Des bribes de toi, papa

Charline parle de son papa

Il y aura bientôt 3 ans, tu es parti.

Éteint, envolé, subtilisé.

Ce jour-là, mon cœur a éclaté en mille morceaux. En mille petites parcelles.

Tous ces souvenirs de toi ont implosé en mon intérieur, car ce sentiment de vide, de néant, de trou qui m’a alors envahi, était trop grand pour ma petite personne.

Parce qu’intérieurement j’étais et je suis encore cette petite fille à papa qui ne sait comment survivre sans toi, papa chéri.

Essayer de penser, de seulement imaginer que jamais plus je n’aurai l’opportunité de sentir tes bras autour de moi est une voie empreinte de douleur et de tristesse, à mes yeux.

L’hiver pour moi a perdu de son étincelle, de sa magie. Je n’aime plus l’hiver.

Désormais, synonyme de souffrance et de mort.

Coupable par association, je fuis cette saison et j’hiberne pour rester au chaud, avec les miens, avec mes raisons de vivre.

Ceux-là même qui te réclament, qui te ramènent à la vie, en se rappelant de toi. En te maintenant vivant par souvenir.

Nous qui sommes restés, ici, gelés dans le temps. Cryogénisés par ta perte.

Quelquefois, par chance, je retrouve des bribes de toi… ici et là…

Tes clés.

Le son de tes clés, de ton trousseau de clés, une cinquantaine d’entre elles,  que l’on entendait tinter l’une contre l’autre lorsque tu marchais, lorsque tu t’approchais…

C’était une mélodie distincte, un bruit de fond subtil à la fois qui résonnait dans nos oreilles.

Qui paraissait loufoque et sans importance… mais qui aujourd’hui capte mon attention quand je l’entends.

Tes rêves.

Les chuchotements entre maman et toi, presque chaque matin… quasiment réglé au quart de tour.

Tu lui racontais tes rêves ou tes cauchemars de la nuit précédente. Chaque détail, chaque émotion, que tu avais ressentis dans chacun d’eux.

Vous discutiez amoureusement et souvent, je pouvais deviner vos regards contemplatifs. Cette manière bien précise que vous aviez de vous donner du temps et de démontrer de l’importance à ce que l’autre racontait.

Je n’ai jamais été matinale, mais je me souviens que me réveiller et d’entendre ces conversations douces était le meilleur des réveils. J’allais même vous rejoindre quelquefois, question d’être plus près de ces histoires rocambolesques.

Tes traditions.

À chaque anniversaire, nous avions le droit à ton fameux tirage d’oreiller en guise de souhait de fête.

Pour chaque an de naissance, nous avions droit à un sympathique tirage d’oreille.

30 ans, 30 tirages.

C’était ton plaisir, ta coutume.

Nous te laissions faire par plaisir et par en-dedans, nous avions beau trouver cela quelque peu bizarre, nous étions habitués et par conséquent prêts à nous débattre joyeusement…

Ce que je donnerais pour revenir à ce moment, aujourd’hui…

D’ailleurs, en octobre dernier, à ma fête, j’ai même raconté cela à mon fils et évidemment, il a voulu me le faire.

J’ai cru t’entendre rire de là-haut, papa farceur!

Des bribes, ici et là, de toi, de ton passage sur Terre. De ton existence.

Des bribes dispersées aléatoirement dans ma tête, dans mon cœur, dans mon âme.

Des bribes de bonheur, de tristesse, d’ennui.

Ce sont comme des trésors enfouis que je découvre sporadiquement.

Qui viennent embellir ou assombrir mes journées…

Qui me font passer par une gamme d’émotions, ou revivre certains moments.

Mais, je les chéris tout autant.

Elles me rappellent que je suis vivante, que je ressens, que je respire.

Et surtout… que tu as été!

Que tu as vécu!

Que tu as laissé tes empreintes au sein de nous, encore et toujours.

Merci pour ces bribes, papa.

Elles sont l’héritage que tu nous as légué. Je t’aime.

Raconte-moi ton plus beau voyage

L'équipe raconte son plus beau voyage

affiliation focus les guides ulysse

Alors que depuis 2 ans nos textes d’équipe regroupent les commentaires des fondatrices seulement, nous avons décidé d’intégrer nos auteures permanentes à ceux-ci. Toujours dans le but de vous faire découvrir qui nous sommes et vous en apprendre plus sur notre quotidien. Ce mois-ci, quelques membres de l’équipe vous racontent leur plus beau voyage.

En 2010, je suis partie en croisière avec mes parents et mon grand-père pendant 10 jours. C’était magique! Tout d’abord, nous sommes partis en autobus jusqu’à New York pour ensuite visiter plusieurs lieux importants de la Pomme. Mon endroit préféré? La boutique M&M! De quoi retomber en enfance, puisqu’on servait plusieurs sortes et couleurs différentes et, d’ailleurs, la facture a été salée. Le lendemain matin, nous sommes embarqués sur la croisière Carnival Miracle, le bateau était magnifique, on se sentait comme des gens riches et célèbres. Après deux jours en mer à se faire bronzer et relaxer nous avons fait trois escales : Porto Rico, St-Thomas et les îles Turks. Les paysages à couper le souffle et la température chaude du sud ; j’ai vraiment adoré. J’avais l’impression de faire cinq voyages en un. J’ai vraiment appris plein de choses en visitant les boutiques de St-Martin et j’ai vraiment apprécié la beauté des îles Turks. – Mélanie, auteure permanente

L'équipe raconte son plus beau voyage

En janvier 2011, j’ai eu la chance d’aller pendant presque deux semaines à Las Vegas et en Californie. Tous les voyages que j’ai faits sont beaux et incroyables, mais celui-ci fut très spécial et extraordinaire pour moi. Las Vegas : j’allais vers cette destination avec beaucoup d’appréhension, mais je suis tombée sous le charme de cette ville qui ne dort jamais. Les hôtels sur la rue principale, qui est connue sous le nom de ‘’ La Strip de Las Vegas’’, sont hallucinants. Chaque hôtel mérite d’être visité pour son thème et pour ses spectacles extérieurs.  Californie : depuis ma jeunesse, je rêve d’aller à Hollywood voir le ‘Walk of Fame’’, les lettres sur la montagne et le Grauman’s Chinese Theatre. La jeune fille en moi était sans mot.  Je n’arrivais pas à croire que le montage vidéo que je vois à la télé est 100 % meilleur en vrai. Avoir eu la chance que prendre des photos avec les étoiles de mes vedettes préférées a rendu cette partie du voyage merveilleuse. Malgré une petite déception, ce voyage restera le plus beau que j’ai fait. J’ai accompli un de mes rêves de jeunesse. –Jenny, auteure permanente

L'équipe raconte son plus beau voyage

Comme le chante aussi bien Charles Aznavour; « Hier encore, j’avais 20 ans… » J’avais 20 ans et je partais pour un voyage d’une vie. Un rêve de jeunesse. Partir faire le tour de l’Europe, en sac-à-dos, seule avec ma bonne amie. Cela s’est déroulé pendant l’été 2000.

C’était une célébration de notre fin de cégep, que nous avions organisée depuis 3 ans. Un hymne à la liberté et à la découverte d’autres cieux, d’autres gens. Minutieusement planifié, nous avions réussi à mettre sur notre itinéraire 11 villes européennes qui nous appelaient. Parmi celles-ci, Venise la ville de l’amour, d’où émanait le romantisme à chaque tournant de rue. Des couloirs étroits, des labyrinthes de pas et, évidemment, des ,ainsi que des gondoles en guise de voitures. Je me souviens des masques vénitiens qui brillaient de couleurs vives. Et aussi de cette paix qui m’avait envahie quand nous nous sommes rendues au bout de l’île, au bout de ce petit monde et que, devant nous, s’étalait la mer à l’infini. Puis, il y a eu ma ville coup de foudre! Son architecture féérique, ses palais grandioses, ses églises gothiques… je suis totalement tombée sous le charme de Vienne. Je m’y sentais si bien. C’était comme fouler des rêves de jeune fille, des airs de déjà vu d’une vieille âme de princesse. Je me voyais tournoyer en robe diamantée, gantée jusqu’au coude et voir mon reflet sur les planchers miroitant des salles de bal. Chaque ville que nous avons eu la chance de visiter a laissé en moi, une parcelle de bonheur. J’y repense souvent à ce voyage, à ces jours d’insouciance, voire de développement intérieur qui m’ont permis de percevoir le monde au travers des yeux d’autrui. Je crois que ce type de plaisir devrait être vécu au moins une fois dans une vie. Et répété aussi souvent que nécessaire. – Charline, auteure permanente

L'équipe raconte son plus beau voyage

J’ai eu la chance, en 2015, de vivre le voyage dont toutes les petites filles rêvent tant. Sauf que moi je l’ai vécu à l’âge de 28 ans. WALT DISNEY! Je suis tellement heureuse de l’avoir vécu à cet âge, car j’en garderai pour toujours de merveilleux souvenirs. Partir avec ma famille en voiture pour se rendre jusqu’à Orlando. Oui, la route a été longue mais pour tout le bonheur que ce voyage m’a apporté, ça en a valu la peine. Nous avons débuté notre séjour avec le parc « Magic Kingdom ». À notre arrivée le matin, il a fallu attendre l’ouverture des portes. Pendant l’attente, ils nous ont offert tout un spectacle d’accueil. Je me sentais déjà si fébrile. J’étais tout simplement émerveillée par ce que je voyais et vivais en même temps. Au moment où ils ont terminé le décompte et que les portes se sont enfin ouvertes, une vue magnifique sur le château apparaissait. Je n’ai pu m’empêcher de pleurer comme une enfant. Mon père m’a prise dans ses bras et je l’ai remercié de m’avoir offert ce cadeau! C’est grâce à lui que j’étais là et je lui en étais reconnaissante. J’avais beau avoir 28 ans, j’étais énervée de pouvoir poser avec mes princesses de Disney favorites et de pouvoir faire les manèges animés. Au jour 2, nous avons été à “ Epcot “ qui a été aussi impressionnant, mais comme je suis une grande fan de princesses, j’ai préféré le 1er parc. Au jour 3, nous avons fait le parc « Animal Kingdom » où nous avons eu droit à un beau petit tour de safari en bus à travers les animaux sauvages. Très divertissant, j’ai bien aimé. Puis jour 4, on a fait « Hollywood Studios » où on a pu faire plusieurs gros manèges, dont celui d’Aerosmith et la « Tower of Terror ». Un très beau parc d’attractions. Ce que j’ai remarqué, dans tous les parcs de Disney, c’est la propreté des lieux et l’accent mis sur les moindres détails pour rendre les parcs aussi créatifs les uns que les autres. Tout le travail et l’imagination qu’ils mettent dans leurs nombreux spectacles. Tous aussi incroyables, c’est éblouissant! Tout a été réfléchi pour rendre l’endroit magique. Et ça fonctionne, car j’ai encore l’impression d’avoir vécu un rêve! – Catherine AL, auteure permanente

L'équipe raconte son plus beau voyage

Mon plus beau voyage est celui qui j’ai fait au Mexique quand j’avais 25 ans. Ce fût un voyage important dans ma vie, première séparation et beaucoup de remises en question. C’est un lieu que je n’oublierai jamais. J’ai fait plusieurs destinations « tout inclus » dans le Sud, mais le Mexique c’était différent, unique. Les paysages, la culture, l’histoire et les plages, c’était magnifique! J’ai passé une semaine de rêve et j’ai pris beaucoup de temps pour moi. Le Mexique restera un de mes voyages les plus significatifs. Bien sûr, maintenant je voudrais faire des voyages plus gros, explorer autre chose que des resorts. À suivre. – Karine, co-fondatrice

L'équipe raconte son plus beau voyage

J’ai fait quelques voyages dans ma vie, mais beaucoup se sont passés aux États-Unis. Je suis complètement impatiente d’aller plus loin! Je ne saurais pas choisir un seul voyage préféré, car j’ai de bons souvenirs éparpillés partout. Par contre, dans mes plus récents, je dirais que j’ai adoré ma première fois à New York : en amoureux, dans un hôtel directement au centre de Time Square, relaxer, se promener, découvrir, capter des souvenirs autant avec ma mémoire qu’avec mon appareil. Prochainement, je m’en vais en Californie pour la première fois et je suis très fébrile! San Francisco m’a toujours attirée et j’entends que du bon de cette belle grande ville! – Ariane, co-fondatrice

L'équipe raconte son plus beau voyage

Mon premier voyage à Cuba avec mon conjoint et mon fils est certainement mon plus marquant, mais je ne saurais dire qu’elle est mon plus beau voyage puisque j’ai adoré chaque destination pour différentes raisons. Ma ville coup de coeur est certainement New York, que j’ai visité à deux reprises, notamment en décembre pour y faire mon shopping du temps des Fêtes. C’était tout simplement féérique. – Jennifer, co-fondatrice

L'équipe raconte son plus beau voyage

 

Et toi, quel a été ton plus beau voyage?

ariane reviseure

Ma jeunesse à Montréal Partie 2. – les années 90

charline ma vie à montreal

1993

La rue Bruchési.

I will always love you joue pour la 23ième fois sur ma cassette de la trame sonore du film « The bodyguard ». Je n’ai rien d’une grande chanteuse, mais avec ELLE, Whitney, ma voix semble moins fausse… et puis je chante au travers de mon micro, voire mon ventilateur sur pied, alors ma voix est encore plus « spéciale »! Hahaha!

À des millions d’années-lumière des cellulaires et des réseaux sociaux, j’attends que la ligne téléphonique se libère pour pouvoir appeler ma best Ana, et lui demander si elle veut bien aller magasiner au Centre commercial Côte-Vertu avec moi.

(Wow! Je viens de réaliser que « dans mon temps », planifier une simple sortie ne se faisait pas aussi aisément qu’aujourd’hui.)

Nous voici donc, 90 minutes plus tard, au coin de la rue Charland, à courir pour ne pas rater notre autobus 121. Mes grandes boucles d’oreilles créoles qui se balancent dans tous les sens, mes jeans pattes d’éléphant qui traînent au sol, j’ai à peine le temps de sortir mon billet d’autobus et le donner au chauffeur, qu’il démarre en trombe.

On s’assoit dans le fond du bus, et d’un seul écouteur chacune, nous entendons la musique entraînante d’Ace of Base sur mon Walk-Man.

Durant le trajet, on parle de nos cours au secondaire, des professeurs, des derniers ragots de l’école et de nos amis.

Ce chemin, nous avons dû le faire des centaines de fois, pour aller faire du lèche-vitrine plus que pour réellement acheter des vêtements. Des fous rires, nous en avons eus, à ne plus être capables de s’arrêter ou de se souvenir comment cela avait débuté.

C’est le genre de souvenir qui vous décroche un sourire, n’importe quand. Qui vous rappelle que dans l’adolescence, c’était la belle vie, sans responsabilité lourde ou de questionnement existentiel.

Montréal est empreinte de ces moments : dans mon quartier, à chaque coin de rue que j’ai frôlé, dans les parcs que j’ai fréquentés, les ruelles où j’ai pédalé.

St-Michel, c’est mon patelin, mon tapis de bienvenue sur cette planète. Montréal m’a vue grandir, m’émerveiller, m’épanouir, me morfondre, m’exciter, rêver.

Montréal, c’est mes racines.

Quand j’y reviens, mon cœur de jeune fille revit.

Je m’y sens accueillie.

Bien sûr, elle a beaucoup changée.

Les nids-de-poule, les infâmes cônes orange, les taxis trop pressés… Or, je l’aime telle qu’elle est. Inconditionnellement.

C’est ma ville depuis toujours, elle est vivante, multiculturelle, en constant développement et surtout, elle est vraie!

Étant maintenant en banlieue, Montréal est une oasis, une ressource, où je retourne lorsque j’ai la nécessité de refaire un plein.

Le marché Jean-Talon, la rue Fleury, le parc des Hirondelles, le Métro; tous des lieux que j’aime revoir et faire connaître à mes enfants.

Eux grandiront à Mascouche, connaîtront les grandes cours, les autobus aux heures et les maisons 3 étages…

Une tout autre expérience de vie, certes, mais elle leur sera propre et à l’image de ce qu’ils y auront vécus.

J’ai bien hâte de comparer leurs réalités et les souvenirs qui les auront animés durant leur jeunesse.

 

Ma jeunesse à Montréal Partie 1 – les années 80

Charline parle de sa jeunesse à Montreal

1985

La rue Parthenais.

 

Ma meilleure amie Nathalie est dans sa fenêtre et me salue, d’en haut.

Je viens de descendre de la voiture de mon père, où j’étais assise sur lui, côté conducteur.

Je me sens fière. Grande.

 

Quelques fois, j’avais le droit à ce moment unique, seul avec lui…

 

Il arrêtait au début de notre rue, je sautais sur ses genoux et je pouvais «conduire» jusqu’à devant notre appartement de la rue Parthenais. Quel magnifique souvenir!

 

« Nathalie! Tu viens jouer?»

Elle hoche la tête, me sourit et disparaît.

La voilà aussitôt qui arrive, son cloche-pied rouge fraise dans les mains.

Super! Elle se met à sauter sur un pied et ses deux lulus vont dans tous les sens.

 

Lili, c’est comme ma sœur.

On se comprend, on s’amuse et on a toujours de quoi à se dire. Il n’y a pas une journée où on ne se voit pas.

J’aime bien aller chez elle, jouer dans sa chambre. La chanceuse a sa propre pièce! On s’amuse alors avec Fraisinette ou on se déguise et on fait semblant d’être des dames avec nos chapeaux et nos colliers.

 

Et puis, il arrive que j’y croise son grand frère Sylvain. (Soupir)

Le beau grand Sylvain. Ses yeux clairs et ses longs cheveux blonds en bataille. Il ressemble à un de ces musiciens, qu’on voit dans les vidéoclips à Musique Plus.

 

Quand il se fait tard, après le souper, on se parle depuis nos balcons pendant qu’on prend soin de nos poupées respectives.

 

Même que quelques fois, discrètement, je monte sur le bord de ma baignoire et je lui parle depuis la minuscule fenêtre du puits de lumière, qui donne sur sa chambre.

Mais chut, c’est notre secret!

À l’école, on se jase un peu moins. Nathalie est déjà en première année tandis que moi, je viens à peine de commencer la maternelle.

 

J’adore l’école!

 

Dessiner, apprendre, jouer, bricoler, chanter.

Vanie, notre enseignante est chaleureuse et aimante. Elle nous fait des câlins rassurants et nous regarde avec des yeux compréhensifs et patients.

 

Elle m’a marqué par sa gentillesse et par l’amour inconditionnel qu’elle nous offrait. Avec le temps, je me suis même rendue compte qu’elle a façonné l’éducatrice que je suis devenue, un peu à son image.

 

À l’heure de la récréation, je cours vers l’immense arbre qui se trouve dans le fond, près de la clôture. J’aime bien sentir ses écorces sous mes paumes. Je marche sur ses grosses racines et tourne autour de lui, en chantant des comptines. Il me fait du bien. Je ressens sa vieille âme, son vécu, je communique avec le seul bout de nature qui existe dans notre cour d’école.

Un peu plus tard vers nos 7-8 ans, Lili et moi, on aimait se promener sur nos vélos et aller jouer dans le champ qui était juste à quelques mètres de nos maisons. On essayait d’y faire de la gymnastique ou on se faisait des longues parties de Tag, avec d’autres enfants de notre rue.

 

Quand Nathalie est allée dans la cour des grands, on s’est naturellement perdues de vue. Nous avions alors chacune nos amis et c’était un peu «insensé» qu’elle puisse avoir une amitié avec une plus jeune…

 

Il y a quelques années, elle m’a avoué sur Facebook qu’elle avait trouvé cela triste qu’on se soit côtoyées durant tout ce temps, primaire et secondaire, sans jamais renouer d’amitié. Mais je ne lui en ai jamais vraiment voulu. Je garde de merveilleux souvenirs d’elle et de nos temps de jeux…

 

(Revenez me lire dans 2 semaines, je vous emmènerai faire un tour dans les années 90, cette fois-ci)

       Folie Sofia logo reviseure

Je ne vous oublie pas

Je ne suis pas une personne qui téléphone, qui texte, ou qui prend des nouvelles tout court. Souvent, je me sens mal de ne pas avoir de nouvelles d’une amie ou d’un membre de ma famille. Ce n’est pas parce que je ne pense pas à ces gens que j’aime. Non. Absolument pas. Le pire dans tout cela, c’est que je pense constamment aux gens que j’aime et je me dis souvent que je m’ennuie et que je devrais organiser quelque chose.

Je ne peux expliquer pourquoi précisément. Je n’aime pas téléphoner. Et j’avoue ne jamais penser envoyer un petit texto. Est-ce par manque de motivation ou d’intérêt? Non. Je crois simplement que je suis rendue comme ça. Les gens qui me connaissent bien, ceux qui sont proches de moi, savent que je suis remplie d’amour pour les gens qui m’entourent, mais que j’ai la tête en l’air. Ils m’écrivent, me téléphonent et je répond et suis partante aux invitations.

Je sais que je ne suis pas la seule comme ça. Justement, les gens que je vois le moins sont exactement comme moi. C’est souvent après un long moment qu’une de nous finit par lancer une invitation. Je pense à ma cousine, qui est comme ma sœur. Je suis la marraine de son fils, mon amour de filleul. Mais on est pareille. Avec nos vies chargées, on oublie souvent toutes les deux de se donner des nouvelles ou de se trouver un moment pour se voir. Mais quand on se parle au téléphone, pour prendre de nos nouvelles justement, on peut passer une heure ou même plus sans se tanner. Quand on se voit, on passe de merveilleux moments et c’est comme si on s’était vu la veille et j’apprécie cela x 1000. Est-ce que j’aimerais voir les gens que j’aime plus souvent? Absolument.

La vie fait en sorte qu’on n’a pas tous la même routine. Nous ne sommes pas pareils et ne vivons pas nos relations de la même manière. Mais ce que je sais, par contre, c’est que les gens que j’aime le savent et je sais moi aussi qu’ils m’aiment. Je n’aime pas la pression de devoir penser à tout, à tout le monde et de s’assurer de voir son monde de manière régulière.

Entretenir ses amitiés, c’est important, je le confirme, mais pas au point d’avoir ce sentiment d’obligation. Depuis quelque temps, je me rends compte des gens qui m’entourent. J’ai des amies, des complices, une famille et des connaissances. Chaque personne m’entourant est spéciale à mes yeux, d’une manière ou d’une autre. Je pense à mon amie Claudie que je vois de moins en moins, mais que j’aime à la folie. Une amie unique, avec qui j’ai une relation privilégiée. On ne se voit plus autant qu’avant, mais quand on se voit, même un bref instant, on profite l’une de l’autre et on sait à quel point on s’aime malgré le temps qui nous manque.

En fait, ce que je réalise, c’est qu’il faut profiter de chaque moment passé avec ceux qu’on aime, mais pas au point de se mettre un stress sur les épaules. Je profite de chaque moment passé avec ceux que j’aime, peu importe le nombre d’heures. Je profite de chaque message, texto, appel. Les gens qui m’entourent sont très importants pour moi et je les aime de tout cœur même si je ne les vois ou ne leur parle pas chaque semaine.

À vous tous qui faites partie de ma vie, je vous aime !

 Valérie_réviseure

Souvenir d’insouciance

souvenir d'insouciance

Dernièrement, je suis retournée me faire faire un tatouage. J’en ai plusieurs, le premier date d’il y a plus de 10 ans. Je me rappelle de la première fois que je suis rentrée dans un tattooshopet j’ai multiplié les visites par la suite. Je me souviens surtout de la facilité que j’avais à décider de me faire percer ou tatouer sans stresser. Sans même envisager que j’allais regretter un jour ces marques indélébiles sur mon corps.

D’ailleurs, jusqu’à ce jour, non, jamais regretté.

Mais le processus avant de me rendre sous l’aiguille est vraiment différent maintenant. Pour le tatouage, pour le piercing, pour mes relations, pour pas mal toute. Bref, je fais la même chose qu’avant mais avec un peu plus de réfléchi, un peu plus de stress et un peu plus de nervosité. Le sentiment que demain, l’impact de mes décisions pourrait être négatif est beaucoup plus présent chez moi ainsi que la peur d’avoir mal. Je m’ennuie un peu de ma désinvolture de mes jeunes 16 ans, quand le futur ne me faisait pas peur et que je me souciais très peu des répercussions. Je réalise que je deviens de plus en plus peureuse et self-conscious. Ça m’attriste un peu car j’ai l’impression que je devrais devenir de plus en plus intrépide, toujours prête à pousser les limites de ma personne, plutôt que de devenir de moins en moins game.

Dans un autre sens, c’est plutôt normal. Tsé, la vie d’adulte, le sens des responsabilités, etc. Ça te rattrape avec le temps et c’est bien correct. Malgré cela, prendre des risques est quelque chose que je veux faire davantage. Le fait de prendre de plus en plus de temps pour faire mes choix, et le fait de calculer leurs conséquences constamment, va dans le sens contraire de ce que je devrais devenir en vieillissant. Parce qu’au final, plusieurs de ces décisions n’ont pas vraiment d’importance et si y a une chose que mon jeune-moi avait compris, c’est que la vie, ce n’est pas tant sérieux. J’aimerais pouvoir essayer les trucs comme je le faisais dans le temps simplement parce que j’étais curieuse. En même temps, je sais que mon moi du présent essaie un peu plus de prendre soin de soi et de son entourage, et que c’est pour cette raison que l’impact de mes actions m’angoisse un peu plus.

J’aimerais trouver le juste milieu; être une fille qui pousse toujours ses limites et qui ose prendre des risques dans la vie sans sur-analyser à outrance ses décisions, mais qui réussit quand même à faire les bons choix, la plupart du temps.

 

Dominique signatureFolie Sofia logo reviseure

Revenir à l’enfance pour l’apprécier d’avantage

C’était un matin frais et ensoleillé, où assise sur le divan, armée d’un bon café, j’observais mon garçon de trois ans jouer. Il était si beau : il riait avec ses petits bonhommes et ne s’inquiétait même pas de son petit déjeuner! Il n’était aucunement stressé par le temps ou par les occupations de notre journée. J’étais tellement envieuse et admiratrice. Je me suis mise à me dire que la vie devrait en être ainsi. Je me suis mise à penser à mon propre passé, où tes seuls soucis sont ceux de posséder ton doudou et ton toutou au départ de la maison. Le bon vieux temps où ce sont tes parents qui payent tout, qui préparent ton déjeuner, qui coulent ton bain, qui se creusent la tête à penser et à préparer un souper. Lors d’une préparation de biscuits, leur mission est de te rendre fière, alors que tu les observes grossir et que tes petites mains sont accotées sur le four, les yeux rivés à la fenêtre. Et lorsqu’il est temps de les savourer t’entendre dire que c’est grâce à toi, que c’est aussi bon! Qu’assise sur ton vélo pour une petite balade, tu as de grands projets d’aller parcourir le monde.  Passer des heures à créer des familles, des amitiés, des ruptures, des fêtes à tes Barbies! Être victime de mode, parce que tu es la poupée de ta maman. Avoir le droit de choisir au restaurant sans compter et être spontanée sur ton choix de menu. Prendre soin d’un animal de compagnie, sans avoir à payer les factures du vétérinaire, de sa nourriture et de ses accessoires, ta seule mission est de lui donner de l’affection : quelle tâche aisée! Le moment où te faire un ami est tellement facile, un petit bonjour et quelques heures plus tard tu demandes à tes parents d’aller dîner chez ton nouvel ami. Te sentir confortable, au chaud sous un toit, te faire border et rassurer pour obtenir un sommeil parfait. Avoir une protection constante, tel un ange gardien. Lorsqu’on est malade, une main caressant notre chevelure, un moment où la douleur est presque inexistante finalement. Faire des pirouettes, des spectacles et voir la fierté dans les yeux de tes parents, avoir une petite tape dans le dos après chaque petite victoire. Aller en voyage, ne pas choisir la destination, suivre et vivre le moment présent! Être éblouie par tout, ne pas juger les autres, avoir un sentiment de légèreté.

Les années passent et vient bien vite le moment où c’est nous qui faisons ressentir cela à notre petit être humain. Lorsque j’y pense, je trouve merveilleux le mot enfance, celui qui reflète le moment présent et l’appréciation de la vie telle qu’elle est! L’enfance est la transition vers le monde adulte que personne n’a le choix d’affronter, mais les adultes peuvent faire de l’enfance une transition légère pour devenir ce genre d’adulte. Alors regarder mon fils me rappelle que moi aussi j’ai été assise à jouer et à rire avec des figurines, et que probablement, ma mère me regardait de cette même manière.

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