mon histoire, chaque texte est personnel. En parler est important et j’ai décidé de le faire. Chaque semaine, un texte sortira en rapport avec une thématique. Pour lire la série en entier, rendez-vous ICI.

 

J’étais naïve. J’ai vite compris que l’aide dont j’avais besoin n’était absolument pas suffisante pour guérir, pour aller mieux, pour bien vivre avec la maladie. M’adapter au quotidien et entrevoir du beau pour l’avenir. Non, ce n’est pas aussi facile que ça. Le plus dur sera d’accepter que t’as besoin d’aide et encore plus dur, d’aller en chercher. Quand cet immense pas est fait, tu auras encore plein d’autres embûches. Il faut être honnête, ce n’est pas facile, mais le parcours en vaut la peine. Pour ma part, je croyais que mon entourage serait là pour moi. En fait, indirectement, je pense que je m’attendais à me faire «gérer». Ce n’était pas pour mal faire, puisque c’était inconscient. Mais j’ai vite compris que mon chum, mes ami.es et ma famille ne pouvaient sans cesse être à mes côtés, à me flatter les cheveux et me dire que tout irait bien. Non. C’est certain, quand on vit une situation de la sorte, quand on est malade, on désire toute l’attention du monde. C’était mon cas. Je ne m’en rendais pas vraiment compte, parce que je croyais être forte pour me débrouiller toute seule et ne pas vouloir déranger les autres. Mais la vérité, c’est qu’au plus profond de moi, j’aurais voulu avoir sans cesse quelqu’un pour me tenir la main et avouer cela est excessivement difficile.

La réalité, c’est que tout part de toi. Les autres sont là pour te supporter et t’aider à alléger le lourd poids qui pèse sur tes épaules, mais le gros du travail, même la grosse majorité, ne dépend que de toi-même. Il faut d’abord accepter de devenir égoïste pour un temps indéterminé, parce que ta priorité, c’est toi-même. Tu ne peux pas aider les autres si tu ne t’aides pas toi-même. Tu dois reprendre des forces, remonter la pente pour avoir l’énergie nécessaire afin de donner le meilleur de toi aux gens que t’aimes. Tu dois choisir tes priorités. La tienne, c’est d’aller mieux et tout faire ce qu’il faut pour cela. Tout le reste, tu dois accepter de le mettre en suspend. Cela attendra, même si ce n’est pas facile de mettre ta vie, ton quotidien sur pause. Tu as besoin de rénover tes fondations avant de penser à la décoration et aux meubles que tu veux t’acheter!

Je me suis rendu compte en me détachant un peu, que les gens de mon entourage avaient tous leurs vies qui continuaient, chose normale. Mais pour mon chum, c’était encore plus puisqu’il devait compenser pour les choses que j’étais incapable de faire. Vivre avec une personne en dépression, malade, demande beaucoup de patience et d’attention et il a réussi à passer au travers autant que moi. Mais quand on souffre, on a besoin d’attention et il faut se le mettre en évidence, ce n’est pas nécessairement vrai que l’on désire rester dans notre coin et ne déranger personne. Pour certains c’est le cas, mais souvent, l’orgueil de côté, on désire se faire prendre dans les bras. Moi, c’est auprès de mes médecins et mon psychologue que j’ai réussi à trouver mon équilibre. Le temps de mes rendez-vous, j’étais la seule chose qui importait. J’avais le droit de parler que de moi, de me centrer sur mes émotions sans avoir à faire attention aux autres. Justement, le fait de focusser sur moi lors de mes rendez-vous faisait en sorte que j’arrivais à me détacher de mon entourage et de peut-être leur enlever de la pression. C’était à moi de trouver un équilibre qui allait m’aider à prendre soin de moi, tout en conservant mes relations avec mes proches.

Personne ne pouvait me pousser dans le derrière à part moi-même. Comme on dit, nous sommes maîtres de notre destin et de ce que l’on fait de nous-mêmes. Alors, toi qui penses trop en demander ou qui te sens mal de centrer ton énergie que sur toi-même, saches que tu fais bien et surtout n’oublie jamais que tout part de toi!

 

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Dépression : redécouvrir qui on est

Introduction : Cette série est mon histoire, chaque texte est personnel. En parler est important et j’ai décidé de le faire. Chaque semaine, un texte sortira en rapport avec une thématique. Pour lire la série en entier, rendez-vous ICI.

 

Une dépression, ça nous change. On devient différent.e en restant tout de même la même personne. Après avoir eu mon diagnostic reliant dépression, anxiété et trouble de personnalité limite, j’étais perdue. Vraiment perdue. Je ne savais plus qui j’étais. Chaque chose de ma vie, soit ma personnalité, mes passions, mes relations, mes choix de vie, mon emploi; je remettais tout en doute en me demandant si c’était vraiment moi ou si c’était les répercussions de la maladie. C’est comme si je me retrouvais devant une page blanche et que je devais redessiner qui j’étais en tant que personne. J’avais peur. Chaque jour, je me demandais si j’allais finir par m’en sortir et voir finalement le bout du tunnel. L’histoire, c’est que je me suis écroulée en mai 2017, mais le mal était dans mon corps depuis tellement plus longtemps que ça. J’ai tardé à chercher de l’aide. J’avais essayé d’en chercher avant, mais c’était tellement dur que je finissais souvent par abandonner et me dire que tout ça finirait par passer.

Quand j’ai été hospitalisée, j’étais dans le néant. La douleur était devenue tellement insupportable que j’avais tenté de la faire disparaître. De me faire disparaître. Je n’ai jamais voulu mourir, mais c’était la seule solution dans ma tête. Entre les mains des médecins, j’ai enfin vécu la libération des démons qui tentaient de me tuer. La thérapie, ainsi que la médication sont somme toute les deux choses qui m’ont sauvée la vie. J’ai enfin arrêté de me sentir honteuse d’avoir vécu une agression sexuelle et le début d’une nouvelle vie m’a ouvert grand ses bras. Par contre, la dépression ne disparaît jamais totalement. Elle reste toujours dans un petit coin, quelque part, à me fragiliser un peu, de temps à autre. Je garde encore cette impression que je pourrais craquer facilement, mais aujourd’hui, j’ai les outils qu’il faut pour me battre chaque fois que j’aurai une tempête à traverser.

Malgré toute l’aide que j’ai reçue, je cherche encore aujourd’hui qui je suis. Je me bats toujours contre mes peurs. Beaucoup de changements en début d’année m’ont permis de commencer à me reconstruire petit à petit pour découvrir la personne que je suis un peu plus chaque jour. Je suis célibataire, j’habite seule et j’ai un nouveau travail. Ce sont toutes des choses qui m’aident à me recentrer sur moi-même et à trouver un équilibre. Oui, je ne suis plus en arrêt de travail et je suis fonctionnelle, mais je demeure fragile et j’ai des moins bonnes passes, comme tout le monde. Je connais maintenant les outils qui m’aident à avancer chaque jour, profiter de la vie, faire des projets et me surpasser. Avant, j’avais du mal à être fière de moi, mais dorénavant c’est une petite victoire chaque fois que c’est le cas.

Je me redécouvre tranquillement et, en bout de ligne, c’est un périple qui m’a permis de faire la paix avec mon passé, de vivre amplement mon présent et d’être ravie pour l’avenir.

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Journée bien-être à La Maison Lavande

On a eu l’immense plaisir de recevoir un courriel de la magnifique, talentueuse et impliquée Vanessa Beaulieu qui est, entre autres, derrière le livre Mes tempêtes intérieures, un collectif sur les défis entourant les maladies mentales. Vanessa a accepté d’organiser un grand événement pour la Fondation Jeunes en Tête et d’aller faire le camp de base de l’Everest pour un défi sportif caritatif. Quand elle m’a dit ça, je ne pouvais qu’être impressionnée et même admirative! C’est pour cela que j’écris cet article, je souhaite que son projet soit entendu le plus possible parce qu’il est noble. Ayant la cause des maladies mentales à cœur, c’est sans surprise que vous comprendrez que je m’identifie beaucoup à elle, puisque moi-même je vis avec un trouble et que la cause me touche personnellement. Cependant, je suis également rendue à un moment dans ma vie où moi aussi j’ai envie de changer les choses et de m’impliquer. Alors voici pourquoi j’ai décidé (avec la belle équipe de Folie Urbaine) de parler de Vanessa et son projet.

Pour atteindre son but, celui du camp de base de l’Everest, Vanessa organise une journée bien-être à La Maison Lavande le 1er juillet prochain de 10h à 16h30. Au coût de 80.00$ le billet, en plus d’encourager une excellente cause, vous aurez droit à une journée pour vous faire du bien. Il y aura une séance de yoga avec Dylane Hétu du Studio Wanderlust, de la méditation et un atelier sur la gestion du stress par la pleine conscience avec Zanie Roy de chez Espace Prana- yoga et méditation. De plus, il y aura une activité ludique avec la compagnie Ballet Hop!

En plus du déroulement de la journée qui risque d’être magique, les commanditaires de l’événement sont Fous de l’Île (Kombucha), Patience Fruit & Co. (canneberges), Lolë (cadeau offert aux participants) et La Maison Lavande qui offrira un délicieux yaourt glacé à la lavande. De plus, pour le dîner, chaque participant recevra une petite boîte à lunch santé. On s’entend pour dire que cet événement en vaut plus que la peine!

Vous voulez réserver votre place? Rendez-vous ici.

Pour avoir tous les détails de l’événement, rendez-vous ici.

Pour en savoir plus sur la Fondation Jeunes en Tête, c’est ici.

Pour en savoir plus sur le camp de base de l’Everest, c’est ici.

Je serai présente à cet événement qui me tient particulièrement à cœur et j’espère vous y croiser!

karine signature Valérie_réviseure

Dépression : La médication

dépression la médication

Introduction : Cette série est mon histoire, chaque texte est personnel. En parler est important et j’ai décidé de le faire. Chaque semaine, un texte sortira en rapport avec une thématique. Pour lire la série en entier, rendez-vous ICI.

 

J’avais déjà pris des antidépresseurs dans le passé. J’avais l’impression que ça ne m’aidait pas, alors j’arrêtais de les prendre. L’automne avant ma dépression, mon médecin a insisté pour que je recommence à les prendre, et ce, de manière définitive. Selon lui, tous mes symptômes étaient reliés et ce médicament m’aiderait. En plus de ce médicament, j’avais commencé à prendre quelque chose pour mon estomac. J’ai dû faire un séjour à l’urgence suite à de gros reflux gastriques qui avaient tous les symptômes d’une crise cardiaque, la peur que j’ai eue ! Bref. Je trouvais déjà que c’était beaucoup pour moi deux médicaments, tous deux reliés à l’immense stress que je vivais, mais encore à ce moment, je n’écoutais pas les signes très clairs que j’étais épuisée et que je devais m’arrêter pour me soigner.

Quand je suis tombée en arrêt de travail et que j’ai vécu l’hospitalisation et tout le reste dont je vous ai parlé dans mes précédents textes, on n’a pas changé ma médication sur le coup. Ma psychiatre voulait voir mon cheminement avant. Je suis retournée à l’urgence un soir où j’ai menacé mon chum de me tuer. Ça faisait 2 mois que j’étais en arrêt de travail et j’avais encore plus mal, mon état se détériorait. Je savais que ce ne serait pas immédiat, mais je savais aussi que j’allais vraiment mal et que j’en avais marre de souffrir autant. J’avais besoin qu’on m’enlève ce poids de douleur que je ressentais sans arrêt dans ma poitrine. C’est là qu’on m’a prescrit un stabilisateur d’humeur, un médicament qui est quand même fort. On m’a avisé des effets secondaires, mais je m’en foutais, je voulais vivre, aller mieux.

Ce n’est pas tout le monde qui a besoin de médication pour aller mieux. Pour moi, vivre une dépression en plus d’apprendre à vivre avec un trouble qu’on m’a diagnostiqué au même moment, c’était beaucoup. Avec la thérapie, la méditation, la lecture et tout le reste, j’ai appris à m’écouter plus, à avoir envie d’aller mieux. Je ne dis pas que sans mes médicaments je ne serais pas capable, mais pour l’instant ça m’aide à me construire une routine, à comprendre mon corps, ma tête et à vivre sans souffrance. Cette souffrance qui a détruit des années de ma vie, je ne la ressens presque plus et j’ai l’impression de renaître, d’avoir une chance de reprendre ma vie en main. J’ai trop longtemps pensé que je ne valais rien, que je ne servais à rien, que je méritais tout le mal que j’ai vécu. Aujourd’hui, j’apprends à m’aimer, à avoir confiance en moi et à accepter les épreuves du passé en me déculpabilisant, parce que non, je ne méritais pas cette violence.

Avec la thérapie et la médication, j’ai arrêté de me mutiler, j’ai cessé d’avoir des idées suicidaires et des cauchemars. Dans ma tête, les images de toutes les manières que je pouvais atténuer mes souffrances ont disparu. J’ai encore du travail à faire sur mon estime de moi ainsi que sur ma routine de vie, mais je vais bien et c’est vraiment le plus important pour moi. J’ai enfin la sensation que je peux avancer sans boulet autour du pied. Je serai comme je suis toute ma vie, mais avec un poids immense en moins sur les épaules.

Je ne fais pas la promotion de la médication. Mais je crois sincèrement que celle-ci est utile à beaucoup de gens, moi inclus. J’ai essayé plusieurs choses naturelles, mais sans que ça fonctionne. Je n’ai pas honte de dire que j’ai une béquille qui m’aide à avancer, cette béquille m’aide et je n’ai pas honte de dire qu’elle m’a sauvé la vie.

 Valérie_réviseure

 

 

 

 

 

 

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Dépression : les relations

Introduction : Cette série est mon histoire, chaque texte est personnel. En parler est important et j’ai décidé de le faire. Chaque semaine, un texte sortira en rapport avec une thématique. Pour lire la série en entier, rendez-vous ICI.

Quand on vit une épreuve telle que la dépression, ce n’est pas juste nous qui souffrons, malheureusement, nos proches aussi. Mon mal-être m’a amené à vouloir mourir, à tenter de mourir. J’ai survécu. Je croyais au plus profond de moi-même que les gens autour de moi seraient mieux sans moi. À force de me faire du mal, je leur en ai fait aussi. Les yeux de mon ex-chum (nous ne sommes plus ensemble), je ne les oublierai jamais. C’était de l’amour mélangé avec de la peur, ma mère avait les mêmes. Je me suis rendu compte que les relations que j’entretenais avec les autres souffraient en même temps que moi et que j’inquiétais les gens.

Quand j’ai été hospitalisée, que j’ai eu mon diagnostic et que j’ai débuté la médication et la thérapie, je l’ai senti le soulagement. Pas uniquement le mien, mais également celui de mes proches. Mais quand on est soudainement aussi vulnérable que je l’ai été, très vite les conflits surviennent. J’avais l’impression d’être une enfant qu’on surveille pour ne pas qu’elle fasse de bêtises. Je savais que ce n’était pas pour mal faire, mais un simple comportement ou une parole bizarre et j’avais droit aux milles questions : Ça va ? Es-tu sûre ? J’inquiétais tout le monde et j’avoue que ça ajoutait beaucoup à ma colère que j’avais déjà du mal à contrôler.

Pendant mon arrêt de travail, je sortais à peine de chez moi, je trouvais le temps long et chaque journée était une incertitude. Apprendre à vivre avec mes émotions, c’est un travail immense que je fais encore aujourd’hui. Étant en couple, mon travail sur moi a eu d’immenses répercussions sur mon chum. Cela faisait déjà plus d’une année qu’il me voyait dépérir sans savoir quoi faire ni quoi dire. Mes crises étaient insupportables et elles n’ont pas disparu du jour au lendemain. Il a été patient, adorable même. Mon trouble a brisé beaucoup de choses, il prenait trop de place dans mon couple. Aujourd’hui, nous ne sommes plus ensemble, pas par manque d’amour, ça non, mais il devait penser à lui, prendre soin de lui comme moi-même j’apprends à prendre soin de moi. La rupture est encore douloureuse, je m’ennuie de lui. Il m’a accompagnée dans l’épreuve la plus difficile de toute ma vie, pour ça je l’aimerai pour toujours.

Avec ma famille et mes ami.es, ce n’est pas toujours évident. Des fois, on ne comprend pas mes réactions, mes émotions, mes mots. Je me trouve chanceuse d’avoir des gens autour de moi qui comprennent que des fois, c’est pas de ma faute et qui m’acceptent comme je suis, parce que oui, c’est ce que je suis. J’apprends à travailler sur moi, à apprivoiser cette bête qui m’habite, mais je ne peux pas la détruire, elle fait partie de moi et je dois simplement l’apprivoiser pour la contrôler.

Les relations avec les autres, j’apprends à les entretenir, chose que je n’ai pas toujours su faire, mais on m’a dit que ça s’apprend et je compte bien apprendre. J’ai beaucoup d’amour autour de moi et je n’ai pas l’intention de m’écrouler de nouveau. Je ne veux plus faire de mal autour de moi, juste du bien. Une dépression, ça fait des dégâts, mais j’aime dire que ça crée aussi du beau et c’est à ça que j’ai envie de m’accrocher. Les relations que j’ai aujourd’hui sont plus fortes que jamais et les personnes qui étaient là et qui le sont encore je les aime et pour eux je vais toujours me battre.

 

 Valérie_réviseure

 

 

 

 

 

 

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Dépression : Le jugement 

dépression le jugement

Introduction : Cette série est mon histoire, chaque texte est personnel. En parler est important et j’ai décidé de le faire. Chaque semaine, un texte sortira en rapport avec une thématique. Pour lire la série en entier, rendez-vous ICI.

Quand on dit à quelqu’un qu’on est en arrêt maladie, on se fait demander : « ah oui? Qu’est-ce que tu as? ». La personne te scrute pour voir c’est quoi la cause. Au moment de répondre : « Je suis en dépression », tu vois déjà le jugement traverser les yeux de cette même personne. Je ne veux pas généraliser, ce n’est pas tout le monde qui est comme ça. Ici je parle des personnes qui entrent dans la catégorie : Je-ne-comprends-pas-ce-que-je-ne-vois-pas ». Et malheureusement, il y en a trop. À cause de ces personnes, trop de gens s’isolent, ce qui est la pire chose à faire lorsqu’on souffre. Chaque bonne journée est importante. Je me souviens d’une journée où je me suis levée de bonne humeur, j’étais bien, je me sentais belle. Je me suis habillée, maquillée un peu avant d’aller prendre une petite marche pour aller me chercher un café. Chose que je faisais de temps en temps, bouger fait partie de la thérapie et de la routine qu’on tente de se créer. Ce matin-là, j’ai décidé de me rendre à un café encore plus loin qu’à l’habitude et je l’ai pris sur place. J’étais assise à une table, avec mon café et mon livre. Une connaissance est entrée et on s’est parlé. Elle m’a demandé : « Tu es en vacance?’ ». Je lui ai répondu que non, que j’étais actuellement en arrêt maladie et au fil de la conversation je lui ai confié être en arrêt pour une dépression. C’est là que j’ai vu son regard. Un regard que je déplore, un regard qui ne devrait plus exister en 2018. Elle m’a répondu une phrase que je n’oublierai jamais : « Ah oui? Ça paraît pas, tu as l’air en forme! » Une phrase qui ne devrait également pas exister, tu ne dis pas ça à une personne qui vient de te confier qu’elle vit une des épreuves les plus difficiles de sa vie. Je ne savais pas quoi lui répondre, j’avais juste envie que la conversation termine le plus vite possible. Elle a ensuite enchainé en parlant de sa tante qui elle aussi a vécu une grosse dépression, qu’elle était toujours au lit, etc. Pourquoi compares-tu les gens comme ça? J’avais l’impression d’être un imposteur à ses yeux.

Cette journée qui avait si bien débuté s’est noircit avec cette rencontre. J’ai eu du mal à marcher jusqu’à chez moi, quand je suis arrivée, je me suis écroulée, j’ai pleuré et je me jugeais moi-même. Aujourd’hui je me rends compte que j’aurais pu lui répondre, la sensibiliser. La dépression on ne la voit pas, c’est vrai, mais la souffrance existe. Ce n’est pas parce que la personne souri et sort de chez elle, qu’elle va bien. Elle va mieux à chaque instant où elle ne souffre pas et c’est long.

Je suis restée discrète un moment, malgré ce que les médecins me disaient : de sortir, de faire des choses que j’aime et qui me font du bien. J’avais peur de me faire juger une fois de plus. Après un temps, j’ai pris sur moi et j’ai décidé d’ignorer les autres et de mettre ma guérison en priorité, c’est moi qui suis importante. Après mon retour au travail, j’ai su que certains portaient des commentaires tel que : « elle n’a pas l’air malade ». Ça m’a fait mal parce qu’encore aujourd’hui, je suis fragile, plus forte que jamais, mais encore fragile. Une dépression, ça ne se guérit jamais en entier, il reste des traces et retomber peut survenir n’importe quand. J’apprends encore à faire fi des commentaires, mais le jugement est une chose qui est difficile à ignorer. L’humain est comme ça.

Avant de prononcer un mot ou lancer un regard, pensez à l’humain devant vous et dites-vous que derrière son sourire se cache un courage immense, celui d’être devant vous, de sourire et de prendre le dessus sur sa souffrance qu’il combat chaque seconde.

 Folie Sofia logo reviseure

 

 

 

 

 

 

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DÉPRESSION : Les réseaux sociaux

Les réseaux sociaux, quand tu es en arrêt de travail, ce n’est pas évident. Cela peut sembler anodin, mais ce ne l’est pas. En plus des jugements de gens qui associent sourire à guérison ou autre, il y a aussi le volet employeur, collègues, assurances, etc. Tu as peur qu’un simple statut, commentaire, changement de photo de profil ou toute autre chose te nuise. Pourtant, les médecins me disaient : fais des choses que tu aimes, des choses du quotidien. Pour moi, les réseaux sociaux c’est quelque chose que j’aime, sinon, je ne serais pas blogueuse. Mais chaque fois qu’un de mes textes sortait, je paniquais. Pourtant, faire des choses qui me font du bien fait partie de la guérison. Mon psychologue me disait de m’écouter avant tout, de faire ce que j’aimais pour m’aider à retrouver une routine et m’aider dans mon cheminement, une chose à la fois. Le blogue, je n’étais pas obligé de l’alimenter par mes textes. Les filles étaient super ouvertes et m’ont dit dès le départ de prendre le temps qu’il fallait et de penser à moi avant tout. Cependant, je l’ai fait parce que cela me faisait du bien, c’était la seule chose que je faisais qui me donnait l’impression d’être « normale ». Un mot que je déteste, mais qui m’est impossible de ne pas utiliser parce que, oui, j’avais l’impression d’être anormale aux yeux de tout le monde.

J’avais l’impression d’être scrutée à la loupe. Me faire dire, tu ne devrais pas publier ce selfie, publier ce statut, etc. Voyons ! Je devais me censurer uniquement parce que j’étais malade. Pourquoi une personne ayant une jambe cassée peut publier des photos de son plâtre et de ses progrès, mais pas moi ? Si j’étais fière une journée parce que j’avais réussi à aller faire toutes mes commissions d’un coup, pourquoi ne pouvais-je pas le partager ? J’avais des bonnes et des mauvaises journées, mais j’avais envie de montrer les bonnes, de montrer que d’être en dépression ce n’est pas uniquement d’être dans son lit et de ne rien faire ou de se promener d’un rendez-vous médical à un autre. Chaque bonne journée cachait des heures incroyables de sommeil pour me remettre de celle-ci, mais juste la fierté d’avoir été au parc avec mon beau-fils, c’était incroyable.

Se cacher. Ne plus exister. Vivre dans le secret. Je me sentais obligée de rester dans l’ombre. Juste cela m’a beaucoup atteint. J’ai dû faire attention à tout même si pour moi, tout ce que je faisais était dans le but d’aller mieux à temps plein et non une journée sur deux. J’ai passé beaucoup de temps sur Facebook et Instagram à regarder la vie des autres et à me divertir de la sorte. Pour une blogueuse, ne rien partager, c’est pas évident. Un jour, je me suis tannée et je me suis dit que j’allais arrêter d’avoir peur, sinon je n’arriverais pas à me dépasser. En plus de trouver du positif dans tout ce qui ne l’était pas, mon objectif était de penser à moi, uniquement à moi et peu importe la manière. Je suis restée moi-même et j’ai recommencé à être active sur les réseaux sociaux, moins souvent qu’avant, mais juste les petits moments que je partageais me faisaient du bien puisque c’était simplement moi. Je n’avais pas envie d’effacer qui j’étais pour ne pas me faire taper sur les doigts ou me faire dire que je n’étais pas malade pour vrai.

On m’a jugé, on m’a mis en garde, on m’a traité de plusieurs manières, mais j’ai cessé d’écouter les autres, car mon dossier médical était pour moi la seule chose qui avait du pouvoir. Mon psychologue m’a félicité à plusieurs reprises et quand ça arrivait, l’estime de soi ne faisait que prendre encore plus de place et écraser la douleur qui restait.

 Valérie_réviseure

DÉPRESSION : L’arrêt de travail

Introduction : Cette série est mon histoire, chaque texte est personnel. En parler est important et j’ai décidé de le faire. Chaque semaine, un texte sortira en rapport avec une thématique. Pour lire la série en entier, rendez-vous ICI.

 

On est lundi, je suis chez moi. Je suis seule à la maison, mon amoureux travaille, mais m’a laissé un message texte qui me fait sourire. Je ne cesse de me dire à quel point je suis chanceuse de l’avoir dans ma vie. Je ne suis pas facile avec lui et je comprends tellement à quel point cela doit être difficile pour lui. Malgré tout il est là et j’ai l’impression que notre amour n’en sortira que plus fort. Mon chat est collé sur moi et je prends un long moment pour le flatter et juste profiter de cet instant. Il fait beau dehors, un gros soleil. Et c’est là que je réalise que je suis en arrêt de travail, pour un temps indéterminé, signé par mon médecin. Mon amoureux s’est chargé de remplir toute la paperasse pour les ressources humaines de mon travail ainsi que pour les assurances. J’ai d’autres papiers à signer, des papiers à envoyer et des appels à faire. Je me sens submergé, je dois le faire moi-même et ça m’angoisse, c’est compliqué, surtout que je suis tellement épuisée, faible et je ne comprends pas tout. C’est beaucoup de pression de devoir prouver qu’on ne va pas bien quand ce n’est pas physiquement visible. Je dois faire face à des jugements ou des gens qui ne sont pas sympathiques ni compréhensifs au téléphone. Le mot dépression a l’air de faire chier tout le monde et pourtant c’est réel, ça existe et ça fait autant mal qu’un pied dans le plâtre, sinon plus.

Je passe la journée dans mon lit à pleurer après chaque coup de téléphone. Je me sens impuissante face à toute cette charge de paperasse que je ne comprends pas. Je sors du lit uniquement pour aller à la toilette, je ne mange même pas tellement je n’ai aucun appétit. Je me sens mal de ne pas être comme j’étais au centre de crise, je ne fais que dormir et pleurer. Je me sens coupable d’abandonner mes collègues, moi qui était surchargée de dossiers et je sais déjà qu’ils devront prendre la relève. J’ai peur qu’on me déteste, qu’on m’en veuille, peur d’y retourner et faire face à tout le monde. J’ai beau me dire que c’est la meilleure chose qui pouvait arriver, qu’après autant d’années à essayer d’être Wonder Woman, que je prenne le temps de me reconstruire, de réaliser à quel point je suis humaine et que mon sac à dos est plus que plein et que je dois le vider une chose à la fois.

Dans l’après-midi, je reçois un appel du centre de crise, ils veulent faire un suivi pour ma première journée à la maison. Je suis envahie par un immense soulagement, comme si j’avais besoin de ça pour être capable de fonctionner. Il me dit alors que je ne dois pas me sentir coupable de dormir, de ne rien faire, que c’est normal, mon corps est fatigué depuis si longtemps qu’il a besoin de reprendre énormément de force. Il me dit que je dois l’écouter, que c’est ce que je dois faire en priorité : m’écouter et faire ce dont j’ai besoin. Cet homme a été important dans ma vie, je ne pourrai jamais assez le remercier, il a su me mettre sur le bon chemin, un chemin que j’ai continué avec d’autres gens qui m’ont aidé et qui m’aident encore aujourd’hui.

Un arrêt de travail c’est quelque chose d’incompréhensible pour la majorité des humains. Certains appellent cela un congé de maladie, mais c’est tout sauf un congé. J’ai eu beaucoup de mal à m’adapter à cet arrêt, j’angoissais sur tout, mais surtout, je me sentais coupable de prendre soin de moi. Un jour, j’ai réalisé que j’avais le droit, que ma vie était importante et que c’était la priorité. Je devais guérir pour pouvoir reprendre le cours de celle-ci. Chaque journée, minute, seconde était nécessaire à me reconstruire et à perdre l’idée de mort qui flottait au-dessus de ma tête depuis l’adolescence.

Les gens ne comprennent pas ce qu’ils ne peuvent voir. Ce n’est pas parce qu’on sourit qu’on est guéri. Ce n’est pas parce que j’assiste à l’anniversaire de quelqu’un que je suis capable de retourner au travail. Ce n’est pas parce que je publie une photo de moi sur Facebook ou Instagram que je ne suis plus en dépression. Ce n’est pas parce que je retourne au travail que je ne suis plus malade. Mais bon, ça, c’est une autre histoire.

 Valérie_réviseure

 

 

 

 

 

 

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DÉPRESSION : Le centre de crise

Introduction : Cette série est mon histoire, chaque texte est personnel. En parler est important et j’ai décidé de le faire. Chaque semaine, un texte sortira en rapport avec une thématique. Pour lire la série en entier, rendez-vous ICI.

On est rendu mercredi. Je me réveille dans le lit de mes parents. J’ai dormi avec ma mère et mon père sur le divan du salon. Il est 10 h 30. Je me lève, je me fais deux toasts au beurre de pinotte. Je passe la journée à écouter la télé et à dormir. Ma mère arrive à la maison à 16 h 30. Elle a tout fait mon lavage qu’elle a ramené la veille de chez moi. Elle prépare le souper. Sylvain arrive. On soupe. Je prends ma douche et on prépare mon sac pour le centre de crise. Je me mets à pleurer et je mentionne que je ne veux pas y aller, que j’ai changé d’idée. Mon amoureux et ma mère tentent de me consoler et me mentionnent à plusieurs reprises qu’il le faut, que c’est la meilleure décision à prendre pour mon bien, pour aller mieux. On finit mon sac. On embarque dans la voiture. On roule un bon 20 minutes et on arrive devant cet endroit qui semble paisible de l’extérieur. Un bloc appartement qui semble comme les autres. On sonne. On nous accueille et on nous installe dans un petit bureau.

L’intervenant s’installe et les questions débutent. Mon cœur bas tellement fort et mes larmes ne cessent de couler. Il me mentionne que je ne suis pas obligée de rester si je ne le désire pas, que c’est ma décision. Il m’explique aussi que c’est dans mon intérêt. Après une heure de discussion et après avoir écouté mon amoureux et ma mère répondre aux questions de l’intervenant, des choses ont été dites, des choses qui m’ont tellement fait réaliser que je traîne ce mal-être depuis mon enfance. J’accepte de rester. On procède à mon inscription et on m’explique les règles de la maison.
– Lever à 8 h la semaine, 9 h la fin de semaine ;
– Coucher minuit ;
– Droit de sortie, mais doit le mentionner en indiquant l’heure de retour, avant 22 h ;
– Pas le droit de garder de médication, c’est rangé dans une boîte dans le bureau des intervenants et on doit leur demander quand on doit les prendre et on doit le faire devant eux ;
– Quand on va se coucher, on doit remettre tous nos appareils électroniques au bureau des intervenants ;
– Pas le droit de téléphoner après 22 h ;
– Visite de 13 h à 16 h et 18 h à 21 h.

Tout me convient, mais c’est épeurant quand même. Je dois également laver toutes mes choses à l’eau chaude immédiatement. L’intervenant qui procède à mon accueil me tend un jogging et un t-shirt que je dois porter le temps que tous mes vêtements soient propres. Je procède au lavage. Il est maintenant 22 h 30 et tout le monde dort déjà, je suis tellement fatiguée, mais je dois attendre que la sécheuse soit terminée pour monter me coucher. Je prends le temps d’observer l’endroit où j’habiterai quelque temps. J’angoisse beaucoup, mais j’ai tout de même un immense soulagement qui traverse mon corps et qui me libère les épaules d’un peu de poids. La sécheuse sonne, je prends tous mes vêtements et je monte. Les deux femmes avec qui je partage ma chambre dorment profondément. Je m’insère sous les draps et je crois m’être endormie aussitôt.

Durant mon séjour, j’ai appris à me créer une routine qui m’aidera dans ma vie de tous les jours. Je n’aurais pas cru m’intégrer aussi rapidement, mais je me sens bien, je respire, je vis. Mon amoureux, je l’appelle constamment, j’ai peur qu’il ne m’aime plus. Mais il ne cesse de me dire la phrase : je t’aime, je suis fier de toi et tu es tellement forte. Mais la peur de l’abandon rôde toujours au-dessus de ma tête. Je cuisine beaucoup, chose que j’ai toujours aimé faire, mais là j’apprécie encore plus. Les rencontres avec ma travailleuse sociale m’aident beaucoup, elle creuse là où il faut aller et je suis enfin prête à m’y enfouir, une fois pour toutes.

Un soir, mes parents sont venus me chercher pour aller souper. C’était difficile de les voir s’inquiéter comme ça. Je ne suis pas capable de tout leur dire, pas comme je suis capable de le faire avec mon amoureux. Lui, c’est mon meilleur ami, il m’a vue comme personne ne m’a vue. Il a vu la détresse, la douleur, le mal au plus profond de mon être. C’est épeurant de voir quelqu’un comme ça et je ne cesse de me dire qu’il n’aurait pas dû vivre cela. Mais il est là, toujours, et c’est l’homme le plus formidable du monde, je n’aurais jamais pu tomber sur une personne forte, aimante et tellement présente comme lui pour traverser ce que je vis.

Je lis beaucoup au centre, une autre chose que je ne faisais plus. Parmi les choses que je dois établir dans ma vie, c’est de me mettre en priorité et faire des choses que j’aime. J’ai lu le fabuleux livre de Carolane et Josiane Stratis : Les filles sont-elles folles ? Celui-ci m’a tellement aidé à ne pas me sentir seule. Les témoignages m’ont aidé à comprendre et m’ont accompagnée. Aujourd’hui, j’aime renommer le livre en l’appelant : Les filles sont-elles fortes ? Et la réponse c’est oui !

 

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 Valérie_réviseure