La louve solitaire

la louve solitaire

Il y a quelques semaines, je suis allée au cinéma seule. Oui oui. Je n’étais pas accompagnée. Je suis allée voir le dernier Jurassic Park, qui est un très bon film en passant! Mais j’ai reçu quelques messages de gens trop curieux qui me demandaient si j’avais une date et avec qui j’étais! C’est quand même drôle comme réflexe, non? Quand j’ai répondu « seule », certains m’ont dit « ah oui? » J’ai plusieurs ami.es qui ne peuvent concevoir faire des choses seul.es. Mais pour ma part, je fais beaucoup de choses seule et pour être franche, je déteste me priver de quelque chose si personne ne m’accompagne. J’ai une bonne relation avec la solitude. Même en couple, j’avais besoin de mes moments juste à moi.

Je vais souvent manger au restaurant seule, que ce soit pour bruncher, dîner ou même souper. Il m’arrive des fois de me faire dévisager par les hôtes/hôtesses, mais bon! Je trouve bizarres les réactions de certaines personnes, mais je suis bien à l’aise avec tout cela. J’aime pouvoir faire les choses quand je veux et pour moi. Ne pas attendre les autres pour accomplir mes désirs. Ne pas être en attente constante, mais juste sauter à pieds joints sur les opportunités qui s’offrent à moi.

Souvent, je me lève et j’improvise une journée solo! Je pars déjeuner, je vais magasiner, faire mes commissions, mon épicerie… Je débarque dans un café et j’en déguste un en lisant un livre ou en travaillant sur l’ordinateur. Je finis ma journée en me promenant dans un festival ou en allant au cinéma.

Puisque je suis célibataire, je dois penser uniquement à moi. Je ne suis pas constamment à la recherche d’une autre personne pour former un duo dans ma vie. J’essaie de planifier mon avenir en fonction de moi-même et si quelqu’un s’ajoute, ce sera à voir rendu là. Par exemple, les voyages: je n’ai besoin de personne pour voyager. Je peux aussi m’acheter un condo, une maison ou bien un chalet seule! Pourquoi pas, si mes finances me le permettent ? Je crois sincèrement que la seule et unique chose que l’on ne peut pas faire seul (c’est encore drôle vu le monde dans lequel on vit) c’est de se marier ! Seul, j’avoue que c’est un peu difficile. Est-ce un rêve pour moi le mariage ? Non, je ne crois pas. En fait, je ne le sais pas et c’est bien parfait comme ça.

J’aime penser que je peux tout faire seule si je le souhaite. Que mon avenir ne dépend de personne d’autre que de moi. Que oui, j’adore passer du temps avec les gens que j’aime, mais j’aime aussi passer du temps seule, dans ma tête, à rêver, faire ce qui me tente et juste vivre les moments qui se présentent à moi !

Je suis donc un peu une louve solitaire. J’aime dire ça. Je suis une femme qui essaie d’être forte et de ne dépendre de personne pour son bonheur. Je souhaite créer ma vie en fonction de mes envies et de mes rêves, et ce, tout simplement.

 

Photo de signature pour Karine Caron-Benoit. Valérie_réviseure

Seule

seule

J’ai 30 ans.

Je suis passée par une dépression.

J’ai su que j’avais un trouble.

Je me suis séparée d’un homme que j’aime.

J’habite seule pour la première fois.

J’ai un bon travail.

Mais je me sens seule.

J’ai toujours aimé la solitude, j’ai toujours eu besoin de mes moments de solitude. Autant quand j’étais jeune, quand j’étais en colocation et même quand j’habitais avec mon ex. J’avais besoin d’un moment juste à moi. Maintenant, ses moments sont permanents, nombreux. J’essaie de les savourer, mais je ne peux m’empêcher de réfléchir, réfléchir et réfléchir. Mon cerveau ne fait que rouler et je n’arrive plus à faire cesser les mots, les images. Je me suis rendue compte que j’avais changé plus que je ne le pensais. Je croyais que j’allais réussir à redevenir celle que j’étais avant, mais avec des outils qui me permettraient d’être heureuse, sans la souffrance qui m’accompagnait depuis si longtemps.

La souffrance est toujours là. Malgré tout ce que je fais pour prendre soin de moi, la solitude m’envahit comme jamais j’aurais cru que cela m’arriverait. J’ai toujours eu trop d’énergie, trop de projets, j’ai toujours eu besoin de m’accrocher à quelque chose pour vivre, pour survivre en fait. Maintenant, c’est vivre que j’aimerais faire, mais je me rends compte que pour réussir à le faire, je dois recommencer à zéro. Tout. Je ne peux plus être celle que j’étais avant, cette femme n’existe plus en fait. J’ai tellement tout fait pour la retrouver que j’ai oublié comment c’était de vivre, de respirer, de profiter, d’avancer.

Je me rends compte que les gens qui m’entourent ne sont plus les mêmes qu’avant non plus. J’ai changé, pour le mieux, pour moi. J’ai passé tellement de temps à focusser sur mon mal, que je n’ai pas remarqué que la vie continuait sans moi. Je me retrouve entourée de gens que je ne connais plus. De gens qui ont pris l’habitude de ne plus me voir également. Je pourrais avoir de la peine, j’en ai eu. Mais j’ai réalisé que c’est tout simplement le cours de la vie et que je devais moi aussi trouver mon chemin. Je ne sais plus qui je suis, je ne me reconnais pas, c’est presque comme si je devais me créer une nouvelle identité. J’ai observé tout autour de moi, j’ai vu que tout roulait, mais sans moi. Je ne peux être en colère, mais la déception, la peine, la douleur sont tout de même présentes. Je suis seule, contre tous, parce qu’au fond on l’est tous. J’ai perdu qui j’étais, je perds aussi ceux avec qui j’étais. Tout perdre d’un coup fait peur, mais je vais continuer à me battre, parce que ça vaut la peine de le faire.

J’ai trop pris pour acquis que j’étais encore la même et que j’étais encore entourée des mêmes personnes et que cela ne changerait pas. Mais tomber dans l’oubli, se faire prendre dans un tourbillon d’habitudes, devenir invisible du jour au lendemain, ce n’est pas un tableau facile à regarder. Je n’ai pas envie d’être ce tableau, malgré que les couleurs soient belles, qu’on l’a tellement aimé, il faut prendre son pinceau et ajouter de nouvelles couleurs et non pas refaire toujours le même dessin.

J’ai eu mal. J’ai encore mal. Mais j’ai arrêté de survivre. J’ai décidé que j’allais vivre et je construirai chaque morceau de chaque journée, seule.

 

Seul.e

À toi qui connais le sentiment de solitude,

Laisse-moi te prendre quelques minutes de ton temps pour que tu puisses lire ce message. Tu sais, être seul.e ou se sentir seul.e est un sentiment comme les autres sentiments, il peut t’apporter plein de bienfaits, mais bien sûr, il a aussi ses faiblesses.

Dans notre société, on perçoit la solitude d’un point de vue qui n’est pas toujours positif. D’ailleurs, tu as peut-être constaté que certaines personnes peuvent baser leurs choix en fonction de la peur d’être seul.e? Ne te méprends pas, je ne suis pas là pour juger. Mais je veux te dire que je comprends. J’avoue que moi-même, ça m’est arrivé d’éprouver ce sentiment de solitude avec sa lourdeur qui l’accompagne. Quand on pose un regard sur notre propre vie avec un léger recul, on finit par comprendre qu’on n’est jamais vraiment seul.e. Il y a toujours une personne qui va remarquer ton absence ou tes distances.

Tu sais, il y a une nuance entre se sentir seul.e ou être seul.e. Lorsque tu te sens seul.e, ça peut être plus désagréable, car c’est un sentiment qui est imposé dont tu n’as pas nécessairement fait le choix de ressentir. Aussi, tu peux te sentir seul.e même quand tu es entouré.e par du monde social comme de connaissances, de collègues, copain, copine, etc. Peut-être qu’il est possible que lorsqu’on doute de soi-même, qu’on a la sensation de toucher le fond, qu’on est dans le besoin de se remettre en question sur nous-mêmes, qu’on est en dualité entre la quantité et de la qualité de notre entourage social, qu’on n’est pas tout à fait à l’aise avec la personne qui est en face de nous, le sentiment de solitude peut devenir peut-être plus pesant. Il y a tant de raisons qui peuvent expliquer ton ressentiment. Mais, c’est à ta discrétion de le découvrir.

Avec le temps, certaines personnes peuvent finir par apprendre et comprendre leur solitude. Mais lorsqu’on prend un léger recul sur nos propres vies et nos propres actions, j’ai fait quelques constats, grâce  par à de simples questionnements, qui pourront peut-être t’aider. Qu’y a-t-il mal à être seul.e lors d’une soirée ou une journée? Pourquoi je n’aimais pas être seul.e? Qu’est-ce qui me dérangeait à être seul.e? Pourquoi je préférais côtoyer dans mes temps libres des personnes que je n’étais pas nécessairement à l’aise, en méfiance et/ou pas de liens affectifs avec profondeur? C’est là qu’avec le temps que j’ai compris et pris conscience que je ne me connaissais pas assez. J’étais comme dans une zone légèrement étrangère. Je savais mes priorités les plus importantes, mais je ne les respectais pas et je n’écoutais pas cette petite voix intérieure.

Je m’adresse encore à toi qui se sens seul.e, tu peux utiliser ce sentiment comme une force afin d’apprendre à te connaître plus et faire plusieurs réflexions importantes pour toi et ton avenir. Bien sûr, ce travail sur soi-même se fait en plusieurs années. S’il faut construire une ville en plusieurs jours, ta personnalité peut en exiger autant. Tu peux finir par apprécier ces moments de silence avec toi-même en prenant le temps de prendre soin de toi, d’être axé sur des solutions et même, laisser vivre toutes tes émotions. Tu ne déranges personne et personne ne peut te juger.

De plus, tu peux aussi remplir tes nombreuses journées qui s’annoncent maussades et ennuyeuses par des journées de bien-être et des activités que tu aimes. As-tu vraiment besoin d’une personne pour te divertir? Pourquoi tu ne serais pas en mesure de le faire par toi-même?

Aussi, ces temps libres à être seul.e peuvent te permettre de développer des compétences et/ou transformer tes rêves en réalité. Par ailleurs, il y a l’avantage de faire ce que tu as envie quand tu en as envie et de la manière dont tu as envie en respectant bien sûr, ce qui t’entoure. Le tout à ton rythme.

Nous n’avons pas tou.t.e.s la même capacité à vivre avec soi-même, mais lorsque tu te retrouveras en solitude, profites-en pour le transformer en une force et un bienfait.

Qu’en penses-tu?

 

Folie Cindy chevry logo auteur