Le poids mental qui reste

Veronique parle de la gestion de son poids

Nous avons tous un poids idéal ou appelons-le; le poids santé. Celui qui est supposé nous rendre confortable et en santé. Mais qu’en est-il de celui de surplus qui n’y est plus, mais qui reste encré en nous? Je m’explique…

Dans le passé, j’ai eu des expériences malsaines avec le réconfort que me procurait la nourriture. J’ai pesé jusque 225 livres. Je n’avais que 19 ans. Avec le temps, la gestion de moi-même, la volonté, la maturité et mon mode de vie, je n’ai acquis que du positif. Les bonnes habitudes d’entraînement, la nourriture saine et la constance ont fait disparaître ce que je n’arrivais plus à voir dans une glace. Mais voilà que 8 ans plus tard, je n’arrive pas à oublier la fille que j’étais.

Pourtant devenue celle que je voulais être, je n’arrive pas à effacer l’ancienne moi. Je réalise les efforts et les exploits qui m’ont mené à aujourd’hui mais l’autre ne me quitte pas l’esprit. Lorsque je me regarde dans le miroir, je n’arrive pas à me voir telle que je suis. Comme toutes les filles ou presque, j’ai des complexes, mais en ayant eu un excès de poids, je trouve difficile de faire la part des choses.

Il s’agit de prendre un peu de poids pour que la peur de grossir me ronge. Courir au gym pour surpasser celle que j’ai déjà été, une sorte de challenge personnel pour vaincre le passé. Suer le plus possible pour éliminer les traces psychologiques qui hantent mon cerveau, voilà comment je me sens. Beaucoup de gens sont épatés et fiers de la personne que je suis devenue, mais ils ne se doutent pas du bagage que je traîne.

Je ne me plains pas du tout, je suis fière de mes accomplissements, mais j’aimerais ne plus craindre de redevenir cette fille-là; sédentaire, malheureuse et pas bien dans sa peau. Je voudrais seulement apprécier celle qui est réellement là, arrêter d’observer ce qui pourrait être mieux, ce qui n’est pas assez ferme, ce qui n’est pas avantageux dans certains vêtements. Je ne suis pas un automobile que l’on peut modifier sur Photoshop, je suis une humaine qui peut améliorer sa silhouette mais le but premier se doit d’être sain et pour les bonnes raisons. D’être physiquement parfaite devient obsessionnel. Je veux être bien, belle et moi! Je veux surtout être belle mentalement car c’est l’une des beautés les plus uniques et sincères dans ce monde. Apprendre à s’accepter tel que l’on est ne s’acquiert pas avec une machine du conditionnement physique, tout part de notre machine à nous qui se nomme le cerveau.

Je veux juste ressentir le bien être de l’entraînement et réaliser les bienfaits que cela m’apporte. Réaliser que je travaille tellement fort que je ne peux retourner où j’ai déjà été enfoncée. Avoir l’esprit tranquille lorsque quelqu’un me fait un compliment, et être capable de l’accepter. C’est difficile d’accepter certains compliments puisque je ne vois pas la personne que l’autre voit. La vie qui avance, les projets qui évoluent, l’entourage qui est d’un bon soutien sont toutes des bonnes conditions pour arriver à voir que je ne suis plus la fille du passé!

J’ai été dans l’action de changer ce que je n’arrivais plus à accepter, j’ai évolué en tant que personne. Mon estime personnel et ma confiance ont bondi en flèche mais je voudrais juste voir ce qui en est et arrêter de vouloir fuir l’ancienne moi. Le poids d’une personne est un chiffre, mais aimer ce que l’on voit est un bien être qui ne se compte pas. La balance doit disparaître et la sérénité et l’accomplissement doivent se ressentir.

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