Est-ce qu’un jour je veux être mère?

est-ce qu'un jour je veux être mère

Wow, grosse question, hein? Juste d’écrire le titre, j’ai des frissons partout. Je me souviens d’une vidéo dans l’émission Format Familial où Julianne Côté pète une coche. Elle s’exprime sur la pression de la société et le fait que les premières questions qu’on pose à une femme c’est : 1- Es-tu en couple? 2- As-tu des enfants? 3- Veux-tu des enfants? Et c’est là que la réponse a de l’incidence sur le reste de la conversation et où tu dois vraiment bien réfléchir à la réponse si tu ne veux pas passer une journée de marde. Après avoir visionné la vidéo (il y a de ça déjà quelques mois quand même), j’ai arrêté de culpabiliser sur le fait que je passais mon temps à changer d’idée sur le fait de vouloir ou non des enfants. Il y a des moments où c’est ferme, je veux un bébé, et d’autres moments où c’est ferme aussi, je ne veux pas de bébé. Les raisons sont toujours valables des deux côtés. Alors quand on me pose la question, je réponds tout simplement que je ne sais pas. Pourquoi faut-il absolument savoir ou non ce genre de chose? Pourquoi y aurait-il une bonne réponse à ce genre de question aussi? Ce n’est pas censé être quelque chose de personnel?

Montée de lait-les questions indiscrètes

La montée de lait de Julianne Côté. Aussi ce soir ; garderie en forêt, top 3 monstres, charge mentale et tâches ménagères et le trouble de l'opposition.

Posted by Format familial on Wednesday, March 14, 2018

Je pourrais énumérer plusieurs moments dans ma vie où j’ai voulu des enfants au plus profond de mon âme et d’autres moments où je me suis dit que jamais je ne pourrais être mère. Je n’ai que 31 ans, j’ai encore beaucoup d’années pour concrétiser ou non ce projet. Souvent, je redescends de mon petit nuage en me disant que c’est mieux ainsi, que j’aurai la liberté de faire ce que je veux sans responsabilité. Je me dis aussi que je ne suis sûrement pas assez forte mentalement ou même physiquement pour être mère, mais est-ce que je le crois vraiment? Est-ce réellement le cas? Où est-ce les mots de mon ex qui refont toujours surface? Je ne sais pas. Mais ce que je sais, c’est que je ferais tout pour être la meilleure mère si un jour j’avais l’immense joie de le devenir. Ce ne serait pas facile, mais ce ne l’est jamais voyons!

J’ai été la belle-mère d’un petit garçon incroyable. Notre relation est complètement différente aujourd’hui, ce n’est pas facile chaque jour. Même après 9 mois. Je m’occupais de lui presque à temps plein, j’étais investie dans sa vie, c’était comme mon enfant. Et du jour au lendemain, je le vois une ou deux fois par mois seulement. J’ai souffert. Je souffre encore. Un enfant c’est immense dans une vie. Je le sais maintenant. Vais-je vouloir m’investir à nouveau comme belle-mère? Non. Je me suis promis de ne plus vivre cette souffrance qu’est de «perdre» un enfant. Mais on finit souvent par faire ce qu’on s’était promis de ne jamais faire. C’est sûr que de devenir mère ce n’est pas comparable, c’est ton enfant, et même dans le cas d’une garde partagée, tu restes toujours sa maman.  Est-ce que je vais me protéger en ne voulant pas être mère pour ne pas souffrir? Aucune idée. Pour être franche, je ne sais absolument pas ce dont j’ai envie à l’instant même.

En ce moment, je suis seule. J’ai des possibilités, des alternatives. Mais j’ai aussi encore beaucoup de temps devant moi. Je vois mes amies avec leurs enfants et j’ai le cœur qui se remplit. Mais je tiens aussi à mon train-train quotidien. J’apprends encore à prendre soin de moi et je n’ai pas une vie 100% stable en ce moment, mais j’ai tellement d’amour à donner. Je crois que je dois laisser les jours passer, les vivre à fond et voir où l’avenir me mènera. Parce que j’avoue qu’il y a un an, je ne m’attendais pas du tout à être où je suis aujourd’hui, alors où serai-je dans un an? Personne ne le sait.

Photo de signature pour Karine Caron-Benoit. Valérie_réviseure

Les maudits jugements de la société

Catherine vous parle des jugements rapidement faits.

Dans la société d’aujourd’hui, tout le monde juge, c’est bien connu. On juge surtout les nouvelles mamans. C’est ce que je retiens depuis que j’en suis moi-même devenue une en 2017. Si tu es une mère et que tu n’allaites pas, on te juge. Si tu es une mère et que tu n’utilises pas les couches lavables pour sauver l’environnement, on te juge encore. Si tu as accouché par césarienne au lieu de la voie naturelle, eh la la attention, tu as raté ton accouchement voyons!! La péridurale? N’y songe même pas! Si ton bébé dort encore dans ta chambre et que tu l’endors encore dans tes bras à l’âge de 10 mois, ils vont te juger. Si tu ouvres ta télé alors que ton enfant est dans le salon avec toi, on te juge encore. Si tu mets trop de photos de ton bébé sur les réseaux sociaux ou si tu n’en mets pas assez, attends-toi aussi à te faire critiquer. Ce sont tous des jugements et des critiques auxquels j’ai eu droit depuis la dernière année et même que j’en passe. Bref, tout ça pour dire que MOI, en tant que femme et maman du 21e siècle, j’ai choisi de me foutre des jugements des autres et de juste être la mère que je veux être pour mes enfants.

Bin oui, j’ai eu recours à la césarienne à mon premier parce qu’après 36 h de travail actif, je n’ai pas dilaté à plus de 6 cm, que je n’en pouvais plus de cette douleur atroce et irrégulière dans mon corps, de cette immense fatigue qui m’envahissait depuis ces innombrables heures et que, malgré tout ce qu’on me donnait pour faire travailler mon col, rien ne fonctionnait. Alors oui, j’ai choisi d’aller en césarienne pour faire naître mon fils. Et vous savez quoi? Je ne regrette rien et je ne dirai jamais, au grand jamais que j’ai raté mon accouchement car pour moi, j’ai malgré tout donné la vie à un petit être humain en santé. Je l’ai porté pendant 9 mois, j’ai donc construit la vie. L’important après 36 heures, rendu là, c’était qu’il sorte bien en vie et que je m’en sorte vivante aussi. Je dis donc merci à la césarienne d’exister car dans le temps, si ça ne passait pas naturellement, tu risquais soit d’y laisser ta peau en donnant naissance ou que ton bébé mourait ou même que parfois, les deux y restaient. Alors qu’est-ce qui est mieux? Ma réponse sans hésitation : « Go, ouvrez-moi le ventre! » Sachez que j’ai aussi planifié avoir une césarienne pour mon deuxième qui naîtra en septembre prochain. Bin oui toi, mon choix est déjà fait. À un an et demi d’intervalle, je n’ai pas envie de prendre de risque et de revivre ce que j’ai vécu au premier. Certains diront que je choisis la voie facile et je leur répondrai avec tout mon respect que je m’en fous totalement. S’ils pensent qu’une césarienne, c’est d’éviter de souffrir, ils se trompent, car je peux vous assurer que j’ai souffert 36 heures en plus des trois semaines de convalescence due à l’incision chirurgicale de 12 cm qu’on m’a fait dans le bas du ventre. Parce que tsé, ça n’est pas peut-être pas sorti du trou d’en bas cette affaire de 7 lbs là, mais on m’a littéralement ouvert le ventre. Alors que je n’en entende pas dire que la césarienne c’est la voie facile!!!  Ils peuvent bien juger, je n’en ai rien à faire de leur opinion. C’est MON corps, c’est MON choix et mon conjoint vit très bien avec cette décision également.

Ah! Et j’ai aussi choisi de ne pas allaiter mon premier, ni mon deuxième d’ailleurs. Là j’en entends déjà dire : « Quoiiiiiii?? Tu ne veux pas donner le meilleur à ton bébé?? ». Écoute bien, je n’ai pas été allaitée, mon frère non plus, mon chum et ses quatre frères et sœurs non plus et plusieurs autres personnes autour de moi ne l’ont pas été non plus et tout le monde se porte à merveille. On n’a pas été plus malades que d’autres qui ont été allaités, croyez-moi. On n’est pas moins intelligents non plus, et on a tous débuté l’école au même âge. Si les préparations de lait maternisé n’étaient pas bonnes pour mon p’tit, je ne pense pas que Santé Canada permettrait qu’elles soient sur les tablettes. J’avais pas envie et je n’ai toujours pas envie de me faire chier à regarder tout ce que je mange et de me priver parce que j’allaite mon p’tit dans 1 h. Je me suis privée pendant 9 mois, c’est bien suffisant. Une autre raison : parce que mes seins, ce sont MES seins. Ils m’appartiennent depuis 31 ans après tout! J’ai pas trop envie d’avoir une bouche « ploguée » à journée longue. J’ai déjà bien assez de mon chum qui me les tripotent à longueur de journée. Je peux-tu avoir un break s’il vous plaît? Tirer mon lait?? Naaaah! Ce n’est pas pour moi. Mais j’ai un grand respect pour celles qui choisissent de le faire. C’est tout à leur honneur. Je leur lève mon chapeau pour tous les sacrifices qu’elles décident de faire pour leurs enfants. Toutefois, je demande en retour qu’on respecte également mon choix de ne pas vouloir le faire. C’est vrai que mon choix était déjà fait avant même d’accoucher, mais même si j’avais voulu le faire, mettons que j’avais changé d’idée à la dernière minute, je n’ai eu aucune production de lait. Vraiment aucune. J’ai eu toute la misère du monde à donner 6 petites gouttes de colostrum à mon fils à l’hôpital, et ce, grâce à l’infirmière qui a bien voulu m’aider. Je n’ai eu aucune montée de lait suivant la naissance non plus. Je sais très bien que je ne suis pas la seule dans cette situation, alors avant de juger quelqu’un qui n’allaite pas, dites-vous que ce n’est peut-être pas nécessairement parce que la maman ne le voulait pas, mais simplement qu’elle n’a pas pu. Tu ne peux jamais prédire comment ton corps va réagir à la maternité, alors même si tu te prépares un plan de naissance extraordinaire, dis-toi que rien de ce que tu auras planifié ne fonctionnera comme tu l’avais prévu. Rien! Tout comme la césarienne…

Le co-dodo est une autre chose sur laquelle les gens aiment juger. « Quoi? Ton bébé dort encore dans ta chambre à 10 mois? Tu l’endors encore dans tes bras? Voyons donc, tu vas en faire un bébé à bras, un bébé ultra dépendant, il va vouloir dormir avec vous jusqu’à 4 ans, vous n’aurez plus d’intimité… etc. »  Ce genre de commentaires, je les ai entendus plusieurs fois. Si moi j’étais plus sécure à l’idée de l’avoir à mes côtés, est-ce que c’est si mal? Avec toutes les histoires de la mort subite du nourrisson que j’ai entendues, mes choix étaient donc de le garder avec moi où je peux l’entendre respirer, bouger et ainsi bien le surveiller ou bien je ne dormais pas de la nuit craignant que le pire arrive parce que je ne le voyais pas ou ne l’entendais pas de sa chambre (bin oui, même avec le moniteur, je n’étais pas plus rassurée). J’ai donc fait le choix qui me semblait le plus judicieux pour ma santé mentale; ma chambre, mon lit, bébé entre papa et maman, et voilà on était en business comme on dit. Mon fils est rendu à presque un an et demi, il dort dans sa chambre depuis l’âge de 11 mois. Oui, oui, vous avez bien lu. On l’a gardé dans notre chambre à le faire dormir entre nous jusqu’à l’âge de 11 mois. Et pourtant, il n’a eu aucune difficulté à la transition dans sa bassinette (beaucoup moins que maman d’ailleurs). Il n’est pas plus dépendant de nous parce qu’il a dormi à nos côtés plus longtemps,  il est entièrement capable de jouer seul dans son coin de jeux. L’endormir dans mes bras est même désormais impossible, alors je peux vous dire que j’en ai profité le plus longtemps que j’ai pu heureusement. Je connais des enfants qui ont dormi dans leur lit dès l’âge de 2 mois et qui sont bien plus dépendants et bébés à bras que mon fils. Alors qu’on ne vienne pas m’écœurer si je décide de faire pareil avec mon second, parce que oui, je compte refaire le même pattern.

Mon enfant est en pleine santé, il se développe bien. Il a un poids parfait. Il fait ses nuits depuis l’âge de 2 mois et demi. Il est souriant et enjoué. Il ne manque de rien. Il a l’amour et le soutien dont il a besoin pour s’épanouir dans la vie. Je suis une maman du 21e siècle, et je fais du mieux que je peux pour subvenir aux besoins de ma famille afin que mes enfants soient élevés avec les bonnes valeurs. Et une chose que je leur apprendrai, c’est de vivre leur vie comme ils le veulent et de ne pas écouter les maudits jugements de la société.

Catherine AL alix marcoux

Comment l’écharpe Boba Wrap m’a aidée dans mon nouveau rôle de maman

boba wrap

Il y a 6 mois, j’étais, pour la première fois, enceinte jusqu’aux oreilles. Je passais mes journées à me faire bondir la bédaine sur un ballon exerciseur, dans l’espoir que ma peanut trouve le chemin vers la sortie plus rapidement. J’étais impatiente de la voir, de la cajoler, de découvrir sa petite personnalité, mais j’étais aussi impatiente de reprendre mes activités normales ainsi qu’un sommeil plus confortable. Ma fille a bien su trouver le chemin, mais mes lunettes roses ont rapidement pris le bord… J’avais un nouveau-né qui avait mieux à faire que dormir dans son moïse. Elle se réveillait aussitôt que je la déposais et si j’étais chanceuse, elle dormait tout au plus 5 minutes, me laissant à peine le temps d’aller faire pipi. En bonne maman que je suis (grosse tape dans le dos), je me suis mise en mode survie et, durant ses 2 premières semaines de vie, j’ai à peine fermé l’œil, pour permettre à ma si-petite-chérie, de faire dodo dans mes bras. Ce qui signifiait aussi que j’étais confinée à mon sofa, les bras chargés de mon petit paquet d’amour.

Jusqu’au jour où j’ai reçu l’écharpe de portage Boba Wrap. Libéréééée-délivréééée!! J’ai enfin pu recommencer à utiliser mes 2 bras et mes 2 jambes! J’ai donc appris quelques variantes de nœuds à l’aide de vidéos démonstratives (disponibles ici) et après quelques coups de pratique, j’étais prête à reprendre mes activités quotidiennes, tout en portant ma fille. Je pouvais ainsi manger, faire mon ménage, préparer une bonne partie des repas, plier la tonne de vêtements, me brosser les dents. Bref, je pouvais presque tout faire!

Il n’y a pas que moi qui adorais ma nouvelle écharpe Boba Wrap; ma fille, qui à l’époque souffrait d’importants reflux internes, était elle aussi énormément soulagée! Le fait d’être placée en position verticale, de se faire bercer comme lorsqu’elle était dans mon ventre et de demeurer collée sur sa maman ou son papa, a grandement aidé à améliorer son sommeil et notre qualité de vie.

L’écharpe de portage Boba Wrap est constituée d’une très longue bande de tissu doux et flexible, me permettant de demeurer collée-collée sur mon bébé, tout en étant libre de pratiquement tous mes mouvements! Le portage est fortement recommandé chez les nouveau-nés, puisqu’il favorise le lien d’attachement, le sommeil, la digestion, le développement cognitif, en plus de rassurer bébé. Que veux-tu de plus?!

Il existe plusieurs modèles de tissus différents qui sont tous très jolis, pour avoir une écharpe de portage à votre image. L’élasticité du tissu de l’écharpe répartit le poids du bébé sur les épaules de façon uniforme, ce qui rend l’expérience de portage des plus confortables. La bande est suffisamment longue pour être portée par les papas et les mamans puisqu’elle s’installe facilement et s’ajuste avec quelques tours et nœuds autour de la taille.

Aujourd’hui, Éléonore a grandi, mais nous utilisons toujours l’écharpe Boba Wrap. Le tissu extensible rend l’expérience toujours aussi confortable, malgré son poids un peu plus important. Comme elle est un peu plus grande, je peux faire des nœuds différents et la placer dans mon dos ou sur ma hanche. Nous pouvons ainsi faire toutes nos activités ensemble et ma fille, qui est aussi très curieuse, peut facilement être stimulée, rassurée et est toujours en sécurité!

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Psst, si vous préférez les modèles de portages préformés, ils en font aussi de très jolis pour un prix tout aussi abordable!

 

Matante Melon

Mélanie Fortier alix marcoux

La fertilité, un passage plus que difficile et non prévu 2ème partie

Deuxième partie du texte sur la fertilité

Pour lire la première partie de ce texte c’est ICI.

Il a été plus que difficile de continuer à travailler en même temps que le processus de fécondation in vitro. Les hormones dans le tapis, le stress d’obtenir un + et la peur de faire une erreur dans les nombreux médicaments. Le plus surréaliste dans tout cela, c’est que j’ai eu de nouvelles responsabilités au travail qui me demandaient des efforts supplémentaires. J’ai même eu un boni pour rendement exceptionnel après avoir réussi à livrer ce à quoi on s’attendait de moi. Ce montant nous a aidés à payer une minime partie de la dette que nous avions contractée à la suite à nos démarches. Il y a très peu de gens au travail qui étaient au courant de nos démarches, j’étais discrète sur le sujet. Un peu surréaliste de te faire dire que tu fais du très bon travail alors que tu n’as pas la tête à travailler…

Par la suite, nous avons eu une proposition de don d’ovules dans notre entourage. Je n’étais pas prête à envisager et me tourner vers cette option 1 an et demi plus tôt, mais le temps a fait son œuvre. Nous nous sommes rendus en clinique de fertilité avec cette personne plus que généreuse pour savoir si elle était une donneuse potentielle. Finalement, elle avait le même problème que moi, mais elle avait eu deux enfants quand même (un troisième a vu le jour depuis). Cette personne a tout fait pour nous aider et je lui en serai éternellement reconnaissante. Elle a réussi à nous trouver une nouvelle donneuse qui avait le cœur sur la main. Nous avons été plus que chanceux d’avoir ces personnes sur notre chemin, il y a tellement de belles personnes avec de belles valeurs.

Nous avons réussi à faire la fécondation in vitro avec la deuxième donneuse (après tous les tests, rencontre du psychologue, etc.). Nous avons eu 5 embryons. Nous avons fait trois transferts au total (nous avons perdu un embryon durant la décongélation). Je vous épargne tous les détails et les tests qui ont dû être faits entre chacun des transferts pour comprendre pourquoi ils ne s’accrochaient pas. Au troisième transfert, nous ne voulions pas aller faire la prise de sang, nous ne voulions pas être déçus une fois de plus. Je regardais sur les forums les symptômes possibles et tous les autres indices qui pouvaient me donner un indice. Durant tout ce processus, j’étais toujours au repos, pas question de faire quoi que ce soit pour nuire à nos chances. Peu de sorties, peu de mouvements, nous devions payer le traitement. Nous nous sommes isolés et avons vécu cela à deux. Mon chum a été formidable avec moi et jamais notre couple n’a été en péril. Ce n’était pas facile, mais il a été parfait. Je n’aurais vécu cela avec personne d’autre.

Suite à la prise de sang, nous devions attendre l’appel de l’infirmière durant la journée (on ne savait pas à quelle heure elle allait appeler et il ne fallait pas manquer l’appel). Nous avons finalement eu le + tant attendu ! Je demandais à l’infirmière si elle était certaine, nous n’avions tellement plus d’espoir après plus de trois ans de traitements et d’efforts pour avoir ce petit plus. Nous pleurions de joie, nous ne pouvions pas croire qu’enfin la vie pensait à nous. Nous nous sommes pris dans nos bras, nous avons collé notre chien, nous étions tellement euphoriques ! On n’a pas pu résister à partager la nouvelle avec la donneuse, nos familles et un couple d’amis qui ont été plus que là pour nous. Tout le monde était tellement heureux.

Malheureusement, après 5 semaines notre bébé a arrêté de grandir. J’ai dû prendre des médicaments pour provoquer la fausse couche. Nous étions anéantis. Tout ce bonheur pour en finir ainsi. Les médicaments pour ne plus avoir ce bébé dans mon corps ont été très difficiles à prendre. J’ai l’impression d’avoir vu et flushé ce bébé dans ma toilette. Cette image restera marquée à jamais dans ma tête.

Suite à cela, mon chum et moi avons décidé de conserver le dernier embryon pour plus tard et prendre du temps pour nous. Nous sommes partis en voyage pour décrocher de cet enfer. Nous irons faire ce transfert éventuellement, mais pour l’instant, on apprend à nouveau à profiter de la vie ce que nous n’avions pas fait au cours des trois dernières années.

Durant ces années de fertilité, nous avons été témoins de nombreuses annonces de grossesse (famille, amis, connaissances). Je ne mentirai pas, nous avons perdu des « amis » durant le processus qui a duré 3 ans et demi. Je considère que nous n’avons pas perdu grand-chose puisqu’ils n’ont pas été là alors que nous en avions plus que besoin. Nous nous sommes rapprochés de ceux qui ont été là et qui ont voulu nous soutenir. Voilà, nos vrais amis ! Nous avons aussi eu le soutien de nos familles dans tout ce processus. Ce n’était pas évident pour tout le monde de comprendre ce que nous vivions. Tant que tu ne vis pas toutes ces étapes, tu ne peux pas imaginer ce à quoi tu dois faire face. Je voudrais dire que j’ai une pensée pour tous les couples dans notre situation et je vous fais un câlin virtuel. J’espère que, pour les prochaines générations, la fertilité sera moins taboue.

Depuis ce temps, nous avons fait une demande d’adoption au Québec. Je vous en reparlerai peut-être dans un autre article.

Texte anonyme

La fertilité, un passage plus que difficile et non prévu

Texte anonyme sur la fertilité

Après plus de 5 ans de relation, nous avons acheté une maison en fonction de notre désir de fonder une famille (une maison avec 4 chambres pour être certain d’avoir assez de place pour nos futurs enfants) et un petit chien. Notre complicité, notre amour, nos buts communs, on ne pouvait demander plus comme relation amoureuse. On était faits pour être ensemble, on s’était trouvés alors que nous étions à peine majeurs. Tu sais quand tu te dis que tu as trouvé l’amour de ta vie alors que tu as à peine 18 ans ! Il y en a qui cherche cette personne durant toute une vie, nous, on s’était déjà trouvés.

Le conte de fée a viré au cauchemar lorsqu’on a décidé d’avoir un premier bébé. On vit dans une société qui fait semblant qu’un bébé arrive rapidement et sans problèmes… Qui cri haut et fort qu’il a de la difficulté à procréer ? PERSONNE ! Après plus de 6 mois à essayer et ne voir aucun résultat, j’ai paniqué. Après l’arrêt de la pilule, j’ai eu mes menstruations qu’une ou deux fois. Il y avait un problème, je le sentais… Mon chum trouvait que j’étais un peu vite en affaires. Beaucoup moins stressé comparé à moi, il était de nature plus patiente aussi alors que moi je ne le suis pas du tout. Ma gynécologue me trouvait intense, elle me disait que ça pouvait prendre 2 ans avant de tomber enceinte. Soit patiente, tu es jeune, qu’elle me dît. Elle m’a fait douter, mais je savais qu’il y avait un problème. Ayant la chance d’être suivi par un médecin pour un autre problème de santé, celui-ci n’a pas hésité à me recommander à un spécialiste en fertilité.

Quand tu te rends dans une salle d’attente pour cette raison, tu as honte, tu es gêné… Tu penses que ce n’est pas normal d’avoir de la misère à tomber enceinte. Tu te rends vite compte que c’est un problème tellement fréquent et répandu, mais encore tellement tabou ! Pourquoi on ne nous a jamais dit qu’il se pouvait qu’on puisse avoir de la misère à tomber enceinte ? C’est un miracle que de porter la vie, mais on n’en est pas conscient lorsque cela arrive facilement et rapidement.

Après plusieurs tests (pas très plaisant et glamour), nous avons eu les résultats…

Je vais toujours me souvenir de cette annonce et de l’état dans lequel on se sentait. J’avais l’impression qu’on me disait que j’allais mourir d’ici quelques mois. Le médecin parlait, mais je n’entendais plus rien, c’était un écho de sa voix qui se rendait à moi. « Vous ne tomberez jamais enceinte (10 % de chance) à moins d’avoir recours à un don d’ovules (d’une sœur, d’une amie ou de façon anonyme) » Nous étions démolis à la suite de cette annonce. J’avais l’impression que ma vie me filait entre les mains. Porter la vie, avoir le bedon arrondi, porter notre enfant, le fruit de notre amour, c’était un rêve de jeune fille !

J’étais tellement contre l’idée de devoir avoir recours au don d’ovules, il n’était pas question que je me tourne vers cette option. Je suis allée en clinique privée pour obtenir l’avis d’un nouveau médecin. Il nous a conseillé d’essayer la fécondation in vitro (FIV) après 2 inséminations artificielles. Nous étions prêts à essayer ces options et aller au bout de ce projet. La fin de la gratuité pour les traitements de fertilité venait de tomber et nous devions payer plus de 10 000 $ pour tenter notre chance. Nous avons décidé de faire les sacrifices nécessaires pour peut-être avoir la chance d’avoir un bébé. Nous ne voulions avoir aucun regret plus tard, malgré le pari risqué puisque nous n’avions aucune certitude d’avoir un bébé après l’investissement d’un tel montant.

Nous avions un horaire très serré de médicaments et d’injections matin et soir (les piqûres devaient être faites toujours à la même heure). Difficile de continuer à vivre normalement pendant ce processus. Il n’y a que ça qui existe, sans compter les nombreux rendez-vous. Notre vie, c’est maintenant les traitements de fertilité. Le stress de se retrouver dans ce processus, la nouveauté, l’agenda plus que rempli avec tous les rendez-vous et la gestion de la médication.

Finalement, aucun bébé n’est venu égayer notre quotidien à la suite à ce traitement…

À suivre…

Texte anonyme

Mes premiers regrets de maman

Jen parle de ses regrets de maman

En cette semaine de la fête des Mères, je pourrais faire un énième texte sur les joies d’être une maman ou un autre article pétage de coche sur la charge mentale que s’imposent les mères, mais je pense qu’il y en a assez qui se gâtent à en écrire. Non, j’ai eu envie de parler d’autres choses parce que, oui, la maternité vient avec ses joies, ses questionnements, ses réussites, ses doutes et ses contradictions, mais aussi ses erreurs et ses regrets. Pis je trouve ça pertinent de les partager aussi.

J’aurais voulu planifier sa venue dans ma vie…

Deux, trois pilules oubliées, des planètes parfaitement alignées, des astres favorables à la fertilité.

C’est pas mal de même qu’on pourrait raconter l’histoire si on voulait rendre ça cute. Mais je te garantis qu’on est loin des scénarios Pinterest où j’annonce ma grossesse avec un setup digne de Hollywood qui implique une photo d’échographie et un bouquet de ballons. Nos airs choqués étaient loin d’être arrangés avec le gars des vues. J’aimerais ça dire que je l’ai désiré comme il le mérite, mais ce n’est pas le cas. Heureusement, c’est juste une petite parenthèse à son histoire. Le livre de sa vie est par la suite rempli d’amour.

Jen parle de ses regrets de maman

Je n’ai pris aucune photo de ma grossesse…

Je te le jure… même pas un cliché d’une petite ébauche de ventre rebondi.

Pas d’album qui s’échelonne sur 9 mois. Ma mère en a une quelque part qu’elle a prise quelques minutes seulement avant mon accouchement alors que je suis branchée de partout, que je n’ai pas dormi de la nuit et que le bleu de la jaquette d’hôpital est loin de me faire un teint de pêche. Mais je considère que ça ne compte pas et que c’est une très mince consolation. Pour ma défense, je dois dire que je n’avais pas de téléphone intelligent, encore #Throwback2006, et que j’avais encore moins un appareil photo numérique parce que je n’avais ni ordinateur ni Internet (comment je faisais pour survivre ?). Faque chaque fois que je vois une photo d’annonce de grossesse ou de bedaine, je grince toujours un peu les dents. Même après presque 12 ans.

Jen parle de ses regrets de maman

J’ai envisagé l’avortement…

Je sais, c’est dur à lire, mais c’est encore plus dur à vivre.

J’aurais voulu ne pas avoir à considérer cette possibilité. Mais quand t’es un bébé couple d’à peine un an, encore indécis dans ses projets et même ses sentiments, apprendre qu’un bébé est en route te force à prendre connaissance de toutes les options. Te reviennent alors en mémoire les cours de F.P.S. (formation personnelle et sociale pour ceux qui ont connu ça… #Throwback1999) où on te parlait pendant un chapitre complet des choix qui s’offraient à toi en cas de grossesse. Je ne l’ai pas considéré longtemps, mais juste le fait que ça m’ait effleuré l’esprit me remplit d’un sentiment de culpabilité impossible à oublier même après toutes ces années et le bonheur que mon fils m’a apporté par la suite. Heureuse que mes questionnements aient rapidement fait place à la certitude que sa place était dans notre vie et nulle part ailleurs.

Je regrette de ne pas en avoir assez profité…

Je ne suis sûrement pas la seule.

Chaque parent s’est dit à un moment ou un autre : « Le temps est passé trop vite, me semble que je n’en ai pas profité ! » J’ai beau avoir apprécié chaque étape, je suis nostalgique de l’odeur de sa peau de bébé, surtout quand il sortait du bain pis que j’y mettais de la crème dans chaque petit pli de cuisse pis que je le trouvais trop mignon en pyjama à pattes. Tranquillement, ces souvenirs s’estompent, malheureusement. Pourquoi je ne me suis pas arrêtée pour apprécier le moment au lieu de chialer contre mon manque de sommeil ? Je regarde des photos, mais ce n’est pas pareil. J’aimerais dont ça qu’on me ramène mon bébé le temps d’une journée. Juste pour m’imprégner les narines de son parfum pis faire mes adieux ben comme il faut à sa petite enfance.

Je regrette d’avoir douté de moi, de nous…

Même si j’ai toujours pensé que je ferais une bonne mère, je me suis sentie la pire des nouvelles mamans quand j’ai décidé d’arrêter d’allaiter après 3 semaines. Je m’en suis voulu de faire fi des pédiatres et pratiquer le cododo pendant 4 ans juste parce que je voulais dormir un peu. Je m’en veux encore de ne pas être arrivée à temps pour l’empêcher de débouler un escalier en colimaçon quand il avait à peine 18 mois. Je regrette d’avoir pensé que notre couple n’en serait peut-être plus un s’il n’était pas entré dans notre vie. Au contraire, il est le meilleur ciment pour colmater les failles de notre union. J’ai maintenant la conviction qu’on est les meilleurs parents possible, que je suis la maman que je veux être. Loin d’être parfaite, avec mes qualités et mes défauts, mais surtout de plus en plus en paix avec mes fiertés et mes regrets.

Pis ça, ça m’aide à me pardonner.

Jusqu’aux prochains regrets…